Escape n°26 juin 2009
Escape n°26 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de juin 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Free Presse

  • Format : (210 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial sérénité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 50 - 51  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
50 51
50 L e document au refuge du goûté. Le temps est couvert, il vient même de grêler, mais l’atmosphère n’a rien d’électrique. Une énorme décharge, « bruyante comme dix tirs de mines », s’abat pourtant sur le câble métallique faisant main courante. « J’ai vu plus haut deux alpinistes faire un bond de six mètres en l’air, puis dévaler la pente en passant comme des pantins désarticulés devant nous ». C’est la panique dans le couloir. Le couple progressait sans être encordé. Plus bas, un autre guide s’en sort avec des brûlures au bras qui tenait le câble. La loi des séries semble s’achever pour Franck Astori. Pourtant en 1995, le guide est encore pris dans la tourmente alors qu’il progresse vers l’Aiguille de escape n°26 I printemps/été 20 DR themonsterworld.com la Persévérance, un rocher ferrugineux et effilé. Le temps, une fois de plus est beau et sec, quand un roulement de tambour annonce un nuage menaçant. « Je me suis enfuit en courant vers le refuge du lac blanc. J‘étais si paniqué que je l’ai loupé. Ca tonnait partout autour de moi comme si les éclairs me poursuivaient. Du coin de l’œil, je les voyais s’abattre à 20 mètres de moi ». Croiser le chemin de la foudre est une expérience intense pour tous ceux qui en réchappent. « Tu te sens à la merci d’une puissance énorme », témoigne F r a n ç o i s Lombard, ancien vainqueur de la coupe du monde d’escalade. Sa rencontre remonte à 1999 au sommet d’Ofana dans les Dolomites. « Ca a duré une dizaine de minutes au sommet. On se sentait littéralement transpercé par l’électricité. Dans ces montagnes, la météo change rapidement. Les pics sont très marqués et ils concentrent une formidable énergie quand ça pète. On avait senti le vent tourner en approchant du sommet, mais c’était notre seule issue. On s’est regardé avec Tonio Lamiche, la peur au ventre, et on a pénétré cette nappe d’électricité qui enveloppait les lieux. Ça claquait pas loin. Les poils et les cheveux étaient dressés et on entendait les fameuses abeilles comme si on avait une ligne à haute tension à 10 cm des oreilles… Arrivé là haut, on se sentait sur l’échafaud. On a tout mis dans les sacs et on a décampé en courant sur l’arête pour rejoindre un pierrier qui nous a fait rapidement perdre de l’altitude ». Cédric Larcher lui, n’a pas eu le temps de récupérer son matériel. Arrivé au sommet d’Ailefroide, il a posé son sac et son piolet pour descendre se reposer L’IMPACT ENCORE FUMANT FAISAIT LA TAILLE D’UN ONGLE ET AU MOINS UN MILLIMÈTRE DE PROFONDEUR. vingt mètres en dessous sur un panorama s’ouvrant sur un ciel bleu. C’est un coup de tonnerre proche qui l’a sortie de ses rêveries. Derrière, un cumulonimbus avait gonflé sans crier garde. « Je suis remonté chercher mes affaires. Le piolet crépitait de flammèches bleutées. J’ai eu si peur que j’ai fait la descente du glacier en courant par-dessus les crevasses ». Récupéré le lendemain, le piolet conservait l’impact visible de la foudre qui s’était abattu sur lui. Paul Molga
RECOIS CHEZ TOI PENDANT UN AN 5 NUMÉROS = 18 EUROS ABONNE-TOI !



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :