Direct Soir n°309 7 mar 2008
Direct Soir n°309 7 mar 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°309 de 7 mar 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (138 x 188) mm

  • Nombre de pages : 12

  • Taille du fichier PDF : 1,2 Mo

  • Dans ce numéro : Isabelle Huppert triomphe dans « Le dieu du carnage »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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2 EN COUVERTURE Isabelle Huppert L’actrice caméléon Avec soixante-dix-sept films, deux prix d’interprétation au Festival de Cannes et un césar, Isabelle Huppert reste l’une des valeurs sûres du cinéma français. Actuellement, elle triomphe dans « Le dieu du carnage », la nouvelle pièce de Yasmina Reza au Théâtre Antoine. Jusqu’ici, la meilleure pièce de la saison. Elle est capable de tout jouer, Isabelle Huppert. Voilà ce qui se dit à la sortie du Théâtre Antoine. Car c’est dans un genre qui semble l’attirer depuis quelques années que l’actrice la plus énigmatique s’illustre : la comédie. Ici, c’est avec la comédie moralisatrice de Yasmina Reza, auteur de textes à succès comme Conversations après un enterrement ou Art. Boulevard de Strasbourg, en jupe orange et talons hauts, Isabelle devient donc Véronique Houillé, écrivain, habitée par le conflit au Darfour et maman du petit Bruno. Elle et son mari, Alain (André Marcon), grossiste en appareils ménagers, reçoivent Annette, conseillère en gestion de patrimoine (Valérie Bonneton, qui excelle dans l’art de la maladresse) et Alain Reille (Eric Elmosnino, époustouflant de justesse dans le rôle de l’avocat). Annette et Alain sont les parents de Ferdinand, qui a frappé au visage leur fils dans un square. Les deux couples ont convenu du rendezvous pour régler le problème avec civisme. Animé par « l’art de vivre ensemble », Véronique-Isabelle prône un discours de tolérance auquel le quatuor devrait se rallier mais qui va dégénérer. Et c’est là que l’on reconnaît bien la griffe Reza. Des questions se posent. Est-ce que l’homme civi- lisé n’est finalement pas un sauvage refoulé, comme le suggère Isabelle Huppert se jettant sur le canapé à plat ventre après que Valérie Bonneton a vomi sur ses livres d’art, ou encore la scène où elle s’en prend violemment au sac de sa « rivale ». Car c’est cette opposition entre pulsions et modèle social qui anime la plume de l’auteur, qui signe ici sa première mise en scène. Dans Le dieu du carnage, Isabelle Huppert s’en donne à cœur joie, dans un registre auquel elle ne nous avait pas habitués. Elle semble plus à l’aise que dans Quartett – adaptation moderne des Liaisons dangereuses à l’affiche la saison dernière du Théâtre de l’Odéon, et qui n’a pas obtenu le succès attendu. PREMIERS PAS La carrière d’Isabelle Huppert a commencé par de la figuration dans les années 1970, années qui ont révélé les talents de Miou-Miou et Directsoir N°309/Vendredi 7 mars 2008 La comédienne a délaissé provisoirement les rôles graves à l’écran pour la comédie, sur les planches du Théâtre Antoine. d’Isabelle Adjani. Cadette de trois sœurs et un frère, Isabelle Huppert grandit en région parisienne, à Villed’Avray. Après une licence de russe, elle suit des cours au Conservatoire d’art dramatique. Ses professeurs s’appellent alors Jean-Laurent Cochet et Antoine Vitez. Des références dans le milieu théâtral. C’est en 1971 qu’elle débute au cinéma sous la direction de Nina Companeez dans Faustine et le bel été. Mais c’est surtout pour son rôle PHOTO 12
