Direct Soir n°432 28 oct 2008
Direct Soir n°432 28 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°432 de 28 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 2,0 Mo

  • Dans ce numéro : Rama Yade, la pédagogie des droits de l'Homme

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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2 EN COUVERTURE Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme, expose sa cause dans Les droits de l’homme expliqués aux enfants de 7 à 77 ans. Alors que la crise financière monopolise les médias depuis plus d’un mois, il n’est guère aisé pour la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme de défendre ses causes sur le devant de la scène. Dans ce contexte, la sortie de son livre Les droits de l’homme expliqués aux enfants de 7 à 77 ans (Seuil), tombe à pic. « Ce livre a trois objectifs, explique Rama Yade. Quand on est responsable politique, il faut faire œuvre de pédagogie autour de ses actes. Il faut ensuite montrer comment je la mets concrètement en action, malgré les contraintes diverses et variées. Enfin, il est très important pour moi que les Français se mobilisent pour les valeurs humanistes, surtout en ces temps de crise. Celle-ci a été causée par une oligarchie financière qui, en lieu et place de notre belle devise républicaine, a choisi le libéralisme sans le sens des responsabilités qui devrait aller avec. » S’il est un sujet sur lequel le compromis entre la promotion des droits de l’homme et la prise en compte des contraintes économiques a été difficile à dessiner, c’est bien la question chinoise et la participation du président de la République à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques : « La question n’est pas d’être d’un voyage ou de ne pas en être. Le fait que je n’aie pas fait partie du voyage présidentiel en Chine n’a pas empêché le Président d’y aborder la question des droits de l’homme. Ce que je vois aussi, c’est que je m’étais engagée dès le mois de mars à rencontrer le dalaï-lama lors de sa visite en France et que je l’ai fait, même si j’ai dû me battre pour ça. » Le gouvernement chinois avait promis une amélioration des conditions de vie des Tibétains. On attend toujours. Rama Yade le concède Directsoir N°432/Mardi 28 octobre 2008 RAMA YADE « LES DROITS DE L’HOMME SONT UN HÉRITAGE » La défense des droits de l’homme est un combat perpétuel. C’est celui de Rama Yade depuis dix-huit mois. Elle révèle les coulisses de cette mission délicate dans un livre très personnel paru jeudi dernier. Pour « Directsoir », la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme explique sa vision et détaille ses projets. volontiers : « Je regrette profondément qu’il n’y ait pas eu de changement significatif en ce qui concerne le dialogue entre les deux camps.J’espère que la prochaine session de discussions de la fin octobre donnera des résultats. » Elle s’engage également à faire le maximum pour obtenir la libération des prisonniers politiques, au premier rang desquels elle place le Chinois Hu Jia. « Je l’ai toujours défendu et j’ai toujours demandé sa libération. Qu’il reçoive le prix Nobel aurait été un symbole extraordinaire, mais il a reçu l’emblématique prix Sakharov (jeudi dernier,ndlr) », confie-t-elle sans oublier de
www.directsoir.net Rama Yade en visite dans un camp de réfugiés somaliens à Dadaab, au nord du Kenya, le 16 octobre dernier. préciser que les gouvernements français et chinois « dialoguent sur la question des droits de l’homme depuis 1995 ». Et la ministre de reprendre : « Les droits de l’homme sont une problématique très compliquée. Ce n’est ni une chevauchée fantastique solidaire, ni une marche triomphale, ni une cause perdue d’avance, c’est un combat. » Arche de Zoé « Cette affaire, par sa tension, son émotion et sa complexité diplomatique, a été mon premier test. Il fallait sauver les enfants, envoyer nos diplomates sur place pour apporter l’aide consulaire à nos ressortissants tout en évitant que l’image de la France et des ONG ne soit atteinte. Au final, je trouve qu’on s’en est bien sortis », confie Rama Yade, qui avait pris ses fonctions trois mois seulement avant que n’éclate l’affaire. UN COMBAT MONDIAL Rama Yade mène le sien, en France certes, mais surtout dans le monde : « On peut penser que ma mission était de sauver le monde, mais je n’ai pas l’immodestie de le croire, alors j’essaie d’y