Direct Soir n°447 20 nov 2008
Direct Soir n°447 20 nov 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°447 de 20 nov 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Xavier Darcos déterminé face à la grève

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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6 EN COUVERTURE Le ministre de l’Education nationale est déterminé à finaliser son programme de réformes. Les professeurs méritent mieux que d’avoir des syndicats dont la fonction principale est d’organiser la résistance au changement », a déclaré ce matin sur RTL le ministre de l’Education nationale, qui doit de nouveau faire face aujourd’hui à la colère des organisations du secteur éducatif. La quasitotalité des syndicats enseignants du primaire (public et privé) et du secondaire, ainsi que le Snesup, premier syndicat de l’enseignement supérieur, ont appelé à manifester dans toute la France pour protester contre la politique menée par le gouvernement. Le SNUipp-FSU, principal syndicat des écoles, a par ailleurs annoncé en début de semaine qu’il s’attendait à une « grève massive, du même niveau que celle du 15 mai ». Selon l’organisation, 69% des professeurs des écoles devaient se mobiliser aujourd’hui. « C’est très important, il faut remonter à mai 2003, avec les actions contre les retraites, pour atteindre ce taux », a ajouté Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUipp-FSU. Un mois seulement après la manifestation nationale pour la défense du service public d’Education qui avait, selon les sources, mobilisé entre 32000 et 80000 personnes le 19 octobre dans la capitale, les enseignants protestaient aujourd’hui contre la dégradation de leurs conditions de travail et la suppression des 13 500 postes au budget 2009 (8500 en 2007, 11200 en 2008), dont 3 000 au sein des Réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (Rased). « Ce n’est pas être plus nombreux qui compte, c’est être plus efficace », a rétorqué Xavier Darcos. Le corps professoral reproche au ministre de l’Education nationale de ne pas tenir compte de ses revendications. Le syndicat SE-Unsa l’accuse de faire preuve de « mépris » à l’égard des professeurs. « Les collègues sont excédés de la façon dont le ministre les traite, Directsoir N°447/Jeudi 20 novembre 2008 XAVIER DARCOS LA DÉLICATE RÉFORME DE L’ÉDUCATION La grève a mobilisé aujourd’hui une très forte proportion d’enseignants dans toute la France. Malgré leurs revendications, le ministre de l’Education, Xavier Darcos, entend poursuivre ses réformes tout en déplorant un mode de protestation « démodé ». de la mise en cause de leur professionnalisme, des pressions administratives quotidiennes », explique-t-il. Cependant, « le ministre de l’Education nationale doit prendre la mesure du trouble que provoque sa politique dans les écoles (…), il n’est pas trop tard pour engager un véritable dialogue social », nuance le SNUipp. Face à ces accusations, Xavier Darcos, lui-même agrégé de lettres classiques, reste serein, conscient que réformer l’Education nationale n’est pas une mince affaire. Selon lui, les diminutions de postes ont été effectuées depuis la rentrée « sans pénaliser le système éducatif ». Cet
www.directsoir.net opposant à l’héritage soixante-huitard, dénoncé par le chef de l’Etat Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle de 2007, résiste à la pression des organisations syndicalistes, déterminé à finaliser son programme de réformes. Car « l’Education nationale, c’est le ministère du destin ». « La casse du service, le manque de moyens, (…) combien de fois a-t-on entendu ça depuis une trentaine d’années ? », regrette le ministre. LE NOUVEAU VISAGE DE L’ÉCOLE RÉPUBLICAINE Depuis sa nomination à la tête du ministère de l’Education nationale en mai 2007, Xavier Darcos s’est notamment fixé comme objectif de réformer le lycée. Il faut selon lui « réaffirmer la place du lycée comme étape préparatoire à l’enseignement supérieur, mettre fin au très fort déséquilibre qui existe aujourd’hui entre les différentes filières et trouver un équilibre entre l’enseignement et le soutien scolaire ». La classe de seconde devrait dès la rentrée prochaine connaître de profonds changements, avant qu’ils ne soient appliqués à la classe de première en 2010, puis à la terminale l’année suivante. La nouvelle organisation prévoit la mise en place de deux semestres au lieu de trois trimestres. Quatre conseils de classe viendront ponctuer l’année scolaire, pour permettre de faire un point sur les difficultés rencontrées et aborder la question primordiale de l’orientation. « Trop d’élèves, 15% environ, redoublent aujourd’hui la classe de seconde, notamment pour des raisons d’orientation. C’est de la responsabilité