Direct Soir n°302 20 fév 2008
Direct Soir n°302 20 fév 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°302 de 20 fév 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 20

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Karin Viard dans le « Paris » de Klapisch

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°302/Mercredi 20 février 2008 12 CULTURE MUSIQUE Thao : carrément folk, la guêpe Elle est un peu toquée, Thao Nguyen, mais personne ne s’en plaindra.A l’opposé d’Alela Diane, la tendre et douce perle folk découverte l’an dernier, la jeune Américaine annonce la couleur pour 2008 : extravagante, délirante, bordélique, mais aussi intime et autobiographique, sa musique est la première bonne surprise de ce début d’année. Comme un Adam Green au féminin, la chanteuse fait sourire et dresser l’oreille à ceux qui l’entendent, avec des textes intelligents et drôles et des mélodies rondes. Pour ce deuxième album au titre improbable (We Brave Bee Stings and All : littéralement, « nous affrontons les dards des abeilles et le reste »), elle s’est offert les services de Tucker Marine, pointure de la musique folk (il a collaboré avec The Decemberists ou le prolifique Sufjan Stevens). Le premier single, magnifique, est un « sac de marteaux » (Bag of Hammers) qui résonne plutôt comme sur une enclume en coton. Le reste de l’album est un joyeux désordre où les guitares sèches croisent des cors et des percussions simples (Fear and Convenience). L’ancienne étudiante en sociologie de Virginie impose son style, proche de Jolie Holland (Swimming Pools) et même de Björk (Big Kid Table). Elle pourrait être canadienne, cette Américaine au malicieux visage asiatique : elle aurait alors joué avec Broken Social Scene ou en duo avec Feist. On ne regrette qu’une seule chose : que l’album soit un peu court. Thao Nguyen, We Brave Bee Stings and All (Pias/Kill Rock Stars). La bonne ADRESSE DR The Cave Singers sortent de leur caverne ■ Rien ne prédestinait The Cave Singers à faire de la musique folk. En effet, chacun de leur côté, les membres de ce groupe de Seattle ont débuté la musique dans le punk rock. Et lorsque le trio soutient qu’il ne s’est jamais efforcé de jouer dans un certain style de musique, on est en mesure de s’étonner tant leur premier album semble sortir d’une anthologie du folk américain. D’une construction simple – guitares, percussions, avec tantôt une pointe d’harmonica ou de mélodica –, les morceaux d’Invitation Songs sont servis par la voix légèrement nasillarde de Pete Quirk. Le premier album de The Cave Singers subjugue. Invitation Songs, de The Cave Singers, Beggars/Matador. F. TONDRE/REA Thao Nguyen sort un 2 e album aux textes intelligents et aux mélodies rondes. FERNANDISES SOUS INFLUENCES BASQUES Vous ne tomberez pas sur Les Fernandises par hasard. Il faut connaître ce lieu, caché à quelques mètres du chahut de la place de la République. Quelques affiches de corrida, des piments pendus au mur et quelques photos de villages basques indiquent les origines des maîtres des lieux. Mais la touche sud-ouest est discrète, façon piperades et chorizo. Ainsi, on ne manquera pas en entrée les calamars à la plancha, ou le carpaccio de crevettes à la vanille, une fantaisie bien délicate. En plat, brochettes de langoustine (18 €), rouleaux de lotte à l’encre de seiche (16 €), ou « penne » au chorizo (12 €) côtoient ce qu’il faut bien appeler la gourmandise maison, baptisé « entrecôte de compétition » (21 €). Chaque soir, un menu à un très bon rapport qualité-prix est proposé (16,50 € pour une entrée-plat ou platdessert, 19 € la totale). Dommage que ce soir-là, le tiramisu au thé vert ait manqué au deuxième service… Une bonne raison d’y retourner. Les Fernandises, 17-19, rue de la Fontaine-au-Roi, Paris 11 e (01 48 06 16 96). Les Petites Bourrettes au Café de la danse ■ Vous les avez peut-être déjà aperçus, dans le métro, sur le parvis de Beaubourg ou dans un café parisien. Les musiciens des Petites Bourrettes officient depuis plusieurs années avec peu de matériel : au départ, seuls une basse en forme de poubelle, une guitare et un carton leur suffisaient. Aujourd’hui, le groupe voit plus grand à force de recueillir les suffrages du public et des professionnels (découverte des Francofolies de la Rochelle 2006). C’est donc une formation plus rock qui sera demain soir au Café de la danse, mais préserve ce qui les caractérise : des textes