Emploi & Carrière n°9 jun/jui/aoû 2011
Emploi & Carrière n°9 jun/jui/aoû 2011
  • Prix facial : 4,80 €

  • Parution : n°9 de jun/jui/aoû 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20,8 Mo

  • Dans ce numéro : Mark Zuckerberg, une ambition planétaire.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Enquête n les revenus des patrons, le grand écart « Le salaire normal du patron, c’est celui qu’il est capable d’annoncer à son comité d’entreprise » Pourquoi avoir lancé une étude sur la rémunération des chefs d’entreprise ? Nous avons mis en place cette enquête voici trois ans, de façon à montrer qu’il n’y avait pas de honte dans les salaires des chefs d’entreprise, souvent bien loin de ce qu’imaginent nos concitoyens, tout du moins pour les PME que nous représentons. En 2008, nous sommes à 5.108 euros par mois en moyenne. Nous avons aussi fait la différence entre un patron d’une société de moins de 20 salariés, qui dispose d’un salaire de 4.000 euros par mois, avec celles de plus de 50 salariés, où nous sommes à 10.942 euros par mois. Nous restons donc dans des chiffres parfaitement acceptables par l’ensemble de nos concitoyens. Les petites entreprises en création ne faussent-elles pas les chiffres ? Non. Nous nous intéressons Mais le cœur de nos clients reste l’entreprise ni trop grande ni trop petite : le « middle market ». C’est-à-dire des entreprises cotées, mais hors CAC 40 et hors banques. Notre panel prend ainsi en compte 170 sociétés du « middle market » pour 400 dirigeants ». Un panel divisé en trois catégories, A, B etC, étant donné les disparités existantes à l’intérieur 34 n Emploi & Carrière Jean-François Roubaud, président de la CGPME à 1,6 million d’entreprises, quand les jeunes sociétés Le Medef a demandé de se sont en nombre bien plus fier au code de l’éthique. faible. Nous sommes sur des Cela a-t-il eu une entreprises qui fonctionnent incidence ? depuis plusieurs années. Je l’espère. Il serait intéressant que les grandes entreprises adaptent le salaire aux résultats. Il existe toujours un préjugé négatif vis-à-vis des patrons. Ceux des PME et ceux du CAC 40 sont-ils comparables ? Non ! Ce qui a été scandaleux, cela a été le montant énorme de certaines rémunérations qui n’avaient rien à voir avec ce qu’un salaire pouvait être. Ce n’est pas au niveau du gain d’argent. Qu’un patron d’une entreprise gagne de l’argent, c’est normal, mais pas autant en salaire, plutôt en fonction des résultats. Quand les résultats ne sont pas bons... un gros salaire ne se justifie pas... Exactement. Il est possible d’avoir un salaire décent à la rigueur, même si dans les PME beaucoup de chefs d’entreprise ne se sont pas payés pendant la crise pour continuer à rester debout. Il est indécent de gagner beaucoup d’argent dans une entreprise où il faut licencier 500, 1.000 ou 2.000 personnes. Une charte peut-elle être efficace ? Elle peut avoir une incidence mais pour cela, il faut un comité de suivi de la charte. Si personne ne vérifie si elle est suivie, elle ne sert à rien. La CGPME a parlé dans son rapport de seuil d’acceptation social... Le salaire normal du patron, c’est celui qu’il est capable d’annoncer à son comité même de ce groupe d’entreprises. Bilan : 981.000 euros de rémunération globale (y compris actions ou options) pour le compartiment A, 412.000 pour le B et 247.000 annuels pour le C en 2009. « Même à l’intérieur de notre panel, il existe d’incroyables disparités, comme entre Bolloré, par exemple, et Barbara Bui, qui est une PME au capital familial, d’entreprise. Il faut éviter les scandales. Dans une entreprise de 30 personnes, vous ne pouvez pas avoir un salaire de 150.000 euros par mois, c’est inimaginable. En revanche, en tant que chef d’entreprise de PME, de dire « on distribue les dividendes suite aux bons résultats », cela me paraît logique. C’est selon l’entreprise. Les rémunérations des grands dirigeants ont baissé suite à la crise... Mais par le fait de la variation de la part variable. Alors que dans les PME, nous n’avons pas de part variable, du moins en règle générale. Le salaire des patrons de PME n’a pas bougé. Sauf que certains patrons ne se sont pas payés... La transparence progresse. Est-ce aussi le cas dans les PME ? Je le crois et je le souhaite. Déjà, le salaire des trois principaux salariés doivent être inscrits dans les bilans, donc le comité d’entreprise est au courant. J’incite les chefs d’entreprise à être transparents. Mais il ne faut surtout pas demander d’obligation ! Le tabou vis-à-vis du salaire peut-il être plus fort dans les PME ? Je ne pense pas. Dans toutes les entreprises que j’ai eues, les salariés connaissaient à peu près les salaires. Il n’y a pas de tableau où cela est affiché. Mais la transparence existe tout simplement parce que les écarts ne sont pas énormes. Comprenez-vous l’agacement des patrons de PME à chaque étude sur les rémunérations des P-DG ? Oui. Il s’agit de chiffres que l’on connaît. Ces chiffres sont tellement énormes. Le problème, c’est qu’ensuite tout le monde en France pense que les chefs d’entreprise gagnent 10 millions de dollars par mois. C’est l’inverse ! Certains patrons gagnent moins que leurs salariés. C’est tellement plus facile de faire un amalgame négatif.Alors qu’il s’agit d’une poignée de personnes, peu en proportion de l’ensemble des patrons. mais cotée », illustre Pierrez Godet, président d’ATH. Ce dernier refuse pourtant de stigmatiser les plus hauts salaires de France : « C’est lié aux résultats de l’entreprise. Nous sommes dans une économie libérale qui répond à la loi de l’offre et de la demande. Il faut aussi comprendre que certaines entreprises sont des groupes mondiaux, qui répondent
