Direct Soir n°384 7 jui 2008
Direct Soir n°384 7 jui 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°384 de 7 jui 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 16

  • Taille du fichier PDF : 1,4 Mo

  • Dans ce numéro : Yasuo Fukuda, Premier ministre japonais, accueille le G8

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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2 EN COUVERTURE Le Premier ministre japonais Yasuo Fukuda, lors d’une conférence de presse qui a suivi une séance parlementaire agitée, le 23 juin dernier. YASUO FUKUDA LE JAPON ACCUEILLE LE SOMMET DU G8 Après Heiligendamm en Allemagne l’an dernier, c’est sur l’île japonaise d’Hokkaido que les dirigeants des huit pays les plus industrialisés ont rendez-vous. Depuis ce matin et jusqu’à mercredi, le G8 – Etats- Unis, Japon, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie, Canada et Russie – est reçu par le Premier ministre nippon, Yasuo Fukuda. Ce sommet, le dernier pour le président américain George W. Bush qui se retirera dans six mois, est le premier rendez-vous du G8 auquel prendra part Fukuda, moins de dix mois après sa prise de fonctions. Arrivé à la tête du gouvernement japonais le 25 septembre 2007, il a pris la succession de Shinzo Abe, démissionnaire treize jours plus tôt.A 71 ans – il est né le 16 juillet 1936 – Yasuo Fukuda est devenu le 58 e Premier ministre de l’histoire du Japon, trente ans après son père Takeo, chef du gouvernement de 1976 à 1978. Une première mission en pleine lumière pour Yasuo Fukuda qui a débuté sa vie politique sur le tard. Jusqu’à l’âge de 40 ans, ce diplômé de sciences économiques a travaillé pour le grand groupe pétrolier japonais Maruzen Petroleum. Même s’il est devenu secrétaire particulier de son père, Takeo Fukuda, lorsque celuici occupait la fonction de Premier ministre du Japon, Yasuo Fukuda est retourné une vingtaine d’années dans le privé, prenant la tête de l’Institut Kinzai, un groupe gérant des intérêts financiers. ASCENSION POLITIQUE Son entrée en politique intervient en 1990, à la retraite de son père.Yasuo Fukuda est Directsoir N°384/Lundi 7 juillet 2008 Considéré comme un homme de consensus lors de sa nomination en septembre dernier, le Premier ministre japonais est pourtant confronté aujourd’hui à une impopularité grandissante. C’est dans un contexte politique interne très tendu que Yasuo Fukuda accueille depuis aujourd’hui et jusqu’à mercredi les chefs d’Etat et de gouvernement du G8 pour un sommet centré sur l’environnement. élu à la Diète, le Parlement national, sous l’étiquette du PLD, le parti au pouvoir. L’actuel Premier ministre va alors se ranger derrière Junichiro Koizumi. Les deux hommes avaient travaillé ensemble au cabinet de Takeo Fukuda. En mai 2001, Koizumi devient chef de gouvernement. Yasuo Fukuda est nommé secrétaire général du cabinet. Bien plus qu’un simple porte-parole, il est en réalité l’éminence grise de Koizumi. Que ce soit sur le plan intérieur ou extérieur, il fait preuve de flair. Surnommé « ministre des
www.directsoir.net Affaires étrangères de l’ombre », il tente de réchauffer les relations historiquement tendues avec la Chine. Pendant que Koizumi déclenchait les foudres de Pékin en visitant un sanctuaire de criminels de guerre, lui recevait les victimes chinoises de la Seconde Guerre mondiale. Poussé vers la sortie suite à un scandale financier, il retourne dans l’ombre de la politique japonaise. A la fin du mandat de Koizumi en 2006, Yasuo Fukuda est pressenti pour lui succéder, mais loyal envers son parti, il laisse la place à Shinzo Abe, qui exercera la fonction pendant moins de deux ans. ENFIN PREMIER MINISTRE Fidèle à ses principes, il multiplie les visites dans toute l’Asie et s’impose comme l’homme providentiel lors de la démission d’Abe en septembre dernier. Devenu président du PLD le 23 septembre 2007, il est élu à la tête du gouvernement deux jours plus tard. Son élection sonne comme un retour à la politique traditionnelle. Gestion consensuelle autour de toutes les factions du parti, absent des « unes » dans la presse à sensation : Yasuo Fukuda est loin des deux chefs charismatiques qui l’ont précédé. Pour éviter de raviver les tensions au sein du PLD, il a reconduit de nombreux ministres de l’ancien cabinet et nommé le chef d’un puissant clan du parti au poste de numéro deux. A son arrivée au pouvoir, Fukuda a trouvé un pays fragilisé sur le plan économique : le déficit public est élevé et la croissance nippone est en net retrait, comparé à celle des pays voisins. PARALYSIE DES INSTITUTIONS A cette situation vient s’ajouter un enlisement politique. Plusieurs projets du gouvernement sont bloqués par l’opposition. Une mesure visant à limiter l’endettement Repères ENVIRONNEMENT ■ Yasuo Fukuda a fait de la lutte contre le réchauffement climatique la priorité des priorités du G8. Il a ainsi invité les plus gros pollueurs de la planète à une réunion à seize Etats, qui se tiendra le dernier jour du sommet. Même s’il a reconnu que trouver un accord post-Kyoto est la priorité pour l’année 2009, il s’est refusé à négocier des accords chiffrés de réduction des gaz à effet de serre lors de ce sommet. Fukuda a toutefois déclaré au début du mois dernier que le Japon réduirait de 60 à 80% les émissions de CO 2 d’ici à 2050. de l’Etat est ainsi rejetée par la chambre haute du Parlement, où la majorité détient la majorité des sièges. A plusieurs EN COUVERTURE 3 Rencontre entre Nicolas Sarkozy et Yasuo Fukuda lors du sommet de la FAO à Rome, le 3 juin 2008. F. ROBICHON/EPA YASUO FUKUDA S’EST FAIT UNE PRIORITÉ DES QUESTIONS CLIMATIQUES reprises, le gouvernement passe en force. Mais cette pratique est plus qu’impopulaire au Japon. Elle n’avait été utilisée qu’une seule fois depuis 1951. Yasuo Fukuda l’a déjà expérimentée après moins de cinq mois de mandat, pour une loi militaire qui permettait aux Japonais de ravitailler la coalition internationale en Afghanistan. Le 11 juin, le Premier ministre a dû faire face à une motion de censure votée au Sénat mais qui ne l’oblige pas à quitter le pouvoir. En quelques mois, sa cote de popularité a dégringolé à 20% d’opinions favorables, d’autant qu’il entame des réformes impopulaires. Devant le vieillissement des Japonais (les plus de 75 ans représentent 10% de la population), le pouvoir souhaite augmenter leurs cotisations sociales. Pourtant jugée indispensable, cette mesure est loin de faire l’unanimité. DIPLOMATIE EN RUPTURE Au plan de la politique étrangère, Fukuda rompt également avec les traditions de ses prédécesseurs. Dans son discours de politique générale du 18 janvier, il s’est par exemple engagé à renforcer le rôle de son pays dans les échanges internationaux. Il prône donc un rapprochement AIDE AU DÉVELOPPEMENT ■ Les réponses à apporter à la crise alimentaire sont le deuxième axe des discussions à Hokkaido. Dès le mois de mai, lors de la IV e conférence internationale de Tokyo pour le développement africain (Ticad IV), Yasuo Fukuda a promis le doublement d’ici cinq ans de l’aide offerte au continent noir. Selon lui, le G8 doit également tenter d’apporter des garanties sur trois points : la santé, l’eau et l’éducation des populations concernées. Y. TSUNO/AFP diplomatique avec la Chine et la Corée du Sud et même avec la Russie. Ainsi, il a reçu pour la première fois depuis 1998 le président chinois, Hu Jintao, en mai dernier.Toutefois, le Premier ministre japonais n’a pas hésité à dire que le problème tibétain relevait de Pékin, sans toutefois évoquer sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO. Vis-à-vis des Etats-Unis, Fukuda se démarque en étant plus mesuré que les anciens chefs de gouvernement quant au soutien à Washington. Il a notamment mis en évidence les dégâts causés par la guerre contre le terrorisme sur les populations civiles. Mais ces éléments ne devraient pas être évoqués lors de ce sommet du G8. Les discussions devraient essentiellement se centrer sur les questions climatiques, dont Fukuda a fait une priorité, et sur l’aide au développement au continent africain. ÉCONOMIE MONDIALE ■ Devant la crise financière et économique qui a touché de nombreux pays industrialisés, le G8 doit, selon Fukuda, envoyer un message fort pour enrayer la flambée des coûts des matières premières et tenter de stabiliser le marché financier. La protection de la propriété intellectuelle est également un point central qui sera abordé pendant ces deux jours.



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