Direct Soir n°426 20 oct 2008
Direct Soir n°426 20 oct 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°426 de 20 oct 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,7 Mo

  • Dans ce numéro : Disparition de Soeur Emmanuelle, un siècle d'amour

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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4 ENQUÊTE DOMINIQUE BUSSEREAU « LUTTER CONTRE L’INSÉCURITÉ ROUTIÈRE CHEZ LES JEUNES EST UNE PRIORITÉ » Le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, travaille actuellement sur une réforme du permis de conduire. Quel bilan tirez-vous de cette Semaine de la sécurité routière 2008 ? La Semaine de la sécurité routière est un appel à la mobilisation au niveau national de tous les acteurs qui œuvrent toute l’année pour faire reculer la violence routière en France : pouvoirs publics, collectivités territoriales, associations, forces de l’ordre, entreprises, parents d’élèves. Pour cette 9 e édition, plus de 2500 manifestations ont été organisées, mobilisant plusieurs milliers de personnes. Les jeunes de moins de 25ans représentent près de 1400 morts par an. Lutter contre l’insécurité routière chez les jeunes est une priorité et c’est pourquoi cette semaine leur était dédiée. Après l’obligation du gilet jaune et du triangle, d’autres mesures sont-elles envisagées ? Pour réduire l’insécurité routière, il est indispensable de lutter contre les comportements à risque qui sont à l’origine de très nombreux accidents. La vitesse, l’alcool au volant, le non-port de la ceinture de sécurité, le non-respect des règles de priorité sont les principaux facteurs. Des mesures récentes vont renforcer notre lutte contre la conduite sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. C’est le cas du déploiement des tests salivaires depuis cet été, qui permettent un dépistage simple et efficace de la drogue au volant. En matière de lutte contre l’alcool au volant, des mesures ont été décidées, notamment l’éthylotest antidémarrage dans le véhicule de conducteurs s’étant rendus coupables de délit de conduite sous l’emprise de l’alcool, la confiscation obligatoire du véhicule en cas de récidive… L’alcool est l’une des principales causes des morts sur la route. L’abaissement du taux d’alcool au volant est-il de nouveau à l’ordre du jour ? L’alcool est devenu, en 2006, le premier facteur d’accident sur les routes. La lutte contre l’alcool au volant est une priorité de la politique de sécurité routière. L’objectif est de faire respecter la loi actuelle et non de la faire évoluer constamment. Cependant, nous prenons des mesures complémentaires, comme l’éthylotest antidémarrage. Avec l’augmentation des suppressions de permis, n’avez-vous pas peur que cela entraîne une multiplication de la conduite sans permis ? La conduite sans permis est beaucoup moins fréquente que ce que l’on pense : elle représente moins de 1% des conducteurs (0,8% exactement). Depuis 2002, les contrôles menés par les forces de l’ordre ont été renforcés pour lutter contre ces situations. Il faut savoir aussi que les pertes de permis à cause d’un solde de point nul sont avant tout dues à des infractions graves. Le coût du permis de conduire peut également être un obstacle, notamment pour les jeunes. C’est pourquoi je travaille à une réforme du permis de conduire, qui doit être moins cher et avec des délais moins longs pour passer l’examen. Comment, sur un territoire qui compte aujourd’hui vingt-sept Etats membres et des réglementations différentes selon les pays, peut-on envisager de réduire de moitié le nombre de tués sur les routes ? L’objectif que s’est fixé l’Union européenne pour 2010 est très ambitieux, mais il faut se donner des objectifs ambitieux pour la sécurité routière. Les très bons résultats obtenus dans un certain nombre d’Etats membres, dont la France, contribuent à améliorer la sécurité routière dans l’Union européenne. Mais il faut aller plus loin et c’est pour cela que j’ai souhaité, sous la présidence française, conduire des discussions actives concernant le projet de directive sur les sanctions transfrontalières. Cette directive permettra de sanctionner les infractions, quel que soit le pays de l’Union dans lequel elles ont été