Direct Soir n°438 5 nov 2008
Direct Soir n°438 5 nov 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°438 de 5 nov 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : Barack Obama, le rêve américain

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 RÉACTIONS LE MONDE À L’HEURE AMÉRICAINE Dans de nombreuses villes à travers le monde, la victoire du candidat démocrate a été saluée par les cris des populations locales, suivis des voix diplomatiques. Entre félicitations et recommandations, le triomphe de Barack Obama a suscité les commentaires du monde entier. Rarement dans le monde une élection présidentielle aura été autant suivie. Avant même de connaître le nom du futur locataire de la Maison Blanche, la communauté internationale s’était mise à l’heure américaine. Du Japon à l’Europe en passant par l’Afrique, non seulement les expatriés, mais également les populations locales s’étaient rassemblés pour vivre ensemble l’attente des résultats, tout en espérant célébrer la victoire de Barack Obama. Hors des Etats-Unis, le démocrate était de loin le plus populaire des deux candidats.A cinq heures ce matin – heure française –, l’annonce de sa victoire à l’élection présidentielle a ainsi suscité la liesse bien au-delà de Chicago. A Kogelo, le village kenyan de la grand-mère paternelle de Barack Obama, danses et cris de joies ont ponctué la victoire de celui qui est considéré comme l’enfant du pays. Pour célébrer ce succès, le président Mwai Kibaki a même décrété la journée de jeudi fériée. Les félicitations venues du monde entier ont rapidement afflué vers les Etats-Unis. Quelques minutes après l’annonce de la victoire de Barack Obama, le président français Nicolas Sarkozy lui a immédiatement envoyé une lettre de félicitations. La plupart des réactions internationales évoquaient « l’espoir » et « le changement » que suscite cette élection. Dans certaines régions du monde plus que partout ailleurs, ces deux termes revêtent une importance particulière. Car pour le nouveau président les enjeux sont multiples : Irak, Afghanistan, conflit israélopalestinien… L’espoir que fait naître la victoire de Barack Obama dans ces régions se justifie par le fait qu’il s’est engagé, au cours de sa campagne, à améliorer FOCUS SPÉCIAL ÉLECTIONS AMÉRICAINES Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants. Sarah Obama (auc.) fête, à Kogelo au Kenya, la victoire de son petit-fils Barack Obama. l’image des Etats-Unis dans le monde, ternie par la stratégie de guerre que les néoconservateurs et George W. Bush ont prônée. Parmi les premiers à s’exprimer dans ces régions, le chef de la diplomatie irakienne, Hoshyar Zebari, a réagi avec réserve à l’élection de M. Obama, estimant « qu’il n’y aura pas un désengagement rapide américain d’Irak, car une affaire importante se joue ici ». Pourtant, le candidat démocrate s’est engagé pendant la campagne électorale à ce que la plupart des soldats soient rentrés à la fin de l’année 2010. Pour Barack Obama, le défi le plus important est aujourd’hui l’Afghanistan, où les talibans gagnent tous les jours du terrain. Le président afghan, Hamid Karzaï, a immédiatement estimé que sa victoire à l’élection présidentielle américaine faisait entrer le monde dans une « ère nouvelle ». Au Proche-Orient, selon Israël, la victoire de Barack Obama promet « un bel avenir » aux relations entre les deux CONGRÈS : LA MAJORITÉ DÉMOCRATE RENFORCÉE ■ Parallèlement au scrutin présidentiel, les électeurs étaient appelés à renouveler 35 mandats de leurs 100 sénateurs (renouvelables par tiers tous les deux ans). Hier soir, la majorité démocrate du Sénat a été renforcée de manière significative par rapport à celle que le parti avait acquise aux dernières élections de « mid-terms » en 2006. En prenant cinq sièges aux républicains, les démocrates dépassent la barre des 51 sièges. ESPOIR ET CHANGEMENT ONT LARGEMENT QUALIFIÉ L’ÉLECTION DE BARACK OBAMA nations alliées, tandis que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a appelé Barack Obama à « accélérer les efforts déployés en vue de parvenir à la paix » au Proche-Orient. Là encore, le conflit israélo-palestinien fait partie des dossiers épineux que léguera George W. Bush à son successeur. En dépit des promesses de la conférence d’Annapolis (novembre 2007), aucun accord n’a été trouvé à ce jour. En fin de matinée, aucune réaction officielle n’était en revanche parvenue de Téhéran. Lors de la campagne électorale, Barack Obama avait émis la possibilité de discuter avec la république islamique, dont les relations diplomatiques avec les Etats-Unis sont rompues depuis 1980. Mais si les autorités ne s’étaient pas prononcées en fin de matinée, certains analystes politiques iraniens ont en revanche immédiatement salué l’espoir d’un retour à la diplomatie avec l’élection de Barack Obama. Toutefois, selon les dernières projections des chaînes américaines, la nouvelle majorité ne dépasserait pas le seuil des 60 sièges requis pour empêcher l’opposition d’utiliser la méthode d’obstruction, qui permet de bloquer ou retarder le vote. A la Chambre des représentants, la chambre basse du Congrès, les démocrates étaient également en passe de renforcer leur majorité actuelle. Directsoir N°438/Mercredi 5 novembre 2008 M. DUNHAM/AP VERBATIM Nicolas Sarkozy, président français : « En vous choisissant, c’est le choix du changement, de l’ouverture, et de l’optimisme qu’a fait le peuple américain. » Dmitri Medvedev, président de la Fédération de Russie, espère que la « nouvelle administration américaine » optera pour de « bonnes relations » avec la Russie. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne : « Le moment est venu pour un engagement renouvelé entre l’Europe et les Etats-Unis. » Angela Merkel, chancelière allemande : « Soyez convaincus que mon gouvernement est conscient de l’importance et de la valeur de notre partenariat transatlantique. » Federico Lombardi, porte-parole du Vatican : « Nous souhaitons que le Président réponde aux attentes de paix et de justice dans le monde. » Hugo Chávez, président vénézuélien : « Je souhaite établir de nouvelles relations avec les Etats-Unis et relancer un agenda bilatéral constructif pour le bien-être des deux peuples. » Avec 235 démocrates contre 199 républicains, ils étaient déjà assurés d’une confortable marge de manœuvre. Selon les dernières projections, ils devaient gagner entre 27 et 33 sièges, ce qui leur donnerait une majorité de plus de 60%. Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants, a déclaré que « le peuple américain avait appelé à une nouvelle direction et au changement pour l’Amérique ».
www.directsoir.net ENTOURAGE LA GARDE RAPPROCHÉE Le 44 e président des Etats-Unis a désormais 77 jours pour former l’équipe qui va conduire la politique du pays.• Joe Biden : à 66 ans, l’ancien sénateur du Delaware devient le n°2 de la Maison Blanche. En cas d’indisponibilité du Président, il serait appelé à exercer la fonction suprême.• David Axelrod : à 53ans et avec ses airs de Droopy, il devrait compter à la Maison Blanche comme il a compté durant ces deux dernières années. Surnommé « The Axe » (la hache), cet ancien journaliste du Chicago Tribune est jugé indispensable par Barack Obama.• David Plouffe : son directeur de campagne. Ce fin stratège a démontré qu’il était capable de gérer une campagne fondée sur l’occupation de terrain. Son action et celle de David Axelrod ont été remerciées cette nuit par le nouveau Président.• Jon Favreau : à 26 ans, il est celui qui a écrit les plus grands discours du futur Président pendant sa campagne. Son esprit vif aura sa place dans le Bureau ovale.• John Kerry : le candidat démocrate à la présidentielle de 2004 pourrait hériter d’un poste de secrétaire d’Etat. Ezra Suleiman Politologue, enseignant à l’université de Princeton* Quels sont les dossiers « extradiplomatiques » de Barack Obama ? Ils seront énormes : régler les problèmes financiers, remettre l’économie en marche avec une menace de déflation et très peu de marge de manœuvre. Il sera difficile pour le nouveau Président d’appliquer son programme s’il ne rétablit pas d’abord l’économie. Le gouvernement a pratiquement épuisé toutes les armes dont il dispose en terme d’aide R. SACHS/SIPA SPÉCIAL ÉLECTIONS AMÉRICAINES 5• Chuck Hagel : ce républicain marquerait l’ouverture du Président. Il pourrait obtenir le secrétariat d’Etat à la Défense. Agé de 62 ans, il est sénateur du Nebraska depuis 1997.• Antony Lake : ancien « monsieur sécurité » de Bill Clinton, il pourrait revenir aux affaires. On lui doit certaines positions controversées d’Obama, comme la possibilité d’une rencontre avec les dirigeants iranien, nord-coréen ou vénézuélien.• Caroline Kennedy : à 50 ans, la fille de JFK est taillée pour des missions à l’étranger grâce à son statut d’ambassadrice de l’ONU.• Colin Powell : s’il est presque impossible que l’ancien bras droit de G.W.Bush récupère un poste dans une administration bipartisane, il pourrait jouer un rôle déterminant sur la scène diplomatique.