Direct Soir n°784 16 jun 2010
Direct Soir n°784 16 jun 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°784 de 16 jun 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (209 x 274) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,4 Mo

  • Dans ce numéro : Igor et Grichka Bogdanov, enfants des étoiles

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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8 EN COUVERTURE IGOR ET GRICHKA BOGDANOV DERNIÈRES NOUVELLES DE L’UNIVERS L’univers est né d’une information. C’est la thèse révolutionnaire que développent les frères Bogdanov dans « Le visage de Dieu », à qui l’on prédit une destinée de best-seller. Dans un langage simple, très didactique, les jumeaux nous introduisent au grand mystère de l’univers. Vous avez réussi à faire un livre simple sur un sujet très complexe… Igor et Grichka Bogdanov : Nous nous sommes raconté le livre l’un à l’autre. Par un va-et-vient permanent entre nous, nous avons tenté de lever peu à peu toutes les difficultés qui pouvaient rebuter le lecteur. ESA LFI & HFI CONSORTIA Image de l’univers bébé, photographié par le satellite Planck. Vous racontez cette histoire comme un roman à suspense, un thriller. I. et G. B. : C’est d’abord une histoire d’hommes exceptionnels, qui commence au début du XX e siècle. Dans un incroyable défilé, des destins géniaux se sont croisés. Parmi ces héros, on trouve notamment le physicien américain Robert W. Wilson qui nous fait l’honneur d’une préface. C’est lui qui, tout à fait par hasard, en 1965, a découvert le rayonnement fossile, qui est l’écho de l’immense explosion originelle. Née d’un émerveillement, cette aventure a été possible d’abord grâce à des équations, puis grâce à des satellites merveilleux. Le titre du livre est un peu provocant… I. et G. B. : Oui, il paraît inspiré par la théologie, mais c’est pourtant une phrase prononcée par l’astrophysicien et cosmologiste américain George Smoot, le scientifique qui a pris la première photo de la naissance de l’univers, en 1992. Elle était tellement belle et mystérieuse qu’il n’a pas eu d’autre mot devant elle que : « C’est comme voir le visage de Dieu. » Ce qui lui a valu beaucoup d’ennuis. Pourtant, Smoot a GRASSET expliqué simplement que la cosmologie est aux confins de la physique, de la métaphysique et de la philosophie. Les frontières sont en effet floues quand on s’interroge sur les origines. Comment expliquer qu’en trois minutes l’univers ait été engendré, qu’en une fraction de seconde tout ait été là ? Dès le début, l’univers est déjà réglé, et même mieux réglé qu’aujourd’hui. La constante cosmologique, par exemple, qui accélère le développement de l’espace-temps, est réglée à 120 décimales derrière la virgule. Devant une telle précision, on se dit que le hasard ne peut exister. C’est l’opinion de Smoot : « L’homme n’est pas le fruit d’un accident cosmique. » « L’ÉQUIVALENT D’UN CODE GÉNÉTIQUE POUR L’UNIVERS » Avez-vous trouvé Dieu ? I. et G. B. : Evidemment non. Mais ce réglage millimétré de l’univers ne peut être engen- Directsoir N°784/Mercredi 16 juin 2010 Une illustration du satellite Planck. dré par le hasard, et c’est pourquoi nous recherchons son origine. L’univers est la marque d’un ordre très profond. Les grandes lois qui le régissent lui sont antérieures. C’est ça la grande découverte de notre temps. Planck comme Einstein affirmaient d’ailleurs que l’univers ne pouvait qu’être le résultat d’un esprit bien supérieur au nôtre. Comment voyez-vous cela ? I. et G. B. : D’après nous, il y a avant le big bang quelque chose qui peut être décrit comme de l’information. Nous proposons dans ce sens-là un modèle qui pourrait être qualifié d’informationniste. L’information en effet est non locale et intemporelle. Selon nous, la théorie matérialiste de l’univers a échoué : on sait maintenant qu’en s’enfermant dans cette croyance dans l’éternité de la matière, on n’explique rien. Il faut donc recourir à d’autres modèles. Ainsi, selon notre pensée informationniste, on peut considérer devant le développement rationnel de l’univers qu’il y avait à la base l’équivalent d’un code génétique, qu’on pourrait appeler un code cosmologique, qui serait comme un disque qu’à un moment on aurait mis dans l’appareil. Einstein disait qu’il voulait connaître la pensée de Dieu. Ce code serait un peu comme la pensée de Dieu. Ce n’est pas un code inconnu, mais nous ne savons pas où il va. Tout juste savons-nous qu’à la fin, l’univers s’évaporera et que, sans doute, toute la matière se condensera à nouveau en une information qui aura pris en compte ce qui s’est passé dans l’histoire de l’univers. Ce qui nous donne à tous un destin. Le visage de Dieu, Igor et Grichka Bogdanov, Grasset, 20 €. Les frères Bogdanov cet été sur France 2 ? ➔ Les fans trépignent d’impatience : les jumeaux stellaires pourraient revenir cet été sur le service public. Selon plusieurs sources, France 2 pourrait en effet diffuser en seconde partie de soirée une série de cinq documentaires dont le titre serait Le voyage fantastique - Aux frontières du possible et reprenant les thèmes chers aux deux frères : mystères de l’univers, secrets de l’immortalité, etc. France 2 devait se réunir demain pour finaliser ou non le projet.
