Direct Soir n°175 21 jun 2007
Direct Soir n°175 21 jun 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°175 de 21 jun 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2 Mo

  • Dans ce numéro : Olivia Ruiz « la femme chocolat » fait fondre le public

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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FLORE-AEL SURUN/TENDANCE FLOUE ADAGP, PARIS 2007 Directsoir N°175/Jeudi 21 juin 2007 14 CULTURE LITTÉRATURE PHOTO Des Canadiens La poésie du XXI Des troubadours aux slammeurs, la poésie a traversé les siècles. Elle s’est adaptée, transformée, mais elle a conservé sa quintessence, au-delà de toutes contraintes d’espace et de temps. Zoom sur un art évolutif. A partir d’aujourd’hui, le Marché de la poésie reprend possession de la place Saint-Sulpice, pour quatre jours. Un événement reconduit depuis vingt-cinq ans, qui permet aux amateurs et aux professionnels de se rencontrer autour d’un art ancestral, toujours en profonde mutation. Si les règles qui régissaient la poésie classique ont quasiment disparu aujourd’hui, les thèmes de prédilection demeurent axés sur les grandes problématiques de l’humanité. Selon Jacques Rancourt, directeur de la revue EXPOSITION Développement pictural Quand j’étais petit, je ne faisais pas grand, 2006. Acrylique sur toile sur bois. 64 x 276 cm. Atelier de l’artiste. TOP DES TOPS DR 1 SHREK LE TROISIÈME PARAMOUNT (e) jkle La traductière et poète lui-même, « l’amour, la mort, la nostalgie, la quête du bonheur et de l’absolu restent les sources d’inspiration majeures des poètes. C’est la sensibilité qui s’est métamorphosée en suivant les transformations liées à la vie contemporaine. » La poésie classique et même moderne servaient autrefois de support à l’expression des sentiments, or notre siècle est celui de la communication poussée à l’extrême. La poésie du XXI e siècle est donc plus épurée et plus tempérée. En ce qui concerne la forme, depuis Arthur Rimbaud, le vers libre est la dominante usitée. Ecrire en alexandrins, en respectant scrupuleusement des schémas de rimes peut sembler difficile : c’est pourtant considéré de nos jours comme une sorte de « harnais de sécurité » anti-créativité. Jacques Rancourt insiste sur la nécessité de prendre des risques dans le processus de recherche poétique, puisque c’est de cette insécurité que naît la profondeur et l’intérêt des poèmes. « Il est trop tôt pour définir la poésie actuelle. On peut en revanche dire qu’elle est très ouverte et en pleine recomposition », dit-il, avant d’ajouter à propos du slam, que « ce n’est pas une dérive de la poésie, mais un passage. Le mouvement est encore jeune, des poussières d’étoiles vont retomber, mais cet échec est nécessaire à l’évolution de la poésie. » 25 e Marché de la poésie, jusqu’au 24 juin (http://poesie.evous.fr). 30 e Festival francoanglais de poésie, jusqu’au 31 août (www.festrad.com). Grand slam de poésie, du 26 au 30 juin à Bobigny, (01 42 06 92 08). 30 e foire de Saint-Germain, jusqu’au 8 juillet (www.foiresaintgermain.org). ARTS s’exposent à Nice ■ Après des photographes allemands et brésiliens, c’est au tour de neuf Canadiens d’investir le Théâtre de la Photographie et de l’image de Nice. Serge Clément est l’un d’entre eux. Ce natif de Valleyfield au Québec, a commencé sa carrière photographique dans les années soixante-dix. Il regroupe dans un livre et une exposition de nombreux clichés pris au cours de ses voyages en Amérique et en Europe. Des photos qui font davantage appel à l’émotion qu’à la description, avec une certaine obsession du reflet. Selon lui : « dans les reflets, il y a une espèce de compression d’espace. On peut lire l’intérieur et l’extérieur en simultané. C’est propre au photographe que d’essayer de lire le monde en même temps qu’il cherche à faire des photos. » Enfants de Cartier, photographie canadienne contemporaine, jusqu’au 26 août. Théâtre de la Photographie et de l’image, 27, bd Dubouchage, Nice. Tél. : 04 97 13 42 20. Catalogue de Serge Clément, Courants Contre-Courant, éditions Merval. ■ Sur le principe du « blow-up », François Morellet inaugure un nouveau concept d’exposition. Il reprend onze de ses œuvres réalisées en 1952 et en fait des doubles, près de cinquante ans plus tard, qu’il présente au Musée d’art moderne de la Ville de Paris. Mais les dimensions de ces répliques sont multipliées par quatre. « La répétition », motif déjà présent à l’intérieur de la peinture de l’artiste, est ainsi reprise à une échelle supérieure, de tableau en tableau. François Morellet, Blow-up 1952-2007, jusqu’au 16 septembre. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 11, avenue du Président Wilson, Paris 16e. Tél. : 01 53 67 40 00. 