Direct Soir n°677 11 jan 2010
Direct Soir n°677 11 jan 2010
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°677 de 11 jan 2010

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Air, les orfèvres du son

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 MUSIQUE EN COUVERTURE LOVE IS IN THE AIR Après la sortie en octobre de son dernier album, « Love 2 », le duo Dunkel-Godin, fer de lance de la « french touch » depuis dix ans, poursuit sa tournée internationale et fait étape ce soir et demain au Casino de Paris. La présence, pour deux soirs, du groupe Air à Paris représente pour le public français friand d’électropop un événement en soi. Mais comble du paradoxe, il pourrait bien l’être encore plus à l’occasion des dates américaines, anglaises, japonaises ou dans les pays de l’Est. Air est en effet, aux côtés de Daft Punk et de Phoenix, l’un des groupes français les plus cotés à l’étranger. Alors que la France s’est cherchée pendant des décennies une star susceptible de rencontrer le succès en dehors de l’Hexagone, le duo a plus que répondu à cette attente : en connaissant la consécration hors de nos frontières, il symbolise pour les nouvelles générations la musique tendance par excellence, idéale pour danser ou faire la fête. Surtout, loin de l’image distante ou de la froideur que peut dégager une frange de l’électro, et malgré leur volonté affichée de s’effacer derrière leur musique plutôt que d’occuper le devant de la scène, le duo versaillais fait merveille en live. Pour une musique « synthétique », créée à grand renfort de Vocoder (mixage de la voix) et autres samplers, la performance en concert a de quoi surprendre les fans, qui se sont jusqu’alors contentés des albums studio. Relecture totale des morceaux, partage avec le public, présence d’invités sur scène, REPÈRES Nicolas Godin et Jean-Benoît Dunckel. Sofia Coppola s’entiche d’Air ➔En 1999, Sofia Coppola (photo) entre en contact avec le duo versaillais. Alors que la réalisatrice souhaite utiliser l’ensemble de l’album Moon Safari pour son premier long-métrage, Virgin Suicides, le groupe lui propose de nouvelles compositions. Une série de titres récompensée en 2001 aux Victoires de la musique dans la catégorie meilleure musique de film. Leur collaboration se poursuit en 2003 pour la BO de Lost In Translation et en 2006 pour celle de Marie-Antoinette, troisième film de Sofia Coppola. instrumentation des arrangements, scénographie tout en pyrotechnie, couleurs et vidéos, c’est là que les deux compères livrent tout leur potentiel, à l’opposé de la timidité et de la discrétion, souvent cultivées, qui leur collent à la peau. C. KARABA/EPA/SIPA « POUR UNE MUSIQUE « SYNTHÉTIQUE », LA PERFORMANCE EN CONCERT A DE QUOI SURPRENDRE LES FANS » ROMANCE NOSTALGIQUE Leur dernier opus, Love 2, sorti en octobre, devrait lui aussi faire merveille sur scène, avec ses envolées lyriques, ses longues plages sonores extatiques et des compositions instrumentales qui partent dans tous les sens. Comme ils nous le confiaient lors de la sortie du disque, les deux compères « ont voulu quelque chose de très planant, spatial, romantique ». Surtout, fidèles à leur veine de compositeurs, ils ont voulu « éviter l’enchaînement des chansons pop-rock électro de deux minutes », comme une promesse de longs shows en live, où ils savent transcender leur personnalité. « Un mélange d’harmonie dark, expérimentale, mais aussi des Charlotte Gainsbourg et sa bouffée d’Air ➔ En 2006, près de vingt ans après son premier album, Charlotte For Ever, Charlotte Gainsbourg (photo) revient avec une deuxième série de titres studio. Une aventure au titre étonnant, 5 : 55, et qui doit beaucoup à Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin. « Il a fallu que je rencontre Air pour me sentir volontaire », déclara la chanteuse. Le duo a en effet signé les musiques et les arrangements de cet album. B. BRUNO/SIPA Directsoir N°677/Lundi 11 janvier 2010 LUCIANA VAL ET FRANCO MUSSO/EMI FRANCE En concert, Air aime revisiter les chansons de leurs albums studio. ambiances de chansons enfantines, un peu nostalgiques », selon Jean-Benoît Dunkel, pour qui cet album fait ressurgir un parfum de leur jeunesse versaillaise, là où tout a commencé. « C’est vrai que cette ville est spéciale. Quand on est petit ou ado, il n’y a quasiment rien à y faire. On se réfugie alors dans l’imaginaire, on erre, seul ou avec ses potes, dans une vieille ville presque vide. Cela pousse au romantisme ! » Bien loin de l’atmosphère feutrée de la ville royale et après de nombreuses collaborations, le duo Dunkel-Godin devrait vite réchauffer les arènes du monde entier de son romantisme exalté. Air, tournée Love 2 ➔ Ce soir et demain au Casino de Paris (08 926 98 926 et sur www.casinodeparis.fr), retour en France. Après une tournée mondiale, Air sera les 1 er, 2 et 3 juin à la Cité de la musique (01 44 84 44 84 et sur www.citedelamusique.fr). De la pop rock dans l’Air ➔Dans la décennie 2000, le groupe électro prend l’habitude de ponctuer ses albums de quelques collaborations pop-rock marquantes, fruit de ses liens avec la scène anglo-saxonne. On peut ainsi noter la présence en 2001 de Beck sur le titre The Vagabond et, en 2007, celle de Jarvis Cocker dans One Hell Of A Party, extrait de l’album Pocket Symphony, où figure également Neil Hannon (photo), leader du groupe The Divine Comedy.
