Faribole n°3 fév/mar 2013
Faribole n°3 fév/mar 2013
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°3 de fév/mar 2013

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Berme & Wängler

  • Format : (215 x 307) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 22,6 Mo

  • Dans ce numéro : Nina Simone... la femme libre.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Propos requeuillis par Julien MIQUEL WWW.fA8180LL.086 Les influences de Philippe Besson sont diverses  : Ettore Scola, Marcel Proust ou encore Edward Hopper. Lui-même est empreint d'altérité et d'évasion. Cet éclectisme se traduit dans ses romans par une volonté d'ailleurs, de différence. Notamment dans son dernier roman, paru en janvier dernier chez les éditions Julliard, De là, on voit la mer. Hoe d Keroua Pouvez-vous nous parler en quelques mots de ce nouveau roman ? J'ai voulu à la fois faire le portrait d'une femme libre, romancière qui place l'écriture au-dessus de la vie, raconter un triangle amoureux et convier le lecteur à un voyage en Toscane. Donc Louise, mon héroïne, part à Livourne, pour y écrire un livre. Elle laisse son mari, François, à Paris. Là, en Italie, elle fait la connaissance d'un jeune homme inattendu, Luca, élève officier à l'Académie Navale et, sans l'avoir prémédité, se lance dans l'infidélité. Mais le réel va la rattraper. Dans votre précédent roman publié comme tous vos romans chez Julliard, "Une bonne raison de se tuer", vous nous entraînez dans l'Amérique de Barack Obama, à Los Angeles, pour suivre les destins croisés de Laura et de Samuel, deux personnages, chacun confrontés au suicide. Dans "De là, on voit la mer", on effectue un retour en Italie après votre roman "Un garçon d'Italie", quelle est l'importance de ce pays pour vous, quels rapports entretenez-vous avec l'Italie ? J'avais vingt ans quand j'ai découvert l'Italie. C'était un été caniculaire et j'ai fait la connaissance de Rome, Florence, Venise. Tout de suite, j'ai été conquis. Tai aimé la lumière, le soleil, les odeurs, le vacarme, les visages, la sensualité. J'ai pensé  : j'aurais aimé naître ici, tellement le territoire m'a semblé familier. J'y reviens depuis, inlassablement. J'ai même vécu à Florence un temps. Or la géographie est déterminante dans mes livres  : souvent, c'est elle qui déclenche l'écriture. Dans ce roman vous parlez de la solitude de cette femme écrivain ? L'écriture implique-t-elle inévitablement une certaine solitude ? Oui. On doit se retrancher pour écrire, mettre les autres à distance, se tenir à l'écart de la rumeur du monde, s'isoler. Mais c'est une belle solitude, parce qu'elle est choisie et féconde. C'est aussi une sorte de sauvagerie car elle empêche les autres, y compris les plus intimes, de s'approcher. 18
WWW.EA0100LE.099 Vos inspirations sont très diverses, dans "L'arrière-saison" c'est le tableau Nighthawks du peintre Edward Hopper qui a été la source d'inspiration, dans votre premier roman paru en 2001 "En l'absence des hommes" c'est l'absence et la séparation, l'amour interdit entre un adolescent et un soldat, vous y mettez en scène le personnage de Marcel Proust d'une manière assez peu commune. Quelles sont tes autres sources d'inspiration ? D'où vous est venue l'envie d'écrire sur ces sujets parfois si difficiles comme dans votre précédent roman "Une bonne raison de se tuer" ? Où avez-vous puisé votre inspiration pour "De là, on voit la mer" ? "Une bonne raison de se tuer", je l'ai imaginé à partir du film d'Ettore Scola, "Une journée particulière". Je voyais ces deux personnages isolés tandis que le peuple de Rome assiste à la rencontre d'Hitler et Mussolini. Je voulais deux solitudes tandis que l'Histoire s'écrit. Ça se passe donc à Los Angeles (où je vis une partie de l'année) le jour de l'élection de Barack Obama. Une femme décide d'en fmir, un homme triste va croiser sa route. "De là, on voit la mer", vient également d'un film  : "Les choses de la vie" de Claude Sautet. Le dispositif narratif me plaisait  : un homme entre deux femmes, un accident de voiture. Chez moi, c'est une femme entre deux hommes. Et "La chanson d'Hélène" interprétée par Romy Schneider, si déchirante, m'a accompagné. Une chanson sur les amours qui fmissent, le temps qui use. D'où est venue l'inspiration pour le personnage de Louise, est-ce un personnage dont vous vous sentez proche ? Que partagez vous avec elle ? Louise, c'est moi. Nous partageons le goût pour la solitude, l'amour de l'Italie, la peur du délitement dans le couple, l'attrait pour la jeunesse, la capacité à la frivolité, à la légèreté, l'égoïsme aussi. L'Amérique est omniprésente dans bon nombre de vos romans. Avezvous l'impression d'être né du mauvais côté de l'Atlantique ou est-ce un amour de jeunesse ? Los Angeles est devenue mon deuxième "chez moi". Je m'y sens bien. Le ciel y est immense, le soleil énorme, il y a une douceur, une paresse possible. Et puis le décalage horaire est tel que la France cesse d'exister quand je suis làbas. Je dois donc m'y inventer une autre vie. Je ne suis pas quelqu'un de passage, je m'efforce de devenir un autochtone. A l'heure où l'on débat avec beaucoup de violence en France au sujet du mariage pour tous alors que bon nombre d'États américains ont adopté le mariage pour les couples de même sexe, qu'est-ce que le débat actuel en France vous inspire au-delà de la réponse que tu as faite à Mgr André Vingt-Trois ? L'Éise ferait mieux de s'occuper de ce qui la regarde. Les homos ne ve ent pas se marier devant un curé mais devant un maire. Pour le reste, être contre le mariage pour tous, c'est simplement être contre l'égalité. Si on considère qu'une personne qui refuse l'égalité entre un blanc et un noir est raciste, on doit considérer qu'une personne qui refuse l'égalité entre un hétéro et un homo est un homophobe. Point barre. Vous avez entamé le tournage de la troisième saison de Paris Dernière, excellente émission diffusée sur Paris Première. Quel sont vos autres projets actuellement ? Aimeriez-vous revenir un peu vers le monde du cinéma ? J'écris des films pour la télévision. "Le clan des Lanzac" avec Fanny Ardant et Muriel Robin sera diffusé au printemps sur France Télévision. Je fais un peu de radio en participant régulièrement à "On refait le monde" sur RTL avec Marc-Olivier Fogiel. Ce sont des divertissements agréables. Ce qui compte, c'est l'écriture, les livres. C'est identitaire.. 19



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