Entreprendre Femme n°2 jui/aoû/sep 2015
Entreprendre Femme n°2 jui/aoû/sep 2015
  • Prix facial : 6,80 €

  • Parution : n°2 de jui/aoû/sep 2015

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (220 x 300) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 24,3 Mo

  • Dans ce numéro : pourquoi elle réussissent !

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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n FEMMES DANS LE VENT INTERVIEW À LA UNE De quelle(s) émission(s) tout au long de votre parcours êtes-vous la plus fière ? J’ai produit beaucoup d’émissions que j’ai toutes beaucoup aimées. Le Loft a été une aventure incroyable, un tournant, puisque c’était la première télé-réalité en France. Avec la Star Academy, j’ai connu l’ampleur d’une émission de divertissement, avec plus de 200 personnes sur le plateau, des invités internationaux prestigieux, un budget à la hauteur des enjeux, que l’on ne retrouvera peut-être plus jamais à la télévision. Avec Miss France, j’ai réalisé un rêve d’enfant. Avec Une saison au zoo, on a apporté une nouvelle écriture sur le service public. Avec Les Marseillais, on s’inscrit dans une nouvelle forme de programmes que j’appelle la « série-réalité ». Les femmes productrices ont-elles un regard différent, une façon bien à elles de mener les projets à la télévision ? Je ne pense pas qu’il y ait de différences. A titre personnel, j’ai peut-être un management plus attentif à des problématiques féminines, notamment en termes d’horaires et de maternité. J’ai une fibre féministe même si je n’ai rien d’une militante. Le monde de l’entreprise demeure machiste. A la télévision, c’est vrai que les hommes ont longtemps relégué les femmes aux fonctions artistiques, et non financières, moins flatteuses pour les egos. Mais on note aujourd’hui des changements et une très grande féminisation de la profession. Vous représentez la réussite au féminin dans ce monde très fermé de la production télévisée, peut-on dire qu’il y a un style Alexia Laroche-Joubert ? Je ne sais pas si l’on peut parler d’un style, mais ce qui me caractérise depuis toujours c’est la prise de risque, y compris dans le management humain. Pour recruter des collaborateurs, je n’ai jamais misé sur l’expérience. L’âge importe peu pour moi, ce qui compte c’est la créativité, l’innovation, la capacité de travail. J’ai à mes côtés un ancien stagiaire, par exemple, qui est devenu en moins d’un an producteur d’une émission ! Ce qui me caractérise également, c’est que j’ai peu d’états d’âme et que j’assume très bien la pression. Mais le plus important, je crois, c’est que j’aime profondément la télévision, dont je suis une très grande consommatrice depuis toujours. Nos lectrices interrogées vous décrivent comme une femme « spontanée », « libre », 12 Entreprendre Femme Alexia, bio express Après avoir obtenu un DESS de droit, Alexia Laroche-Joubert (né en décembre 1969 à Paris) officie pendant six ans sur les chaînes thématiques de Canal + avant de rejoindre la maison mère aux côtés de Michel Denisot et de Marc-Olivier Fogiel pour Télé dimanche et TV+. Elle rejoint ensuite TF1 et devient rédactrice en chef d’Exclusif. En 2000, elle prend en charge les filiales d’Endemol, puis en devient la directrice des programmes, tout en étant aussi directrice de la Star Academy. En mars 2008, Alexia quitte Endemol France pour monter sa propre société, ALJ Production, avec son ancien patron, Stéphane Courbit. A 45 ans, maman de deux filles, elle est aujourd’hui productrice et « Managing Director » de Banijay Productions France, filiale de Banijay Group, passée en tête des producteurs d’émissions de télévision en France. Selfie d’Alexia avec la promotion 2014/2015 du Master management des télécoms et des médias de Dauphine. « naturelle », « enthousiaste », « sympathique », « pas prétentieuse », « drôle ». Quel(s) adjectif(s) vous font le plus plaisir et pourquoi ? Ça fait plaisir à entendre ! Parmi ces adjectifs, celui qui me fait le plus plaisir c’est « drôle », sûrement parce que c’est celui qui est le plus surprenant pour moi. Je n’ai pas eu une vie toujours très amusante parce que j’ai connu beaucoup de drames personnels… mais j’ai toujours essayé de travailler avec cette forme de légèreté de l’être. Etre drôle, c’est dans ma nature, mais ce n’est pas forcément ce que les gens voient en premier. Je trouve donc cela super ! « Pas prétentieuse » … oui, je suis la fille de ma mère. Et je peux vous assurer que quand vous avez une maman comme la mienne avec un tel parcours, vous ne vous la pétez pas ! (rires) « Enthousiaste », c’est ce que je suis depuis toujours, et j’ai gardé cette faculté de m’émerveiller qu’ont les enfants. J’ai un papa à qui il est arrivé beaucoup de choses difficiles et, malgré tout, il m’a appris à toujours voir la vie en technicolor ! Avez-vous été inspirée par d’autres femmes de télévision ? Dans le passé ou actuellement, qui suscite le plus votre admiration ? Oui, Pascale Breugnot, bien entendu ! Une des premières grandes productrices françaises de télévision. C’est elle qui m’a donné ma chance sur TF1 à 27 ans. Je pense aussi à Fabienne Servan-Schreiber, qui s’est formée auprès de grandes signatures de l’audiovisuel, avant de devenir réalisatrice, puis productrice de cinéma et de fonder Cinétévé, sa société de production audiovisuelle indépendante. C’est un exemple pour moi. Elle est incroyable de talent, de force de vie, de bienveillance. Je pense enfin à Marie-Laure Sauty de Cha-