P.VICTOR/ART COM ART www.directsoir.net André Marcon, Eric Elmosnino, Isabelle Huppert et Valérie Bonneton tentent la médiation avant le carnage. d’adolescente initiée par Patrick Dewaere et Gérard Depardieu aux plaisirs de la chair dans Les valseuses qu’elle se fait connaître du grand public. A l’époque, les cheveux sont cachés sous un bob en jean. En 1978, à vingt-deux ans, elle a déjà quatorze films à son actif et est nominée aux césars pour le film de Claude Goretta La dentellière. DEUX RÉFÉRENCES E.GEORGE/CORBIS Je suis transparente : on « ne me reconnaît pas. C’est une réalité. Mais si ça ne l’était plus, je ne m’en plaindrais pas. L’Express, février 2007 » UN MENTOR NOMMÉ CHABROL Il faudra cependant attendre 1979 pour obtenir une première récompense : le prix d’interprétation à Cannes pour Violette Nozière qui marque sa première collaboration avec Claude Chabrol. Isabelle retrouve ensuite Bertrand Tavernier dans Coup de torchon après avoir travaillé avec les plus grands : Pialat pour Loulou ou encore Godart dans Sauve qui peut. Après avoir tourné à l’étranger avec Michael Cimino (La porte du paradis), Andrzej Wajda (Les possédés), Hal Hartley (Amateur) ou encore Werner Schroeter (Malina), Isabelle retrouve Claude Chabrol qui lui permettra de EN COUVERTURE 3 décrocher en 1996 le césar de la meilleure actrice, pour son rôle de Jeanne dans La cérémonie. Mais le Festival de Cannes la remerciera une deuxième fois, en 2001, avec un prix d’interprétation pour sa prestation masochiste dans La pianiste au côté de Benoît Magimel, réalisé par l’Autrichien Michael Haneke. « La manière dont la musique est utilisée dans ce film, on la ressent physiquement », dira-t-elle. LA COMÉDIE, UNE SECONDE NATURE ? Et si la vraie nature d’Isabelle Huppert était de nous faire rire après s’être cachée pendant longtemps derrière des rôles dramatiques ? LOULOU (1980) ■ Après Les valseuses, Isabelle Huppert retrouve Gérard Depardieu dans Loulou de Maurice Pialat. Elle joue Nelly, une femme mariée qui s’éprend d’un marginal. C’est sur le tournage de ce film que la comédienne présente son compagnon de l’époque, Daniel Toscan du Plantier, au réalisateur. Les deux hommes collaboreront jusqu’à Van Gogh (1992). Isabelle Huppert et Gérard Depardieu dans Loulou. YASMINA REZA, AUTEUR À SUCCÈS. SI ELLE A PU DÉROUTER AU LENDEMAIN DE LA DERNIÈRE ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE EN PUBLIANT « L’AUBE LE SOIR OU LA NUIT », OUVRAGE SUR NICOLAS SARKOZY, LE TALENT DE YASMINA REZA – TEXTES À MESSAGE ET HUMOUR CISELÉ – EST INDÉNIABLE. AU THÉÂTRE, ELLE EST L’AUTEUR DE SIX PIÈCES – DONT TROIS RÉCOMPENSÉES PAR DES MOLIÈRES. LE PREMIER EN 1987, POUR « CONVERSATIONS APRÈS UN ENTERREMENT » ET LES DEUX AUTRES POUR « ART » EN 1994. CETTE PIÈCE S’EST VU DÉCERNER CELUI DU MEILLEUR AUTEUR ET CELUI DU THÉÂTRE PRIVÉ. ELLE A AUSSI ÉTÉ RÉCOMPENSÉE PAR UN TONY AWARD (PRIX AMÉRICAIN MAJEUR POUR LE THÉÂTRE). Après Les sœurs fâchées ou Huit femmes, voilà donc Le dieu du carnage. A ne pas rater si vous voulez découvrir une nouvelle facette de la comédienne, qui retrouvera un rôle plus grave à la rentrée prochaine avec la sortie du long métrage de Claire Denis, White Material, tourné au Cameroun. Car c’est la grande force d’Isabelle Huppert : s’adapter à chaque rôle, secrètement, mais sûrement, à l’ombre du star system. Le dieu du carnage, texte et mise en scène de Yasmina Reza, Théâtre Antoine, Paris 10e. Jusqu’en mai. Texte disponible aux éditions Albin Michel. LA PIANISTE (2001) ■ Cinéma d’auteur, La pianiste, réalisé par l’Autrichien Michael Haneke ne laisse pas indifférent. On aime ou on déteste ce film, mais la prestation d’Isabelle Huppert dans la peau d’un professeur de piano à tendance sadomasochiste, aux côtés de Benoît Magimel, est étonnante. L’actrice a été récompensée à Cannes par un prix d’interprétation féminine. Un de ses plus grands rôles.



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