Direct Soir n°665 15 déc 2009
Direct Soir n°665 15 déc 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°665 de 15 déc 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (256 x 341) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : « Avatar » le film événement

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 « AVATAR » EN COUVERTURE UNE PLONGÉE DANS L’INCONNU Réalisateur des films « Abyss », « Terminator » 1 et 2 et « Titanic », James Cameron n’avait pas tourné de long métrage de fiction depuis douze ans. Il revient demain sur les écrans avec « Avatar », une aventure pour les sens en 3D Relief. LE JEU VIDÉO 20TH CENTURY FOX UBISOFT Après Titanic, long métrage le plus cher de tous les temps et récompensé par onze oscars, on était en droit de se demander avec quel genre de film James Cameron pouvait bien revenir sur les écrans. Mais il ne faut jamais sous-estimer l’audace et la vision toujours plus novatrice du réalisateur de Terminator 2. Sorti de son imagination il y a une quinzaine d’années, le premier jet du scénario d’Avatar avait été rangé dans un tiroir, le cinéaste canadien s’étant rendu compte que ce projet n’était pas réalisable avec les moyens techniques de l’époque. Puis, il y a quelques années, en voyant l’animation de Gollum, dans Le seigneur des anneaux, et de Davy Jones, dans Pirates des Caraïbes 2 et 3, James Cameron décide de reprendre le projet, considérant que la technologie des effets spéciaux cinématographiques avait suffisamment progressé pour lui permettre de concrétiser son film. James Cameron rassemble alors une équipe artistique internationale pour créer le monde auquel il veut donner vie à l’écran. Il fait ainsi appel à la société d’effets spéciaux de Peter Jackson, Weta Digital (Le seigneur des anneaux), basée en Nouvelle-Zélande, qui créera les habitants de la planète Pandora, les Na’vis, mais aussi toute la faune et la flore de cette planète, de laquelle les humains veulent extraire le minerai qui résoudrait les problèmes énergétiques de la Terre. Il crée également The Volume, un studio de « performance capture », dans lequel chaque mouvement du visage et du corps des acteurs est filmé par plusieurs caméras et restitué en images de synthèse. Cameron travaille également avec un linguiste pour inventer la langue parlée par les Na’vis. LE FILM DE TOUS LES RECORDS Près de quatre années de travail acharné ont été nécessaires à cette entreprise démiurgique. Le film coûtera au total près de 300 millions de dollars, alors que Titanic n’avait nécessité qu’un investissement de… 200 millions de dollars. James Un « Avatar » parmi d’autres ➔ La nouvelle avait fait l’effet d’une bombe dans le monde du cinéma : depuis 2005, l’industrie du jeu vidéo génère plus de recettes que celle du grand écran, et ce secteur pèse plus de 36 milliards de dollars dans le monde. A titre de comparaison, le marché des DVD et des films Blu-ray, qui permettait jusqu’alors au cinéma de compenser la chute des recettes, a lui aussi été dépassé (27 milliards de dollars), sans que la courbe ne puisse s’inverser. Difficile dès lors de faire l’impasse sur la déclinaison vidéoludique des Cameron a rassemblé une équipe de plus de 1000 personnes pour créer les décors, les véhicules, les armes, les créatures, les plantes et les animaux de l’univers d’Avatar. Pour les prises de vues réelles, effectuées à Wellington, en Nouvelle- Zélande, près de 150 entrepreneurs ont aussi été réunis. Au final, le film comporte tout de même plus de 60% d’images de synthèse. UNE PROMOTION BIEN RODÉE A grosse production, grosse promotion. Est alors mise en place une série de projections en avant-première d’images du long métrage. James Cameron a profité notamment du Comic-Con, événement incontournable de la culture pop et geek aux Etats-Unis, pour lancer le buzz auprès de ses fans. En France, quelques chanceux ont assisté, le 7 