Direct Soir n°395 5 sep 2008
Direct Soir n°395 5 sep 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°395 de 5 sep 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Laetitia Casta retrouve la scène

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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www.directsoir.net dans le rôle de Léa dans La bicyclette bleue (Thierry Binisti), nous fait mourir de rire dans Le grand appartement (Pascal Thomas) et nous émeut en début d’année dans La jeune fille et les loups (Gilles Legrand) avant d’acquérir une première récompense en mai dernier, un Swannd’or, pour Nés en 1968 (Olivier Ducastel). MI-PINSON MI-ABEILLE Car c’est cela la griffe Casta : une joie de vivre et un caractère travailleur, une soif d’apprendre. Si Florian Zeller nous parle d’une « amoureuse de la vie », les qualificatifs dans la presse viennent l’appuyer : la jeune femme est « radieuse » et « studieuse » pour Paris Match, L’Express évoque sa « soif de théâtre ». Elle semble à l’aise partout, belle au naturel avec un joli répondant. Reçue sur le plateau de The Late Show (émission diffusée sur CBS aux Etats-Unis) à 20 ans, elle avoue à David Letterman qu’elle n’était pas bonne à l’école parce qu’elle rêvait beaucoup, suivant la trajectoire d’un moustique quand il y en avait un dans une salle de classe. Fou rire général. Dix ans plus tard, le 10 février dernier, pour la sortie de La jeune fille et les loups, Laurent Delahousse bute sur le titre du film en le rappelant en fin d’interview : La jeune fille et le loup ; Laetitia lui lance : « C’est vous le loup ! » et le présentateur rougit… RETOUR À SES PREMIÈRES AMOURS En 2004, découvrir le nom de Laetitia Casta sur les colonnes Morris en tête d’affiche avait dérangé certains puristes. Il faut dire que le choix de Jean Giraudoux pour une première était audacieux, autant que le défi de succéder à Isabelle Adjani. « En fait, j’étais très naïve. Je ne m’en suis pas rendu compte, mais les autres se sont chargés de me faire comprendre que je m’attaquais à quelque chose d’énorme. Heureusement, j’ai saisi tout ça assez tard. Si on a peur, on ne fait jamais rien », déclare-t-elle dans L’Express de cette semaine. Mais le pari a été relevé haut la main. Sur scène dans C’EST SOUVENT « LE CÔTÉ SOMBRE DES GENS QUI M’ATTIRE » Laetitia Casta, « Paris Match », sept. 2008 Ondine, le public découvrait une sirène impressionnante de charisme et passionnée par le texte du grand dramaturge. Là encore, c’est elle qui était allée chercher Jacques Weber pour qu’il la dirige sur scène. Pour Florian Zeller, « Laetitia n’est pas là par hasard. » En effet, toute jeune, elle flirtait déjà avec la scène : « J’avais 12 ans et nous avions monté une pièce avec une troupe d’amateurs venus dans mon collège. Ca s’appelait Coup de théâtre et je jouais le rôle d’une directrice de musée qui perd la mémoire. J’ai tout de suite ressenti quelque chose de très fort. Ensuite, j’ai pris des cours pendant plusieurs années », a- telle confié à L’Express. Quatre ans après ses débuts sur les planches pour Ondine, Laetitia Casta est Anna, qui a été la maîtresse de Simon (Bruno Todeschini), et qui l’attend alors qu’il est parti dans les montagnes corses. La fuite de l’amant, c’est celle de l’amour qui s’étiole et qui s’en va, plongeant l’autre dans « les gouffres du sentiment amoureux ». Pour parler de sa pièce, Florian Zeller cite Camus évoquant la Méditerranée : « Elle a son tragique solaire qui n’est pas celui des brumes. » L’« ensoleillante » Laetitia lui a fait penser à ce tragique solaire. Il y a parfois des déjeuners gagnants. Elle t’attend, du 9 septembre au 31 décembre. Théâtre de la Madeleine, 19, rue de Surène, Paris 8 e, (01 42 65 07 09). EN COUVERTURE 7 Radieuse, serrant dans ses bras son Swannd’or, sa première récompense d’actrice. VU PAR F.SOULOY/GAMMA/EYEDEA PRESSE Florian Zeller Auteur et metteur en scène ■ « Je n’ai pas écrit cette pièce en pensant à Laetitia, mais tout a été affaire d’intuition. Laetitia m’a fait penser au « tragique solaire » de Camus. Elle est « ensoleillante » Laetitia et puis, elle a un potentiel tragique qui est très évident. Même si un comédien vient toujours travailler avec ses propres fantômes, Laetitia a, elle, un côté très créatif : c’est une chercheuse, elle n’est pas là par hasard. Elle est motivée par un désir de bien faire. Elle propose des choses aussi, mais ce n’est pas un cheval fou. Ce qui est plaisant, c’est la dimension affective qu’on est en train de nouer : plus on approche de la date de la première, plus c’est fort. On trouve entre nous tous un langage commun. Laetitia a aussi une capacité à être très entière. C’est une amoureuse de la vie. Elle doit certainement avoir des défauts mais on s’en sert comme un des matériaux de travail qu’on peut transcender. Par exemple, Laetitia a un côté très sombre utile au personnage. Mais le reste des défauts qu’elle peut avoir ne vient pas parasiter notre travail. »
8 EN COUVERTURE MICHEL BOUQUET UN TALENT AU SERVICE DES PLUS GRANDS AUTEURS C’est l’un des autres événements de la rentrée théâtrale. A près de 83 ans, le comédien remonte sur les planches pour une nouvelle adaptation du « Malade imaginaire. » Michel Bouquet retrouve un rôle qu’il n’avait plus incarné depuis vingt ans, et qui lui avait valu sa première nomination au molière du meilleur comédien. Michel Bouquet a depuis longtemps dépassé le statut de simple comédien. C’est une légende vivante. Pourtant, la consécration ne s’est traduite par des récompenses que tardivement.Ainsi, malgré une carrière entamée au théâtre en 1944, et des premiers pas au cinéma trois plus tard, il aura dû attendre 1998 avant que les commentaires et critiques élogieux ne soient enfin concrétisés par un prix : un molière du meilleur comédien pour la pièce de Bertrand Blier, Les côtelettes. Avant cela, seule une nomination pour la même distinction avait salué une carrière pourtant pléthorique. C’était en 1987, pour Le malade imaginaire. Aujourd’hui, c’est cette même pièce, la dernière écrite par Molière – dont la quatrième représentation lui fut fatale – que reprend Michel Bouquet au Théâtre de la Porte Saint- Martin ce soir. L’occasion pour les amoureux de théâtre de revoir, ou d’enfin découvrir cet immense comédien dans l’un des exercices où il excelle : faire vivre la langue de Jean-Baptiste Poquelin et, surtout, réussir à exprimer le sens de ses textes. Ainsi, le choix du rôle d’Argan, l’hypocondriaque le plus célèbre de notre culture, n’est pas anodin. « Il y a dans ce Malade, une euphorie que je n’avais pas vue la première fois, plus attiré par l’aspect métaphysique et poétique de l’œuvre. Cette dinguerie est l’astuce suprême pour aborder le thème de la dégradation du corps », a déclaré malicieusement Michel Bouquet, dans une interview récente. Pour cette nouvelle version de la pièce, il poursuit une association déjà couronnée de succès dans L’avare, qui avait fait un triomphe l’an dernier sur la même scène, et dans Le roi se meurt de Ionesco, au Théâtre Hébertot, qui lui avait valu son second molière en 2005. Il retrouve le metteur en scène Georges Werler, ainsi que des comédiens qui lui sont