Faribole n°6 sep/oct/nov 2013
Faribole n°6 sep/oct/nov 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°6 de sep/oct/nov 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Berme & Wängler

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 42

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : dossier... l'invention de Vivian Maier.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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MoMA, qui exposait en permanence l’œuvre de photographes. Peut-être estime-t-on que son ignorance (ou sa connaissance lacunaire) présumée du travail de ses contemporains contribue à affermir sa réputation. Quant aux autoportraits, c’est leur opacité implacable, et parfois leur inventivité formelle, qui les place dans une catégorie différente de l’imagerie plus conventionnelle dont relèvent ses photographies de rue. ! Au moment où j’écris ceci (2 septembre 2013), un nouveau récit a émergé sur la blogosphère à propos de l’œuvre de V. Maier. Si ce que Jeff Goldstein a appelé « le business Vivian Maier » semble florissant, il se pourrait que certaines difficultés juridiques concernant les droits apparaissent. Dans un petit article publié sur son blog, Julia Gray indique que l’état de l’Illinois pourrait (c’est peu probable), réclamer une part des bénéfices engendrés par la vente des tirages ou retirages des négatifs (« The Curious Case of Vivian Maier’s Copyright »). N’ayant laissé aucun testament, tous les biens de l’artiste devaient revenir aux membres de sa famille, quel que soit leur degré d’éloignement. En l’absence d’héritiers, ils devenaient alors propriété de l’État. Mais la situation est extrêmement complexe d’un point de vue juridique, notamment parce que le contenu du garde-meuble a été vendu alors qu’elle était toujours en vie (en 2007). Julia Gray décrit ainsi divers scénarios, mais qui s’appuient tous sur l’hypothèse que l’état de l’Illinois fera valoir ses droits auprès des propriétaires ou parties prenantes actuels. L’Illinois pourrait par exemple « décider, au lieu de réclamer la restitution pure et simple, d’autoriser les propriétaires actuels à continuer la vente des œuvres, à condition d’en verser les royalties à l’État. Celui-ci mettrait alors en concurrence les divers propriétaires, selon le montant des droits versés par chacun. Enfin, si ceux-ci refusaient de coopérer, l’État pourrait les poursuivre en justice afin d’obtenir la propriété des œuvres. Mais il faudrait pour cela qu’il soit reconnu détenteur légal du copyright ». Or, les documents réglant la succession ne mentionnent aucunement la propriété intellectuelle de V. Maier, c’est-àdire le copyright concernant les photographies, imprimées ou non. Le Copyright Office américain n’a pas enregistré non plus de demande concernant son œuvre. Ce qui tendrait à démontrer que, s’agissant du « business Maier », les acteurs concernés n’ont pas à s’inquiéter outre mesure. La situation est donc loin d’être satisfaisante. Mais on voit clairement ici comment les termes d’un discours « esthétique » dans l’univers de la photographie contemporaine, discours qui s’appuie sur les notions d’auteur et d’œuvre, et les réalités moins nobles du marché et de la marchandisation, de la propriété et des relations publiques, des relations avec les média et autres d’appareils, s’éclairent les uns les autres, et entrent parfois en collision. « Son grand projet, c’était sa vie », note Michael Williams. Mais le vrai « grand » projet, c’est peutêtre l’invention posthume de l’artiste. ! Abigail Solomon-Godeau, 2013 Traduit de l’anglais (États-Unis) par Françoise Jaouën ! ! 20
 ! Chloe Deroy Be11evue BE11EVUE C on t e m p l a t i on insaisissable ! La musique du groupe Be11evue incarne-t-elle une saison ? Un moment furtif ? De ceux qui inévitablement nous aimantent vers les méandres de la nostalgie, en déterrant un souvenir enfoui ? Ecouter cette musique c’est enfin s’autoriser à prendre le temps de la contemplation. Les titres qui composent leur premier EP autoproduit, nous donnent la possibilité de se recentrer, de se rassembler en nous-même, et pour nous-mêmes, à une époque où nos obligations nous diluent dans le temps. ! Adèle (20 ans) et Florian (26 ans) nous téléportent sans violence, ni contrainte entre l’aube et le crépuscule, dans une atmosphère vaporeuse où la nuit cohabite avec le jour. Les mélodies qui sillonnent entre les battements des boîtes à rythme, s’échappent des dogmes, pour se dissoudre dans l’air s’offrant à qui voudra les saisir. Difficile d’enfermer cette musique insaisissable, de la classer dans une catégorie tant elle revendique sa liberté en explorant tous les styles. Ceci étant posé, le binôme n’oublie jamais que la liberté n’est pas l’ennemi de la rigueur et se veut méthodique. ! Leur collaboration se nourrit d’esquisses que chacun offre à l’élaboration des morceaux. Alors, leurs deux univers dialoguent pour en former un troisième. Adèle et Florian partagent le chant mais chacun contribue à révéler soit par la guitare et les samples, pour Florian, soit par les volutes du synthé pour Adéle, les paysages sonores que leur musique nous révèle… ! A.G. ! ! 21 !



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