• David Cutler : cet ancien du clan Clinton dans les années 1990 pourrait trouver sa place dans le domaine de la santé.• Hillary Clinton : la rivale du président lors des primaires démocrates a estimé que ses chances de se représenter à l’élection présidentielle étaient « proches de zéro », mais l’ex-First Lady se verrait bien en leader de la majorité au Sénat. INTERVIEW aux banques et cela ne va pas suffire face au risque de ralentissement. Il va falloir très probablement qu’il investisse dans les infrastructures. Quels sont les grands enjeux sociaux et environnementaux ? Cinquante millions de personnes n’ont pas accès à l’assurance maladie, beaucoup ont perdu ou vont perdre leur emploi ou leur pension de retraite. Les inégalités se sont énormément creusées. Il est aussi probable que l’on reverra le traité de Kyoto avec une attitude plus conciliante. Autre grande priorité : l’indépendance énergétique. * Dernier ouvrage paru : La schizophrénie française (Grasset) H. VILLALOBOS/EPA/CORBIS Rendez-vous le 20 janvier à la Maison Blanche La Maison Blanche, à Washington D.C. ■ Même si les urnes ont délivré leur verdict, Barack Obama ne prendra pas immédiatement la place de GeorgeW.Bush dans le Bureau ovale. L’investiture officielle du 44 e président n’interviendra en effet que le 20 janvier prochain. D’ici là, le calendrier institutionnel prévoit plusieurs échéances. Dans un premier temps, les suffrages des citoyens devront être officialisés lors du vote des grands électeurs. Ceux-ci se réuniront FRANCE-ÉTATS-UNIS « NEW DEAL » TRANSATLANTIQUE SIPA AGENDA dans la capitale de l’Etat qu’ils représentent pour élire le président et le vice-président, sous pli scellé adressé au président du Sénat. Selon la Constitution américaine, cette étape doit avoir lieu le premier lundi suivant le deuxième mercredi de décembre, soit le 15 décembre cette année. Un peu plus d’un mois plus tard aura lieu la journée d’investiture. Selon la tradition, celle-ci devrait commencer, pour le désormais ex-sénateur de l’Illinois, par un service religieux. Il devrait ensuite se rendre à la Maison Blanche pour rencontrer son prédécesseur, avant d’assister à la prestation de serment du vice-président, Joe Biden. Il se rendra ensuite au Capitole, où il prononcera les mots prévus par l’article 2, section 1 de la Constitution : « Je jure solennellement que je remplirai fidèlement les fonctions de président des Etats-Unis et que, dans toute la mesure de mes moyens, je sauvegarderai, protégerai et défendrai la Constitution des Etats-Unis. » Enfin, le nouveau président gagnera la Maison Blanche. Les liens entre Paris et Washington se sont réchauffés depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Celle d’Obama devrait engager un nouveau tournant. Obama ? C’est mon copain ! » Ainsi Nicolas Sarkozy qualifiaitil Barack Obama lors d’une interview au Figaro en juillet dernier, lors de la visite éclair à l’Elysée de celui qui était alors le candidat démocrate. Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés en 2006, au Congrès à Washington, alors que Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur. Les relations entre les deux chefs d’Etat devraient s’engager dans des conditions cordiales, même si Nicolas Sarkozy n’a jamais cédé à l’« Obamania », hégémonique de ce côté de l’Atlantique ; en mars, il avait ainsi reçu John McCain avec courtoisie et cordialité. Les dossiers que Nicolas Sarkozy et Barack Obama vont devoir traiter ensemble s’annoncent nombreux, dont celui de la riposte à la crise. Face à ces défis, ils devront mobiliser toutes les qualités qu’ils s’attribuent mutuellement. « C’est un homme énergique (…). Il n’est pas pieds et poings liés par des traditions pesantes ou des dogmes. Il est un exemple pour de nombreux dirigeants », déclarait ainsi Barack Obama au sujet du locataire de l’Elysée dans une interview à Paris Match en janvier dernier. Nicolas Sarkozy, quant à lui, aime souligner la similitude de leurs parcours : celui d’une intégration réussie. « Tout le monde ici ne s’appelle pas Sarkozy, et j’ai bien conscience que tout le monde ne s’appelle pas Obama aux Etats-Unis », déclarait-il lors de la conférence de presse commune du 25 juillet. A cette même occasion, Barack Obama s’était interrogé sur le régime alimentaire du président de la République et sur le secret de son énergie. Eclat de rire général.



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