Direct Soir n°210 27 sep 2007
Direct Soir n°210 27 sep 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°210 de 27 sep 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,3 Mo

  • Dans ce numéro : Jodie Foster une star en liberté

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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J.SASSIER/GALLIMARD M.SIDIBÉ Directsoir N°210/Jeudi 27 septembre 2007 14 CULTURE ROMAN Le melting-pot de Zadie Smith Avec « De la beauté », la jeune star des lettres anglaises Zadie Smith offre un nouveau melting-pot littéraire qui traite du métissage, culturel ou social. La jeune prodige de la littérature anglaise vient de publier De la beauté. Que Zadie Smith avoue dans le préambule de De la beauté qu’elle s’est fortement inspirée d’un roman datant de 1910 pouvait susciter quelques inquiétudes. A 31 ans, Zadie serait-elle déjà dans le rétro ? Ses lecteurs peuvent être rassurés : cette jeune Anglaise aux origines jamaïcaines, après des débuts fracassants en 2000 avec son premier roman, Sourires de loup, reste l’un des auteurs les plus ancrés dans son époque. Zadie Smith reprend ici la trame sur l’opposition des classes de Howard End (d’E.M Forster), mais l’actualise complètement. Elle nous présente deux familles multi-ethniques antagonistes : les très progressistes Belsey et les ultra-conservateurs Un cliché de Malick Sidibé. TOP DES TOPS DR 1 La vengeance dans la peau Paramount Pictures France jkle Kipps.A partir de ce clivage, l’écrivain orchestre un chassé-croisé entre les membres des deux clans. Zadie Smith confirme ainsi qu’elle excelle toujours en matière de métissage littéraire, brassant généreusement les couleurs de peau, les classes sociales, les idées politiques, les continents… Mixité également du côté du langage : l’auteur traduit avec la même facilité le discours souvent pompeux des universitaires et l’argot des rues. Sur un mode tragi-comique, cette fiction parle à la fois de l’état du monde et de l’intime, avec une belle réflexion sur la beauté, la famille et l’amour. De la beauté, de Zadie Smith, Gallimard, 545 p., 23,50 €. EXPOSITION Roger Parry, au-delà du photographe ■ Trente ans après la disparition de Roger Parry, le Jeu de Paume lui rend hommage. Photoreporter, illustrateur, iconographe, l’homme avait de nombreux talents. Au total, deux centsépreuves originales retracent son travail pour le monde des éditions. Si Roger Parry s’impose rapidement sur la scène photographique, l’artiste, dès les années 1930, met en page des écrits littéraires pour les éditions Gallimard et son ami André Malraux. Il illustre aussi bien des ouvrages documentaires que des livres d’art ou policiers. Parmi eux : Banalité (Léon-Paul Fargue), La condition humaine (André Malraux) ou la collection « Détective ». A travers ses affichettes, ses maquettes de livres et ses documents, on découvre le sensibilité et l’intelligence de l’artiste. Surimpression, montage, coup de crayon incisif : Roger Parry a imposé un style unique. Roger Parry, jusqu’au 18 novembre au Jeu de Paume. Hôtel de Sully, 62, rue Saint-Antoine, Paris 4 e, (01 42 74 47 75). Images intimes d’Afrique de l’ouest EXPOSITION THÉÂTRE ■ Familles, fêtes et rituels : Malick Sidibé fixe sur la pellicule le quotidien de son village natal. C’est sur cette terre, située dans la région de Wassolo, proche de la Guinée, qu’il puise son inspiration. L’exposition présente une vingtaine de ses clichés – noir et blanc ou couleur – pris entre 1960 et 2000 et jamais exposés auparavant. Au mois de juin, la 52 e Biennale d’art contemporain de Venise a décerné un Lion d’or à ce talentueux photographe pour l’ensemble de sa carrière. Mon village, jusqu’au 27 octobre, galerie Claude Samuel, 69, av. Daumesnil, Paris 12 e (01 53 17 01 11). 