Direct Soir n°213 2 oct 2007
Direct Soir n°213 2 oct 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°213 de 2 oct 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Aung San Suu Kyi

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°213/Mardi 2 octobre 2007 6 EN COUVERTURE ELLE INCARNE À ELLE SEULE LA RÉSISTANCE PACIFIQUE DE TOUT UN PEUPLE CONTRE UN RÉGIME AUTORITAIRE. AUNG SAN SUU KYI A PASSÉ 11 LES 15 DERNIÈRES ANNÉES DE SA VIE EN DÉTENTION POUR SON OPPOSITION À LA JUNTE BIRMANE. L’ÉMISSAIRE SPÉCIAL DES NATIONS UNIES A RENCONTRÉ DIMANCHE LE PRIX NOBEL DE LA PAIX. AUNG SAN SUU KYI La résistante S. DANIEL/GAMMA
J. SAMAD/AFP www.directsoir.net Ce sont les moines bouddhistes qui incarnent aujourd’hui la révolution safran qui agite la Birmanie. Mais derrière eux, la frêle silhouette d’Aung San Suu Kyi – l’opposante de toujours – demeure présente à l’esprit de tous. Notamment à celui de la junte birmane qui a immédiatement renforcé sa surveillance sur cette femme aussi pacifique que dangereuse pour la dictature. A Rangoun, le règne de la peur fait son effet : dans les rues, en lieu et place des dizaines de milliers de manifestants, des militaires défilent. Pour obliger la population à rester chez elle, 20 000 soldats auraient été déployés dans la ville ce week-end, selon des diplomates asiatiques. L’émissaire spécial des Nations unies, Ibrahim Gambari, est arrivé samedi. Le matin même, la police s’affairait dans le quartier de son hôtel, arrêtant toute personne qui aurait tenté de se rassembler. Le diplomate est venu présenter les appels internationaux à cesser la répression violente contre les manifestations prodémocratiques. Il a pu rencontrer aujourd’hui à Naypyitaw le chef de la junte militaire, le général Than Shwe. Ce rendez-vous avait déjà été repoussé à plusieurs reprises : Ibrahim Gambari devait rencontrer les chefs du pouvoir miliaire hier mais avait été convié à assister à un séminaire sur les relations entre l’Union européenne et l’Asie du Sud-Est… Au lendemain de son arrivée, il a tout de même pu s’entretenir avec le prix Nobel de la paix birman dont le sort suscite l’inquiétude du monde entier. Une conversation d’une heure dont rien n’a filtré. Cette rencontre a eu lieu à proximité de l’hôtel de l’émissaire nigérian, alors qu’habituellement la « dame de Rangoun » est assignée à résidence. Mardi dernier, des moines qui manifestaient s’étaient approchés de sa demeure, Aung San Suu Kyi avait alors accouru en pleurs pour les saluer. Depuis, tout le quartier est barricadé. Mais son geste a donné du courage à d’autres opposants au régime qui sont venus rejoindre la marée safran. LA RÉVOLUTION SAFRAN Jusqu’à 100 000 personnes par jour ont défilé dans les rues de Rangoun pour protester contre l’augmentation du coût de la vie, liée à une hausse du prix du carburant en août. La junte militaire n’avait alors pas réagi contre ce mouvement mené par les moines bouddhistes, puis peu à peu, a commencé à le réprimer. Un couvre-feu a été instauré dans les principales villes et les militaires sont intervenus contre les manifestants. Officiellement 13 personnes, dont un journaliste japonais, ont trouvé la mort dans ces affrontements. Mais le Premier ministre britannique, Gordon Brown, ainsi que plusieurs diplomates considèrent que le nombre de tués est sans doute nettement plus important. Sur place, des rafles ont frappé l’opposition. Plusieurs organisations non gouvernementales ont tiré la sonnette d’alarme. La Commission asiatique des droits de l’homme a assuré qu’« au moins 700 moines et 500 civils étaient présumés avoir été interpellés et conduits dans des endroitsinconnus la semaine passée ». Parmi les disparus, des membres de la LND (Ligue nationale pour la démocratie), le parti d’Aung San Suu Kyi. Son combat pour un changement de régime, entamé il y a presque 20 ans, est toujours d’une dramatique actualité. LA RÉSISTANCE POUR HÉRITAGE Née en 1945 à Rangoun, Aung San Suu Kyi n’a que deux ans lorsque son père, Aung San, héros de l’indépendance EN COUVERTURE 7 Le pouvoir birman reprend peu à peu la main dans les principales villes du pays. Ce mouvement de contestation, inégalé depuis 20 ans, a été réprimé par la force. Selon le dernier bilan officiel, 13 personnes au moins ont été tuées, mais les ONG parlent de milliers d’arrestations de moines et de partisans d’Aung San Suu Kyi. Des moines bouddhistes portant drapeaux et portraits de Aung San Suu Kyi, devant l’ambassade de Birmanie à New Delhi (Inde), hier. « Son combat entamé il y a presque 20 ans est toujours d’une dramatique actualité. » birmane, est assassiné. A cette même époque, sa mère, Daw Khin Kyi, commence à s’impliquer dans la vie politique du pays, reprenant ainsi le flambeau de son mari. Ceci la conduit, en 1960, à être nommée ambassadrice à New Delhi (Inde). La jeune Suu Kyi, alors sur les bancs de l’école anglaise catholique de Birmanie, l’y rejoint afin de terminer ses études secondaires. Brillante élève, elle part ensuite pour la Grande-Bretagne où elle entame un cursus de philosophie, d’économie et de sciences politiques au St Hugh’s College d’Oxford, de 1964 à 1967. Elle y fait la connaissance de son futur époux, Michael Aris, spécialisé dans l’étude des civilisations tibétaines. En 1969, elle traverse l’Atlantique et s’installe à New York où elle devient secrétaire assistante du Comité des questions administratives et budgétaires des Nations unies. De retour à Londres en 1972, elle se marie et donne naissance un an plus tard à son premier enfant, Alexander. En 1977, c’est au tour de Kim, son deuxième fils, de naître. Pour museler l’opposition birmane, les autorités auraient déconnecté samedi dernier le câble sous-marin qui permettait aux Birmans d’accéder à Internet. LE RETOUR EN BIRMANIE Jusque-là, Suu Kyi mène une vie d’universitaire et de mère ordinaire. Son existence bascule un peu par hasard, en 1988. En avril de cette année-là, elle décide d’interrompre une thèse de doctorat à l’Ecole des études africaines et orientales de Londres pour se rendre au chevet de sa mère, en Birmanie. Ce qu’elle ignore à cet instant, c’est qu’elle n’en repartira plus. Lorsqu’elle pose le pied à Rangoun, Ne Win, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1962, vit ses derniers jours à la tête du pouvoir. Excédée par plus de 40ans d’autoritarisme et de gabegie financière, la population exprime sa lassitude et manifeste dans les rues pour réclamer davantage de démocratie. Le 23 juillet, le vieux général est contraint de démissionner. Toutefois, l’armée n’est toujours pas prête à partager le pouvoir. Les protestations, qui se sont amplifiées après le départ de l’ex-dictateur, sont sévèrement réprimées. L’ENTRÉE EN RÉSISTANCE C’est en cette période de troubles qu’Aung San Suu Kyi fait son entrée en politique. Héritière d’un nom lourd de symboles, elle devient vite l’une des figures de l’opposition à la junte militaire. Début août, elle prend la parole au cours d’un rassemblement dans la capitale birmane et manifeste son opposition. Cette crise nationale aurait pu être qualifiée de seconde lutte pour l’indépendance. Un mois plus tard, le State Law RAVEENDRAN/AFP



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