www.directsoir.net Zoom En 1979, les frères Bogdanov proposaient TempsX, sur TF1. En 1991, ils publiaient un livre d’entretiens avec le philosophe Jean Guitton. Des savants au service du grand public ➔ Igor et Grichka Bogdanov, frères jumeaux nés en 1949, se sont révélés au grand public en 1979 avec l’émission TempsX, sur TF1. Une émission qui devint culte et qui, vulgarisant la science et la sciencefiction pour toute une génération, les ancra définitivement dans le cœur des téléspectateurs. Après une longue disparition médiatique, les frères Bogdanov retrouveront la télévision à partir de 1999, multipliant les émissions avec plus ou moins de FOCUS Si l’existence du big bang nous apparaît aujourd’hui comme une évidence, on oublie que cette théorie est récente et fut d’abord controversée. Développée peu à peu à partir d’intuitions géniales que l’observation expérimentale est venue récemment confirmer, elle a connu d’ardents défenseurs mais aussi d’illustres détracteurs, à l’instar d’Albert Einstein. Paradoxalement, c’est pourtant sa découverte de la relativité générale, en 1915, qui marque le début de la cosmologie moderne, où il devient possible de décrire l’univers dans son ensemble comme un système physique, son évolution à grande échelle étant décrite par la relativité générale. Mais Einstein mettra du temps à admettre les théories d’Alexander Friedmannet l’idée d’un développement de l’univers à partir d’un point infinitésimal. Pourtant, il finira par se rendre à l’évidence. SATELLITES À L’APPUI Le concept général du big bang, à savoir que l’univers est en expansion et a été plus dense et plus chaud par le passé, doit sans doute être attribué au Russe Alexandre Friedmannet au prêtre catholique belge Georges Lemaître qui, respectivement en ESA succès. Entre-temps, ils ont publié plusieurs ouvrages, notamment Dieu et la science : vers le métaréalisme (Grasset, 1991), un livre d’entretiens avec le grand philosophe catholique Jean Guitton, qui marquera les esprits. Ils ont aussi approfondi leurs connaissances scientifiques, Grichka décrochant un doctorat de mathématiques, et Igor un doctorat de physique, diplômes grâce auxquels ils occupent aujourd’hui la chaire de cosmologie de l’université privée 1922 et 1927, décrivirent dans les grandes lignes l’expansion de l’univers, avant que celle-ci ne soit mise en évidence par Edwin Hubble en 1929. Son assise définitive ne fut cependant établie qu’en 1965 avec la découverte du fond diffus cosmologique, le « pâle écho lumineux du big bang » selon les termes de Georges Lemaître. A cette datelà, les contestations se font de moins en moins entendre devant l’évidence. Une évidence que les satellites lancés depuis 1989 pour apercevoir les débuts de l’univers ne EN COUVERTURE 9 Megatrend de Belgrade (Serbie). Passionnés depuis toujours par les origines de l’univers, ils ont publié Avant le big bang (Grasset, 2004) et Au commencement du temps (Flammarion, 2009) où ils avancent des thèses audacieuses, comme « l’instanton », désignant l’univers de l’ère de Planck concentré dans un objet mathématique où matière, énergie et temps seraient remplacés par de l'information. Aux origines de la théorie du big bang Poussière froide dans la constellation de Persée. FIA/RUE DES ARCHIVES Le physicien Albert Einstein au côté de l’abbé Lemaître, théoricien du big bang. viendront que confirmer. Avec les dernières images fournies par le satellite Planck, sur lesquelles s’appuient beaucoup les frères Bogdanov, les scientifiques commencent à disposer d’une cartographie complète de l’univers dans ses tout premiers temps. Se pose maintenant la question cruciale : qu’y avait-il avant le big bang ? Les deux frères se sont penchés sur la question, et développent dans leur livre une thèse iconoclaste : au commencement est l’information qui donnera l’énergie, puis la matière… SARADJIAN/TF1/SIPA STF/AFP S.P.L./COSMOS AFP 3 PHYSICIENS Max Planck ➔ Cet Allemand, détenteur du prix Nobel de physique, est l’un des précurseurs théoriques de la nouvelle cosmologie. Il est notamment à l’origine de la constante de Planck et du mur de Planck, qui désigne la période de l’univers au cours de laquelle les quatre interactions fondamentales (électromagnétisme, interaction faible, interaction forte et gravitation) étaient unifiées. Elle est de l’ordre de 10 -43 secondes après le big bang. Alexander Friedmann➔ Quand Alexander Friedmanndécouvre la théorie de la relativité générale d’Einstein en 1922, il entrevoit le premier que cette théorie mêlant gravitation, temps et espace permet l’étude de la structure de l’univers dans son ensemble. Selon ce physicien et mathématicien russe, cela permet la description d’un univers en évolution. Il introduit ainsi l’idée d’un univers en expansion. Son article fondateur de la cosmologie non statique sera publié en 1922. Robert Woodrow Wilson ➔ Avec son collègue Arno Penzias, le physicien américain découvrit accidentellement, en 1965, le rayonnement thermique cosmologique. En travaillant sur un nouveau type d’antenne dans les laboratoires Bell, ils trouvèrent une source de bruit dans l’atmosphère, qui s’avéra être le rayonnement cosmologique originel, témoin ultime des premières heures de l’univers. Une découverte qui prouvait enfin la théorie du big bang.



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