commises. Aujourd’hui, quelles sont les difficultés rencontrées par l’UE pour harmoniser les règles de conduite de chaque pays ? Directsoir N°426/Lundi 20 octobre 2008 Alors que s’achève la 9 e Semaine de la sécurité routière, et à quelques semaines de la présentation d’une réforme sur le permis de conduire, Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat chargé des Transports, fait le point sur la politique engagée par le gouvernement dans ce domaine. C’est un sujet très sensible. Les Etats et aussi les citoyens considèrent souvent que cela relève de leur « souveraineté » car il touche en fait à des habitudes culturelles parfois profondément ancrées. Dans ces conditions, on voit qu’il est difficile d’imposer des limitations de vitesse sur les autoroutes allemandes, par exemple. La sécurité routière est-elle la grande priorité de votre mandat ? Le président de la République a fixé en début de mandat un objectif très ambitieux de réduction des victimes des accidents de la route : il faut passer sous le seuil des 3000 tués. Avec Jean-Louis Borloo, nous nous impliquons personnellement dans ce chantier. Une importante liste de mesures a été définie pour lutter en faveur de la sécurité routière. Rappelons les orientations prioritaires : la lutte contre la conduite sous l’emprise de l’alcool, l’amélioration de la sécurité des usagers les plus vulnérables, le combat contre les infractions au code de la route, en poursuivant notamment le déploiement des radars automatiques, l’amélioration de la formation des conducteurs. Par ailleurs, je prépare actuellement une réforme du permis de conduire. A ma demande, des groupes de travail ont été constitués et ils m’ont remis la synthèse de leur concertation. Je présenterai dans les semaines à venir ce projet de réforme.
www.directsoir.net SÉCURITÉ ROUTIÈRE UN ENJEU NATIONAL Le gouvernement a fait de ce sujet une priorité nationale et multiplie les actions dans sa lutte contre l’insécurité routière. Une politique jugée parfois trop sévère, mais dont les résultats confirment l’efficacité. Le gouvernement poursuit sa lutte contre l’insécurité routière : multiplication des radars automatiques, augmentation des contrôles et des sanctions, communication renforcée. En 2007, pour la sixième année consécutive, le nombre de morts sur les routes de France a encore diminué, avec 4 620 tués, et pourrait encore baisser en 2008. Des résultats qui tranchent avec ceux enregistrés en 1972, année noire de la sécurité routière – 16 545 tués sur les routes françaises. Face à ce constat dramatique, les pouvoirs publics avaient commencé à agir. Si les premières grandes mesures sont adoptées à partir des années 1970, la sécurité routière n’est devenue une priorité nationale que depuis quelques années. Le 14 juillet 2002, le président de la République Jacques Chirac avait annoncé sa décision de faire de la lutte contre l’insécurité routière l’un des « trois grands chantiers » de son quinquennat. En 2007, Nicolas Sarkozy s’était fixé quant à lui l’objectif de « moins de 3 000 personnes tuées en 2012 ». Pour le président de l’Association française de prévention des comportements au volant (AFPC), Marc Ledig, cet objectif est tout à fait réalisable. « Depuis que le dossier a été réellement pris en main par le gouvernement, les chiffres n’ont pas cessé de baisser. Ceux du mois passé sont d’ailleurs révélateurs de la poursuite de cette diminution. Avec plus de 25% de mortalité en moins au mois de septembre 2008 par rapport à celui de 2007, le bilan total de l’année 2008 devrait encore baisser. » LES MESURES S’ENCHAÎNENT Tous les moyens possibles sont déployés pour lutter contre l’insécurité routière. Ces dernières années, une véritable bataille contre la vitesse a été menée par le gouvernement. Partout en France, l’équipement de radars doit se poursuivre, au rythme de cinq cents nouveaux appareils par an pendant cinq ans. Une politique jugée fondamentale par Pierre Gustin, délégué général de l’Association prévention routière. « Depuis 2003, le système des radars a fait baisser de 8% la vitesse sur l’ensemble du réseau. Statistiquement, si vous baissez d’un pour cent la vitesse moyenne, vous entraînez une baisse de 4% du nombre de tués sur les routes. » Pour Marc Ledig, les méthodes mises en place ne sont cependant pas suffisantes ou pas adéquates. « On se rend bien compte que lorsque les personnes dépassent le radar, elles accélèrent à nouveau. L’effet dissuasif dure quelques kilomètres, LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE EN CHIFFRES• 13000 vies sauvées depuis 2002.