Direct Soir n°332 10 avr 2008
Direct Soir n°332 10 avr 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°332 de 10 avr 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (138 x 181) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : Mary McAleese d'une Irlande à l'autre

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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4 EN COUVERTURE Le 29 mars dernier, la présidente de la République d’Irlande, Mary McAleese, était nommée docteur honoris causa de la Dublin City University. Elle n’est pas celle qui a construit la paix entre catholiques et protestants. Contrairement à Bertie Ahern, son Premier ministre, elle n’est pas considérée comme l’un des protagonistes des accords du vendredi saint, qui mettaient fin il y a dix ans à la guerre civile dans la province voisine d’Irlande du Nord. Elle ne devait d’ailleurs pas assister aux cérémonies de commémoration, prévues aujourd’hui à Belfast (lire p.6). Pourtant, Mary McAleese est directement concernée par le sujet. Non seulement elle est originaire d’Irlande du Nord, mais aussi, à sa façon, elle a contribué à assurer le suivi de cet accord historique. ENCLAVE CATHOLIQUE Aînée d’une fratrie de neuf enfants, Mary McAleese naît en 1951 à Belfast. Elle grandira dans une enclave catholique d’un quartier protestant. Les « troubles », qui feront plusieurs milliers de morts, n’ont pas encore commencé. Pourtant, entre les deux communautés, les différends, déjà, sont saillants. La situation bascule en août 1968.Alors que les mouvements de jeunes catholiques se multiplient pour réclamer l’égalité des droits, une manifestation est violemment réprimée à Londonderry par la police nord-irlandaise, composée dans sa Directsoir N°332/Jeudi 10 avril 2008 MARY McALEESE UNE IRLANDAISE DISCRÈTE La présidente de la République d’Irlande, catholique convaincue, est entrée en fonction quelques mois avant la signature des accords du vendredi saint le 10 avril 1998, censés mettre fin aux violences entre catholiques et protestants en Irlande du Nord voisine, où elle est née et où elle a grandi. Depuis, elle a contribué à rapprocher les communautés, jouant ainsi un rôle dans la consolidation du processus de paix. grande majorité d’unionistes, fidèles à la couronne britannique. En 1969, le gouvernement britannique décide d’envoyer l’armée afin de rétablir l’ordre. Mary McAleese a 17 ans. BELFAST-DUBLIN Les affrontements continuent et les violences se multiplient. Le dimanche 30 janvier 1972, toujours à Londonderry, les militaires répriment violemment une PA PHOTOS/ABACA PRESS
www.directsoir.net manifestation catholique et ouvrent le feu sur la foule. Le bilan fait état de 14 morts. Ce « Bloody Sunday » restera comme une date symboliquement dramatique dans l’histoire nord-irlandaise. S’ensuivent des représailles : attentats perpétrés notamment par les catholiques de l’Irish Republican Army (IRA). Trois ans plus tard, Mary McAleese quitte l’Irlande du Nord pour la république voisine. Elle a 23 ans lorsqu’elle arrive à Dublin, fraîchement diplômée de l’Université du Queen’s à Belfast.A Trinity College, l’un des établissements les plus prestigieux de la capitale irlandaise, elle enseigne le droit et la criminologie. APRÈS MARY ROBINSON Réputée très conservatrice, favorable à une réunification de l’Irlande, elle adhère au Fianna Fáil, le grand parti de centre droit irlandais. Investie par sa formation politique, elle se présente à l’élection présidentielle en 1997, dont elle sortira vainqueur. Le 12 novembre, Mary McAleese devient la deuxième femme à occuper cette fonction. Elle succède à Mary Robinson, travailliste, élue sept ans plus tôt et qui quitte son poste pour rejoindre le Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU. Mary Robinson, restée très populaire dans le cœur des Irlandais, avait donné une certaine envergure à une fonction essentiellement honorifique. Sur le plan international, elle avait fait partie des personnalités qui mirent en lumière le drame de la Somalie et du Rwanda au début des années 1990. LOIN DES CAMÉRAS L’activisme de Mary McAleese est plus discret. Le magazine Forbes la classait toutefois en 2005 au vingt et unième rang des femmes les plus puissantes du monde. Considérée comme une fervente catholique, elle fut notamment reçue, en mars 2007, par le pape Benoît XVI. Les discussions portèrent, entre autres, sur les relations qu’entretiennent, en Irlande, l’Eglise et la société. En tant que présidente, elle n’a pas vocation à se mêler d’affaires politiques. Elle travaille beaucoup avec la population, dans les comtés (équivalents des départements français). Elle rencontre les Irlandais. Sur la question du conflit en Irlande du Nord, certaines maladresses lui valent un certain discrédit auprès de la communauté protestante. Il y a trois ans, alors qu’elle participait aux commémorations du centenaire GAMMA/EYEDEA PRESSE d’Auschwitz, la présidente irlandaise laisse échapper une phrase qui fera grand bruit. Au sujet des nazis, elle déclare : « Ils ont inculqué à leurs enfants une haine irrationnelle des Juifs, comme certains en Irlande du Nord transmettent à leurs enfants une haine irrationnelle, par exemple des catholiques ». Face à l’indignation d’une partie de l’opinion publique, Mary McAleese revient sur ses paroles : elle se dit « personnellement absolument dévastée » par la fureur déclenchée. Sa déception est d’autant plus importante, que « ces propos n’avaient rien à voir avec son travail » analyse Aidan O’Hara, conseiller à l’ambassade d’Irlande à Paris. Selon lui Mary McAleese a « travaillé, très discrètement, à améliorer les relations entre les communautés. Loin des caméras ».Après cet incident qui créa une vive polémique sur l’île, où la paix entre communautés demeure en équilibre fragile, la présidente reconnut d’ailleurs que ceux qui l’avaient critiquée avaient « totalement raison », avant d’ajouter que, « bien sûr, la vérité, est que le sectarisme est un problème partagé ». EN COUVERTURE 5 Fervente catholique, elle fut reçue, en mars 2007, par le pape Benoît XVI. Les discussions portèrent, entre autres, sur les relations qu’entretiennent, en Irlande, l’Eglise et la société. PREMIER MINISTRE ■ Le Premier ministre qui en gaélique se traduit par « Taoiseach » est le principal décideur en République d’Irlande. Si la présidente dispose de certaines prérogatives, le « Taoiseach » définit bel et bien la politique à suivre. Le bilan de Bertie Ahern, l’actuel Premier ministre, est plutôt bon. Son parrainage au côté de Tony Blair et les accords de paix du vendredi saint en Irlande du Nord (lire p.6) lui ont valu P.MUHLY/AFP Brian Cohen : un nouveau « Taoiseach » pour la République d’Irlande une aura internationale. Des accusations dans une affaire de corruption l’ont contraint à annoncer en début de semaine son intention de démissionner. Le nom de son successeur a été confirmé hier. Il s’agit de Brian Cowen, actuel ministre des Finances et dauphin désigné. Ce dernier entrera en fonction le 6 mai. A peine un mois avant son premier grand rendez-vous : le referendum sur le traité européen de Lisbonne.



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