« Au début de ma carrière, j’ai mis de côté mon aspect sexué, en évitant de jouer de mes attributs féminins. J’ai voulu qu’on me considère comme une professionnelle, avant tout pour mes compétences. Longtemps, j’ai été unisexe, mais depuis, j’ai fait évoluer mon image vers plus de féminité. » lon (Ex-Carat France, à la tête d’auFeminin.com), une femme admirable, une chef d’entreprise hors-pair. Sans parler de votre maman, Martine Laroche-Joubert ? J’ai une admiration sans borne pour elle, mais pour moi, même si elle a fait une carrière exceptionnelle, c’est avant tout ma maman et je la vois comme telle ! Mais en plus de son affection, ce n’est pas tant l’ouverture sur la télévision que je lui dois. Non, ce qu’elle m’a transmis d’essentiel, c’est de m’avoir appris que rien n’est impossible dans la vie. Vous savez, à 11 ans, j’étais toujours dyslexique et j’avais de grosses difficultés avec l’orthographe. J’avais donc du retard et je n’ai donc appris à écrire qu’à cet âge-là. Maman ne m’a jamais dit que c’était impossible d’y arriver. Et ce cadeau-là, c’est un bien précieux, il est inestimable ! Le monde de la télévision n’est pas réputé pour être particulièrement tendre. Quelles qualités, d’après vous, vous ont permis de mener avec succès votre carrière ? Je suis née avec en moi une forme de rage, un besoin absolu de réussite, non pas financière ni purement égotique, mais le profond désir de faire partie de ceux qui font. « L’envie est un moteur auxiliaire » comme l’écrit Bernard Lavilliers. Il parait que je suis née avec les poings fermés et que je griffais tout le monde. (rires) Ce n’était pas contre moi ni contre mes proches, mais c’était une force de rage très positive, comme une énorme force de vie qui ne demandait qu’à s’exprimer. J’ai en moi un côté guerrier qui fait que l’on peut me confier des opérations commandos. Sur le stand de Banijay Productions avec Benjamin Castaldi (à l’époque de Secret Story) lors du MIPTV à Cannes. INTERVIEW À LA UNE Rêvez-vous de faire autre chose ? Imaginez-vous une reconversion possible ou souhaitez-vous continuer dans votre métier actuel le plus longtemps possible ? On pense toujours à une reconversion, mais je ne me vois pas arrêter de travailler avant au moins mes 70 ans. Surtout, je ne me vois pas arrêter d’être en contact avec des gens. Peut-être un jour ferais-je tout autre chose, comme encadrer des tableaux par exemple ? Aujourd’hui, conseilleriez-vous à des jeunes femmes d’entreprendre dans le monde de la télévision ? Et si oui, en leur donnant quels conseils ? Oui, bien entendu. On peut réussir partout aujourd’hui. A la télévision, les choses sont en train d’évoluer et je conseillerais plutôt à ces jeunes femmes de faire HEC ou Polytechnique, car pour rejoindre les chaînes ou les maisons de production, ce sont des cursus aujourd’hui très appréciés. Mais d’autres voies sont encore possibles et l’on peut réussir aussi de l’intérieur, en passant par tous les métiers, même si les profils autodidactes sont cependant de plus en plus rares. Quand j’ai démarré, j’ai fait des tas de petits boulots pour me former à la télévision pendant mes études  : j’ai rangé des cassettes, j’ai été scripte, fait de la régie, j’ai même fait la météo sur TMC ! (rires) Et votre philosophie de vie ? Résolument optimiste ? Oui, je crois à ma bonne étoile ! Il faut savoir saisir les opportunités et toujours se faire confiance. L’envie est un profond moteur de réussite ! Propos recueillis par Valérie Loctin. Bibliographie Dans ce livre publié en 2007 à l’époque où elle est Directrice de la Star Academy 7, Alexia souhaite démontrer que si notre génération de femmes a bénéficié des fruits du combat collectif mené par nos mères, elle doit continuer la lutte, sur un plan individuel et qu’il est tout à fait possible de réussir sa vie de femme, au jour le jour. « Le monde de l’entreprise demeure machiste. Mais on peut faire changer les choses, par exemple, en obtenant un salaire égal entre hommes et femmes ou en mobilisant les politiques sur l’augmentation des aides à la garde d’enfants. Le combat des femmes passe aussi par celui des hommes. Le jour où les hommes revendiqueront leurs congés parentaux comme les femmes, on ne se posera plus la question de l’égalité des sexes au travail » explique la productrice. « Pas de pitié pour les dindes ! » d’Alexia Laroche-Joubert, Plon, 186 pages. Entreprendre Femme 13





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