2 PIRATE DES CARAÏBES 3 BUENA VISTA (-) DIALOGUE AVEC MON JARDINIER STUDIOCANAL (-) Group effect, d’Elena Willis. 3 4 5 BANDE DE SAUVAGES BUENA VISTA (e) jkle jkle jkle jkle BOULEVARD DE LA MORT TFM (-) Jamais deux sans trois. L’année 2007 porte bonheur aux trilogies : après Spider-Man 3, Pirate des Caraïbes 3, c’est au tour de Shrek le troisième d’occuper à la place d’honneur du box-office. Ces trois films ont réalisé plus d’1,5 million d’entrées dès leur semaine de sortie. Au chapitre des nouvelles entrées Bande de sauvages, une comédie avec John Travolta s’immisce en 4 e position. Légende : (e) nouvelle entrée - Source : www.cbo-boxoffice.com ELENA WILLIS M. FRANCK/MAGNUM THÉÂTRE La troupe Appellation théâtre contrôlée joue Tchekhov. Trois couples en Russie ■ Tchekhov les appelait des « plaisanteries ». Une demande en mariage, Tragédien malgré lui et L’ours forment un triptyque sur le couple, grinçant et comique. La compagnie Appellation théâtre contrôlée s’installe au Lucernaire afin de nous réjouir de ces petits joyaux férocement drôles et ciselés avec génie, par un des grands maîtres du théâtre russe. L’ours, jusqu’au 15 septembre. Théâtre du Lucernaire, Paris 6e. Tél. : 01 45 44 57 34. LIVRE L’émotion et l’intégrité des photos de Martine Franck ■ Depuis trente-cinq ans, Martine Franck, épouse d’Henri Cartier- Bresson, armée de son fidèle Leica, impose ses images noir et blanc. Les éditions Phaidon font paraître une monographie de cinquante-cinq photographies de cette photo-reporter qui a rejoint les rangs de l’agence Magnum en 1983. Connue pour son attachement aux communautés isolées et aux marginaux, elle envisage son travail comme un témoignage de son époque. L’influence de ses études en histoire de l’art se fait ressentir dans le rendu soigné et géométrique des paysages. Mue par une curiosité pour ses contemporains, la photographe réalise des « portraits attendris » d’où se dégagent émotion et compassion. Martine Franck, de Louise Baring, éditions Phaidon, 128 pages, 24,95 €. DR DR
P.CHANTIER www.directsoir.net Jean-Paul Darroussin et Marie Gillain. Fragile(s) est le deuxième long-métrage de Martin Valente après Les amateurs, comédie qui avait, en 2002, réuni le duo Lorant Deutsch et Jalil Lespert. 15 Fragiles, mais pas seuls ★★★★★ Le film choral « Fragile(s) » suit le destin de six personnages qui se retrouvent dans une impasse existentielle. Genre magnifié par Robert Altman (Short Cuts) ou Paul Thomas Anderson (Magnolia), le film choral semble à la mode dans le cinéma français. Après Selon Charlie de Nicole Garcia, Fauteuils d’orchestre de Danièle Thompson, Cœurs d’Alain Resnais ou J’attends quelqu’un du prometteur Jérôme Bonnel, c’est au tour de Martin Valente de s’y essayer. Le principe est connu : les destins de plusieurs personnages s’entrelacent, s’influencent, pour peu à peu révéler des connexions. Le procédé sert généralement à mettre en exergue la solitude et le mal-être des protagonistes. Dès les premières minutes de Fragile(s), marquées par la musique sensible du groupe pop Belle and Sebastian, on comprend que les six héros du film sont dans une impasse existentielle. « Ils ont tous en commun d’être dans un état de fragilité psychologique et ne peuvent plus faire face à ce que la société nous demande aujourd’hui », explique le réalisateur. Le cinéaste sur le déclin (François Berléand), la grand-mère récalcitrante (Caroline Cellier), le pharmacien solitaire (Jean- CULTURE CINÉMA Pierre Darroussin), le policier dont la femme est dans le coma (Jacques Gamblin), la musicienne droguée (Marie Gillain) et la jeune fille qui se croît transparente (Sara Martins) vont se croiser, s’épauler, pour finalement pouvoir avancer à nouveau. Le risque, en multipliant les trames narratives, est de provoquer un déséquilibre entre les différentes histoires. C’est le cas dans Fragile(s). Ici, ce sont les acteurs les plus expérimentés qui concentrent l’attention du spectateur. Interprétant un réalisateur perdu dans un hôtel au Portugal, François Berléand offre un irrésistible numéro de « Droopy » mélancolique, en forme de clin d’œil au placide Bill Murray de Lost in Translation. Jean-Pierre Darroussin a un jeu en retenue pour incarner un homme solitaire, dont le seul but est de fuir toute forme d’émotion. Malgré le manque d’épaisseur de certains personnages et un sentiment de déjà-vu, ce long-métrage peut toucher grâce à l’humilité de son propos et le talent de ses interprètes. Martin Valente signe, pour son deuxième long-métrage, une œuvre qui se veut attachante. Fragile(s), de Martin Valente, en salle.



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