Direct Soir n°698 10 fév 2010
Direct Soir n°698 10 fév 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°698 de 10 fév 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,8 Mo

  • Dans ce numéro : Percy Jackson, le nouvel Harry Potter ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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10 ROMAN CULTURE Depuis l’assassinat de sa mère en 1958, James Ellroy nourrit une forme d’obsession pour le crime. Après neuf ans de silence et avec un pavé de 800 pages, James Ellroy est de retour. Faisant suite à American Tabloïd et American Death Trip, l’écrivain américain au visage usé et aux petits yeux agités livre Underworld USA, dernier volet de sa trilogie où crimes et Du côté obscur des États-Unis La sortie du roman « Underworld USA » vient clore la trilogie sombre de l’immense écrivain américain James Ellroy. Sans conteste, l’événement littéraire de cette rentrée de janvier.complots règnent en maître dans un Los Angeles inquiétant. Et James Ellroy d’aller encore plus loin dans son art du roman noir, langue écorchée et intrigues vertigineuses en tête. L’écrivain américain californien réinvente l’Amérique en mêlant la grande histoire à la petite, depuis le début des années 1960 jusqu’à 1972 et l’élection de Richard Nixon. Ici, on retrouve le vieux patron du FBI John Edgar Hoover, Sam Giancana, parrain de la mafia, Howard Hugues, milliardaire raciste et xénophobe. Autour d’eux, une débauche de personnages, dont ce Wayne Tedrow, ancien flic, trafiquant de drogue notoire et parricide, le jeune détective obsédé par les femmes et aux rêves de belles filatures surnommé Crutch, ou l’agent Dwight Holly, homme de main déterminé du vieil Hoover. Dans un style épuré, sans fioritures ni manières, James Ellroy fait directement pénétrer le lecteur dans les rouages d’une Amérique tourmentée, qui vient de vivre coup sur coup les assassinats de JFK et de Martin Luther King. Sous la plume de l’auteur du Dahlia noir, flingues, sexe, drogues, Ku Klux Klan et parties fines viennent taquiner un pouvoir déjà bien corrompu. « Vous me lirez avec une certaine réticence et vous finirez par succomber », écrit-il dans une courte introduction. Encore une fois, le grand Ellroy a vu juste. Underworld USA, James Ellroy, Rivages, 24,50 €. THÉÂTRE Les « dolto - maniaques » ➔ Après plus de 800 représentations en France et en Europe, Allô maman Dolto fait son nid au Mélo d’Amélie. Cette comédie sur les parents obnubilés par l’éducation de leurs enfants dresse le portrait hilarant des accros à l’enseignement de la célèbre psychanalyste Françoise Dolto, « de ceux qui n’écoutent pas leurs enfants mais les décryptent », explique l’auteur, Guy Baret. Dans cette pièce, adaptée et mise en scène par Sophie Duprès, les « mamans conseils », qui veulent faire du Dolto dans le texte, en prennent pour leur grade… Allô maman Dolto, au théâtre Mélo d’Amélie, 4 rue Marie-Stuart, Paris 2 e (0140261111). Dominique Mérot et Marie Blanche (de g. à d.). Directsoir N°698/Mercredi 10 février 2010 DR BANDE DESSINÉE ED. CORNELIUS Ô rire, ô désespoir ➔ L’an passé, son adaptation du célèbre conte de Carlo Collodi, Pinocchio, avait été saluée unanimement et couronnée du prix du meilleur album au Festival d’Angoulême. Winschluss, alias Vincent Paronnaud (réalisateur du film Persepolis avec Marjane Satrapi), revient avec un recueil de plusieurs récits publiés en 2002 aux éditions 6 Pieds sous Terre, retravaillés et augmentés d’une quarantaine de pages. Que les fans se rassurent, ils ne seront pas déçus ! Ici, pas de place pour le bonheur et les gentils garçons. L’humour macabre y est bien sûr de mise, la mort se veut triomphante et la société aussi sinistre que décadente. On rit évidemment très jaune. Mais on ne se lasse pas de ces courtes histoires au graphisme désuet et presque naïf, ciselé sur mesure. Welcome To The Death Club, Winschluss, 21 €. SÉRIE Un univers impitoyable ➔ Début des années 1960, dans une grosse agence de publicité, les Mad Men, puissants publicistes de Madison Avenue, à New York, sont les stars de l’époque. Misogynes, les hommes manipulent, les femmes subissent. Cette série, dont les décors et les costumes ont été particulièrement soignés, n’est qu’un prétexte pour restituer les mœurs de la culture américaine de cette époque. Parmi eux, Don Draper, homme brillant et sombre, évolue comme chacun, entre alcool et cigarettes. L’intrigue bien ficelée révélera peu à peu des personnages complexes et surprenants. Mad Men, saison 1, Metropolitan Film Export.
