Escape n°26 juin 2009
Escape n°26 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de juin 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Free Presse

  • Format : (210 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial sérénité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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44 L es évasions Avant-dernier jour : nous naviguons en Baie de Qervain (Position : 69°47’N et 50° 15’O). Ciel dégagé et mer d’huile. En approchant du glacier Eqi, à 80 km au Nord d’Ilulissat dans la baie d’Ata Sund, quelques cristaux de glace en formes d’aiguilles recouvrent la surface de la baie. C’est le « frazil ». Plus on avance, plus la mer devient épaisse et dense. Cette première couche de glace fine et souple, le « nilas » peut atteindre 5 cm d’épaisseur et préfigure la banquise naissante. Chargée de NAVIGATION DANGEREUSE : PAS TOUJOURS VISIBLES SOUS LA HOULE, LES ICEBERGS TRAÎNENT DANS LEUR SILLAGE DES GROWLERS, DE GROS GLAÇONS DE LA TAILLE D’UNE VOITURE l’eau douce de fonte, l’eau de mer gèle plus vite près du glacier. On entre alors dans le « brash ». Le bateau glisse dans un crépitement sec de verre brisé, entre de grosses galettes de glace fragmentée sous l’effet du vent et des courants. Ces « nénuphars » scintillants vont bientôt se compacter et se souder pour former la banquise. Avec la lente remontée de la température durant la journée, le large glacier Eqi commence à vêler ses glaces dans un fracas sourd. Nous débarquons pour visiter la cabane construite à flanc de montagne par l’équipe de Paul-Emile Victor en 1947, début des expéditions escape n°26 I printemps/été 20 polaires françaises en Arctique. À l’intérieur, sur les murs recouverts de papier jauni, on peut lire ces inscriptions à la main : « Qu’est-ce qu’on est venu faire ici ? On serait mieux chez nous »... ». Puis le meilleur pour la fin : Ilulissat, un haut lieu pour l’observation des icebergs. Une large coulée de glaces de plusieurs kilomètres, aux formes déchiquetées, s’étend à l’horizon. Au loin, un impressionnant mur blanc se profile : le front du glacier de l’Isfjord, une des merveilles du monde, classé en 2004 par l’Unesco au patrimoine de l’humanité. Long de 40km, ce défilé maritime est continuellement rempli de glace et d’icebergs plus ou moins volumineux. L’été, ces blocs se détachent de la langue du glacier Sermeq Kujalleq, l’un des principaux producteurs d’icebergs de l’hémisphère nord. Large d’environ 12 km, le glacier vêle ses géants qui avancent à une vitesse d’environ 35 mètres par jour ou quelque 13 km par an. Les plus gros peuvent dériver jusqu’au large de Terre Neuve et descendre au-delà du 42° parallèle, une région où le Titanic ne s’attendait pas à les rencontrer. Avec la fonte, le phénomène pourrait s’accentuer encore. L’occasion de rejoindre les livres d’histoire.



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