Direct Soir n°341 30 avr 2008
Direct Soir n°341 30 avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°341 de 30 avr 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 872 Ko

  • Dans ce numéro : John Galliano, l'esprit de Dior

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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2 EN COUVERTURE En 2007, John Galliano était habillé en torero lors de son défilé pour les dix ans de la maison Dior. Il était entouré de Linda Evangelista, Naomi Campbell, Gisele Bündchen et Amber Valletta. Il y a plus d’un an, le château de Versailles revêtait ses plus beaux atours pour fêter les dix ans de John Galliano à la tête de la maison Dior. Clou de cette soirée hors du commun : un défilé extravagant inspiré des peintres de toutes les époques. Un foisonnement qui correspond bien à l’esprit et à l’inspiration de Galliano, même si depuis son arrivée dans la maison en 1997, on peut distinguer deux phases majeures dont 2000 fut l’année charnière. Lorsqu’il sort de chez Givenchy pour intégrer la célèbre maison, ses premières collections s’inspirent de celles que faisait en son temps, et sans les mêmes moyens, le fondateur de la griffe, Christian Dior. On retrouve alors dans ses tenues l’esprit Dior revisité, mais fidèle à son inspiration. Ainsi, les tailles de guêpe, les fleurs, les larges jupes qui ont fait la gloire de Dior dans les années 1950 se mêlent aux couleurs excentriques « made in Galliano ». Bernard Arnault, président du groupe LVMH (Moët Hennessy - Louis Vuitton) à qui appartient la maison Dior, dira après ce somptueux défilé : « John a des talents de créateur qui sont proches de ceux de monsieur Dior et c’est pour cela que je l’ai choisi, il y a dix ans. » LES ANNÉES 2000 On a longtemps reproché à John Galliano d’avoir trahi l’esprit Christian Dior au tournant du millénaire. Le ressort du scandale : sa collection « Clochards » couture. Inspirée des sans-abri que John Galliano a l’habitude de croiser sur les quais de Seine, la collection défraie la chronique. Les modèles présentés sont non seulement en rupture totale avec la griffe Christian Dior, mais ils marquent aussi l’avènement des shows si chers à Galliano. A chaque fin de défilé, le créateur aime se mettre en scène. En Zorro tout de cuir vêtu pour la collection printemps-été 2006 ou en torero pour ses dix ans chez Directsoir N°341/Mercredi 30 avril 2008 JOHN GALLIANO LES DOIGTS D’OR DE DIOR A la tête de la maison Dior depuis onze ans, John Galliano a su, en moins d’une décennie, redonner un coup de jeune à l’une des marques de haute couture les plus célèbres du monde. Sur les traces du grand Christian Dior, il tente à chaque nouvelle collection de marquer les esprits en proposant des tenues toujours plus audacieuses les unes que les autres. JE SUIS FASCINÉ « PAR LE TRAVAIL DE MADELEINE VIONNET ET D’AZZEDINE ALAÏA » Dior, John Galliano aime se déguiser et se maquiller. Du côté des couturiers, il surprend car aucun de ses pairs n’avait fait preuve d’autant d’extravagance auparavant. Les autres grands maîtres de la mode préfèrent parader sobrement en fin de défilé avec un modèle à leur côté. Lui, savoure ce moment en dansant et en jouant avec son assistance qui devient public pour l’occasion. Mais avant de pouvoir se permettre ces fantaisies et d’être un créateur médiatisé qui a fait quadrupler le chiffre d’affaires de
