Direct Soir n°640 9 nov 2009
Direct Soir n°640 9 nov 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°640 de 9 nov 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 275) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Berlin : 1989 - 2009, entre souvenir et nostalgie

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 MERIADECK/DIRECT8 LE BILLET DE BERTRAND DELAIS Journaliste, réalisateur Grands soirs, petits matins… C BERLIN 1989-2009 haque génération a son événement, pour moi, ce fut la chute du mur de Berlin. Un événement magique car il nous dépassait. Ce jour de novembre appartient en réalité à la liste des quelques dates qui dans une vie restent indélébiles. On se rappelle toujours la façon dont on a appris cette fin de l’histoire qui marquait aussi le début d’une autre espérance. Je me souviens encore de nos discussions enfiévrées dès le lendemain avec des camarades étudiants. Nous avions l’impression de vivre un moment de notre histoire, un moment magique car imprévu. Cet événement restait inimaginable la veille encore, même si les signes de la chute de l’empire communiste étaient nombreux. Très vite, nous avions décidé d’aller à Berlin. Pendant longtemps, j’ai gardé dans ma bibliothèque des morceaux de béton, ceux du Mur ! A l’inverse de nos aînés qui s’étaient nourris des espérances gauchistes, le grand soir n’était pas synonyme de révolution mais bien plutôt d’une libération, de la fin du totalitarisme. Un autre monde allait être possible. Vingt ans après, il faut se rendre à l’évidence, nous vivons des désillusions peut-être semblables à celles de nos aînés. Non pas qu’il faille regretter la disparition du communisme, mais les pays de l’Est sont aujourd’hui de plus en plus sensibles aux sirènes nationalistes, le matérialisme a peu à peu gagné tous les esprits… Il y a bien eu un grand soir, mais les affres de la mondialisation, le nationalisme russe et son hégémonisme soulèvent beaucoup d’interrogations. On n’a jamais fini d’abattre des murs… Bref, s’il y a peut-être un grand soir, pour ma génération, c’est sûr, il y a aussi des petits matins ! Réagissez : redac@directsoir.net Le CHIFFRE du jour 12 DOMINOS GÉANTS ont envahi le centre de Berlin. Ces dominos en polystyrène, mesurant chacun 2,50 m de hauteur, ont été renversés sur deux kilomètres pour symboliser l’effondrement du Mur. Chef historique du syndicat Solidarnosc, acteur incontournable de la lutte contre le régime communiste et prix Nobel de la paix en 1983, Lech Walesa a été invité à renverser le premier domino. « J’ai le mandat de le faire, la Pologne a ce mandat, car c’est en 1980 à Gdansk que le premier mur était tombé », avait-il indiqué en annonçant son invitation. Les PHOTOS du jour Le RDV du jour Paris au rythme de Berlin La place de la Concorde accueille un grand concert, à 19h. ➔ Alors que la capitale allemande célèbre en grande pompe le vingtième anniversaire de la chute du Mur, la France s’apprête elle aussi à commémorer cette page d’histoire. Sur une proposition de Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, un spectacle musical est organisé à 19h, place de la Concorde, pour témoigner de l’amitié de la France pour le peuple allemand. Inspiré du concert improvisé devant le Mur le 11 novembre 1989 par le célèbre violoncelliste Mstislav Rostropovitch, ce spectacle mettra en scène vingt-sept violoncellistes européens installés sur d’imposantes stèles symbolisant les fragments du Mur. Alors que Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner participeront aux célébrations de Berlin, à Paris, l’hommage se déroulera en présence du Premier ministre, François Fillon, de membres du gouvernement, du maire de Paris, Bertrand Delanoë et de nombreuses autres personnalités. APESTEGUY/SIPA Le FAIT du jour Directsoir N°640/Lundi 9 novembre 2009 AVANT ➔ Un immense no man’s land, des vopos (la « police du peuple » de la RDA) est-allemands aux aguets, du ciment et du béton. Pendant 28 ans, Berlin fut une capitale déchirée. Angela Merkel maîtresse des festivités ➔ En ce moment, elle est partout, de Paris à Washington. Mais ce soir, la chancelière allemande sera chez elle pour fêter avec tous les grands de ce monde un événement qui a changé sa propre vie : la chute du Mur. Angela Merkel, qui est une « Ossie », c’est-à-dire une citoyenne d’origine est-allemande, accueillera ses homologues pour un concert dirigé par Daniel Barenboïm à partir de 19h. Puis, avec les dirigeants russe, français, anglais et américain notamment, elle franchira en grande pompe la porte de Brandebourg, ancien symbole du partage de la ville. Plusieurs discours se succéderont, dont ceux de Lech Walesa, qui fut leader de Solidarnosc et de Mikhaïl Gorbatchev, qui dirigeait l’Union soviétique à l’époque de la chute du Mur. La chancelière allemande, fraîchement réélue, accueille ce soir les grands de ce monde.
