Direct Soir n°241 13 nov 2007
Direct Soir n°241 13 nov 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°241 de 13 nov 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Johnny Hallyday le blues du rocker

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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B. BISSON/SYGMA/CORBIS Directsoir N°241/Mardi 13 novembre 2007 2 L’ACTU FRANCE Régimes spéciaux : la grève commence ce soir Alors que les usagers des transports s’organisent à la veille d’une nouvelle journée de galère, le président de la République et le gouvernement s’apprêtent à affronter un test social décisif. Les syndicats, opposés à la réforme des régimes spéciaux de retraite, promettent de ne pas céder. Perturbations prévues dès 20 heures à la SNCF. PERTURBATIONS À PRÉVOIR• SNCF Eurostar/Thalys : trafic normal. 90 TGV contre 700 en temps normal et moins de 30 trains Corail en circulation. TER : trafic fortement perturbé.•ÎLE-DE-FRANCE Réseau Transilien : 1 à 4 trains par heure selon les lignes RER A, B,C, D et E. La SNCF prévoit « plus de 1000 bus » pour compléter le dispositif. Métro : 1 rame sur 10 en moyenne sur l’ensemble des lignes, hormis la ligne 14 qui fonctionnera normalement. Bus/tramway : 10% du trafic assuré.• TRAFIC ROUTIER La circulation devrait être perturbée entre 6h et 9h30 et ralentie en raison d’une météo pluvieuse sur une grande partie du pays.• SYSTÈME « D » Marche à pied, vélo, auto-stop, taxis ou motos-taxis, covoiturage (www.co-voiturage.fr). Infos trafic : SNCF Grandes lignes et TER (0 805 90 36 35), Transilien (0 805 700 805 ou sur le site www.abcdtrains.com), RATP (0 800 151 111) DR Les perturbations commencent ce soir à 20 heures à la SNCF. Pour protester contre la réforme annoncée des régimes spéciaux de retraite, sept des huit syndicats de cheminots (CGT, SUD-Rail, FO, CFDT, UNSA, CFTC, CFE-CGC) ont appelé à un mouvement de grève reconductible. Ils seront rejoints demain par cinq organisations de la RATP et par sept syndicats de l’énergie. D’après plusieurs sondages, l’opinion publique est favorable à la mise en œuvre de ce qui fut l’une des promesses emblématiques de la campagne de Nicolas Sarkozy. Elle doit entrer en vigueur le 1 er juillet 2008. Mesure phare de cette réforme : l’harmonisation sur les autres régimes de retraite. La durée de cotisation passera ainsi de 37,5 à 40 annuités à raison de deux trimestres par an. L’objectif de 40 années de cotisations pourrait être atteint en 2012. La réforme prévoit aussi l’introduction progressive d’une décote qui diminue la pension de chaque salarié qui n’aurait pas cotisé assez. « Nous sommes condamnés à réformer » Yves Jégo, député de Seine-et-Marne, porte-parole de l’UMP. Cette réforme est-elle indispensable ? Oui, pour des raisons financières, car l’équilibre des régimes spéciaux est menacé. Mais aussi pour des raisons d’équité, pour que tous les Français cotisent de la même façon. Le poids de la démographie met à mal tout le système des retraites : on compte aujourd’hui un retraité pour 1,6 actif. Si on ne fait rien, on n’aura pas de quoi payer. Nous sommes condamnés à réformer pour sauver le système. Le gouvernement peut-il être contraint de reculer sous la pression de la rue ? Aucune chance : ce qui compte, c’est la pression des élections. La force de Nicolas Sarkozy et du gouvernement, c’est de ne pas avoir caché nos objectifs. En votant pour nous, les Français ont choisi ces objectifs. Nous sommes attachés à la liberté de grève, mais la porte de sortie est autour de la table et pas dans la rue. Cheminots, énergie, étudiants se mobilisent, le mouvement peut-il se généraliser ? Tout est possible. Il faut être extrêmement attentif à ceux qui cherchent à coaguler les mouvements. Si c’est le cas, on lancera des appels à la responsabilité et on appellera les Français à témoin. On trouvera des moyens d’expression pour une majorité qui, pour l’instant, est silencieuse. Quel est le poids de l’opinion publique dans ce conflit ? Extrêmement lourd : l’opinion publique est en phase avec ce qu’elle a choisi il y a six mois lors des élections. On le voit dans les enquêtes d’opinion : la réforme est largement approuvée. Je pense que les syndicats ont compris que, si le conflit dure, l’exaspération de millions de Français pourrait finir par se faire entendre. 59% des Français se déclarent du côté de Nicolas Sarkozy et du gouvernement face au mouvement des cheminots SNCF et RATP, selon un sondage LH2 publié ce matin dans Libération.35% des sondés soutiennent les grévistes. B. GUAY/AFP A l’inverse, ceux qui choisissent de retarder leur départ en retraite devraient voir leurs revenus augmenter. Dernier point : pour tous les salariés, l’évolution du montant de la pension sera, à partir du 1 er janvier 2009, indexée sur les prix et non plus sur les salaires, comme c’est le cas aujourd’hui. Pour Xavier Bertrand, le ministre du Travail, ces trois principaux éléments de la loi sur la réforme des régimes spéciaux « ne sont pas négociables ». Les sept grands régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF, GDF, Comédie-Française, Opéra de Paris et clercs de notaires) concernent 1,1 million de retraités et plus de 500 000 actifs. Ils représenteraient un engagement d’environ 300 milliards d’euros. Ce volume est financé à hauteur de 41% par les salariés des régimes concernés. Les 59% restants reposent sur les efforts des salariés des autres régimes qui, en majorité, cotisent 40 ans. Ce mécanisme explique en partie pourquoi une majorité des Français souhaite un alignement de tous les régimes. « Le gouvernement a les cartes en main » Didier Le Reste, secrétaire général de la CGT-Cheminots. Cette réforme est-elle indispensable ? Je ne sais pas pourquoi elle serait indispensable. Je suis pour une égalité face à la retraite, mais aligner tout le monde vers le bas, je suis contre. Or, si les choses devaient rester en l’état, si la réforme devait être mise en œuvre, on pourrait perdre un à deux mois de retraite par an. Le gouvernement peut-il être contraint de reculer sous la pression de la rue ? Il ne nous reste que cela pour que le gouvernement entende mieux ce qu’il n’a pas entendu le 18 octobre. Il s’agissait d’un coup de semonce et on a été cohérents, responsables. On ne s’est pas engagés directement dans un mouvement reconductible. Il appartient maintenant au gouvernement que le mouvement ne s’éternise pas. Cheminots, énergie, étudiants se mobilisent, le mouvement peut-il se généraliser ? Le gouvernement a les cartes en main. Il sait que le mouvement sera fort à la SNCF et qu’il sera rejoint par des agents de la RATP, du secteur de l’énergie, peut-être d’autres. S’il prend la responsabilité que ces mouvements se connectent, c’est un choix politique. Quel est le poids de l’opinion publique dans ce conflit ? Il est toujours très important. L’opinion publique a bougé depuis 1995. Tout le monde n’est pas derrière nous. Mais l’opinion publique est versatile, ballottée parce qu’on est dans la dictature des sondages, c’est pourquoi nous avons distribué des milliers de tracts pour expliquer la situation. Nous ne vivons pas dans une bulle à la SNCF, mais nous sommes contraints d’en arriver là.
DOMINIQUE FAGET/AFP www.directsoir.net UNIVERSITÉS Le mouvement étudiant se poursuit ■ Une cinquantaine d’assemblées générales se tiendront cette semaine dans les universités, dont sept prévues aujourd’hui et cinq demain. En question : la poursuite ou non du mouvement amorcé il y a deux semaines par le Collectif étudiant contre l’autonomie des universités (Cecau). Cette organisation, minoritaire, demande l’abrogation de la loi Pécresse. Hier, comme vendredi, treize universités étaient bloquées, mais un nombre très important d’étudiants avait participé aux AG, Nicolas Sarkozy et le président du parlement européen, Hans-Gert Pöttering, à Strasbourg, ce matin. JUSTICE Deuxième jour du procès Colonna ■ Au deuxième jour du procès d’Yvan Colonna, accusé du meurtre du préfet Claude Erignac, la Cour du tribunal spécial de Paris doit entendre la famille et les proches du présumé coupable pour procéder à une étude de personnalité. Hier, la veuve du préfet assassiné en 1998, Dominique Erignac, a déclaré « être sûre » qu’Yvan Colonna était l’assassin de son mari et attend « qu’il dise la vérité ». Il est présenté comme celui qui, au sein d’un groupe de six hommes, aurait tiré sur le plus haut représentant de l’Etat en Corse. Pour l’instant, l’accusation ne dispose pas d’éléments matériels ni de témoins oculaires contre le berger de Cargèse. La défense devrait en profiter pour critiquer les errements de l’enquête et de certains policiers En bref accusés d’avoir fait pression sur les membres du commando, ce qui aurait abouti à la désignation d’Yvan Colonna comme le tireur. Quatre d’entre eux avaient désigné Colonna comme l’auteur des coups de feu, avant de se rétracter en expliquant leurs dénonciations par des « pressions » policières. La Cour doit entendre Claude Guéant, actuel secrétaire général de l’Elysée, à la demande de la défense. Il devrait s’expliquer sur la récente convocation de Roger Marion, l’ancien chef de la Division nationale antiterroriste (DNAT), à qui il aurait demandé de ne pas s’étendre sur les rivalités entre services de police qui ont miné l’enquête. Yvan Colonna devrait s’exprimer demain devant la Cour. FAIT DIVERS. Des gens du voyage, basés dans l’Oise, ont donné l’alerte après que des individus leur ont proposé d’acheter deux nourrissons pour 10 000 euros chacun. Une enquête est ouverte. ❚ ÉCONOMIE. Les billets d’Air France seront plus chers à partir du 15 novembre. La compagnie française répercutera sur les vols long et moyen-courriers l’augmentation du prix des carburants. ❚ PROCÈS. Dix-neuf collectionneurs d’armes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Riom (Puy-de-Dôme), pour détention illégale d’armes de guerre. Chez l’un d’entre eux, les gendarmes ont trouvé près de trente tonnes de munitions récupérées sur des champs de bataille du Pas-de-Calais. selon l’Unef (majoritaire). Sur le campus de Nanterre, des échauffourées ont opposé des étudiants aux forces de l’ordre, et la poursuite du blocus a été difficilement votée du fait d’une mobilisation grandissante des étudiants hostiles au blocage. Par ailleurs, l’Unef, qui ne réclame pas l’abrogation de la loi, demande aux étudiants de se joindre aux manifestations de demain. L’appel à bloquer les gares, lancé dimanche par le Cecau, a été rejeté par la CGT- Cheminots et FO, qui ont invoqué des raisons de sécurité. L’ACTU FRANCE 3 PARLEMENT EUROPÉEN Assemblée générale à l’université Paris X Nanterre. Nicolas Sarkozy devant les députés à Strasbourg ■ Avant de faire face à sa première grande crise sociale depuis son élection, Nicolas Sarkozy devait se rendre aujourd’hui à Strasbourg où s’est ouverte, hier en fin de journée, la session plénière mensuelle du parlement européen. Le chef de l’Etat devrait évoquer, au cours d’un discours devant les députés, sa vision de l’Europe et revenir sur les priorités de la présidence française de l’Union européenne, qui débutera le 1 er juillet prochain. La protection des sols, la limitation des émissions de CO 2 des avions, la libre circulation et la résidence des citoyens au sein de l’Union européenne feront également partie des thèmes abordés par les membres du Parlement. Nicolas Sarkozy devrait profiter de sa visite pour s’entretenir avec l’Allemand Hans-Gert Pöttering, président du Parlement, ainsi qu’avec les membres de la conférence des Présidents. M. BUREAU/AFP



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