doux et sensibles, des mélodies entraînantes, à la croisée de la folk, de la chanson et du rock. Ils seront également, le 30 mai prochain, en première partie des Fatals Picards à l’Olympia, avant la sortie de leur album, prévu pour la fin de l’année. Un « live » est disponible depuis quelques semaines, baptisé du doux nom de Bagarre générale… Les Petites Bourrettes, en concert demain soir à 20h au Café de la danse, 5, passage Louis-Philippe, Paris 11e. http://www.myspace.com/lespetitesbourrettes DR Pirates de l’espace DVD ■ Mister, un célèbre pirate de l’espace, doit retrouver avec l’aide de son équipage un trésor fabuleux sur la planète Graceland. Mais l’entreprise s’avère plutôt risquée. Graceland est en pleine guerre civile et la fédération des planètes a prévu de la faire sauter dans un délai d’une semaine. Sans oublier qu’un tel trésor suscite les convoitises des malfrats les plus dangereux de la galaxie. Dans la droite ligne de séries comme Cowboy Bebop ou Cobra, dans des temps plus lointains, voici une série d’aventures galactiques à la sauce western tout à fait appréciable. Coyote Ragtime, show coffret n°1, éd. Kaze, 25 € environ. Courriel pour l’enfer DR CDR ■ Une légende urbaine nippone prétend qu’à minuit, un site internet maléfique ouvre ses portes et permet à toutes les victimes de brimades de crier vengeance. Mais le prix à payer est exorbitant. En échange, il faut vendre son âme à la fille des Enfers et subir les tourments éternels. Hajime Shibata, journaliste fasciné par cette histoire, mène l’enquête. Proche dans sa structure de films d’épouvante japonais comme Ring ou The Grudge, La fille des enfers constitue un bon divertissement. Pas aussi effrayante que ses modèles, la série convainc surtout par son ambiance, urbaine et dérangeante. La fille des Enfers, éd. Kaze, coffrets 1 et 2.
Dix-huit ans après Outrage, long métrage psychologique sur la guerre du Vietnam, Brian De Palma s’attaque au fiasco irakien. Redacted (« revu et corrigé ») s’inspire d’un fait réel, le viol barbare d’une adolescente irakienne de 14 ans par des soldats américains, le réalisateur livre un docufiction au réalisme cru. Sa caméra s’arrête sur la vie quotidienne d’un régiment de l’US Army établi depuis plusieurs mois à un poste de contrôle en Irak. Entre pression quotidienne et désillusions, méfiance obsessionnelle et éloignement des familles, le réalisateur de Scarface, Snake Eyes ou encore Blow Out prend le contre-pied des images formatées livrées par le Pentagone. Il n’est pas question dans ce film de dévoiler la genèse d’un conflit armé, mais de révéler, sans préjugés ni complaisance, la réalité du terrain Le tournage de Redacted,en et ses tragédies. Isolement et mauvaise Jordanie, s’est déroulé préparation des soldats, incompréhension des civils, peur de l’attentat, cer- en un temps record : dix-huit jours cle vicieux de la vengeance, Redacted seulement. décortique l’âme humaine en temps de Redacted parle de la vie quotidienne d’un régiment de l’armée américaine établi depuis plusieurs mois en Irak. guerre. Quels sont les éléments déclencheurs DR www.directsoir.net CULTURE 13 CINÉMA L’Irak selon De Palma ★★★★★ Avec « Redacted », Brian De Palma plonge en territoire irakien et réalise un film manifeste au réalisme choc. de la haine ? Jusqu’où l’horreur de la nature humaine peut-elle mener ? Primée en 2007 par un lion d’argent de la mise en scène, l’esthétique épurée du film est au service de la réflexion. Journaux intimes au format VHS, films documentaires, images de vidéosurveillance, témoignages en ligne de soldats et de leurs épouses… les supports vidéo se croisent comme autant de points de vue où le rôle de l’image éclate, où elle délivre ses messages implicites. Les gros plans témoignent de l’état psychologique de chacun quand les plans larges rendent compte de la vulnérabilité d’hommes devenus pions et bourreaux. Du tournage à la caméra infrarouge aux prises de vue en extérieur, l’atmosphère hyperréaliste se fait pesante, la peur est perceptible, la haine palpable. Réalité insupportable pour les uns, jeu sanguinaire pour d’autres, toute l’absurdité de la guerre crève l’écran et c’est bien la volonté de Brian De Palma. Que ces images interpellent l’opinion afin de mettre un terme à ce conflit, tel est l’objectif du réalisateur. Redacted (revu et corrigé), de Brian De Palma, en salles.



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