de l’école de permettre à ces élèves de trouver la voie qui correspond à leurs capacités et à leurs goûts », déclarait-il le 21 octobre dernier lors d’un discours sur la réforme des lycées. La semaine des lycéens comptera 30 heures de cours (au lieu de 28 à 35 actuellement), dont 21 heures consacrées aux enseignements généraux de tronc commun. Six heures de modules et un accompagnement personnalisé de trois heures viendront compléter le nouvel agenda hebdomadaire. L’apprentissage d’une deuxième langue sera obligatoire dès la rentrée 2009. Les élèves devront également choisir entre quatre modules d’enseignement complémentaires : sciences, sciences de la société, humanités et technologies. Xavier Darcos précise par ailleurs que l’enseignement de l’histoire-géographie et des sciences expérimentales restera au cœur « L’ÉCOLE PRIMAIRE DOIT (...) PERMETTRE À CHAQUE ENFANT DE DEVENIR, PAR L’INSTRUCTION, UN CITOYEN LIBRE ET ÉCLAIRÉ » des fondamentaux. « J’ai entendu beaucoup de contre-vérités circuler (…), comme si l’on pouvait imaginer qu’un ministre de l’Education nationale puisse proposer de (les) rendre optionnels », ajoute-t-il. MODIFIER L’ORGANISATION EN MATERNELLE ET EN PRIMAIRE Pour le ministre de l’Education nationale, l’école commence dès l’âge de 3 ans. Le 13 novembre dernier au Sénat, il a proposé que les enfants de moins de 3 ans soient accueillis dans des « structures différentes » des classes de maternelle. Il a ainsi encouragé l’idée de créer des « jardins d’éveil ». Un rapport sénatorial publié le 4 novembre préconise un « nouveau service public (…) à mi-chemin entre la crèche et l’école » pour les enfants âgés de 2 à 3 ans. Mais certains opposants, à l’instar du sénateur communiste Guy Fischer, craignent que ces jardins d’éveil ne signent la fin de « la gratuité de la scolarité des enfants de 2ans ». Autre chantier : la réforme de l’enseignement primaire. Dès la rentrée prochaine, les 24 heures d’enseignement primaire –au lieu de 26– seront dispensées du lundi au vendredi. Les familles pourront ainsi profiter de leurs enfants le samedi matin. Les deux heures restantes seront « réinvesties sous forme d’aide personnalisée aux élèves en difficulté scolaire, ou de travail en petit groupe ». Les élèves des classes de CM1 et de CM2 se verront proposer des stages de remise à niveau pendant les vacances EN COUVERTURE 7 Manifestation des enseignants de l’Education nationale à Paris, le 18 mai dernier. scolaires. D’autres modifications devraient également être inscrites au programme : initiation à l’histoire des arts, introduction de l’instruction civique et morale, pratique soutenue du calcul mental, éducation physique et sportive. En modifiant le programme des cours élémentaires, Xavier Darcos souhaite « diviser par trois, en cinq ans, le nombre d’élèves qui sortent de l’école primaire avec de graves difficultés ». FOCUS L. CERINO/REA ■ Grands-parents, nourrices, voisins ou amis, certains parents d’élèves ont eu recours aux bonnes âmes pour faire garder leurs enfants. De nombreuses grandes villes françaises n’ont pas assuré aujourd’hui le service minimum d’accueil (SMA). La loi du 20 août 2008 impose pourtant aux communes d’accueillir les élèves dans les écoles dès lors qu’au moins 25% des enseignants ont déposé un préavis de grève. Toulouse, Montpellier, Clermont- Ferrand, Paris mais également plusieurs communes de l’académie de Versailles se sont opposés au SMA. « Si l’Etat souhaite mettre en œuvre un accueil minimum, c’est à lui d’assumer son organisation », a précisé la mairie PS de Clermont-Ferrand. Il refuse l’idée que des élèves entrent au collège avec des lacunes en lecture ou en écriture. A l’instar des anciens ministres de l’Education comme Claude Allègre, Luc Ferry ou Gilles de Robien, eux-mêmes confrontés à des mouvements de grève, Xavier Darcos est conscient que son combat pour modifier le visage de l’école républicaine ne sera pas de tout repos. Mise en place difficile du service minimum d’accueil (SMA) Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, s’est quant à lui déclaré dans l’impossibilité d’appliquer ce service d’accueil. Le projet apparaît comme « irréalisable ». La mairie socialiste précise qu’il faudrait « organiser, en 48 heures, l’accueil de 87 300 enfants et, pour ce faire, mobiliser 6 365 encadrants qualifiés et formés ». De plus, elle refuse de « déléguer aux maires d’arrondissements l’application du SMA ». Jean- François Lamour, président du groupe UMP au conseil de Paris, a vivement critiqué l’attitude de Bertrand Delanoë. « En refusant d’appliquer le SMA (…), il fait preuve du plus total mépris à l’égard des familles parisiennes », a-t-il déclaré.



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