septembre, superproductions hollywoodiennes, dont James Cameron, qui bat des records de budget à chaque nouveau film, est une figure emblématique. Avatar n’a pas échappé au phénomène. Le réalisateur canadien a lié les deux réalisations dès le stade de la préproduction, il y a plus de trois ans et demi, alors que le circuit traditionnel se contente, lui, d’une simple adaptation pour les joueurs. Sorti avant le film, Avatar : The Game, réalisé par les studios canadiens d’Ubisoft, représente une source de revenus sûre et non Directsoir N°665/Mardi 15 décembre 2009 Les Na’vis, le peuple indigène de la planète Pandora, sont les protagonistes du dernier film de James Cameron, Avatar. au visionnage de 25 minutes du film, un avant-goût irrésistible pour ces cinéphiles qui ont ensuite lancé plusieurs sites internet consacrés à l’événement planétaire qu’est Avatar. L’HISTOIRE La cause des Na’vis ➔ Au XXII e siècle, la Terre subit une crise énergétique. Le marine Jake Sully est envoyé en mission d’infiltration chez les habitants de la planète Pandora, les Na’vis, afin de trouver un accord qui permettrait aux humains d’extraire un minerai particulier, indispensable à la survie de la Terre et qu’on ne trouve que sur cet astre. Peu à peu, Jake prend parti pour la cause des Na’vis. négligeable. Principaux avantages, les coûts de production sont en moyenne dix fois inférieurs à ceux d’un film et les recettes peuvent exploser en très peu de temps. Le tout récent Call of Duty : Modern Warfare 2, du studio Infinity Ward, s’est ainsi vendu à 4,7 millions d’exemplaires en 24 heures, rapportant 310 millions de dollars. A l’heure où les métiers du jeu vidéo se spécialisent (graphistes, musiciens, animateurs…) et rejoignent ceux du 7 e art, on peut imaginer une même équipe travaillant sur le film et sa déclinaison en jeu vidéo.
www.directsoir.net N’est-ce pas paradoxal que, dans tous vos films, ce soient les extraterrestres qui apprennent à l’homme à retrouver sa part d’humanité ? Ces extraterrestres représentent une part de nous-mêmes. Dans Avatar, les Na’vis montrent une forme pure de nous-mêmes, quelque chose que nous voudrions être ou que nous aimerions retrouver, une certaine forme d’innocence d’avant la civilisation. Certaines cultures indigènes ont encore cette façon de vivre en harmonie avec la nature. Quand on regarde le film, on a envie d’être à la place des Na’vis, de faire toutes les choses merveilleuses qu’ils accomplissent. Je pense que de nombreux spectateurs redécouvriront leur âme d’enfant en le voyant. Faire appel aux dernières technologies, est-ce pour vous une nécessité pour créer ? Bien sûr, j’adore cette partie de la création. Nous l’avons fait pour Abyss, mais aussi pour Terminator 2 et, dans une autre mesure, avec Titanic. Mais là, ces prouesses techniques s’intégraient à l’intrigue pour la servir pleinement. Pour Avatar, j’ai essayé de conserver cette vision de l’utilisation des effets spéciaux pour souligner le récit. Il faut cependant garder à l’esprit que, sans ces progrès techniques, nous n’aurions jamais pu atteindre ce résultat. Le maquillage n’aurait pas suffi pour obtenir de telles créatures. BIO EXPRESS 1954 : naissance de James Cameron le 16 août à Kapuskasing (Ontario, Canada) d’un père ingénieur électrique et d’une mère artiste. 1978 : Cameron réalise Xenogenesis, son premier court métrage, grâce au financement d’un consortium de dentistes. 