Entreprendre Emploi n°4 mar/avr/mai 2009
Entreprendre Emploi n°4 mar/avr/mai 2009
  • Prix facial : 5,95 €

  • Parution : n°4 de mar/avr/mai 2009

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 128 Mo

  • Dans ce numéro : relancer sa carrière.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Le journal de Robert Lafont Claude Guéant ; confidences au plus haut sommet de l'Etat CHAQUE MOIS, JE RENCONTRE DES PERSONNALITÉS D'EXCEPTION ET LEURS AVIS N'ONT PAS DE PRIX ; DE VRAIS SECRETS DE FABRIQUE. 29 octobre 2008 Claude Guéant, force tranquille pour avis de tempête Derrière le Président, c'est l'homme le plus puissant de la République. A 62 ans, malgré un emploi du temps passablement rempli de secrétaire général de l'Elysée, le fidèle des fidèles de Nicolas Sarkozy reçoit à l'heure et sans faire attendre. Avant d'arriver à pied au 55 rue du Faubourg Saint Honoré, j'avais déjà eu du mal à rentrer dans le palais de l'Elysée. Les visiteurs du soir ne doivent pas être si nombreux à venir ainsi, de sorte que les policiers postés là avaient l'air surpris. Au-delà de l'anecdote, Guéant reçoit affable, concentré, mesuré. Pas l'ombre d'une fatigue ou d'un surmenage chez ce grand serviteur de l'Etat, mais le désir de coller au plus près à sa fonction. Assumer sans en rajouter. A l'heure où le patron vole de capitales en capitales pour rameuter ses collègues Chefs d'Etat à l'organisation d'un nouveau Bretton Woods, Guéant tient la baraque, tel le Michel Jobert des grands jours dans un palais présidentiel calfeutré et curieusement calme à 19 heures. La crise financière, la baisse des marchés le laisse presque froid. « C'est mécanique, les Hedge Funds ont encore quelques 200 millions de dollars à écluser. ». L'hégémonie américaine ? « Pas étonnant, les USA pèsent plus de 25% de l'économie mondiale et vous voyez comme ils ont profité de l'aubaine pour recapitaliser au passage leur industrie automobile de plus de 25 milliards de dollars ». La crise industrielle à venir ? « N'exagérons rien » répond-il serein... « D'ailleurs, l'annualisation du temps de travail, issue des 35 heures, va, ironie du sort, grandement faciliter la bonne utilisation des hommes et des usines dans l'automobile notamment. » « L'industrie reste d'ailleurs notre priorité. Sans elle, pas d'économie de services. D'ailleurs, la part de l'emploi industriel n'a pas baissé dans notre pays. Ce qui trompe le raisonnement, c'est que les industriels font de plus en plus appel à la sous-traitance pour des services qu'ils n'externalisaient pas avant ». Les fonds souverains ? « Nous allons nous servir de la Caisse des dépôts pour nous doter d'une vraie stratégie d'investissement économique. Celle-ci elle n'a rien à faire dans des fastfoods (Quick). Il faut se mettre sur des créneaux stratégiques » Et l'immobilier ? « C'est important, le gouvernement a décidé de racheter 30 000 logements neufs. Ce n'est pas rien, cela sauve 60 000 emplois ». Pour les PME, je lui suggère de faire la même chose que ce qui a été fait pour les banques. En l'occurrence, demander à OSEO de proposer des crédits garantis pour augmenter les fonds propres des PME de moins de 200 salariés... Le Secrétaire Général n'a pas eu l'air de désavouer. En pleine tempête financière, Guéant tel un sage prend le temps d'expliquer : « regardez la France, au-delà des excès médiatiques, elle traduit dans ses profondeurs une vraie sagesse. Toutes les réformes sont largement approuvées. Les Français ont compris. Nous allons continuer. Grands Travaux, projet Canal Seine- Nord, économies renouvelables, Grenelle 2, TGV, réforme por- 4 - Entreprendre Emploi&Carrière tuaire. Le pays doit avancer... ». En période de crise, tout semble aller dans le meilleur des mondes, « N'éxagèrez pas, Monsieur Lafont, regardez à part les chômeurs, et les boursiers, pour l'instant il n'y a pas de grand changement. La crise c'est dans la teteet nous devons continuer à encourager les énergies du pays ». Dommage que le mandat de Sarkozy arrive à son terme au niveau de la présidence européenne. « Oui d'autant que le Président Tchèque qui prendra la suite ne paraît guère européen. » (sic) Pour la première fois, Claude Guéant se départit de son habituelle bonhommie En rencontrant Claude Guéant en tête-à-tête à l'Elysée, j'ai été impressionné par son incroyable connaissance des différents dossiers économiques et par son calme en plein tourmente financière. C'est incontestablement un homme d'Etat dont on va entendre de plus en plus parler. A un moment au téléphone, par rapport à un blocage d'un dépôt NMPP par le syndicat du livre, cette réponse à Emmanuelle Mignon « Faîtes libérer le dépôt, après tout, c'est aussi la liberté de la presse qui est en jeu. » Des mots simples, un langage apaisé, une force tranquille ; Guéant mène son chemin avec une parfaite connaissance des dossiers. On n'est pas étonné de le trouver à une telle place. La France est bien gardée. On comprend mieux que le Président puisse s'absenter autant... 