www.directsoir.net INTERVIEW Comment est née cette histoire ? David Vann : Sukkwan Island était une manière indirecte d’écrire sur le suicide de mon père. J’ai pensé que cette histoire d’un père, qui emmène vivre son fils en autarcie sur une île perdue de l’Alaska, pouvait étrangement m’aider à mieux comprendre ce qui s’était passé dans ma vie. Je suis né en Alaska. Lorsque mes parents se sont séparés, je suis parti vivre avec ma mère en Californie. Mon père m’avait demandé de le rejoindre en Alaska. J’ai refusé. Une semaine après, il se tuait. Je me suis senti coupable. Dans le roman, l’enfant accepte de suivre son père jusqu’à Légende David Vann, écrivain « Je me suis laissé surprendre par mon roman » L’écrivain baroudeur américain David Vannsigne avec « Sukkwan Island » un roman crépusculaire, aussi inoubliable que magistral : un tête-à-tête entre un père et son fils, au cœur d’une âpre nature. Sukkwan Island. Je ne connais pas cette île, mais je me souviens bien du climat de la région. Il reste que le véritable élément déclencheur a été ma première grande croisière entre la Californie et Hawaï. Il fallait peut-être que je m’éloigne… En tout cas, je n’ai cessé d’écrire durant les dix-sept jours de cette traversée à la voile. En lisant ce texte, on ne peut s’empêcher de penser à La route, de Cormac McCarthy. Quelles ont été vos influences ? D. V. : J’admire en effet Cormac McCarthy. J’aime aussi beaucoup William Faul - kner, Marilynne Robinson et Annie Proulx (Brokeback Mountain,ndlr). A la lecture de ces auteurs, quelque chose est né en moi : EDITIONS GALLMEISTER j’ai su qu’il me serait possible d’écrire mon histoire d’une manière détournée. J’ai beaucoup coupé pour pouvoir obtenir ce style très direct, très cru. Mon écriture résulte en tout cas d’une influence immédiate de ces écrivains. Ils possèdent tous une langue très dense, que ce soit pour décrire les paysages ou la violence. CULTURE 11 Ce livre parle beaucoup du sentiment de solitude. En souffrez-vous aussi ? D. V. : Comme le personnage de Jim (le père,ndlr), j’ai toujours été terrifié à l’idée d’être seul et ce, jusqu’à mon mariage. Mon père, comme Jim, était très seul, sans voisins ni provisions, lorsqu’il s’est tué. Quand j’ai commencé à écrire cette histoire, je ne savais absolument pas ce qui allait se passer dans le roman ; je me suis vraiment laissé surprendre, notamment lors du coup de théâtre à la moitié du livre. En développant le personnage de Jim, je me suis rendu compte que j’écrivais plus largement sur ce qui m’effraie. J’y décris une violence qui m’est inconnue. Pourtant, ce que j’ai vécu fut tout aussi brutal pour moi. Vous faites partie de ces écrivains amoureux du voyage… Que vous apporte-t-il ? D. V. : J’aime découvrir de nouvelles terres, de nouveaux paysages. Je crois que ma vue est mon sens le plus développé. Si je n’avais pas à travailler, je pense que je ne serais jamais chez moi. J’ai déjà construit trois voiliers et un catamaran. Je compte bien ne pas en rester là. Sukkwan Island, David Vann, Gallmeister, 21,70 €.



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