En moyenne, un patron français touche 5.108 € mensuel L a CGPME a publié en décembre 2010, en collaboration avec l’Insee, une étude sur la rémunération des chefs d’entreprise. Il en ressort que le salaire moyen des dirigeants d’entreprise en 2008 s’élève à 61.300 euros (5.108 euros par mois) ainsi à une loi mondiale ». Tout en précisant : « La France n’est pas une exception européenne ! Nous sommes même plutôt à un niveau intermédiaire ». Un changement envisageable ? Il n’empêche. Ces sommes astronomiques choquent une partie de l’opinion publique. Le Medef en est conscient, rappelant les dirigeants à l’ordre. Des améliorations depuis la crise, tant au niveau de la transparence que de la modération des salaires ? Pierre Godet positive : « Nous avons senti deux grands phénomènes : la crise a pesé sur les rémunérations et notamment sur la part variable et les stock-options ; il se dégage petit à petit un code de bonne conduite dans les entreprises cotées sur ce thème, elles vont dans le sens d’une plus grande transparence ». Pierre- Henri Leroy, de Proxinvest, rejoint son confrère sur ce second point : « Il y a des progrès côté transparence mais aucun en matière de responsabilité. Ce qui progresse, c’est le regard des actionnaires sur le sujet. Cela les préoccupe sérieusement ». Mais si le président de Proxinvest reconnaît la préoccupation des actionnaires, il en fait paradoxalement les responsables de cette situation qu’il reflétant une certaine stabilité par rapport à 2007 (58.200 euros annuel).Ainsi, un dirigeant d’une entreprise de moins de 20 salariés dispose d’un salaire de 48.000 euros (4.000 euros par mois) contre 131.300 euros (10.942 euros par mois) pour des entreprises de plus Le mirifique salaire de Carlos Ghosn : 1,2 million pour Renault… et 8millionspour Nissan, longtemps caché aux actionnaires. de 50 salariés. Celui d’une entreprise de 20 à 49 salariés bénéficie d’un salaire de 80.800 euros (6.733 euros par mois). Le chef d’une entreprise de plus de 250 salariés touche en moyenne 209.700 euros par an (17.475 euros mensuel). dénonce : « Proxinvest s’intéresse aux décisions des actionnaires en assemblée générale. Ils ont toujours eu la souveraineté sur la rémunération de leurs administrateurs. Il s’est trouvé que, très vite, les rémunérations des dirigeants sont devenues considérables. Cela fait dix ans que nous avons expliqué que les administrateurs ne faisaient pas bien leur travail car ils sont nommés par des copains, et soutenus par les banques... Globalement, le système de l’actionnariat ne pouvait fonctionner que si les actionnaires mettaient la pression... », raconte Pierre- Henri Leroy face à ce constat d’échec du mode de fonctionnement du système financier, rappelant que les actionnaires ne portent jamais plainte contre les entreprises. D’où sa décision passée de mener ces études : « Nous nous sommes donc dit que l’on devait faire Parmi les secteurs, les moins bien lotis au niveau de la rémunération du chef d’entreprise, quelle que soit la taille de la société : la construction, le commerce et les transports. Les sociétés œuvrant dans les activités financières sont les plus rentables. ce travail de suivi des rémunérations ». Le cabinet Proxinvest s’insurge par exemple de constater que Carlos Ghosn ait longuement caché aux actionnaires de Renault une part de sa rémunération, imputée à Nissan Motors. Le rapport Renault n’avouait ainsi qu’une rémunération de 1,2 million pour son P-DG... alors que la part Nissan révélée l’été dernier est estimée à 8 millions d’euros. « Carlos Ghosn a violé la loi depuis trois ans en dissimulant sa rémunération... », juge Pierre-Henri Leroy. D’autres révélations similaires pourraient-elles éclater ? « C’est tout à fait possible. Tant que les actionnaires ne feront pas leur travail correctement, tant que le système bancaire ne sera pas réformé... Le sujet reste chaud ». Ainsi, Proxinvest réclame des mesures législatives ou un code de bonne gouvernance, avec un vote annuel des actionnaires sur les rémunérations des dirigeants, des informations plus précises sur les critères retenus pour accorder des bonus... Cette tendance à la transparence doit-elle toucher les PME ? Non, selon Pierre Godet, d’ATH : « Car les petites entreprises ont d’autres préoccupations. Elles ne sont pas internationales. Et il s’avère difficile d’afficher son salaire lorsque vous exercez une activité de proximité ». Encore un domaine où PME et multinationales ne jouent pas dans la même cour. L’opinion commence à faire la part des choses.• Benoît Léty Emploi & Carrière n 35



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