www.directsoir.net DATES CLÉS Bio express Le premier souffle d’Air ➔ C’est sur les bancs du lycée Jules-Ferry de Versailles que Nicolas Godin et Jean- Benoît Dunckel ont fait connaissance. Tous deux nés en 1969 et passionnés de musique, ils forment alors le collectif Orange, dans lequel on retrouve Etienne de Crécy et Alex Gopher, également acteurs de la scène électronique française actuelle. Mais ce groupe ne dépassera pas le cap de l’aventure musicale de collège. Leur existence emprunte alors le chemin des études : architecture pour 1998 Sortie du premier album, Moon Safari, dont est extrait Sexy Boy. Il se vendra à deux millions d’exemplaires, valant au duo une Victoire de la musique du meilleur album de musique électronique en 1999. En matière de musique électronique, les Français peuvent se prévaloir d’avoir tracé leur propre sillon. Mais à force d’en faire la promotion à tout-va, on en finirait presque par oublier que cette « french touch » est un style bien à part, avec ses codes, ses références et ses têtes d’affiche. NAISSANCE ET SUCCÈS 1988 : le Second Summer of Love (en référence au Summer of Love de l’été 1967 à San Francisco, qui fit connaître le mouvement hippie) connaît un énorme succès en Grande- Bretagne. Avec lui : la musique techno. Margaret Thatcher, Premier ministre britannique, prend alors la décision d’interdire Godin et mathématiques pour Dunckel. En 1995, Nicolas Godin, qui prend déjà le pseudo Air, écrit Modulor, un morceau instrumental hommage à Le Corbusier. Le single apparaît sur la compilation Source Lab vol. 1 (Virgin) et connaît un certain succès. Les deux acolytes se retrouvent rapidement et sortent ensuite plusieurs maxis. Mais c’est avec l’album Moon Safari, sorti simultanément en janvier 1998 dans quarante pays, que le groupe accrochera le cœur du grand public. L’AVENTURE DE LA FRENCH TOUCH Les frenchies aux platines Le duo Justice. LORENVU/SIPA 2005 toutes les raves. C’est ainsi que ces manifestations vont s’exiler en France. Alors que la jeunesse anglaise est avide de cette musique, jouée plus librement outre-Manche, quelques DJ français vont émerger. Parmi eux, Laurent Garnier, qui sera l’un des premiers à mixer techno et house dans les discothèques de toutes les grandes métropoles du monde, mais sans que la touche française soit encore identifiable. Suivront Etienne de Crécy et Philippe Zdar, plus connus sous le nom de Motorbass, ou encore Kid Loco, qui feront danser les foules grâce à des sons mêlant techno, rock, hip-hop ou jazz. Avant que les Daft Punk ne fassent progresser ce mouvement bien au-delà des frontières du genre, St Germain va allier sons acid jazz et house pour donner naissance, en 1995, SKALIJ/LOS ANGELES TIMES/SIPA Air reçoit des mains du ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, le titre de chevalier de l’Ordre des arts et des lettres, qui marque la reconnaissance de la « french touch ». Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, en 1998. Le groupe Daft Punk. M. BERNOS/EMI FRANCE/VIRGIN 2006 EN COUVERTURE 5 Jean- Benoît Dunckel sort un premier disque solo : Darkel. Un album réussi, proposant une large palette d’atmosphères, entre ballades, trips psychédéliques et pop. à l’album Boulevard, désigné album de l’année par la presse anglaise. UN STYLE Alors que des DJ comme David Guetta ou Bob Sinclar s’affichent dans les boîtes de nuit et sur papier glacé, d’autres artistes de la « french touch » se démarquent plutôt par un mélange de sons nourris des années 1970 et 1980, venus d’univers musicaux radicalement différents, et par la volonté de s’effacer derrière des masques, des déguisements ou des « doubles artistiques ». Caché derrière les images du clip de son unique tube, le groupe Stardust (auquel participe Thomas Bangalter, le musicien casqué des Daft Punk) sort en 1998 Music Sounds Better With You, qui se vendra à près de deux millions d’exemplaires. Alors que ce courant musical reste surtout lié aux années 1990, le duo Justice reprend le flambeau dès 2003 et renouvelle le genre, en mixant rock, heavy metal et musi - que électronique. BONUS Discographie sélective Un vent de fraîcheur sur l’électro ➔ « MOON SAFARI » Le premier album du groupe sort en 1998, avec la participation de Jean-Jacques Perrey et de l’orchestre d’Abbey Road, et rencontre un succès immédiat. Ovni de la scène française, Air sort de l’anonymat grâce à son originalité. En 2008, Moon Safari est réédité dans un coffret comprenant une version live de certains titres et un documentaire retraçant les débuts du groupe. ➔ « 10 000 HZ LEGEND » En 2001, quelques mois après une première victoire de la musique pour la bande originale du film Virgin Suicides, de Sofia Coppola, Air publie son deuxième album studio. 10 000 Hz Legend reste dans la veine psychédélique qui a fait la gloire du duo, s’enrichissant de quelques prestigieuses collaborations, comme celle du musicien américain Beck. ➔ « TALKIE WALKIE » Classé dans le top 5 des ventes en Angleterre et en France en 2004, ce quatrième opus permet au groupe d’opérer un tournant plus pop. C’est Nigel Godrich, le producteur de Beck et de Radiohead, qui assure le mix final. ➔ « POCKET SYMPHONY » Avant-dernière création du duo, cet album (2007) assume ses influences nipponnes avec des instruments comme le koto ou le shamisen, auxquels Nicolas Godin s’est formé auprès d’un maître d’Okinawa.



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