www.directsoir.net APRÈS ➔ La chape de plombn’est plus qu’un souvenir, à l’est de Berlin. Les défilés de mode sous la porte de Brandebourg sont tendance. Et les peintures qui ornaient le Mur s’affichent désormais sur des mannequins, souvent nés après novembre 1989. L’ANNIVERSAIRE du jour La fin d’un monde ➔ Après vingt-huit ans de honte, vingt-huit ans de séparation, les Berlinois de l’Est et de l’Ouest peuvent enfin se rejoindre, s’étreindre et célébrer leur victoire. Depuis un an déjà, les événements se précipitaient : ouverture du rideau de fer en Hongrie, arrivée de Mikhaïl Gorbatchev en RDA en octobre, multiplication des manifestations et un peuple allemand de plus en plus mécontent. Le 9 novembre dans l’après-midi, Günter Schabowski, membre du bureau politique du SED (Parti socialiste unifié d’Allemagne), annonce, lors d’une conférence de presse, l’ouverture immédiate des postes frontières du Mur. A minuit, les grilles s’ouvrent et les coups de pioche résonnent dans l’euphorie générale. La liberté est en marche. L’HOMME du jour Qu’évoque pour vous le vingtième anniversaire de la chute du Mur ? Je pense que le tableau du Mur démoli est un joli tableau, mais encore faudrait-il qu’il évoque quelque chose de concret, aujourd’hui. Si le Mur est tombé, c’est parce que les Allemands de l’Est ont déserté leur pays, pour fuir à travers la Tchécoslovaquie et la Hongrie, tout en laissant derrière eux une ville un peu déserte. Peut-on ériger la désertion en héroïsme ? Ceux qui sont partis ont eu la chance que je n’aie pas été à la place de Mikhaïl Gorbatchev. Je leur aurais dit : « Ce n’est pas la peine de vous fatiguer à partir comme ça. Je vous laisse partir, mais si vous n’avez pas été chassés et si vos maisons sont vides, j’organiserai un référendum et vous perdrez vos terres à jamais ». C’est ça, la vérité sur le mur de Berlin. 9 novembre 1989 Lech Walesa, prix Nobel de la paix en 1983 et président de la Pologne de 1990 à 1995. « Les Polonais avaient fait la plus grande partie du travail » Ce symbole ne mérite pas autant de commémorations, selon vous ? Il est normal que les Allemands le célèbrent et qu’ils s’en réjouissent. Mais la chute du mur de Berlin a pu avoir lieu seulement parce que les Polonais avaient fait la plus grande partie du travail. Il ne s’agit pas d’une vraie victoire. On pourrait dire que c’est une victoire dérivée, qui résulte d’une autre victoire, celle de Solidarnosc. BERLIN 1989-2009 HAMILTON/REA J. MACDOUGALL/AFP G. MALIE/AFP Le TOP du jour ARRÊT SUR IMAGES ➔ Le Figaro consacre un hors-série à la chute du Mur. A travers des images d’archives exceptionnelles, le lecteur chemine dans cette époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Le jour où le Mur est tombé, Le Figaro, hors-série, 7,90 €. En kiosques. L’HISTOIRE EN BULLES ➔ Pour ceux qui sont nés après la fin du communisme, mais aussi leurs aînés, la saga du Mur en BD est plus que conseillée. Le Mur, Berlin 1961- 1989, Chardez et Lehideux, Editions du Triomphe, 14,50 €. 3 1989, ANNÉE CHARNIÈRE ➔ Le professeur d’histoire Pierre Grosser, qui enseigne à Sciences-Po, dépeint l’année 1989 comme celle du basculement général du monde. Au-delà du Mur, c’est le réveil des nationalismes, la mort de Khomeiny et la renaissance du djihad… 1989 : l’année où le monde a basculé, Pierre Grosser, Perrin, 25,50 €. P.HERTZOG/AFP LES TÉLÉS MOBILISÉES ➔ TF1. 18h30 : Le Mur de Berlin : 20 ans après, tour d’horizon des cérémonies (90 min). ➔ FRANCE 2. 18h10 : cérémonie commémorative de la chute du Mur (110 min). ➔ FRANCE 3. 20h35 : Les dernières heures du Mur, doc. (85 min). 22h : Hors-série spécial Berlin. 22h50 : Ce soir (ou jamais !) spécial Berlin. ➔ CANAL+. 20h45 : En berline à Berlin, documentaire (90 min). 22h15 : Berlin, 24 heures, 20 ans après, documentaire (55 min). 23h15 : Une jeunesse berlinoise, fiction (90 min). ➔ ARTE. 22h : Musique classique et guerre froide, documentaire (55 min). 22h55 : Heiner Müller, documentaire (60 min). ➔ DIRECT 8. 23h30 : Langue de bois s’abstenir spécial Berlin, info (60 min). ➔ LCP/PUBLIC SÉNAT. 19h55 : Ça vous regarde — La chute du Mur, vingt ans après, info (45 min). 20h40 : A visage découvert, info (50 min). 21h30 : Parlons-en, info (30 min).



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