chers, comme sa compagne Juliette Carré ou encore Jacques Echantillon. VOCATION INUSABLE Si Michel Bouquet fait encore recette, c’est parce qu’il communique au public sa joie d’être sur les planches. Sans doute parce que son appétit pour le théâtre est intact, malgré un parcours de vétéran. Un parcours entamé en 1943 quand, alors que sa mère le croit à la messe, il se rend chez Maurice Escande, administrateur général de la Comédie-Française. Ce dernier lui propose d’intégrer le Conservatoire d’art dramatique de Paris, pour suivre ses cours. Le jeune Michel y fait ses classes avec Gérard Philipe. Par la suite, sa carrière l’amènera à côtoyer les plus grands dramaturges.Ainsi, après avoir débuté en 1944 dans une pièce au nom prédisposé, La première étape, il joue au côté de son camarade de promotion dans Caligula, mis en scène par Albert Camus. Michel Bouquet décroche son premier rôle principal dans l’adaptation de Jean Anouilh de Roméo et Juliette, que met en scène André Barsacq au Théâtre de l’Atelier. Ensuite, il participe sous la direction de Jean Vilar à la première édition du Festival d’Avignon, avant de suivre ce dernier dans l’aventure du Théâtre national populaire (Villeurbanne). Il fait également quelques incursions au cinéma. Là aussi, les noms des réalisateurs avec lesquels il travaille sont impressionnants : Henri-Georges Clouzot, Abel Gance, Robert Siodmak, Claude Chabrol, François Truffaut, Yves Boisset, Henri Verneuil ou encore Michel Audiard. Les distinctions se font une fois encore attendre, mais il se verra décerner le césar du meilleur acteur à deux reprises : en 2002, pour le film Comment j’ai tué mon père, d’Anne Fontaine, et en 2006 pour son interprétation de François Mitterrand dans Le promeneur du Champ de Mars, de Robert Guédiguian. Aujourd’hui, après 65 ans de carrière, Michel Bouquet a été à l’affiche de plus de Directsoir N°395/Vendredi 5 septembre 2008 Michel Bouquet endosse les habits d’Argan dans Le malade imaginaire pour la deuxième fois. INTERVIEW R. SENERAT/CIT’EN SCENE cinquante pièces et soixante films. Et la liste n’est pas close. Le malade imaginaire, à partir de ce soir. Théâtre de la Porte Saint-Martin, 18, boulevard Saint-Martin, Paris 10 e (01 42 08 00 32). Georges Werler « MICHEL VOULAIT SE DÉBARRASSER DE SA PREMIÈRE INTERPRÉTATION POUR RETROUVER UNE INNOCENCE » ■ Après L’avare, pourquoi avoir de souvenirs… Mais Michel choisi de remettre en scène ne voulait pas s’en inspirer, il voulait Molière avec Le malade imaginaire ? se débarrasser de sa première Georges Werler : A l’origine, on devait interprétation. Finalement, de l’avoir monter une autre pièce, Le cardinal déjà joué, ça l’a gêné. Il a donc d’Espagne d’Henry de Montherlant. beaucoup cherché pour retrouver Mais nous nous sommes rendu une innocence.compte que la pièce ne correspondait Michel Bouquet interprète Argan, pas au cadre du Théâtre de la Porte un homme riche, qui se croit Saint-Martin. Comme nous étions malade, et floué par son entourage. engagés, nous avons décidé Michel Bouquet joue-t-il un Argan de monter Le malade imaginaire, dupe ou conscient ? que Michel Bouquet avait On ne peut pas répondre à cette envie de rejouer. Il n’avait pas été question ! C’est justement le mystère au bout de ses recherches de la pièce. On ne sait pas jusqu’où autour du personnage. Argan est dupe. C’est un rôle plein L’aviez-vous vu à l’époque, de malice, car c’est à la fois en 1987 ? l’hommage de Molière à son roi, Oui, mais je n’en ai que très peu mais aussi une mise en garde subtile.



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