contribuer un petit peu. En France, les différents ministres travaillent à leur manière à la défense des droits de l’homme. Christine Boutin lutte contre le « mal-logement » ou Rachida Dati contre la surpopulation carcérale. » A son échelle, elle essaie donc « de soulager les souffrances, pas d’arrêter les guerres ». En dix-huit mois, elle a visité une cinquantaine de pays, rencontré 77 chefs d’Etat ou de gouvernement et 110 ONG. L’occasion de faire des sorties très remarquées, comme lors de la venue de Mouammar Kadhafi ou lors du déplacement de Nicolas Sarkozy en Tunisie. « Affirmer des principes est un geste fort, attendu, nécessaire, car les droits de l’homme sont un héritage que je n’ai pas le droit de brader. Pour autant, je ne m’arrête pas à la question des principes et j’essaie de mettre des choses en pratique. » Parmi ses préoccupations figure ainsi le droit des femmes (elle cite également le droit des enfants, la justice internationale et la liberté d’expression), qu’elle tente de faire reconnaître à l’échelle européenne. Rama Yade souhaite ainsi faire adopter par l’Union européenne d’ici à la fin de l’année un texte directeur sur les violences faites aux femmes, afin de mobiliser des fonds. EN COUVERTURE 3 UNE MINISTRE POPULAIRE D’après un sondage paru il y a deux semaines dans Paris Match, Rama Yade recueille une large adhésion des Français. 56% des personnes interrogées par l’Ifop ont en effet une bonne opinion d’elle, ce qui la classe en dixième position des personnalités tous bords confondus, et la quatrième des membres du gouvernement. « Cela me touche beaucoup et confirme que les Français ne sont pas du tout réfractaires à la diversité du genre, des âges ou des origines », confie la jeune ministre. Sa popularité explique sans doute que son nom revienne régulièrement lorsque l’on évoque un remaniement ministériel. « Ce n’est certainement pas à 31 ans que je vais penser que des choses me reviennent de droit. Je ne demande rien », assure-telle quand on lui parle de son éventuelle nomination à la tête du ministère de la Culture. En revanche, elle ne ferme pas totalement la porte à une candidature aux élections européennes. « On verra en temps voulu, mais je suis déjà allée au combat électoral local et je suis prête à y retourner pour y servir les Français. La légitimité suprême vient de là. » VU PAR T. SAMSON/GAMMA/EYEDEA ■Dans ce gouvernement, Rama Yade ne représente pas seulement un « alibi ». Elle a une influence vraiment positive que le ministre des Affaires étrangères ne pourrait pas avoir tout seul, car il a d’autres urgences. Ce secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme permet d’avoir une personne qui s’occupe presque uniquement de cette question. Ce n’est bien sûr pas suffisant, mais elle nous aide beaucoup sur des cas concrets. Nous la rencontrons régulièrement – la semaine dernière encore –, et dès qu’elle en a la possibilité, la secrétaire d’Etat rappelle son engagement pour les journalistes et la liberté d’expression. « Les droits de l’homme expliqués aux enfants de 7 à 77ans » (Editions du Seuil) Dans ce livre, Rama Yade dévoile ses idées et son métier au cours d’un entretien avec un enfant d’une dizaine d’années. Une conversation pendant laquelle la ministre dresse un bilan de ses dix-huit premiers mois passés au gouvernement. Libye, Chine, Arche de Zoé, aucun des dossiers qu’elle a eu à traiter n’échappe à son analyse. Elle révèle même les coulisses des prises de décisions diplomatiques. Avec pédagogie et non sans humour, Rama Yade donne sa propre vision des droits de l’homme. JEAN-FRANÇOIS JULLIARD, secrétaire général de Reporters sans frontières « Une action importante dans les pays difficiles d’accès » DR Elle nous a permis, par exemple, de faire venir en France des journalistes qui étaient persécutés dans leur pays. Son action est particulièrement importante dans les pays qui sont difficiles d’accès comme la Somalie, l’Erythrée ou l’Afghanistan. Malheureusement, sa voix ne porte pas assez. Dans un certain nombre de dossiers, elle a essayé de dire ou de faire des choses, mais au final, la voix du président de la République a porté davantage. Je pense à la venue en France de Kadhafi ou au déplacement de Nicolas Sarkozy en Tunisie. Sur place, elle a souhaité rencontrer des gens, mais elle n’a pas pu le faire.



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