30 octobre 2008 Si la Camif s'appelait Rue du Commerce Comment sauver la Camif ? À écouter Gauthier Picquart, 41 ans, entrepreneur vedette du commerce électronique français avec Rueducommerce.com, ce n'est pas forcément compliqué. Encore faut-il être un minimum à l'écoute de son marché. Alors que lui et ses confrères genre Pixmania ou CDiscount livrent leurs clients en 48h chrono, la vénérable maison de Niort prend allègrement 3
Gauthier Picquart, le fondateur de Rueducommerce.com m'explique en une phrase ce qui ne va pas à la Camif. semaines de délai, cherchez l'erreur. On a beau avoir pour fond de commerce les profs et les instits ; ceux-ci ont autant envie de recevoir leurs écrans plats ou leurs consoles vidéo aussi vite que les autres. Avec 900 salariés sur le carreau, la Camif pourra encore continuer à faire pleurer Margot, et c'est vrai que le drame social est bel et bien là. Mais il est plus que temps de mettre les hommes de marché et de marketing à la tête du management des entreprises. En attendant, la start-up à succès Rueducommerce.com, (310 millions de CA) dernier indépendant du secteur, peut continuer son bonhomme de chemin. Avec quelques 20 millions de trésorerie et pas d'endettement, les fournisseurs semblent se bousculer au portillon. Même si le cours de la bourse à moins de 3 euros équivaut à même pas les fonds propres. Le 22 octobre 2008 Le Red Star, son stade et la lenteur administrative Le président du Red Star n'a pas perdu la boule. Pourtant Patrice Haddad, 51 ans, lunettes teintées, costume tendance m'explique que depuis qu'il a repris, il y a un an, l'ex-grande étoile du foot parisien, le Red Star, il s'y consacre corps et âme. Étonnant de constater qu'un club de foot de division 4 (CFA1) situé en banlieue nord, à Saint-Ouen, mobilise autant un entrepreneur à succès. Haddad a crée un petit empire dans la production pub (Première Heure avec 50 millions d'euros de CA) regroupé dans un bel immeuble repris à Dassault sur les quais de Seine à Saint Cloud. Convaincu que le « le foot peut redonner l'espoir, et le sens à des jeunes pas mal désorientés », il insiste sur « le nombre et le dévouement de bénévoles qui passent des heures d essayer d'éduquer des gamins. Un formidable sacerdoce. » Il ne se prend pas pour le Tapie des banlieues, il est bien plus discret, Haddad, et semble inscrire son projet sur la durée. Non ce qui surprend le plus chez cet homme réfléchi, c'est quand il dit avoir trouvé des promoteurs privés aptes à financer à hauteur de 100 millions d'euros la construction d'un vaste complexe sportif comprenant stade de 20 000 personnes et installations diverses. Et que dans le même temps, il reconnaît que des tracasseries administratives ou politiques d'intérêts subalternes semblent l'avoir condamné. Un incroyable gâchis. Dans la France de la crise, des banlieues, et du chômage il y a encore des petits élus qui se permettent de mettre des bâtons dans les roues à de telles entreprises. De quoi décourager bien des énergies. Mais Haddad croit en son étoile. A un moment un de ses adjoints m'explique « Vous savez, monsieur Lafont, à la mairie, le foncier, ça les intéresse drôlement. Et puis l'adjoint aux sports n'est pas forcément bien avec le futur maire qui pourrait être socialiste, je crois. » On croit rêver. J'interromps. Je ne veux pas rentrer dans ces petits calculs. C'est ce qui nous fait couler à petit feu. La France qui contrôle et administre qui empêche la France qui entreprend. Par les temps qui courent ce n'est plus acceptable. Et je repense à Jean-Michel Aulas, qui attend toujours l'autorisation de son stade géant à Lyon ou à Michel Seydoux toujours orphelin d'une autorisation à Lille, sans parler même de Christian Estrosi, le maire de Nice, l'ami du Président, qui n'a toujours pas malgré son entregent, obtenu la certitude de construire son stade de 40 000 places pour les Aiglons... Au-delà du foot, je repense aussi à cet industriel. Joël Picard, pour ne pas les nommer patron d'Aurea, qui m'avait dit avoir été obligé d'aller construire sa nouvelle usine en Belgique parce que chez nous, la DRIRE allait mettre au moins 3 ans pour accorder les autorisations. Monsieur Sarkozy, monsieur Fillon, il n'y pas que le poids des charges et des impôts, il y a aussi le temps Kemal, N ! eider ? Le kat uotidien FOOL Paris ADIEU LE PARC ? oceenee*LeesteessoPuemareoeno minores. Après l'annonce du lancement de Le Foot en quotidien, quelques présidents de club nous ont contactés, tel celui du vénérable Red Star. de réponse des administrations. Pompidou ne disait-il pas : « arrêtons d'emmerder les français ». Excusez de la grossièreté, le mot est devenu historique, les maux aussi le sont toujours... Le 24 octobre 2008 La leçon du grand Maître Ne pas être franc-maçon n'empêche nullement de répondre aux invitations. Autant Jean-Michel Quillardet, l'ancien Grand Maître ressemblait à un Lionel Jospin qui n'aurait pas réussi (austère et magistral), autant le nouveau paraît jovial et d'avantage en prise avec la société. A 59 ans, Pierre Lambicchi, cardiologue de son état, veut s'occuper du coeur de la cité. Celle-ci en a bien besoin « Notre rôle est important. D'ailleurs les jeunes ne s'y trompent pas. Nous avons de plus en plus d'adhérents. Ils viennent là pour donner un sens à leur vie. » En période de remise en cause des marchés financiers, l'opprobre sur l'ultralibéralisme est de mise. Et le Grand Maître d'embrayer avec son accent méridional sur une anecdote authentique. « J'avais un client dirigeant de supermarché dans la région d'Aix-en- Provence qui, sans scrupule, avait pour mission d'écrémer et de licencier. Cela ne lui posait pas de problème jusqu'au jour où c'est lui qui fut convoquer par un supérieur. On est toujours l'inférieur de quelqu'un... Et là, fini, c'est lui qui fut remercié, pour un motif hasardeux. Notre manager adepte de Madelin, ne s'en remis jamais... il fit même dépression sur dépression. »... Le Grand Maître me regarde, Le nouveau grand Maitre Pierre Lambicchi séduit par son franc parler et son sens de l'anecdote... je lui réponds « que son client aurait dû rebondir, se remettre en cause et repartir sur un nouveau projet. C'est là que le bât blesse »... Un ange passe « mais attention, cher Robert Lafont, ne croyez pas que nous sommes obtus. Je me bas actuellement pour la suppression de l'ISF... Tout simplement, parce que ce sont les classes moyennes qui le payent. Les milliardaires, eux, ça fait longtemps qu'ils sont partis au bord du Lac Léman »... Ma réponse : « Il n'y aurait qu'un milliardaire qui quitterait l'hexagone que ce sera déjà suffisant, pour supprimer cet impôt sur la Fortune, qui rapporte moins qu'il ne coûte ». Dans la débâcle financière actuelle où chaque million réinvesti joue son rôle, de tels propos commencent à être perçus positivement. La crise financière quel qu'en soient les causes, démontre aussi tous les liens qu'elle a avec l'économie réelle. Quand la finance s'écroule, l'industrie est mise à mal. L'inverse n'est pas vrai. Au total, Pierre Lambicchi m'apparaît mesuré et épris de sens civique... un homme qui veut s'en doute réconcilier et faire échanger les personnes de bonne volonté... En quittant la rue Cadet, je demande à Philippe Cabanel, le Directeur de la communication du GO, quels sont les liens avec la Grande Loge Nationale de France (GNLF). Il me fait savoir que les grands maîtres refusent de se rencontrer. Allez y comprendre quelque chose de la part de réseaux censés vouloir faire dialoguer. Beaux principes, que de crimes commet-on en ton nom ! Tocqueville, reviens vite ! Avec la crise financière, ils sont déjà nombreux tous ceux qui tombent à bras raccourcis sur l'économie de marché, alors que celle-ci reste un fondement de notre prospérité. A ceux-là et aux apprentis Besancenot en herbe, cette définition de la philosophe Chantal Delsolo) bien utile par les temps qui courent. « Le libéralisme n'a jamais prétendu qu'il devait se passer de lois, et bien plutôt il a toujours été persuadé qu'il ne saurait se développer valablement que sous des lois régaliennes précises et obéies. Mais, au-delà, il faut préciser que les libéraux défendent dans la plupart des cas une doctrine qui tient la liberté pour essentiel, mais non pas exclusive. Ce qui les différencie des socialistes et en général des tenants de l'étatisme, c'est leur adhésion au principe de subsidiarité. Lequel réclame que l'Etat ne s'ingère pas dans les affaires privées tant que les privés accomplissent leur tâche sans nuire à l'intérêt général ; mais réclame au contraire l'ingérence de l'Etat lorsque la sphère privée se trouve insuffisante, débordée ou corrompue. » Tocqueville, reviens vite ! Ils sont capables de mettre à bas ce qui les a fait vivre... Entreprendre Emploi&Carrière - 5



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