2 L’invité Europacorp Distribution Ratatouille Walt Disney Studios Motion Roger Parry, Sans titre, 1930. 3 4 5 28 semaines plus tard 20th Century Fox La dernière Légion Quinta Distribution jkle jkle jkle jkle Invité de marque. Avec près d’un million d’entrées cumulées, le dernier volet de la trilogie Jason Bourne trône une deuxième semaine au sommet du box-office. En deuxième position, faites entrer L’invité : le trio de choc Daniel Auteuil, Valérie Lemercier et Thierry Lhermitte nous embarquent dans une comédie à la française comme on les aime. R. PARRY/MINISTÈRE DE LA CULTURE, FRANCE Légende : (e) nouvelle entrée - Source : www.box-office.com Hommes, femmes, mode d’emploi ■ Après avoir produit la pièce adaptée du best-seller de John Gray (Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus) qui se joue jusqu’à la fin de l’année au Grand Gymnase, Cartouche varie sur le même thème, dans un one-man show désopilant qui épingle travers féminins et lâcheté masculine. Cartouche, Les femmes sont des hommes comme les autres ! Jusqu’au 12 octobre 2007 au Théâtre Trévise, 14, rue de Trévise, Paris 9 e, (01 48 65 97 90). LIVRE Dada est partout ■ « Lecteur, décrasse-toi le cerveau ! ». C’est en ces termes que l’ouvrage de Rudolf Kuenzli, respectant l’insolence du maître Tristan Tzara, ouvre le bal du dadaïsme. Avec Dada, l’auteur retrace les grandes heures de ce courant provocateur, né en 1916 à Zurich. De ses racines à ses influences sur le pop art (le minimalisme et l’art conceptuel pour ne citer qu’eux), ce mouvement a su bouleverser la conception du beau et les dogmes artistiques. De la Suisse à Berlin, de Paris au Japon, toute l’histoire du dadaïsme se raconte à travers ses artistes : Marcel Duchamp, Max Ernst, Murayama Tomoyoshi… Leurs œuvres témoignent d’une énergie révolutionnaire et d’une volonté d’en découdre avec les canons de l’art. Dada, de Rudolf Kuenzli, Phaidon, 47,45 €. DR PAUCE
BADI-FTW/STARFACE www.directsoir.net Sa vie est un enfer Vingt-et-un ans après « Le déclin de l’empire américain », Denys Arcand propose « L’âge des ténèbres ». L’histoire de Jean-Marc Leblanc, fonctionnaire routinier, qui multiplie rêves et fantasmes pour oublier que sa vie est un enfer. Rencontre avec le réalisateur. Quel est le lien entre Le déclin de l’empire américain, Les invasions barbares et ce dernier film ? Denis Arcand : On ne fait pas les films qu’on veut, on fait les films qu’on peut… L’inspiration est très aléatoire. On me parle d’une trilogie, mais en fait, à chaque fois, je parle de moi. Pour le Déclin de l’empire américain, j’avais 45 ans, j’étais en plein divorce.Vingt ans plus tard, je voulais parler d’un homme qui allait mourir, je voulais de la douceur, de l’amitié, et je me suis rappelé les personnages du début. J’ai réalisé Les Invasions barbares.A chaque fois, je n’ai jamais de « plan » dès le début. Comment faites-vous pour traiter des sujets si graves avec tant d’humour ? D. A. : C’est mon style, ma façon d’écrire. Je ne me dis pas : « quelle histoire sinistre ! je vais y mettre de l’humour pour la rendre agréable » ! Où allez-vous chercher ces situations absurdes ? D. A. : J’ai réellement entendu qu’une somme considérable allait être allouée au bâtiment du gouvernement du Québec pour conformer les lieux à des exigences feng-shui.Toutes les histoires de ce film sont vraies. Fantasmes québécois DR Votre personnage principal rêve pour s’échapper de son quotidien. Est-ce dangereux ? D. A. : Oui, car ce n’est pas la solution ! La solution, ce n’est pas de rêver à Diane Kruger. D’ailleurs, Diane Kruger est à New York, et elle tourne un film, elle ne viendra jamais dans votre banlieue pour vous aider ! Il faut trouver