Direct Soir n°343 6 mai 2008
Direct Soir n°343 6 mai 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°343 de 6 mai 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 897 Ko

  • Dans ce numéro : Ban Ki-Moon face au scandale de la faim

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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2 EN COUVERTURE Ban Ki-moon au Seno de Ultima Esperanza, dans le parc national de Torres del Paine au Chili, en novembre 2007. BAN KI-MOON LA VOIX DE L’ONU Les dossiers s’accumulent sur le bureau du Secrétaire général des Nations unies. Crise alimentaire, durcissement du conflit israélo-palestinien, combats en Afrique, imbroglio libanais, attentats à Bagdad ou à Bassora, recrudescence des talibans en Afghanistan… Les crises, qu’elles soient économiques ou politiques, n’épargnent que peu de régions du monde. Le 13 octobre 2006, lors de la nomination de Ban Ki-moon au poste de Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan avait salué en celui qui, quelques mois plus tard, allait devenir son successeur, « un homme remarquablement attentif aux sensibilités des pays et des peuples de tous les continents (…) un homme doué d’une vision réellement mondiale ». La compétence semble aller de soi pour celui qui s’apprêtait à devenir le responsable de « la seule organisation universelle au monde ». Kofi Annan a poursuivi en reprenant les propos que le Norvégien Trygve Lie, le premier Secrétaire général, avait tenus cinquante ans plus tôt, au moment de transmettre le flambeau au Suédois Dag Hammarskjöld : « Vous allez assumer la tâche la plus ingrate du monde. » Avant d’ajouter : « C’est aussi le meilleur métier au monde. » « DISSIPER LA DÉSILLUSION » Voici donc l’impétrant sud-coréen prévenu. La phrase de son prédécesseur Directsoir N°343/Mardi 6 mai 2008 Le secrétaire général des Nations unies, entré en fonction le premier janvier 2007, a été d’emblée confronté aux grands problèmes géopolitiques de ce temps : Irak, Corée, Iran, Darfour… Il ne se doutait pas que la crise alimentaire serait peut-être le principal défi de son mandat. ZUMA/VISUAL PRESS AGENCY résume l’incroyable difficulté de la fonction. La construction de la paix, la lutte contre la misère et, depuis peu, la protection de l’environnement doivent en permanence composer avec le pragmatisme – le cynisme parfois – des relations internationales, l’avarice des Etats et la nature humaine comme impitoyable réalité. Dans son discours, prononcé le même jour, Ban Ki-moon ne se prive pas d’y faire référence : « J’ai beaucoup voyagé
www.directsoir.net partout dans le monde. J’ai été rempli de joie à la vue des succès de l’ONU, qui ont amélioré un nombre incalculable de vies. Mais j’ai aussi été affligé par le spectacle de ses échecs. Dans bien trop d’endroits, j’ai vu le désarroi suscité par la réaction insuffisante ou trop tardive de l’ONU, voire par son inaction ». La charge est sévère. Et l’engagement ambitieux : « Je suis résolu à dissiper la désillusion. » FAIRE « PLUS ET MIEUX » « L’Asie est une région ou la modestie est une vertu », souligne le Sud-Coréen. A l’attention de l’organisation des Nations unies, il ajoute : « Nous devons faire preuve d’une plus grande modestie dans les paroles que nous prononçons, mais pas dans nos résultats. Le succès de l’ONU ne se mesurera pas à l’aune du nombre de promesses faites, mais plutôt des promesses tenues auprès de ceux qui ont le plus besoin de nous. » Encore une fois, la critique, à l’encontre d’une politique qui en resterait au stade des paroles, est à peine voilée. Le huitième Secrétaire général des Nations unies veut que l’organisation fasse « plus et mieux ». Encore enfant, il avait été désigné par sa classe pour lire un message à l’attention de Dag Hammarsk-jöld, à l’époque où celui-ci était à la tête de l’ONU. UN AVENIR MEILLEUR Lorsqu’il a été nommé à ce poste, Ban Kimoon s’est souvenu de ces années : « Le voyage a été long, dit-il, de ma jeunesse, dans une Corée déchirée par la guerre et en proie à la misère, à cette tribune et à ces responsabilités impressionnantes. J’ai pu faire ce voyage parce que l’ONU est restée au côté de mon peuple alors qu’il traversait ses jours les plus Repères AFP T. BELIZAIRE/AFP sombres. » Et de parler du présage d’un avenir meilleur que constituait, alors, selon lui, l’ONU. Dans son discours, il affiche aussi ses priorités : objectifs du millénaire pour le développement, maintien de la paix, lutte contre le terrorisme, contre la prolifération des armes nucléaires, combat contre le sida etprotection des droits de l’homme. Le champ d’action de l’ONU s’est élargi ces dernières années. Et Ban Ki-moon ne s’y trompe pas. « Au cours EN COUVERTURE 3 Distribution de vivres à Port-au-Prince (Haïti), le 17 avril : la crise alimentaire est un défi majeur. « NOUS DEVONS FAIRE PREUVE D’UNE PLUS GRANDE MODESTIE DANS LES PAROLES QUE NOUS PRONONÇONS, MAIS PAS DANS NOS RÉSULTATS. » du siècle passé, analyse-t-il, la mission centrale de l’ONU consistait à empêcher les pays de se faire la guerre. En ce siècle nouveau, son mandat consiste à renforcer le système interétatique afin de mieux servir une humanité en prise à des difficultés nouvelles ». Mais avait-il envisagé que l’une des premières alertes sérieuses auxquelles il serait confronté serait vieille comme le monde et que la presse la désignerait sous l’expression « émeutes de la faim » ? Savait-il qu’il faudrait encore une UN DIPLOMATE DE HAUT NIVEAU ■ Les récents développements de l’actualité dans la péninsule coréenne concernent Ban Ki-moon à double titre. Parce qu’il est Secrétaire général des Nations unies, cette région du monde, longtemps au cœur de la guerre froide et toujours soumise à de fortes tensions, constitue un dossier majeur. Mais ce n’est pas la seule raison, car Ban Ki-moon fut, avant d’intégrer l’ONU, l’un des artisans de la reprise du dialogue entre Pyongyang et la communauté internationale. Le 19 septembre 2005, la Chine, les Etats-Unis, la Russie, le Japon, la république populaire démocratique de Corée (Corée du Nord) et la république de Corée (Corée du Sud) paraphent une déclaration commune sur la résolution fois aller frapper à la porte des grands pays industrialisés pour que ceux-ci abondent le Programme alimentaire mondial auquel il manque, selon son directeur, près de 500 millions de dollars pour faire face à la crise actuelle ? Le Secrétaire général de l’ONU a su se montrer convaincant. Ainsi, l’engagement du Japon de financer le PAM à hauteur de 100 millions de dollars, annoncé le 25 avril dernier, ou encore le déblocage d’un milliard d’euros par la France pour financer l’agriculture africaine sur cinq ans témoignent d’une prise de conscience à laquelle Ban Ki-moon n’est sans doute pas étranger. de la question nucléaire en République populaire démocratique de Corée. Une carrière dans les affaires internationales A cette époque, Ban Ki-moon est ministre des Affaires étrangères de Corée du Sud. Il quittera ce poste fin 2006 pour prendre les rênes de l’ONU. Mais c’est bien dans ce ministère que Ban Ki-moon a réalisé la majeure partie de sa carrière. Né en juin 1944, il intègre le ministère des Affaires étrangères au début des années 1970 après avoir obtenu sa licence en relations internationales à l’université nationale de Séoul. Marié à une ancienne camarade de lycée, père de deux enfants, il devient ministre en janvier 2004.



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