Escape n°26 juin 2009
Escape n°26 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de juin 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Free Presse

  • Format : (210 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial sérénité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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32 L a grosse interview des richesses de la terre. Autrement dit, 20% du monde mange la terre. Ça ne peut pas durer ainsi. Le rôle que je me suis donné depuis la Terre vue du Ciel, c’est d’essayer d’expliquer les choses et de tendre le micro à ceux qui savent. Je suis persuadé que si elles ne sont pas comprises et acceptées par l’opinion publique, les décisions politiques qui seront indispensables pour sauver la planète ne peuvent pas passer. Home contribue à cette sensibilisation. Il prépare le terrain. Celui de l’esthétisme et de la violence anxiogène des contrastes que nous avons tournés dans 54 pays. Home est un film passionnant qui raconte l’histoire de la vie sur terre et l’incroyable accélération du progrès dont elle est victime : comment on est arrivé LE MONDE DE NOS ENFANTS NE SERA PAS LE MÊME QUE LE NÔTRE en à peine cent ans à cette situation que la planète ne peut plus supporter. On vide la mer (en sachant qu’on épuise les réserves), on mange cinq fois plus qu’avant, on jette cinq fois plus qu’avant, on puise sans compter dans les ressources… La planète est dans l’urgence et la seule solution qui vaille, c’est de consommer moins de tout. C’est ce qu’expliquent les images en renvoyant dos-à-dos l’incroyable beauté du monde et l’égoïsme de notre civilisation. Ça n’a rien d’une facétie de réalisateur ou d’une mise en scène : si dans dix ans on n’a pas changé notre façon de vivre disent les scientifiques, l’inertie sera telle qu’on ne pourra plus jamais revenir en arrière. J’ai découvert ma conscience écologiste à l’âge de 20 ans avec ma première femme, plus âgée que moi. On vivait dans la forêt. Elle a construit ma passion pour la nature, l’environnement, les arbres, la faune. J’ai créé avec elle une réserve zoologique dans l’Allier. Mes idoles d’alors s’appelaient Jane Goodall - son livre (les chimpanzés et moi) m’a donné envie de partir au Kenya étudier les lions -, et l’agronome René Dumont, un visionnaire et un activiste dont tout le monde se moquait. escape n°26 I printemps/été 20 DR Quand il s’est présenté comme le premier candidat écologiste après la disparition du président Pompidou, j’étais le seul de mon village à avoir voté pour lui. C’était imprimé dans le journal : René Dumont, une voix ! En ayant raison avant tout le monde, tous ces héros de l’environnement ont énormément souffert de solitude. Aujourd’hui, leurs « enfants » activistes ont une chance inouïe : la voie est déjà tracée, la conscience verte se répand, le sujet intéresse, et tout le monde a envie de comprendre. Moi, je me suis réveillé en 1992, à l’occasion du sommet de Rio. Depuis, le contexte a déroulé un tapis rouge pour mon propre engagement, mon esthétisme, mon action, mes émissions et mon film. En d’autres terme, on récolte ce qu’on sème, oui. C’est aussi vrai pour l’avenir de la planète que pour l’engagement personnel. La générosité attire du monde. Mon travail sur la Terre vue du ciel m’a énormément transformé. J’ai été impressionné aux larmes par la beauté du monde et ce cheminement personnel m’a conduit vers les scientifiques et les ONG (Organisations non gouvernementales) qui ont achevé ma mue. De simple spectateur du monde, je suis devenu activiste et j’ai découvert combien l’engagement peut rendre heureux. Plus tu fais pour les autres, plus ça t’amène de choses à toi. Et plus tu es connu, plus tu peux communiquer... et aider ! Je veux être acteur au sens plein du terme. Avec une fondation, on pourra aller plus loin en disposant de plus de moyens. Ce nouveau statut nous permettra de recevoir des dons et des legs pour financer nos actions. Offrir par exemple des vacances aux enfants défavorisés. L’association a reçu l’an passé 120 gamins à Port-Cros (Var). J’aimerais aller plus loin en créant un lieu pour accueillir et sensibiliser cette génération, continuer d’offrir des posters gratuits dans les écoles, financer un site recensant toutes les solutions possibles pour arrêter de détruire la planète. On n’a rien changé encore de notre vie : ça n’est pas parce qu’on achète bio et qu’on trie ses déchets qu’on a modifié ses comportements. L’urgence va impacter le moindre de nos gestes quotidiens. Les questions sont : ais-je d’autres moyens que l’avion pour me rendre à l’étranger, est-ce que je peux faire du covoiturage, est-ce que je peux mettre un pullau lieu de monter le chauffage, est-ce que je peux consommer localement… L’association a fait ses calculs et tranché sur la question : quand nous faisons un Paul Molga
tournage lointain, l’empreinte écologique de l’avion pèse l’équivalent de 800 litres de gasoil par personne. L’hélico tourne à chaque fois une dizaine d’heures pour un total de consommation de 2000 litres de carburant. Vu ces chiffres et le tollé qu’ils ont provoqué, on a sérieusement envisagé de tout arrêter. Et puis j’ai décidé de relativiser : notre mission d’information et de sensibilisation est à mon sens plus importante que les dégâts qu’elle provoque. Compenser ne dédouane pas, mais c’est un engagement de plus pour le climat. Notre programme Action Carbone prélève 20 euros par tonne de CO2 produite. En 2008, nous avons ainsi récolté 1,8 million d’euros, 90% en provenance des entreprises et des associations, dont la nôtre. Exactement 85% de cette somme est redistribuée à des ONG, le reste sert au fonctionnement administratif et managérial du programme. Une quinzaine de projets sont accompagnés à ce jour et Action Carbone est aujourd’hui classée par Ends (Environmental data services) dans le Top30 des dispositifs de compensation pour la qualité de ses choix et son bénéfice pour l’environnement. Alors tout ça n’excuse pas l’hélicoptère c’est vrai, mais ça me permet d’assumer. DR publicité * Le monde a besoin de vos yeux. Nouveau Monde DDB - 344 446 810 RCS ANNECY - Photos : Tristan Shu, Studio Domino. TRAIL Pour les trail runners. Courir hors des sentiers battus, garder les yeux ouverts et distinguer chaque relief, chaque détail. » Dawa Sherpa – Trail runner www.julbo-eyewear.com »



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