1984 : il réalise, pour six millions de dollars, son premier long métrage, Terminator, qui en rapporte au final quatre-vingts. INTERVIEW JAMES CAMERON, RÉALISATEUR « Une certaine forme d’innocence » Avez-vous rencontré des problèmes durant le tournage ? Alors que nous avions déjà tourné une bonne partie du film, le rendu des personnages ne nous satisfaisait pas complètement. Mais le savoir-faire des studios de Weta Digital nous a permis de retravailler les nuances des visages. Cela nous a pris entre neuf et dix mois pour élaborer chaque personnage, le premier à prendre vie réellement étant celui de Zoe Saldana, Neytiri. Et je me rappelle l’avoir regardé, assis dans le studio, et d’avoir souri en me disant : « Ça y est, on l’a fait. » Souhaitez-vous faire passer un message écologique par ce film ? Je pense que nous devons davantage prendre nos responsabilités. Nous ne sommes pas coupables, nous devons juste changer. L’univers sauvage de Pandora. 20TH CENTURY FOX Etes-vous passionné par les océans ? C’est là que j’ai vu les pires dégradations écologiques. On peut se rendre compte des dérèglements environnementaux aux niveaux local et global. Les scientifiques ont déjà conclu que la barrière de corail sera totalement détruite par une augmentation de la température de 5 °C. Et la plupart des projections annoncent que cela se produira dans 100 à 150 ans. C’est une tragédie et une énorme perte. La nature finira par 1988 : il tourne Abyss dans un silo nucléaire en construction, noyé dans plus de 26000 m 3 d’eau. 1991 : Cameron retrouve Arnold Schwarzenegger pour Terminator 2 : le jugement dernier. Il y confirme sa place de pionnier des images de synthèse. 1998 : Titanic bat tous les records. Tourné avec un budget pharaonique de 200 millions de dollars, le film rapporte 1,8 milliard de dollars et rafle onze oscars. EN COUVERTURE 7 s’en remettre, elle se déplacera à des latitudes où elle pourra survivre, mais cela prendra des dizaines de milliers d’années. Avez-vous cherché à limiter vos émissions de carbone lors du tournage ? Nous avons fait fonctionner de nombreux ordinateurs et dépensé beaucoup d’électricité. Il y a donc en effet une certaine ironie à tourner un film doté d’une conscience environnementale et qui nécessite autant d’énergie. Mais la plupart des infrastructures où nous avons tourné, en Nouvelle-Zélande, utilisent des systèmes hydroélectriques qui permettent de modifier cette consommation et de limiter les émissions de carbone. Il me semble que nous, les professionnels du cinéma, mais aussi Hollywood, de - vrions adopter une attitude plus responsable vis-à-vis de l’environnement. Vous sentez-vous comme un réalisateur indépendant qui aurait les moyens de faire des films à gros budget ? Il est vrai que je ne subis pas tellement la pression des studios. Mais je fais en sorte de leur montrer l’avancement des dialogues, de certains points du scénario, les premières images du film… C’est une façon pour moi de me sentir soutenu. J’apprécie ce retour sur mon travail. J’écoute également les avis de mon équipe artistique, de mes proches. Il est important pour un réalisateur de suivre son instinct, mais aussi d’écouter les autres. Leonardo DiCaprio et Kate Winslet, dans Titanic (1997). INTERFOTO USA/SIPA LA GENÈSE D’UN MONDE Des grands fonds aux grands espaces ➔ Dans Avatar, James Cameron a fait surgir de son imagination un monde issu de ses précédentes œuvres, et témoignant de sa passion pour les fonds marins. « Abyss » Sorti en 1989, ce film, qui relate la découverte par une équipe scientifique de créatures vivant dans les grands fonds, a permis à James Cameron de tester ses premières caméras spéciales et les images de synthèse. Il en fera de même dans Avatar, pour obtenir le si étonnant effet 3D Fusion. « Les fantômes du Titanic » Ce documentaire, produit en 2003, relate la redécouverte de l’épave du Titanic lors du tournage du film sorti en 1998. Descendue à plus de 4000 mètres de profondeur, l’équipe de réalisation expérimente les effets visuels en milieu hostile. « Aliens Of The Deep » Dernier en date (2005) des documentaires de James Cameron prenant pour décor les grands fonds et pour acteurs des créatures proches de celles d’Avatar, il aura servi de banc d’essai pour la 3D et son application dans les salles.



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