www.directsoir.net l’entreprise en dix ans, John Galliano a commencé bien plus modestement. DE GIBRALTAR À LONDRES Son style qui évoque parfois le « dandy londonien », John Galliano le tient probablement de son père, un Anglais dont la rigueur et le sens du devoir l’ont guidé dans son enfance. De sa mère, une Espagnole, il tient l’excentricité et le goût de la mode. En 1967, lorsque Juan Carlos Galliano a sept ans, la famille quitte Gibraltar pour Londres.A l’instar de Paris, New York ou Milan, Londres est l’une des capitales privilégiées où émergent les talents de demain qui feront le « dress code » pour les saisons à venir. C’est dans cet univers que John Galliano évolue.Elève de la prestigieuse Saint Martin’s School of Art, il finance ses études en repassant des costumes de théâtre. De cette expérience, Galliano fera le thème de sa collection de fin d’études. Intitulée « Les Incroyables » (inspirée de la période du Directoire), elle le propulse sur le devant de la scène anglaise. Il est d’ailleurs l’un des seuls élèves de sa promotion dont les modèles seront distribués par la célèbre maison Brown’s qui, à l’époque, est un must en matière de mode dans la capitale britannique. « C’était si fort, si romantique et si théâtral », se souvient Joan Burstein, propriétaire des magasins Brown’s. Mais John Galliano va être confronté à l’un des problèmes familiers des esprits Trois questions à… VIRGINIE MOUZAT, CHEF DE RUBRIQUE MODE « FIGARO MADAME » créatifs : des idées plein la tête mais pas de moyens pour les concrétiser.Beaucoup d’industriels fascinés par Galliano lui donnent sa chance mais les dessins et la réalisation de ses modèles intimident. En 1995, un homme va réellement lui donner le moyen de ses ambitions : Bernard Arnault, le président du groupe LVMH. GALLIANO CHEZ DIOR C’est d’abord chez Givenchy que John Galliano prend ses repères dans le monde de la mode française professionnelle.Mais en 1997, quand Bernard Arnault lui confie les rênes de Dior, le phénomène Galliano explose. L’objectif des deux hommes est simple:faire remonter la pente à la marque qui connaît quelques difficultés financières. En 1999, il lance le logo Dior. Désormais, le célèbre « CD » est partout, en bijou, sur les sacs à main… John Galliano contrôle tout.Au n°30 de l’avenue Montaigne, à Paris, Galliano a les cartes en main. Il fait de la femme Dior un être sexy et glamour, élancée sur ses talons hauts, bien éloignée de la femme classique de monsieur Dior. La femme griffée Galliano est « hardcore glamour », comme l’affirme le créateur. Devenu incontournable dans le milieu fermé de la haute couture, John Galliano habille désormais les femmes les plus en vue de la planète. La dernière en date : Carla Bruni-Sarkozy lors de son voyage en Angleterre, où son élégance fut unanimement saluée. COADIC GUIREC/ANGELI F. BUKAJLO/JDD/GAMMA Comment peut-on qualifier la trajectoire de John Galliano depuis son arrivée chez Dior ? Je crois que dès ses débuts dans la maison, il a suivi les codes de Christian Dior. « Le tailleur barre », la silhouette corsetée du « new look » si cher à Christian Dior dans les années 1950 sont restés chez John Galliano. Dans l’ensemble, il garde les grands principes de la maison. Récemment, il s’est tourné vers un travail plus « vintage ». Il fait également référence aux années 1950 et 1960 qui ont fait la gloire de Christian Dior à son époque. En revanche, sa collection « Clochards » montre qu’à ce moment-là il a fait plus du Galliano et un peu moins de Dior. EN COUVERTURE 3 John Galliano lors du défilé automne-hiver à Paris, le 18 janvier dernier. John Galliano est-il un homme de scène ? Ses défilés sont « un show dans le show ». Ses fins de spectacles sont toujours mises en scène de manière originale. Dans son univers, je crois qu’il est le seul à faire cela, en tout cas de cette manière ! On sait que John Galliano contrôle tout chez Dior. La « patte » Galliano est-elle vraiment partout ? Quel que soit le couturier ou la maison, les créateurs sont toujours entourés d’une équipe très solide. John Galliano a un regard générique sur tout. Il est à la fois le créateur et le directeur artistique, notamment pour les publicités. Il est vraiment partout et surtout bien entouré.



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