Direct Soir n°529 6 avr 2009
Direct Soir n°529 6 avr 2009
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°529 de 6 avr 2009

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 18

  • Taille du fichier PDF : 1,5 Mo

  • Dans ce numéro : Les pôles : un trésor menacé

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 4 - 5  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
4 5
6 EN COUVERTURE LES PÔLES : PATRIMOINE EN PÉRIL ? Territoires extrêmes, l’Arctique et l’Antarctique sont riches de trésors variés, convoités et menacés. Cent ans après la conquête du pôle Nord, une nouvelle action internationale semble nécessaire pour préserver le « désert blanc ». Les terres polaires demeurent méconnues. Sans doute est-ce l’une des raisons qui expliquent pourquoi les pôles furent si longtemps préservés. Au-delà des ressources naturelles des régions polaires (hydrocarbures au Nord ou minerais, en quantités limitées, au Sud), de nombreuses pistes existent pour développer nos connaissances scientifiques les plus variées. Curieusement, les projecteurs médiatiques n’éclairent que rarement les nombreuses « actualités polaires », qui pourtant ouvrent des perspectives parfois révolutionnaires. BACTÉRIES ET FOSSILES A-t-on noté l’identification récente en Antarctique de bactéries inconnues – de type arthrobacter et pseudomonas –, dont l’étude par des chercheurs de l’Académie DÉFINITIONS L. HAPSIS/IML-REA des sciences russes révèle une prodigieuse résistance aux antibiotiques ? Cette découverte ouvre pourtant des perspectives médicales dans la lutte contre les résistances bactériennes (maladies nosocomiales en particulier).A-t-on remarqué, dans un autre registre, la mise au jour des restes d’un pliosaure (grand reptile carnivore aquatique de la période jurassique crétacée) de 15 mètres de long, annoncée le 17 mars par le musée d’Histoire naturelle d’Oslo ? Découvert dans l’archipel de Svalbard par une équipe norvégienne en mission dans l’Arctique, ce fossile offre de nouveaux éclairages sur l’origine des espèces animales. « C’est l’animal le plus dangereux à avoir jamais sillonné les mers du globe », estimet-on à Oslo. De fait, sa mâchoire est… quatre fois plus puissante que celle du tyrannosaure. Ces deux exemples récents – les L’Arctique, terre des ours ➔ Du grec « arktos », désignant l’Ourse, la constellation boréale, puis les régions proches du pôle Nord, l’Arctique s’étendrait sur quelque 24 millions de km 2. Cinq pays sont riverains de l’Arctique (Canada, Etats-Unis, Russie, Danemark et Norvège), qui comprend aussi l’océan du même nom (13 millions de km 2), dont une partie est gelée en permanence. L’Arctique subit de manière significative les effets du dérèglement climatique. En 2007, la banquise aurait diminué de près de trois fois la taille de la France. Selon le prix Nobel de la paix Al Gore, « certaines projections montrent désormais que la banquise pourrait entièrement disparaître au pôle Nord, d’ici à cinq ans ». bactéries et le fossile – ne se veulent pas exhaustifs, mais simplement révélateurs du potentiel inouï des régions polaires. COOPÉRATION La menace qui pèse sur elles est alarmante, ce qui suppose une réelle coordination internationale. Cinquante ans après la signature du traité sur l’Antarctique, anniversaire célébré aujourd’hui à Baltimore, en présence d’Hillary Clinton, dix-sept ans après celle du protocole de Madrid et douze ans après la création du Conseil Arctique (déclaration d’Ottawa) – trois accords qui encadraient la protection concertée des régions polaires –, la coopération internationale semble s’essouffler, minée par les rivalités économiques, énergétiques et stratégiques qu’attise la découverte des nombreuses richesses des pôles. AFP