Escape n°26 juin 2009
Escape n°26 juin 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°26 de juin 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Free Presse

  • Format : (210 x 300) mm

  • Nombre de pages : 52

  • Taille du fichier PDF : 10,8 Mo

  • Dans ce numéro : spécial sérénité.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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18 L a question eulement 15% des émissions de gaz à effet de serre produits par les marques du groupe Lafuma sont directement imputables à l’organisation et aux dépenses énergétiques de ses usines selon le bilan carbone rendu public sur ses activités dans 60 pays. Le reste provient des achats de matières premières et de produits finis réalisés auprès de dizaines de sous-traitants pour un total d’émissions de 210.000 teqCO2. « Contrôler une organisation de cette ampleur n’a rien d’évident », prévient le président du groupe, Philippe Joffard. Lafuma s’y emploie depuis le début des années 2000, date à laquelle l’entreprise a créé un comité de pilotage vert qui supervise plusieurs groupes de travail. Chacun d’eux se réunit tous les deux mois depuis, pour améliorer ses pratiques dans les domaines de la conception, de la production, des transports, du commerce, de la communication et des ressources humaines. « On ne devient vert par effet de mode. C’est un travail en profondeur qui se programme sur le long terme », explique escape n°26 I printemps/été 20 Diane Maniouloux, une « écolo-native » à la tête du sujet développement durable pour l’ensemble du groupe comprenant les marques Lafuma, Millet, Eider, Oxbow et Le Chameau. La démarche a été engagée bien avant sa nomination, mais de façon disparate. « Mon rôle est d’impliquer tous les niveaux de l’entreprise et de constituer une mémoire écologique qui fasse que la démarche s’inscrive pleinement dans notre ADN », explique-t-elle. Une partie des collections est par exemple conçue en associant les approches design et scientifique. « Les solutions qui en résultent sont nos laboratoires d’observation pour parfaire l’analyse des cycles de vie des produits, détaille Diane Maniouloux. Nous les utilisons pour améliorer nos process et notre sourcing de matières afin de concevoir des gammes plus respectueuses de l’environnement et conformes à nos niveaux d’exigence fonctionnels, techniques et économiques. Notre impératif est qu’ils offrent plus de durabilité, de fonctionnalité, de sécurité et de confort en utilisant moins de matières, d’énergie et de transport ». Le sac de randonnée Eco40 mis sur le marché en 2007, répond à cette exigence. Il a été peu vendu, mais les connaissances acquises pour sa conception, ont permis de mettre au point le Green Bag, un sac à dos urbain recyclé à 87% qui est aujourd’hui produit en masse pour célébrer les dix années de partenariat de Lafuma avec le WWF (World Wild Fund). Pour rendre facilement identifiable ce type de produits intégrant une démarche verte poussée, le groupe a créé des labels spécifiques pour chaque marque : Pure Leaf chez Lafuma, Naturally Committed chez Oxbow ou Organics Jean chez Ober. Les bureaux d’étude qui participent à ces travaux ne se contentent pas d’une vertu réduite aux seuls labels verts. « L’organisation décloisonnée de nos services de recherche permet la propagation des bonnes pratiques à tous les niveaux de l’entreprise », jubile Philippe Joffard. Une sélection avisée des matières premières, une maîtrise des processus de fabrication sur le plan énergétique, une stratégie d’acheminement réfléchie, et c’est l’ensemble du groupe qui en profite. « La frontière entre les produits labellisés « développement durable »
et les autres va ainsi, et doit, progressivement s’estomper, prévoit le patron. C’est notre meilleure garantie pour un développement réellement durable ». D’ici l’été 2010 par exemple, toutes les fermetures zip utilisées dans le groupe devraient être produites à partir de matériaux recyclés. De même, l’utilisation de matières eco-friendly se généralise avec l’usage de tissus naturels (coton et denim bio, chanvre…), de produits recyclés (polyester notamment), et de bio-matériaux tels que le Cocona, une fi bre textile fabriquée à partir du carbone extrait de l’enveloppe des noix de coco et présentée comme une alternative parmi les plus prometteuses du moment. « Comparée au coton, explique un ingénieur, la fabrication de cette fi bre permet de diminuer de 66% les coûts d’électricité et de séchage tout en fournissant d’excellentes propriétés naturelles comme le séchage rapide, une barrière anti-UV ou une protection contre les mauvaises odeurs ». La maîtrise du sourcing concerne également les dizaines de sous-traitants qui travaillent avec le groupe. Pour contracter avec Lafuma, ils doivent signer deux chartes déontologiques : une sociale reprenant les conventions de l’Organisation Internationale du Travail, l’autre environnementale, introduite début 2005. Deux auditeurs à temps plein sont chargés de contrôler et classer les fournisseurs selon six niveaux L’ORGANISATION DÉCLOISONNÉE DE NOS SERVICES DE RECHERCHE PERMET LA PROPAGATION DES BONNES PRATIQUES À TOUS LES NIVEAUX DE L’ENTREPRISE d’adéquation. L’information est rapportée à la direction des achats, mais elle a une valeur plus pédagogique que répressive : « Les fournisseurs audités non-vert sont revus dans les six mois suivant l’examen pour vérifi er qu’ils appliquent de nouvelles règles », explique Diane Maniouloux. Le message est effi cace : sur 176 audits réalisés en 2008 chez les sous-traitants, une dizaine seulement – moitié moins qu’en 2007 – était encore classé rouge, « tandis que la part des usines vertes ne cesse de croître », se réjouit la responsable du développement durable. Les progrès se mesurent aussi plus globalement grâce au marqueur Pure Leaf Grade imaginé par les ingénieurs de Lafuma pour coter toutes leurs actions. L’indice est symbolisé par trois feuilles de peuplier – emblème de la marque – plus ou moins verte selon l’impact mesuré du produit sur l’environnement et sa performance en termes de gestion de matières premières, d’énergie, de transports et de recyclage. « Ce système de notation a d’abord été conçu pour un usage interne, mais son pouvoir de mobilisation est tel que nous avons décidé d’y impliquer un plus large public », explique Julie Blondet, en charge de la communication corporate. L’indice vert étiquettera donc la prochaine collection estivale Pure Leaf (soit 16% de l’offre Lafuma) avant d’être progressivement étendu à la totalité de la marque en 2011, puis à l’ensemble des marques du groupe. « Cette signature aura valeur d’engagement », plaide l’entreprise. Trois feuilles en guise de contrat de fi délité éco-responsable. Paul Molga Philippe Joffard, président printemps/été 20 I escape n°26



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