Direct Soir n°400 12 sep 2008
Direct Soir n°400 12 sep 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°400 de 12 sep 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,6 Mo

  • Dans ce numéro : Mylène Farmer, succès de son dernier album

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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8 L’INDUSTRIE CULTURELLE Rentrée littéraire Les chiffres des lettres Depuis maintenant deux semaines, le marathon de la rentrée littéraire a commencé. Dans les startingblocks, éditeurs, libraires et critiques littéraires sont prêts pour trois mois d’une forte intensité. « C’est une rentrée que je trouve équilibrée », confie Héloïse d’Ormesson, fondatrice de la maison d’édition éponyme. Pour elle, la rentrée littéraire de septembre est un moment d’excitation, car tous les regards seront tournés vers les grands crus, « il faut pour les petites maisons d’édition se distinguer des grosses machines ». Même son de cloche du côté du Seuil – un géant de l’édition – pour qui « ce moment est vécu très heureusement ». DANS L’ARÈNE Certes, cette rentrée est marquée par la baisse du nombre de livres proposés, mais 676 nouveaux romans sur les étals des librairies, c’est tout de même 500 de plus qu’au début des années 1980 ! De manière générale, toutes les maisons d’édition ont compris que « trop de livres tuent le livre ». Gallimard publie seize livres contre dixneuf en 2007, Albin Michel dix contre quatorze. En revanche, Grasset par exemple, propose quatorze titres contre neuf l’année dernière. Alors comment tirer son épingle du jeu dans le vaste monde de l’édition ? Les grandes maisons d’édition s’assurent une rentrée littéraire sous les projecteurs grâce aux auteurs les plus en Directsoir N°400/Vendredi 12 septembre 2008 Avec 676 romans à paraître, la rentrée littéraire 2008 accuse une baisse du nombre de ses publications de 7% par rapport à l’année dernière. Malgré cela, les quatre-vingt-dix-huit éditeurs français qui se disputent le marché se livrent une bataille sans merci. L’objectif : placer son poulain en tête des ventes et décrocher un prix à l’automne. Interview d’une libraire 676 C’est le nombre de livres à paraître cette rentrée. ULF ANDERSEN/GAMMA Les grandes maisons d’édition s’assurent une rentrée littéraire sous les projecteurs grâce aux auteurs célèbres. vogue. Chez Albin Michel, on mise sur Le fait du prince d’Amélie Nothombet ses 200 000 exemplaires (le plus gros tirage de cette rentrée).Aux éditions du Seuil, c’est le dernier opus de Christine Angot, Le marché des amants, qui devrait se tailler la part du lion. « Nos livres soulèvent la critique et nous avons un tout petit peu d’avance par rapport à l’année dernière », confie Anne de Cazanove, secrétaire générale des éditions du Seuil. Entre les lignes, il faut comprendre que les retombées médiatiques d’un livre, même négatives, influencent de toute façon les ventes dans le bon sens. Cas d’école : Colette Kerber – Directrice de la librairie Les Cahiers de Colette, Paris 4 e Comment préparez-vous la rentrée ? Les livres nous sont présentés en amont. Nous avons beaucoup de rencontres avec les éditeurs. Nous recevons ensuite quelques épreuves. Enfin, nous faisons notre choix. Pour les auteurs connus ce n’est pas compliqué ; pour les premiers romans nous nous faisons conseiller. Christine Angot. Ereinté par la critique, son Marché des amants s’arrache en librairie. Chez Flammarion, le très attendu Jour de souffrance de Catherine Millet fait également beaucoup parler de lui, pas toujours de façon positive. Mais le « buzz » fonctionne et les ventes décollent. Pour les petites maisons d’édition, l’enjeu est similaire mais la manière différente. Il faut se démarquer des grands concurrents, soit en misant sur un auteur inconnu – même si seulement 91 premiers romans sont proposés cette année contre 107 en 2007 –, soit en étalant sa rentrée sur deux mois. C’est la solution choisie par les éditions Héloïse d’Ormesson. « Les places sont chères, nous Etes-vous libre de choisir les livres que vous mettez en vente ? Il y a des incontournables, mais nous choisissons certaines maisons d’édition plus que d’autres, en fonction du public de notre librairie. Je privilégie la qualité et mon équipe aussi, car notre public est un public exigeant. faisons notre rentrée en deux temps », précise la directrice. En effet, les trois premiers romans sont sortis à la fin du mois d’août, le prochain sortira à la mi-septembre. « Chacun tente sa propre programmation », constate l’éditrice. Depuis quelques années, la rentrée littéraire s’étale de la fin août à la mi-octobre. Un phénomène récent, qui montre que les éditeurs s’adaptent au marché et tentent de se démarquer des concurrents. EN ATTENDANT LES PRIX Mais cette course frénétique de la rentrée n’est en fait que le début. Car l’objectif pour les maisons d’édition est d’obtenir un prix Quand tirerez-vous le bilan de cette rentrée ? Dès maintenant nous pouvons tirer le bilan de cette rentrée au niveau des ventes. Nous savons quel livre se vend bien ou moins bien. Après les prix, les livres récompensés se vendront encore un peu mais ce n’est pas une règle, il faut être vigilant.