J. REZAC/REA Directsoir N°529/Lundi 6 avril 2009 Risques et convoitises ➔ Régulateurs climatiques essentiels, réserves de biodiversité, les pôles sont fragiles. Fonte des glaces Une étude menée dans le cadre de l’Année polaire internationale (API) qui vient de s’achever indique une accélération de la fonte. « Nous commençons à avoir des indices de changements des courants marins qui auraient un impact gravissime sur le système climatique mondial », précisait en février le directeur du bureau du programme de l’API, David Carlson. Conséquence de ce phénomène, des voies maritimes s’ouvrent, comme dans la zone Arctique. « Dix mille navires là où il n’y en avait pas, cela veut dire dégazages en mer, accidents pétroliers, marées noires ! » s’alarmait le 18 mars Michel Rocard, le nouvel ambassadeur français chargé des pôles. Affrontements stratégiques Les pôles sont l’objet de luttes d’influence de la part des puissances qui veulent assurer leur sécurité militaire ou énergétique. La Russie, notamment, veut faire valoir ses prétentions. Le mois dernier, un document publié sur le site du Conseil de sécurité russe, et validé par le président Dmitri Medvedev, indiquait le souhait de Moscou d’utiliser « la zone arctique (…) en tant que base stratégique de ressources » et de la sécuriser par des moyens militaires. Un projet qui se heurte aux ambitions de l’Otan, qui veut étendre son implantation, officiellement pour contribuer à la lutte contre les risques écologiques et aux secours en mer. Bien que larvées, ces rivalités font de la région arctique un secteur sous tension. L’Antarctique, terre du froid ➔ Etymologiquement « qui est à l’opposé de l’Ourse », l’Antarctique, d’une superficie de 12,5 millions de km 2, est le territoire le plus froid du globe. La température la plus basse jamais enregistrée a été mesurée à la base russe de Vostok : – 89,3 °C. Si aucune population ne vit en permanence en Antarctique, on trouve de nombreuses bases scientifiques sur le continent. Sept Etats ont des prétentions territoriales sur l’Antarctique : l’Australie, la Nouvelle- Zélande, la Norvège, le Royaume-Uni, le Chili, l’Argentine et la France, avec la terre Adélie.
www.directsoir.net EN CHIFFRES ZOOM Michel Rocard en « pôle position » ➔ Fraîchement nommé, le 18 mars dernier, ambassadeur de France « chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique », Michel Rocard devait être au premier plan aujourd’hui, aux Etats-Unis, pour commémorer le 50 e anniversaire du traité de l’Antarctique. Qu’on le réduise à un nouveau symbole de « l’ouverture sarkozyste » ne devrait pas tarder à l’agacer. L’ancien Premier ministre entend se consacrer pleinement à son rôle, loin d’une « politique politicienne » qu’il ne cesse de dénoncer. Cela fait déjà longtemps que Michel Rocard s’intéresse aux pôles : il avait étroitement travaillé, en 1991, sur le protocole de Madrid, qui avait fait de l’Antarctique une « réserve naturelle consacrée à la paix et à la science ». Aujourd’hui, il souhaite faire parler l’Europe d’une seule voix sur les questions polaires afin de faire MÈTRES est la 4000 profondeur à laquelle les Russes ont planté un drapeau en titane, en 2007, sous la banquise, à la verticale du pôle Nord. Un exploit à forte connotation politique. CHRONOLOGIE Cent ans de conquête 6 AVRIL 1909 Il y a 100 ans jour pour jour, l’Américain Robert Peary prétend avoir atteint le pôle Nord, mais ce succès est également revendiqué par un ancien compagnon de Peary, le médecin américain Frederick Cook. Ce dernier affirme qu’il a lui-même atteint le pôle un an plus tôt que son rival, le 21 avril 1908. Le Congrès américain mettra fin à la polémique en attribuant la paternité de l’exploit à Peary. Mais aujourd’hui encore, les scientifiques sont dubitatifs quant à l’expédition des deux hommes, l’un comme l’autre ne s’étant pas donné les moyens de vérifier leur position. 