quelqu’un d’autre, proche de vous. Et pareillement, aucune journaliste n’a jamais enlevé sa petite culotte à la fin d’une interview ! Ce n’est pas comme ça que ça se passe dans la vie. Vous-même avez-vous des fantasmes ? D. A. : Quand j’étais jeune, à 20 ans, j’en avais. Si j’en avais encore à mon âge, ce serait grave… Rufus Wainwright fait une apparition dans votre film… Pourquoi lui, qui est un chanteur peu connu ? D. A. : Il chante magnifiquement bien, il est exceptionnel dans le film. Je suis fou d’opéra, et je voulais deux airs d’opéras obscurs du XIX e siècle. Mais je n’aime pas les voix d’opéra. Je voulais un chanteur pop capable de chanter un opéra. Votre film oscille toujours entre réalité et fantastique. N’avez-vous pas eu peur de vous perdre ? D. A. : Je n’ai plus jamais peur : c’est le seul avantage de l’âge. ■ Quand Jean-Marc Leblanc ne veut plus affronter le quotidien, il rêve. Jusqu’à se rendre compte qu’il doit, comme chaque humain, vivre sa vie. Si chaque film de Denys Arcand est un objet unique, les points de ressemblance s’accumulent. Au premier rang, la perte des illusions de jeunesse qui parsèment son œuvre. Dans L’âge des ténèbres, il n’y a pas, comme dans Les invasions barbares ou Le déclin de l’empire américain, une bande d’amis solidaires. Jean- Marc Leblanc (Marc Labrèche) est bien seul. Pourtant il a une femme, l’une des meilleures agents immobiliers du pays, et deux filles adolescentes à qui il ne parle jamais. Sa vie familiale est visiblement un désastre. Alors il fantasme. Diane Kruger, magnifique blonde, lui rend de fréquentes visites, dans son cabanon au fond du jardin ou sous la douche. Emma de Caunes est une journaliste nymphomane, trop contente de se donner à un Jean-Marc Leblanc politicien ou artiste. Au travail, même topo.Après son heure et demie de transport journalier, il subit le poids d’une chef détestable et écoute toute la journée des gens « encore moins bien foutus qu’lui ». Dans le Québec de Denys Arcand, les aberrations sont nombreuses. Il y a, par exemple, dans les locaux du gouvernement québécois, des déplacements de murs pour respecter les lois feng-shui, des cours de rire, et des lois loufoques (on ne peut plus dire les mots « nain » ou « nègre »). La première partie fait passer le spectateur du rire à la stupéfaction, et pose les fondations d’une histoire moderne savamment construite. Puis la solitude du héros l’amène à rencontrer une jeune femme qui s’est plongée dans un rêve éveillé, une reconstitution de vie médiévale, avec costumes, combats et comportements sociaux ad hoc. Un choix de vie qui ne lui conviendra pas non plus. Moins tenue, moins convaincante, la fin emmène Jean-Marc vers une autre fuite, en forme d’ode à la simplicité. Dans L’âge des ténèbres, les femmes peuplent la vie de Jean-Marc Leblanc. DVD ■ Tout ce qui intéressait John Cassavetes, c’était l’amour. Dans Minnie and Moskowitz, le réalisateur new-yorkais conte l’histoire de deux personnages qui finiront par s’aimer. Minnie Moore est une intellectuelle sophistiquée et raffinée, travaillant dans un muséum, tandis que Seymour Moskowitz est un beatnik vieillissant qui gare des voitures. C’est la solitude qui rapprochera ces deux âmes perdues ; grâce à leur relation et leur passion réciproque pour Humphrey Bogart, elles trouveront l’équilibre et l’amour. Minnie and Moskowitz, tourné un an après Husbands, paraît pour la première fois en DVD. Minnie and Moskowitz (Ainsi va l’amour), de John Cassavetes, éd. mk2 Editions, 33 €. CULTURE « Minnie and Moskowitz » : le feu et la glace Comment John Cassavetes fait naître un amour improbable entre une femme et un homme que tout oppose. 15 CINÉMA DR



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