Direct Soir n°281 22 jan 2008
Direct Soir n°281 22 jan 2008
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°281 de 22 jan 2008

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,2 Mo

  • Dans ce numéro : Fadela Amara elle dévoile son « plan banlieues »

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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Directsoir N°281/Mardi 22 janvier 2008 6 EN COUVERTURE À 43 ANS, FADELA AMARA EST DEPUIS SIX MOIS LA SECRÉTAIRE D’ÉTAT À LA POLITIQUE DE LA VILLE, SOUS LA TUTELLE DE LA MINISTRE DU LOGEMENT, CHRISTINE BOUTIN. FEMME D’ENGAGEMENT, FADELA AMARA MILITE DÈS L’ÂGE DE 17ANS. ELLE A CRÉÉ « NI PUTES NI SOUMISES ». Fadela Amara Une militante au gouvernement S. AUDRAS/REA
CASTELLI/ANDIA.FR www.directsoir.net Elle est la rebelle du gouvernement, celle qui n’hésite pas à bousculer certains de ses membres en distillant des phrases chocs plus ou moins contrôlées… Fadela Amara, 43 ans, a été nommée secrétaire d’Etat à la Politique de la ville en juin dernier et présente aujourd’hui les grands axes de son plan « Respect et égalité des chances » à Vaulx-en-Velin, près de Lyon (voir article page 2). Des mesures pour les banlieues, Fadela Amara n’a présenté qu’un aperçu, car le reste est réservé au chef de l’Etat, qui devrait les divulguer au début du mois de février. « Le plan Marshall » promis par le candidat Nicolas Sarkozy et récemment renommé « Tolérance zéro contre la glandouille » par Fadela Amara ne se veut pas un « énième plan » supplémentaire. La secrétaire y tient. La banlieue, elle connaît. A commencer par celle de Clermont-Ferrand, où elle a grandi avec ses quatre sœurs et ses six frères. Ensuite, il y a celles qu’elle a arpentées pour comprendre les problèmes des jeunes installés dans ces ghettos. Le manque de logements, l’absence de mixité sociale, le déficit des transports en commun, tout est répertorié grâce aux 12000 demandes et suggestions postées par les habitants de ces quartiers difficiles sur le blog « Pour ma ville », mis en place par la secrétaire d’Etat. Elle souhaite « aider les jeunes à devenir acteurs de leur société », comme elle l’est devenue elle-même, à 14 ans. UNE JEUNE MILITANTE En 1978, Fadela Amara s’engage dans son quartier, en participant à la première marche civile pour inciter les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales. Issue d’une famille algérienne kabyle, elle se rend rapidement compte que sa condition n’est pas la même que celle des hommes de son âge. Par sa volonté et son militantisme, elle conquiert son indépendance. En 1983, elle est en tête de la « Marche des Beurs pour l’égalité », la première grande manifestation pour l’intégration des enfants d’immigrés, la « deuxième génération », comme on l’appelle. Trois ans après, c’est au sein de SOS Racisme qu’elle progressera. « J’ai été marquée par leurs revendications pour l’égalité des sexes en même temps que celle des « races » ; c’est ce qui m’a poussée à devenir militante chez eux », se souvient-elle. C’est cette association qui a aidé l’émancipation des femmes, et qui lui a permis de lancer ses propres projets. LE DÉCLIC A la fin des années 1980, Fadela Amara met en place, avec l’aide de quelques personnes, la « Commission femmes » qui doit permettre de dresser un bilan sur le statut des femmes en banlieue. En 2002, les « Etats généraux des femmes des quartiers » rassemblent 380 femmes et jeunes filles des cités. « Ce travail sur le terrain m’a permis de voir émerger les problèmes de plus en plus importants dans les années 1990 : les filles retirées de l’école, les mariages forcés, les viols », précise-t-elle. Le vrai déclic, elle le connaîtra un an plus tard, le 4 octobre 2002, lorsqu’elle apprendra la mort de Sohane Benziane, brûlée vive dans un local à poubelles à Vitry-sur-Seine. Le retentissement est tel que Fadela Amara fait de cette ville le point de départ de la « Marche des femmes contre le ghetto et pour l’égalité », qui traversera toute la France avec le slogan « Ni putes ni soumises ». L’association est née. Son rayonnement est important : plusieurs antennes sont créées en Europe (Suisse, EN COUVERTURE 7 Le plan « Respect et égalité des chances » est un des objectifs principaux du ministère de la Ville. Fadela Amara travaille sur ce projet, présenté aujourd’hui à Vaulx-en-Velin. Nicolas Sarkozy donnera les détails du plan le 8 février prochain. J’ai compris plus tard « l’importance de la démocratie » La secrétaire d’Etat à la politique de la Ville à la rencontre des habitants de la cité Cayolle à Marseille, en novembre dernier. Belgique, Suède, Espagne). La surmédiatisation de l’association entraîne de vives critiques. On lui reproche de catégoriser les quartiers sensibles, de mettre en avant le machisme des hommes et de les enfermer dans ce rôle. Mais d’une manière générale, c’est un succès et de nombreuses femmes adhèrent à l’association. Fadela Amara en devient la présidente et le restera jusqu’au 19 juin, au moment de sa nomination par Nicolas Sarkozy au poste de secrétaire d’Etat à la Politique de la ville. SON NOUVEAU PROJET La volonté du nouveau président de la République était de continuer à s’ouvrir au centre, à gauche et à des représentants de la diversité. Fadela Amara fera partie de cette vague de changements. Son entrée au gouvernement Fillon II, au lendemain des législatives, a suscité quelques critiques chez les NPNS (Ni putes ni soumises). Les militants invoquent la difficulté qu’entraîne la nomination de Fadela Amara dans un gouvernement qu’ils accusent de stigmatiser l’immigration. De son ministre de tutelle, Christine Boutin, Fadela Amara dira : « Toutes les deux, nous formons un couple paradoxal, un couple Je reste optimiste, car la vie offre toujours la possibilité de se battre pour améliorer les conditions de vie pour soi et pour les autres, pour toujours plus d’égalité, pour toujours plus de liberté. extraordinaire. » Plus tard, elle expliquera pourquoi elle a accepté de rejoindre le gouvernement : « On m’a assuré que ma liberté de parole serait respectée. » Fadela Amara est une insoumise, elle parle franchement et dit les choses comme elles lui viennent. Comme en septembre, lorsqu’elle déclare que l’amendement Mariani « la heurte en tant que fille d’immigrée ». Plus explicite encore, elle ira même jusqu’à dire que la loi Hortefeux est « dégueulasse ». Elle n’est pas la seule à protester, mais ses propos sont le plus souvent rapportés. Etienne Pinte, député maire UMP de Versailles, trouve ainsi le recours aux tests ADN « discriminatoire, si ce n’est raciste » et « anticonstitutionnel ». Rapidement taclée par Patrick Devedjian, elle sait qu’elle doit mitiger ses propos. Pourtant, d’autres annonces confirmeront son franc-parler. Lorsque les journalistes du Point lui demandent si elle votera pour Nicolas Sarkozy en 2012, elle répond : « Non, et il le sait » … Les dents grincent chez certains députés UMP. Hervé Mariton juge qu’elle n’est « pas à sa place » dans le gouvernement. Mais Nicolas Sarkozy l’a toujours soutenue. Même sur ses excompagnons politiques de gauche, elle TSCHAEN/SIPA



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