Direct Soir n°433 29 oct 2008
Direct Soir n°433 29 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°433 de 29 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 991 Ko

  • Dans ce numéro : Kad Merad à l'affiche de « Mes stars et moi »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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2 EN COUVERTURE Découvert par le public dans un registre comique, Kad Merad est aujourd’hui reconnu comme un comédien au registre varié. KAD MERAD STAR ET POPULAIRE À LA FOIS Lorsqu’il est monté sur la scène du Théâtre du Châtelet pour prendre possession de son césar, en février 2007, il a entonné I believeI can fly. Une manière de boucler la boucle. De rappeler que celui qui reçoit la consécration de ses pairs pour un rôle dramatique est toujours le pitre qui s’est fait connaître dans les sketches absurdes et loufoques du duo qu’il formait avec Olivier Baroux, le « O » de « Kad et O ». Une manière aussi de faire diversion, pour ce vrai pudique qui redevient un garçon timide dès qu’il est au centre de l’attention. Un paradoxe pour un comédien ? Pas tant que cela. « Je pense simplement faire ce métier par pudeur. Sans scène ni caméras, je n’y vais pas. C’est peut-être une manière de dépasser une pudeur que d’autres humoristes ressentent aussi », confiait-il récemment dans une interview accordée à un magazine télé. En effet, face à un public, il est probablement plus rassurant d’avoir à interpréter un personnage derrière lequel se réfugier, plutôt que de mettre à nu ses sentiments et émotions personnels. Le paradoxe n’est finalement qu’apparent. ENFANCE DE L’ART Kaddour Merad est le fils d’un immigré algérien et d’une Berrichonne. Son père, arrivé en France à 16 ans, applique à la lettre le modèle d’intégration en vigueur dans les années 1950. Ouvrier dans la banlieue de Saint-Etienne, MohammedMerad se fait appeler Rémi. A la maison, on ne parle pas arabe, mais on ne renie pas pour autant ses origines : les autres enfants du couple s’appellent Karim, Reda et Mina. A contre-courant de cette volonté familiale de ne pas faire de vagues, Kad l’adolescent rêve des feux de la rampe, aussi attiré par Directsoir N°433/Mercredi 29 octobre 2008 Depuis le raz de marée de « Bienvenue chez les Ch’tis » et son césar du meilleur second rôle pour le film « Je vais bien, ne t’en fais pas », il est devenu l’un des comédiens les plus « bankables » du cinéma français. Il est actuellement à l’affiche de « Mes stars et moi ». Retour sur une trajectoire peu conventionnelle, de ses débuts de pitre avec Olivier Baroux à sa consécration récente. la musique que par la comédie. Peu porté sur les études, il arrête le lycée à 16ans et enchaîne les petits boulots, jusqu’à décrocher un job d’animateur au Club Med. C’est là qu’il fait ses premiers pas sur scène comme musicien. Batteur et chanteur, il monte par la suite plusieurs groupes, dont les Gigolo Brothers, restés ses « potes » depuis, et avec lesquels il reprenait à l’époque les standards rock. Nul besoin de chercher ailleurs : c’est de là que vient sa propension à pousser la chansonnette à plaisir, observée encore et encore au fil de sa carrière de comédien. C’est là aussi que
www.directsoir.net se décide sa vocation. Ayant goûté à la scène, Kad Merad veut désormais s’y faire une place, et il s’inscrit aux cours de comédie de Jacqueline Duc. RENCONTRE DÉCISIVE Kad Merad fait la connaissance de celui qui deviendra son inséparable complice et son partenaire de (hors-)piste en 1991, quand il entre à la radio Ouï FM.A l’époque, Olivier Baroux est animateur. Rapidement, les deux énergumènes partagent l’antenne. Ils se voient confier leur propre émission moins d’un an plus tard. Ce sera le Rock’n’roll Circus, un programme devenu culte dans les mémoires des adolescents parisiens de l’époque. En direct et en public, Kad et Olivier se livrent à une enfilade de sketches où coexistent le meilleur, avec les prémices de leur œuvre à venir, comme le pire – et quand le duo fait un bide, le public du studio lui réclame un strip-tease. Le programme offre aux deux clowns une petite notoriété dans la capitale. Leurs blagues attirent l’attention de Jean-Luc Delarue, qui décide de leur proposer une chronique à la fin de son émission Déjà dimanche. Grâce à cette chronique, le grand public découvre pour de bon les humoristes. De cette période, l’un comme l’autre parlent peu, ou bien en termes mesurés, et l’on croit deviner que la cohabitation avec l’animateur ne s’est pas toujours faite sans heurts. TANDEM EN ROUE LIBRE Si Jean-Luc Delarue les a fait connaître, c’est une autre figure tutélaire qui va les révéler, tant au public qu’à eux-mêmes : Dominique Farrugia. Reconverti en patron de chaîne sur Comédie !, l’ancien Nul leur confie la présentation de La grosse émission. Pendant deux ans, ils vont y façonner, affiner et exprimer leur humour singulier, où se côtoient les personnages les plus loufoques et les situations les plus surréalistes. Au terme de ces deux saisons, les compères, attirés par le grand écran depuis longtemps, se lancent dans l’aventure du septième art. Ils adaptent au cinéma leur série de sketches la plus fameuse, Qui a tué Pamela Rose ?, parodie déjantée des polars américains. Le film sort en 2003 et, bien que très irrégulier, reçoit un accueil plutôt bon, atteignant le million d’entrées. L’essai est concluant, la suite de leur carrière aura pour cadre les salles obscures. LE GRAND ÉCRAN RÉVÈLE UN GRAND TALENT Mais quand on s’est fait connaître à deux, le défi est de réussir à exister tout seul. Si Kad Merad avait déjà fait quelques essais « JE PENSE QUE JE FAIS CE MÉTIER PAR PUDEUR » en solitaire, il s’agissait de petits rôles, de brèves apparitions qui relevaient souvent davantage du clin d’œil que du rôle de composition. Le tournant intervient en 2003, quand le duettiste accepte d’interpréter l’un des personnages principaux des Choristes. Le projet a tout du piège sur lequel se casser les dents. Pour sa première réelle expérience loin de son acolyte, il s’engage dans une comédie dramatique, par conséquent dans un registre qu’il n’a pas encore expérimenté, et qui plus est au côté d’un cinéaste, Christophe Barratier, dont c’est aussi le premier long métrage. Le pari est risqué, mais il s’avère vite payant. Le film remporte un succès public inattendu, cumulant huit millions et demi d’entrées en dix semaines d’exploitation. Pour tous, c’est la révélation : Kad Merad n’est pas qu’un bouffon désopilant, c’est un comédien complet, au répertoire varié. Fort de ce premier succès, le comique poursuit sur sa lancée, alternant les comédies « poids lourd » (Les Dalton, Iznogoud) et les premiers films et projets plus intimistes (Monde extérieur, Les oiseaux du ciel, J’invente rien). En 2006, il retrouve son ami et complice pour une nouvelle comédie écrite à quatre mains. C’est Un ticket pour l’espace qui, malgré un brillant casting et quelques EN COUVERTURE 3 Avec Mélanie Bernier, Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart, ses partenaires dans le film Mes stars et moi, de Laetitia Colombani, qui sort en salles aujourd’hui. dialogues savoureux, peine à trouver un public. ADOUBÉ PAR SES PAIRS COMME PAR LE PUBLIC Commençant à se faire un nom parmi les acteurs français que l’on remarque, Kad Merad continue à tourner à un rythme soutenu, et selon des choix invariablement dictés par les mêmes critères. Peu de superproductions dans sa filmographie, si ce n’est pour y faire une apparition en guest star. Il privilégie toujours les petits budgets et les plateaux familiaux. C’est ainsi qu’il hérite du rôle de père de famille dans l’adaptation que monte Philippe Lioret du roman d’Olivier Adam Je vais bien, ne t’en fais pas. Dans ce drame, l’acteur fait totalement oublier son passé de comique pour livrer une interprétation toute en nuances mais d’une puissance bouleversante, unanimement saluée par la critique. Une prestation qui est légitimement récompensée en 2007 par un césar du meilleur second rôle. Cette distinction vient couronner le talent d’un acteur qui a su dépasser le registre dans lequel il s’était illustré pour explorer des territoires inconnus, aux conséquences potentiellement dangereuses. Si besoin était, ce précieux sésame lui a définitivement ouvert toutes les portes du cinéma hexagonal. Pour autant, Kad Merad ne modifie pas sa manière de choisir les projets auxquels il s’associe. Il s’aventure ainsi dans Essaye-moi, première tentative derrière la caméra de l’ancien Robin des Bois, Pierre-François Martin-Laval. Il poursuit dans la même veine avec quatre petites comédies légères (Je crois que je l’aime, La tête de maman, Pur week-end, 3 amis). Le film suivant a tout pour se retrouver dans la continuité de la série. Il s’agit d’un projet que monte Dany Boon, et que le comédien rejoint au dernier moment, n’ayant pas été pressenti initialement. Ce sera Bienvenue chez les Ch’tis, avec le destin qu’on lui connaît. Actuellement, on retrouve Kad Merad dans deux longs métrages : Faubourg 36, pour lequel il a retrouvé le réalisateur Christophe Barratier (Les choristes), et Mes stars et moi (de Laetitia Colombani), qui sort aujourd’hui. En avril, on le découvrira dans la peau d’un guide à la manque, chargé d’accompagner un groupe de touristes dans la savane africaine. Il s’agira de Safari, deuxième réalisation de son comparse Olivier Baroux, après Ce soir je dors chez toi, l’an passé. Et prochainement, Valérie Lemercier et lui incarneront les parents du Petit Nicolas (de Laurent Tirard), dans l’adaptation cinéma de l’œuvre de Sempé. Il va donc falloir s’habituer à voir son nom en haut de l’affiche. Avec la légende qu’il est en train de se forger – porte-bonheur auprès des cinéastes, « cash machine » auprès des producteurs –, on n’est pas près de le perdre de vue…



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