www.directsoir.net littéraire à l’automne, qui assurera au livre promu une deuxième jeunesse et une augmentation significative de ses ventes. Entre la fin du mois d’octobre et la mi-novembre, le Femina, le Renaudot, le Goncourt seront attribués. Pour beaucoup de spécialistes, les « chouchous de la rentrée » seront ceux des jurys. Pourtant, les prix apportent parfois leur lot de surprises et, certaines années, il n’est pas rare de voir un auteur plébiscité par la critique et les médias sortir en septembre « les mains vides » des compétitions d’automne. Ainsi, Amélie Nothomb, Catherine Millet et Christine Angot 488 1998 557 2000 Source : Livres Hebdo. 663 2002 « Pour les éditeurs, la rentrée est un grand moment, car il faut prendre soin du choix des livres. » Anne de Cazanove, secrétaire générale des éditions du Seuil 691 2004 pourraient bien se faire coiffer sur la ligne d’arrivée par Régis Jauffret (Lacrimosa, Gallimard), Jean-Paul Dubois (Les accommodements raisonnables, l’Olivier) et Vincent Ravalec (Héros, personnages et magiciens, Fayard). En tout état de cause, la rentrée littéraire de septembre est devenue un véritable phénomène en s’imposant comme le moment incontournable d’une année. La deuxième rentrée en janvier et le Salon du livre en mars n’égalent pas les retombées économiques de septembre. Le premier verdict est attendu le 3novembre, jour de la remise du Prix Femina. NOMBRE DE PARUTIONS DE ROMANS DE 1998 À 2008 683 2006 727 2007 LA SAGA DE L’ÉCONOMIE 9 676 2008 D. SCOTT/AGE FOTOSTOCK/HOA-QUI DENIS/REA EN SAVOIR PLUS BANDES DESSINÉES Elles font leur rentrée aussi ■ Avec 1500 titres à paraître jusqu’à la fin octobre, la bande dessinée fait aussi sa rentrée littéraire. Le nombre de titres représente près de la moitié de la production annuelle. Impossible évidement d’éviter la déferlante Titeuf, qui tous les deux ans est au rendez-vous de la rentrée. Le douzième album de Zep a été tiré pour l’occasion à quelque 1,8 million d’exemplaires. Accompagneront le préadolescent blondinet, pour cette rentrée, les albums de Lucky Luke, Largo Winch, Thorgal et autres Bidochon. Mais le nombre faramineux de titres proposés pourrait bien plonger le monde de la bulle dans une triste crise. Au total, sur les 800 maisons existantes, seules quelques-unes parviennent à tirer leur épingle du jeu. D’autant que la rentrée littéraire du neuvième art se concentre pour 45% des ventes sur les derniers mois de l’année. Selon Le Monde des livres, « le premier semestre a été médiocre. A la fin du mois de juin, le marché était en net recul de 8% ». L’investissement pour la publication PREMIER ROMAN Tenter de percer ■ Devenue une tradition, la rentrée littéraire tire son origine des salons du XIX e siècle. Les écrivains et amoureux des belles lettres se réunissaient à l’époque plusieurs fois par semaine pour échanger leurs points de vue sur la littérature. Dans la seconde moitié du XIX e du siècle, les frères Goncourt créent leur propre comité de réflexion. A la mort de Jules de Goncourt en 1870, son frère Edmond prépare un testament à l’attention d’Alphonse Daudet, afin de créer une société littéraire chargée de Titeuf fait sa rentrée avec enthousiasme. d’une bande dessinée est beaucoup plus important que pour un roman. Les couleurs, le carton de l’album et les dessins coûtent plus cher à l’éditeur qu’un simple roman. Les retours à l’éditeur en cas d’échec commercial sont donc plus importants. L’image de la bande dessinée a nettement changé depuis quelques décennies. En bibliothèque par exemple, la BD représente un livre emprunté sur cinq. L’avenir de la BD semble moins incertain que celui du livre. En 2007, vingt-deux millions d’albums ont été vendus pour un chiffre d’affaires de 238 millions d’euros (chiffres Ipsos). ■ La bataille pour voir son premier roman publié est rude. Cette année, 92 premiers romans essaieront de se démarquer des autres « classiques ». En 2007, ils ont été 107 à obtenir une publication. En moyenne, les grands éditeurs reçoivent près de 5000 textes par an. Au final, une dizaine de livres seront publiés. HISTOIRE L’origine de « la rentrée » décerner le fameux prix Goncourt à un « ouvrage d’imagination en prose paru dans l’année ». Le succès des livres récompensés pousse ensuite les éditeurs à publier leurs livres dans les mois qui précèdent la remise du prix. MARY EVANS Jules et Edmond de Goncourt.



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