• 13 personnes tuées chaque jour en France sur les routes.• 287 personnes blessées chaque jour dans un accident de la route.• 1858 c’est le nombre actuel de radars en service sur les routes de France. EN SEPTEMBRE 2008• 25,2% c’est la baisse enregistrée du nombre de personnes tuées sur les routes, par rapport à septembre 2007.• 108 vies épargnées.• 7226 personnes blessées contre 9124 en septembre 2007.• 6440 accidents corporels contre 7309 en septembre 2007. BILAN GLOBAL 2007-2008• 83850 accidents corporels.• 103201 blessés.• 1031 décès imputés à l’alcool.• Plus de 9 millions de points ont été retirés, soit une augmentation de 19,3% par rapport à l’année 2006.• 88698 permis ont été invalidés.• 8 millions d’infractions relevées par les contrôles traditionnels et les contrôles automatiques. Gilet et triangle de présignalisation désormais obligatoires dans tous les véhicules : une des mesures du gouvernement pour lutter contre les comportements accidentogènes. mais le conducteur reprend ensuite ses mauvaises habitudes. La mise en place des radars embarqués pourra sans doute changer progressivement ce comportement. » Face à la consommation de cannabis, les tests salivaires arrivent peu à peu dans les départements français. Concernant l’alcool, cause principale du nombre de tués sur les routes et notamment chez les jeunes, plusieurs mesures sont prévues à partir de 2009 : installation d’éthylotests antidémarrage dans les cars scolaires et obligation d’installer des éthylotests électroniques dans les bars et discothèques ouverts après 2h du matin. ENQUÊTE 5 « MOINS DE 3000 PERSONNES TUÉES EN 2012 EST UN OBJECTIF RÉALISTE » RELÂCHE AU VOLANT Si les pouvoirs publics semblent maintenir le cap de la rigueur, ce n’est pas le cas des automobilistes français. Conscients des dangers, ils n’agissent pas toujours en conséquence, comme le souligne la dernière enquête réalisée, en avril 2008, par l’institut TNS Sofres pour le compte d’AXA Prévention. En 2007, la plupart des comportements dangereux ont progressé. Alors, si 86% des personnes interrogées considèrent qu’il est dangereux de téléphoner au volant – contre 90% en 2004, 30% reconnaissent le faire, alors qu’elles n’étaient que 18% il y a quatre ans. Idem pour l’alcool au volant. 78% des personnes interrogées affirment qu’il est dangereux de conduire après avoir bu de l’alcool, et pourtant 25% des personnes n’hésitent pas à le faire. La connaissance du code de la route est également approximative : un conducteur sur deux ne connaît pas la vitesse maximum autorisée sur route nationale en temps pluie (80 km/h) et près de deux Français sur trois ne savent pas quelle distance de sécurité ils doivent maintenir avec la voiture qui les précède à 130 km/h. Ce comportement se traduit d’ailleurs par une augmentation de 1,3% du nombre d’accidents, ainsi qu’une hausse de 2,4% des blessés. Au regard de ces résultats, il reste beaucoup à faire. Pour y remédier, l’AFPC prône la courtoisie au volant. « Elle doit être complémentaire au discours de la sécurité routière. Je suis persuadé qu’une personne courtoise a un comportement moins accidentogène. Et c’est d’ailleurs le problème de l’apprentissage de la conduite. On apprend à conduire aux personnes mais on ne leur apprend pas à bien se conduire », explique Marc Ledig. Du côté de l’association Prévention routière, il s’agit de continuer à travailler sur la prise de conscience des risques liés à la conduite. « Les Français, surtout les jeunes, ont davantage peur du contrôle de police que de l’accident. Il y a un vrai travail pédagogique à faire là-dessus. C’est pourquoi nous réclamons depuis longtemps déjà la mise en place d’une heure par mois d’éducation routière, de la maternelle à la terminale, qui n’est pas destinée à apprendre à conduire, mais notamment à connaître les risques liés à la conduite », conclut Pierre Gustin.



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