Direct Soir n°253 29 nov 2007
Direct Soir n°253 29 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°253 de 29 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Jean-Marie Bockel (Secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie) crée un nouveau parti

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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R. CORLOUER M. POWER/MAGNUM PHOTOS Directsoir N°253/Jeudi 29 novembre 2007 14 CULTURE DISPARITION Pop orpheline Guitariste et dandy des fantasques Rita Mitsouko, Fred Chichin est mort, hier, à l’âge de 53 ans, quelques mois après la sortie de « Variéty », leur dernier album acclamé. Le guitariste un peu hippie des Rita Mitsouko, Fred Chichin, a brutalement tiré sa révérence. Gaz tank, Bradford, England 2007. TOP DES TOPS PROD DB/DR 1 Saw IV Metropolitan jkle En 1985, les enfants riaient à l’écoute de Marcia Baïla, tube de pop saccadée et loufoque. Les parents, eux, cernaient le propos, plus grave qu’il n’y paraissait. Quelques années plus tard, en 1988, la chanson Le Petit Train cache le sujet de la déportation. Cette double identité, farceuse et profonde, faisait toute l’originalité des Rita Mitsouko. Une dualité qu’on retrouvait déjà dans les personnalités hors normes du jeune groupe : Catherine Ringer, diva barrée, jouait l’excentricité, alors que Fred Chichin, guitariste dandy, se faisait discret, et souvent impassible. La pop, le rock et la variété française ont beaucoup appris de ce musicien aux nombreux talents. Déjà mélangeur de tendances dans les années 1980, accumulant des idées originales (un duo et des concerts avec les Sparks), il développe de ses voyages de jeunesse une ouverture (rap US, rock, musique orientale). Pourtant, dans les années 1990, les Rita se perdent un peu. Paru en avril dernier, l’album Variéty avait relancé la carrière des deux comparses, dont les idées claires sur la production musicale actuelle avaient fait des vagues. Dans une interview à Télérama, Fred Chichin dénonce la variété française qui « se contente d’un tout petit niveau musical », mais sauve, au passage, Etienne Daho, Katerine ou Rachid Taha. Fred Chichin, né à Aubervilliers, disait souvent que la musique l’avait « sauvé ». Comme lui a peut-être sauvé la pop française de son uniformité. PHOTO Mark Power voit grand EXPO THÉÂTRE Vingt mille lieues sous les mers ■ Le Muséum national d’histoire naturelle consacre une exposition à la découverte de la faune des grands fonds. Sa conceptrice, Claire Nouvian, auteur et réalisatrice de films animaliers, est parvenue à rassembler des créatures jamais exposées jusqu’à présent. Se déplaçant dans une galerie sombre, le visiteur a l’impression de se retrouver dans un sous-marin d’observation. Incapables de survivre en dehors des profondeurs abyssales, les animaux sont exposés tels des œuvres d’art dans des boîtes, petits écrins lumineux, et via de très belles photographies couleurs. Terrifiants petits monstres aux dents saillantes, formes improbables d’une insondable beauté, matières bioluminescentes incroyables : le voyage est d’une magnificence rare. Un retour aux origines, aux allures de science-fiction. Abysses, l’exposition, au Muséum national d’histoire naturelle, Jardin des plantes, Galerie de minéralogie et de géologie, 36, rue Geoffroy-Saint-Hilaire, Paris 5e. (0140795479). ■ Membre de l’agence Magnum depuis cette année, le photographe britannique Mark Power se singularise par des projets de grande envergure. Une première exposition de ses œuvres est organisée par le Centre culturel Calouste Gulbenkian. Une soixantaine de photographies présente le meilleur de sa production de ces vingt dernières années : projets de commande et créations personnelles. Signes/Signs, jusqu’au 26 janvier 2008, Centre culturel Calouste Gulbenkian, 51, avenue d’Iéna, Paris 16 e (0153239393). 2 American Gangster Paramount Pictures 3 4 5 Ce soir, je dors chez toi Studiocanal L’éponge carnivore, appartenant à la famille des cladorhizidés. La légende de Beowulf Warner Bros Les deux mondes Gaumont jkle jkle jkle jkle Un top tout neuf. Noël approche à grands pas et, en attendant l’arrivée de toute une flopée de films festifs, le box-office fait peau neuve. Seul American Gangster (2) réussit à conserver une place dans le quinté gagnant. En tête du classement l’hémoglobine coule à flot dans le quatrième volet du film Saw, un voyage dans l’esprit d’un psychopathe plus gore que jamais. Légende : (e) nouvelle entrée – Source : www.cbo-boxoffice.com 2003 MBARI Catherine Ferran et Catherine Hiegel. La tendance est au ridicule ■ Le metteur en scène Dan Jemmett transpose la comédie de Molière, Les précieuses ridicules, en une critique de la préciosité d’aujourd’hui, celle du monde de la mode, où le culte des apparences est poussé à son paroxysme. Les précieuses ridicules, jusqu’au 29 décembre au Théâtre du Vieux-Colombier, 21, rue du Vieux-Colombier, Paris 6 e (01 44 39 87 00). LIVRE A nous les petites Françaises ■ Paul West, jeune Anglais débarqué en France dans God Save la France (éd. Nil, 2005) poursuit son éducation érotico-sentimentale entre la Corrèze, l’île de Ré et Paris. Dans le deuxième volume de ses aventures, il part en vacances avec Florence, sa nouvelle conquête « 100% frenchy ». Mais un stupide accident de voiture compromet le programme : le tête-àtête romantique se transforme en une semaine de torture chez bellemaman. La saga de Stephen Clarke a des airs de Bridget Jones. Pourtant, la narration masculine et francophobe de l’auteur renouvelle le genre. Les lecteurs friands du cynisme et de l’ironie à l’anglaise se délecteront de ce pamphlet. God Save les Françaises, Stephen Clarke, éd. Nil, 20 €. Le journaliste et écrivain, S. Clarke. B. ENGUERAND S. CLARKE/DR
STUDIO CANAL www.directsoir.net Norah Jones est l’héroïne du dernier Wong Kar-wai. PROD DB CENTRAL MOTION PICTURES CO DVD La princesse Ling et le jeune Tao. Fable chinoise Génération Beatles Comédie musicale décalée, « Across the Universe » est un voyage au cœur de la musique des Beatles et des années 1960. ■ L’un vient des docks de Liverpool, l’autre d’une banlieue américaine chic et rangée, mais c’est en traversant l’Amérique et ses divisions qu’ils vont s’aimer et se battre. Bravant le danger de se mettre les fans des Beatles à dos, Julie Taymor, réalisatrice de Frida, ovni cinématographique récompensé par deux oscars, rend un hommage tout aussi original à l’œuvre mythique du groupe anglais. Car Across the Universe est bien une comédie musicale, avec danses et décors flamboyants. Entre les conflits raciaux, le Vietnam, un Greenwich village psychédélique et les manifestations pacifiques, le film est construit sur un ensemble de tableaux esthétiques extrêmement inventifs. A travers les voix et les histoires de Jude (Jim SONY Dans My Blueberry Nights, la jolie scène du baiser volé entre Norah Jones et Jude Law a nécessité trois jours de tournage. ■ Pour la première fois, La légende des amoureux papillons se décline en dessin animé. Cette histoire populaire retrace la destinée tragique de Ling et Tao. Après trois ans de travail, le réalisateur Tsaï Min-Chin magnifie cet amour impossible avec justesse et drôlerie. Calligraphies et peintures font découvrir la richesse du patrimoine asiatique. Ling et Tao, la légende des amoureux papillons, de Tsai Min-Chin, EuropaCorp, 15 €. Un hommage original à l’œuvre des Beatles. Sturgess, excellent), Lucy (Evan Rachel Wood) et leurs amis (dont Bono ou Joe Cocker) pris dans le tumulte de cette époque, on redécouvre des tubes éternels des Beatles. Across the Universe, de Julie Taymor, en salles. 15 Le dessert du chef ★★★★★ Le premier film anglophone de Wong Kar-wai, « My Blueberry Nights », est depuis hier en salles. Elizabeth (Norah Jones) panse les plaies de son cœur brisé avec Jeremy (Jude Law), qui tient un restaurant où chaque soir elle commande une tarte aux myrtilles. Un rituel auquel elle met un jour brutalement fin, en quittant Manhattan pour entreprendre un périple à travers l’Amérique. Sur son chemin, elle croisera d’abord Arnie (David Strathairn), un flic alcoolique éperdument amoureux de son ex, Sue Lynne (Rachel Weisz), puis elle fera la rencontre de Leslie (Natalie Portman), une joueuse de poker… My Blueberry Nights n’est pas le meilleur opus de Wong Kar-Wai, tout fan du maître hongkongais aura tôt fait de le découvrir. Il demeure néanmoins, tant qu’on le juge pour ce qu’il est, un petit régal pour les yeux. Sa maîtrise technique y est dévouée à une esthétique presque publicitaire, tant ses images sont léchées. On retrouve son obsession pour les personnages de solitaires abîmés par un amour déçu, évoluant, mélancoliques, dans des endroits confinés, baignés CULTURE CINÉMA d’une aura qui trouble les limites entre rêve et réalité. Métros aériens, volutes de fumées, couleurs saturées, décadrages parfaits, chansons pop en boucle, sont autant de réminiscences de l’univers du réalisateur, dont les ralentis et les ellipses soulignent ici à grands traits les temps forts d’un scénario aux dialogues souvent à la limite de la mièvrerie. Mais qu’importe, car le vrai tour de force est d’avoir réuni à l’écran un casting attrayant, avec notamment la chanteuse de jazz Norah Jones, dont c’est la première apparition sur grand écran. Elle apporte une charmante, mais timide présence à l’ombre de ses expérimentés partenaires, le très sexy Jude Law, David Strathairn (Good Night and Good Luck), Rachel Weisz… et surtout Natalie Portman, qui offre de loin l’interprétation la plus intéressante. On note l’apparition gracieuse de Chan Marshall (alias Cat Power), l’interprète du très beau Greatest qui figure sur la BO. Des vapeurs pop et glamour pour un clip sucré relevé d’un zeste de cinéphilie. My Blueberry Nights, de Wong Kar-wai, en salles.



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