Emploi & Carrière n°9 jun/jui/aoû 2011
Emploi & Carrière n°9 jun/jui/aoû 2011
  • Prix facial : 4,80 €

  • Parution : n°9 de jun/jui/aoû 2011

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 20,8 Mo

  • Dans ce numéro : Mark Zuckerberg, une ambition planétaire.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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Enquête n les revenus des patrons, le grand écart Ils s’en mettent plein les poches Carlos Ghosn Renault 9,24 millions d’euros (dont 1,2 de part fixe) Christopher Viehbacher Sanofi-Aventis 8,25 millions d’euros (dont 1,2 de part fixe) Bernard Charlès Dassault Systèmes 8,09 millions d’euros (dont 0,9 de part fixe) Bernard Arnault LVMH 7,61 millions d’euros (dont 1,67 de part fixe) Franck Riboud Danone 5,95 millions d’euros (dont 1,05 de part fixe) Henri de Castries AXA 5,64 millions d’euros (dont 0,6 de part fixe) Source : Proxinvest. Classement des présidents exécutifs les plus rémunérés du SBF 120 (120 premières entreprises cotées à l’indice boursier dont CAC 40). Les patrons trop Le sujet ne laisse pas indifférent mais il va falloir distinguer le salaires des patrons du CAC 40 et ceux de dirigeants de PME.Or,les clichés ont la vie dure. Mi-décembre, une nouvelle étude du cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest révélait le véritable salaire de Carlos Ghosn, patron de Renaut-Nissan. En rajoutant ses revenus liés à Nissan rendus publics que cet été... au Japon, il truste la première place des P-DG d’entreprises françaises les mieux payés, avec 9,2 millions d’euros. Une rémunération sans commune mesure avec la moyenne des petits patrons dont les émoluments ne dépassent pas 4.000 euros par mois. Au-delà de la polémique, plusieurs études ont donc été réalisées. Celle de la CGPME, en collaboration avec l’Insee, souligne le relativement faible niveau de rémunération des petits entrepreneurs. Celle de l’association ATH, pourtant sur les entreprises du « middle market », et dont la mission déclarée est d’aider les Français à faire la part des choses et à comprendre l’écart béant qui existe entre un P-DG de multinationale et le chef d’entreprise d’une petite industrie locale. Des chiffres parlants Car pendant tout le 1 er semestre de l’année 2009, au plus fort de la crise économique, le thème des rémunérations des dirigeants est revenu dans l’actualité tel un boomerang. Le Medef a soumis un code de bonne conduite fin 2008. L’AMF (Autorité des marchés financiers) a sermonné les patrons, par la voix de son président Jean-Pierre Jouyet en juillet 2009. Celui-ci relevait que pour 58 des 60 patrons de grandes entreprises ayant été examinées par l’AMF, la part de rémunération variable constituait toujours l’essentiel des revenus, sans rapport clair avec la performance... Le 29 novembre 2010, histoire de montrer l’exemple, le président de l’AMF obtenait une réduction de son salaire d’environ 80.000 euros environ (pour s’établir à 235.903 euros bruts annuels). Signe que le débat ne s’est pas apaisé. Quinze jours plus tard, l’étude annuelle de Proxinvest sur les salaires des patrons du CAC 40 venait rappeler les millions touchés par les P- DG les plus en vue de l’Hexagone. Pourtant, l’édition 2010 souligne une baisse importante des rémunérations des dirigeants du CAC 40, de 14% environ. Un regain d’éthique face à la crise ? Plutôt une tendance à moyen terme. Puisque l’étude souligne qu’en 2009, les patrons exécutifs du CAC 40 ont perçu un total moyen de 3,1 millions d’euros, contre 3,6 en 2008 et 4,7 en 2007. Une évolution essentiellement due à la baisse des stock-options et de la part variable de la rémunération. « À l’avenir, si l’activité redémarre, il ne serait pas étonnant que la part qui a baissé s’inverse », note Pierre Godet, président d’ATH, association de cabinets d’audit qui a produit une étude aux conclusions assez similaires. Et malgré cette baisse globale, l’écart entre les plus gros salaires du patronat et les autres reste abyssal...
sont-ils payés ? même par comparaison avec des sociétés cotées en Bourse. Les dirigeants des 130 dernières capitalisations de l’indice boursier SBF 250 (sans compter le SBF 120 et le CAC 40) gagnent en moyenne 5 fois moins que le montant perçu par les patrons des 40 premiers du CAC. Surtout, la comparaison devient quasiment caduque lorsqu’il s’agit de mettre ces rémunérations en face de celles en vigueur dans les PME. En 2008, selon une étude de l’Insee réalisée pour la CGPME, le salaire moyen des chefs d’entreprise français se situait à 61.300 euros nets annuels, soit 5.108 euros par mois. De fait, il faudrait faire définitivement la distinction entre ceux qui ne prennent pas de risques personnels et ceux qui engagent leur patrimoine. Le risque de l’amalgame Des chiffres en tous points incomparables. Mais la CGPME cherche à éviter les amalgames. Car Pierre- Henri Leroy, président de Proxinvest, est conscient du tord qu’il a pu causer à certains patrons avec son étude annuelle, qui en est déjà à sa 12 ème édition : « En un sens, j’ai terni la réputation des PME auprès d’une population qui estime que les patrons s’en mettent plein les poches. Ce n’est pas la démarche que nous avons lorsque nous dénonçons les très gros salaires. Justement, cette année, nous avons mis en évidence la médiane par rapport à la moyenne. On constate que les patrons des petites sociétés cotées ne se paient pas énormément puisque 60 d’entre eux reçoivent moins de 400.000 euros par an. Et il y a encore 300 sociétés cotées en dessous, non prises en compte dans l’étude, qui Le salaire moyen des chefs d’entreprise français se situe à 61.300 euros nets annuels, soit 5.108 euros par mois. paient encore moins leurs dirigeants. Les abus que l’on dénonce concernent donc plutôt les très grosses entreprises ». Mais pourquoi ne pas réaliser une étude similaire sur les PME ? « Il est déjà suffisamment difficile de rentabiliser une activité comme la nôtre... Il n’y a pas de petit actionnariat en France. Les PME ont beaucoup de mal à se financer. Les services d’étude comme les nôtres doivent être payés. Regardez la disparition complète des analyses financières sur les « mid cap » (NDLR : société cotée moyenne). J’en suis désolé ! ». C’est aussi pour casser les a priori que le groupement de 22 cabinets d’audit français indépendants ATH a créé un Observatoire de l’information financière, qui publie lui aussi une étude sur les rémunérations : « En juillet 2009, au cœur de la polémique sur les salaires des dirigeants, nous avons pensé intéressant de publier une étude réalisée par des observateurs indépendants. Nous avons cherché à faire la part des choses entre patrons du CAC 40 et la masse des PME, qui travaille dans l’ombre. Ils sont les plus raisonnables Christophe Bonduelle Bonduelle 715.536 euros Henri Giscard d’Estaing Club Méditerranée 686.294 euros Serge Grzybowski Icade 683.800 euros Jean-Pierre Remy PagesJaunes Groupe 666.900 euros Pierre Graff Aéroports de Paris 583.182 euros Didier Truchot Ipsos 579.485 euros Source : Proxinvest. Classement des présidents exécutifs les moins rémunérés du SBF 120 (120 premières entreprises cotées à l’indice boursier).



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