14 DÉCEMBRE 1911 Le Norvégien Roald Amundsen est le premier homme à atteindre le pôle Sud. Parti le 19 octobre 1911, en tenant secrète son contrepoids aux ambitions russe ou américaine. Et, à un échelon plus technique, il entend garantir la sécurité des transports maritimes dans ces régions et optimiser l’organisation de la pêche. A 78 ans, Michel Rocard espère « réussir quelque chose dans la gouvernance mondiale ». Et ce projet semble lui convenir comme un gant. L’ANNÉE qui pourrait 2100 marquer, en Antarctique, la disparition définitive des manchots empereurs, dont la marche a été immortalisée au cinéma en 2005. Roald Amundsen et son équipe, photographiés au pôle Sud, le 16 décembre 1911. expédition, il devance d’un mois son concurrent, le Britannique Falcon Scott. Ce dernier y arrive le 17 janvier 1912 et y découvre avec dépit la tente de l’équipe de Roald Amundsen, sur laquelle flotte le drapeau norvégien. Scott et ses hommes mourront sur le chemin du retour. 12 MAI 1926 Après la controverse liée à la première exploration du pôle Nord, les premiers à l’atteindre avec certitude sont le Norvégien AFP EN COUVERTURE 7 Michel Rocard lors d’un voyage au pôle Sud, du 22 janvier au 2 février dernier. Bernard Kouchner et Michel Rocard, ambassadeur chargé des négociations internationales sur les pôles Arctique et Antarctique, le 30 mars dernier. 25000 INDIVIDUS composeraient la population d’ours polaires. Les deux tiers pourraient avoir disparu en 2050, estimait l’Institut géologique des Etats-Unis, en 2007. Roald Amundsen et l’Italien Umberto Nobile, qui le survolent à bord du dirigeable Norge. Mais le premier à s’y poser avec son avion est le Russe Papanine, le 21 mai 1937. 31 OCTOBRE 1956 Le Que sera, sera, un LC-47 piloté par l’amiral George J. Dufek, est le premier avion à se poser sur le pôle Sud. Dufek devient ainsi le premier Américain à fouler le sol de l’Antarctique. 3 AOÛT 1958 Le premier sous-marin à propulsion nucléaire, nommé Nautilus, navigue sous la glace de l’Arctique et passe sous le pôle Nord. Il réalise ainsi la première liaison sous-marine entre l’océan Pacifique et l’océan Atlantique. Il est suivi en 1959 par le USS Skate, qui est le premier à faire surface au pôle. VIDÉO NOUVELOBS.COM/DR FACELLY/SIPA M. MOICHET/AFP CHAMUSSY/SIPA M. BUREAU/AFP GALERIE Ils protègent les pôles ➔ Nicolas Vanier Né en 1962, cet aventurier de l’extrême quitte régulièrement la Sologne, où il réside, pour réaliser des expériences inédites. De son premier défi en 1982 dans les vastes plateaux de Laponie à la traversée de toute la Sibérie du sud au nord (7000 km) en 1990, Nicolas Vanier ne recule devant rien. Aujourd’hui, il prépare la sortie (fin 2009) de son film Loup, consacré à cette espèce menacée du Grand Nord. ➔ Jean-Louis Etienne De son Tarnnatal où il fait ses premières expériences, Jean-Louis Etienne ne cesse de défier la nature et ses climats hostiles. Grâce à ses multiples expéditions au pôle Nord comme au pôle Sud, il participe pleinement à la sauvegarde de ces milieux naturels. En 2005, il part plusieurs mois sur l’île de Clipperton pour étudier la biodiversité du seul atoll corallien du Pacifique. ➔ Mike Horn Le Sud- Africain n’est plus à un exploit près. De son tour du monde par le cercle polaire en 2002 à son expédition au pôle Nord de nuit en 2006, Mike Horn est sans doute le plus populaire des aventuriers. Actuellement, il poursuit son tour du monde des cinq continents sans moyen de transport motorisé, mais grâce à son bateau baptisé Pangeea.



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :