Direct Soir n°438 5 nov 2008
Direct Soir n°438 5 nov 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°438 de 5 nov 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : Barack Obama, le rêve américain

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 SPÉCIAL ÉLECTIONS AMÉRICAINES Le sénateur de l’Illinois a été élu la nuit dernière à la présidence des Etats-Unis, au terme d’une campagne sans précédent. BARACK OBAMA LE NOUVEAU VISAGE DES ÉTATS-UNIS Il est 20h20, heure de Chicago, lorsque l’élection américaine bascule. L’Ohio, l’un de ces fameux « Swing States », ou Etats indécis, rejoint officiellement le camp des démocrates. Réaction immédiate à Chicago, bastion de Barack Obama où ses partisans sont rassemblés (lire encadré p.4). Les clameurs montent, la foule est en liesse : elle sait déjà qu’elle vit un moment historique. Au terme d’un marathon électoral de vingt mois, Barack Obama a donc été élu président des Etats-Unis d’Amérique, en comptabilisant, à 10h00 GMT, un total de 349 grands électeurs (270 suffisaient), contre 163 pour son adversaire John McCain. Si quelques doutes subsistaient malgré des sondages très favorables au candidat démocrate, les résultats, arrivés au comptegouttes durant la soirée, sont sans appel : on assiste à un véritable raz-de-marée. JOURNÉE SANS FIN Jusqu’au dernier moment, son rival, le républicain John McCain, s’était officiellement refusé à ce qui allait devenir une évidence. Dans l’avion qui le menait vers son QG de Phoenix hier en fin de journée, le sénateur de l’Arizona avouait encore aux journalistes présents qu’« il cro(yait) en une victoire ». Pour lui, la campagne n’était pas terminée : contrairement à la coutume électorale, il a tenu d’ultimes meetings dans le Colorado et au Nouveau-Mexique. En vain. Son avance après quelques minutes de dépouillement n’aura finalement pas duré plus d’une demi-heure. Le camp démocrate n’a pas eu le temps d’avoir peur. Invisible durant la journée, Barack Obama s’est même détendu au cours d’une partie de basket dans un quartier populaire de Chicago, comme il l’avait fait à plusieurs reprises pendant les primaires. Par superstition, le résultat du match est tout de même resté « secret défense » … Le sénateur de Directsoir N°438/Mercredi 5 novembre 2008 A 47 ans, Barack Obama est appelé à devenir le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis. Par-delà ce symbole, au terme d’une campagne enthousiaste et d’une soirée sans suspense mais très émouvante, il a promis le changement et a appelé à l’unité le peuple américain. l’Illinois pouvait être serein, tant la participation massive pour une telle élection –estimée entre 130 et 135 millions d’électeurs, sur 185 millions d’inscrits– laissait présager un dénouement favorable. SCÈNES DE LIESSE A 22h, même CNN retient son souffle. Alors que l’on annonce officiellement la victoire de Barack Obama, la chaîne de télévision laisse défiler quatre minutes d’images sans commentaires. Chicago exulte, New York pleure de joie à Times Square,Atlanta entonne des gospels et des prières de remerciement. Quelques minutes plus tard, un gros
www.directsoir.net plan montre le révérend Jesse Jackson en pleurs. Les pancartes au slogan « Yes We Can » (Oui, nous pouvons !), qui restera comme la phrase symbole de cette élection, affluent, des centaines de jeunes paradent devant la Maison Blanche, où George W.Bush, plus seul que jamais, fête discrètement l’anniversaire de son épouse Laura. Au même moment, à Phoenix, dans le triste QG de campagne, John Mc Cain félicite son adversaire. Digne et respectueux, il insiste dans son discours sur le caractère historique de l’élection : « Je reconnais la signification particulière qu’elle a pour les Noirs-Américains. » Dans ses mots habiles, on devine le respect. En face de lui, chez les partisans, l’amertume règne. « Je pense que McCain ne s’est pas suffisamment battu contre Barack Obama », déclare un Américain désabusé, ajoutant : « Même notre fils de 14 ans préfère Obama. » Et maintenant… John McCain remerciant ses électeurs, hier soir, à Phoenix. SPÉCIAL ÉLECTIONS AMÉRICAINES 3 LE FUTUR PRÉSIDENT PROMET LE CHANGEMENT A 23h, ils sont un peu plus de 65000 à avoir le privilège d’apercevoir le 44 e président des Etats-Unis. Entouré de sa femme Michelle et de ses deux filles –à qui il a promis un « toutou » pour les accompagner à la Maison Blanche– Barack Obama apparaît au cœur de Grant Park, l’immense jardin public de Chicago. Stoïque, impassible dans son nouveau costume de chef d’Etat, mesurant probablement l’ampleur de la tâche qui l’attend, il s’adresse à la foule durant une quinzaine de minutes. Sans un mot pour George W. Bush – le grand absent de la soirée électorale – le futur locataire du Bureau ovale remercie son équipe et ses proches, dont sa grand-mère, décédée la veille. Protégé par un dispositif de sécurité sans précédent, Barack Obama dresse un état des lieux du pays AFP dont il s’apprête à prendre les rênes. Il promet le changement aux Américains en précisant que le chemin sera escarpé. « Si jamais quelqu’un doute encore que l’Amérique est un endroit où tout est possible,qui se demande si le rêve de nos pères fondateurs est toujours vivant, qui doute encore du pouvoir de notre démocratie, la réponse lui est donnée ce soir », souligne Barack Obama avec gravité. LE RÊVE AMÉRICAIN Les impressionnantes réactions de joie rappellent les espoirs liés à cette élection historique. Pour les Américains, évidemment, sensibles aux thèmes de l’unité et du changement, mais aussi pour les Afro- Américains, à l’image de Bernice King, la fille de Martin Luther King, qui confiait émue à la fin de cette soirée : « Je sais que mon père aurait été fier de l’Amérique. » John McCain veut continuer à servir les États-Unis ■ Redevenu simple sénateur de l’Arizona, celui qui est désormais l’ex-candidat républicain n’a rien perdu de son tempérament. Soldat il fut, soldat il reste. Saluant son adversaire avec conviction, il a immédiatement déclaré son intention de continuer « à servir les Etats- Unis » dont il sait les défis nombreux et cruciaux. Sous le regard manifestement très ému de sa colistière Sarah Palin, il a tenu à remercier tous les militants, proches et membres de sa famille qui s’étaient investis sans compter dans la campagne électorale harassante qu’il a menée jusqu’au bout. L’ancien officier a enfin tenu à EXTRAIT DU DISCOURS DE BARACK OBAMA « Bonsoir Chicago. Est-ce que quelqu’un continue de douter que l’Amérique est le pays où tout est possible ? (…) Jamais nous n’avons été un collage d’individus, nous sommes et nous serons à jamais les Etats- Unis d’Amérique (…) La réponse aujourd’hui permet à chacun de reprendre espoir et d’attendre des jours meilleurs. En raison de tout ce qui s’est passé durant cette campagne, le changement arrive aux Etats-Unis. (…) John McCain a bataillé dur au cours de cette campagne et il a consenti des sacrifices pour les Etats- Unis. Les soldats tels que lui ont participé au bien-être de notre pays. Je le remercie et le félicite ainsi que sa colistière Sarah Palin. (…) Vous avez compris l’énormité de la tâche qui nous attend, un effondrement financier colossal, il y a encore des Américains qui se réveillent en Irak et en Afghanistan et qui vont risquer leur vie pour nous. (…) Il faudra du temps, peut-être plus d’une année ou d’un mandat, mais je veux vous dire que je n’ai jamais été confiant comme aujourd’hui. Nous, peuple américain, nous allons y arriver. (…) Je m’engage à être toujours honnête avec vous, à vous écouter et vous appelle à me rejoindre dans cette tâche de reconstruction de la nation. (…) Dieu bénisse les Etats-Unis d’Amérique, Dieu vous bénisse. » assumer seul la responsabilité de ce revers. « Cet échec, c’est le mien. Pas le vôtre », a-t-il déclaré. Pour les républicains, tout est à reconstruire après les deux mandats de George W. Bush. Les principaux dirigeants du parti doivent se réunir dès jeudi en Virginie pour redéfinir leur stratégie politique avec pour ambition de reprendre la main au Congrès à l’occasion des prochaines élections des « mid-terms » qui se tiendront en 2010. Deux tendances devraient s’affronter : le libéralisme version reaganienne, et le néoconservatisme qui a inspiré la politique américaine depuis 2001.



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