Direct Soir n°772 31 mai 2010
Direct Soir n°772 31 mai 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°772 de 31 mai 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Clint Eastwood bon, brut, géant

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE CLINT EASTWOOD C’est l’histoire américaine par excellence. L’histoire d’un monde qui se divise en deux catégories : ceux qui ont une gueule, ceux qui rament. Clint Eastwood, obscur gamin de l’Ouest, avait de fortes chances de finir dans la seconde. Son physique seul lui valut d’entrer dans cette carrière où se jouerait son destin. Venu au monde en 1930, en plein cœur de la grande crise américaine, le jeune Clinton Jr, s’il ne goûta pas tout à fait aux raisins de la colère, eut une enfance ballottée de ville en ville, suivant les boulots que décrochait son père, souvent péniblement. Une instabilité chronique qui, a- t-il toujours insisté, a en partie créé ce caractère solitaire et taciturne dont il sut tirer le meilleur parti par la suite. Recalé de collège en lycée, Clint Eastwood ne songe à 18ans qu’aux filles et aux voitures. Il eut la chance d’échapper aux opérations de Corée, comme ensuite à celles du Vietnam. Etrange destinée pour un homme qui filmera par la suite si bien la guerre : il ne la connut que par le truchement du récit de ses camarades. Quoi qu’il en soit, après quelques années folles où il perdit presque entièrement sa jeunesse, Clint Eastwood finit par être repéré par les studios d’Hollywood, aux abords desquels il traînait son inactivité. CHARISMATIQUE Les récits de cette première entrée dans le monde du cinéma divergent, mais peu importe : il paraît à peu près établi que sa très haute taille (1,95 m) et sa prestance impressionnèrent durablement les réalisateurs et les producteurs. Eastwood débute avec d’innombrables petits rôles. Dix fois, cent fois, lui vient l’envie de jeter l’éponge. Puis le miracle opère enfin : une série, Rawhide, le propulse vers le haut de l’affiche et un inconnu venu d’Italie lui propose le rôle d’un homme sans nom. Sans raison non plus, Eastwood accepte, et devient enfin ce qu’il était : le cow-boy spaghetti de Sergio Leone. Personnage glacial, mutique, d’un charisme inouï, Eastwood bâtit pour les siècles sa légende sur ce « Bon » qui traversera la célèbre trilogie bercée de la musique morriconienne. Après ce tour de force, devenu l’un des acteurs les mieux payés du monde, plus aimé en Europe qu’en son pays même, Eastwood est quelque peu désemparé. Pas Directsoir N°772/Lundi 31 mai 2010 LES 80 PRINTEMPS D’UN GRAND HOMME L’acteur, réalisateur et également compositeur aura 80 ans aujourd’hui. Un âge respectable qui, s’il a insufflé une profondeur nouvelle à ses films, n’a en rien brisé ses élans créatifs. UN AIR DE FAMILLE « EASTWOOD BÂTIT SA LÉGENDE SUR LE « BON » » PH. LEROUX/SIPA Le fils prodige ➔ Il a encore du chemin à parcourir pour atteindre la notoriété de son père, dont il partage certains traits de manière troublante. Pourtant, à 42 ans, Kyle Eastwood tend à s’imposer comme l’une des valeurs sûres de l’univers du jazz. Bassiste et contrebassiste, il a été élevé dans cet art par son père, passionné de jazz. Les deux hommes collaborent régulièrement, en particulier dans la composition, les arrangements voire l’interprétation des musiques des films paternels, depuis Mystic River en 2002, jusqu’à Invictus l’année dernière. Kyle ne saurait cependant se réduire à un simple « fils de ». L’artiste a su se faire un prénom, enregistrer ses propres albums et acquérir la reconnaissance des spécialistes. Les Français auront l’occasion de l’applaudir cet été à Marseille, Paris, Le Touquet, Nieul-sur-l’Autise (Les nuits musicales en Vendée), Juan-les-Pins, Marciac. www.kyleeastwood.com D. FISHER/REX FEATURES/REX/SIPA de plan de carrière établi, il projette cependant de réaliser lui-même un jour ses films. Il devient entre-temps l’inspecteur Harry, ce personnage à contre-courant qui remettra toute l’Amérique nixonienne puis reaganienne en selle après l’échec cuisant du Vietnam. Personnage étroit mais juste, WASP sans peur ni reproche, comme un autre Charlton Heston, il incarne une face précise du rêve américain, dont on lui tiendra grief bien plus tard. LOIN DES PAILLETTES Assez peu inspiré par les choses religieuses ou mystiques, Eastwood excelle cependant dans la mise en scène des sentiments humains, devant la guerre, le crime, l’horreur. La sagesse venant sans doute avec l’âge, le cow-boy, l’inspecteur, s’il continue de priser la violence, renie peu à peu sa gratuité. Ses films des années 1990 et 2000 sont tous marqués du sceau de la fatalité et de l’incompréhension de l’humain devant la tragédie de la vie. Mystic River, Million Dollar Baby, Iwo Jima… autant d’œuvres qui découvrent un être rare, profond, bien loin des paillettes de sa jeunesse. A 80 ans, Clint Eastwood continue de plaire. Alors, bon anniversaire, maître Eastwood… COFFRET Tout Eastwood ➔ Pour fêter les 80 ans de l’acteur, la Fnac met en vente un coffret exclusif édité par Warner Home Video. De Quand les aigles attaquent à Gran Torino, 35 DVD jalonnent cette immense carrière. Manque seulement la période antérieure à 1968, dont la trilogie de « l’homme sans nom » de Sergio Leone. Cette édition limitée comprend aussi un documentaire en bonus (The Eastwood Factor), un livret introduit par Clint Eastwood et une série de reproductions de photos. Clint Eastwood : 35 films, 35 ans, Warner Home Vidéo, Fnac, 249 €.
www.directsoir.net Images d’une légende Voilà maintenant près de six décennies que Clint Eastwood impose son âpre silhouette au septième art. Monolithique ou complexe, il reste difficilement classable. Retour en photos sur certaines des plus belles étapes de sa carrière. L’homme sans nom Pour une poignée de dollars - 1964 En 1964, après un petit succès acquis dans la série Rawhide, Clint Eastwood accepte bon gré mal gré de jouer le rôle de « l’homme sans nom », pour un Italien alors inconnu, Sergio Leone. Pour 15000 dollars, il deviendra sans le savoir le héros magnifique, froid et dépourvu de scrupules de Pour une poignée de dollars (ici avec Marianne Koch). Contre toute attente, le succès est immense, aux Etats-Unis comme en Italie. Deux volets suivront, Pour quelques dollars de plus et Le bon, la brute et le truand. L’amour à la campagne Sur la route de Madison - 1995 La légende vivante réalise et interprète avec Meryl Streep Sur la route de Madison en 1995. Dans cette adaptation du récent best-seller de Robert James Waller, le héros s’y découvre un cœur et un romantisme inédits : Clint Eastwood, doux et séduisant malgré son âge, fait la preuve encore une fois de la multiplicité de son talent. Tourné dans des décors étonnants, ce film connaît un très fort succès auprès de tous les publics. NANA PRODUCTIONS/SIPA NANA PRODUCTIONS/SIPA Captain America NANA PRODUCTIONS/SIPA Star internationale, il n’a plus de projet, quand on lui présente l’idée de L’inspecteur Harry, un policier de New York déterminé à arrêter un meurtrier psychotique par tous les moyens. Critiqué par la gauche américaine, le film cartonne au box-office et incarne la nouvelle Amérique à l’heure du Vietnam. Le début d’une véritable saga. EN COUVERTURE 7 L’inspecteur Harry ne renonce jamais - 1976 Nouvelle adaptation d’une œuvre littéraire, Million Dollar Baby (avec Hillary Swank) est un mélodrame puissant où sont abordés de nombreux grands thèmes qui en font bien plus qu’un simple film sur la boxe féminine : la réussite à tout prix au-delà des clivages sociaux, le star system et le fanatisme du public, les relations familiales, la foi chrétienne, la maladie, la vieillesse ou encore l’euthanasie. Eastwood s’y révèle au sommet de son art. Premiers pas La VRP de choc - 1956 FOTOS INTERNATIONAL/SIPA Au sommet Million Dollar Baby - 2004 Dans ce film d’Arthur Lubin, le premier réalisateur à avoir remarqué son physique, Clint Eastwood (au côté de Carol Channing) interprète un officier qui recrute pour la brigade des Rough Riders. Un rôle médiocre qui lui vaut pourtant, pour la première fois, d’être crédité au générique. Il a 26 ans, et Hollywood ne s’est toujours pas donné à lui. De l’autre côté Le maître de guerre - 1986 Le sergent Tom Highway, vétéran dur à cuire de la guerre de Corée et de la guerre du Vietnam, revient chez les marines pour entraîner une unité de reconnaissance peu habituée à la rigueur et à l’effort. Paria et anachronisme vivant, le vieux sergent va prouver l’efficacité de sa méthode au cours d’un assaut réel aux îles Grenade… Avec Le maître de guerre, Eastwood s’impose comme un véritable réalisateur.



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