Direct Soir n°148 10 mai 2007
Direct Soir n°148 10 mai 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°148 de 10 mai 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 2,7 Mo

  • Dans ce numéro : L'extravagant Mister Branson

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir N°148/Jeudi 10 mai 2007 6 EN COUVERTURE ENTREPRENEUR RÊVEUR, RICHARD BRANSON EST À LA TÊTE D’UN DES GROUPES BRITANNIQUES LES PLUS INNOVANTS DANS LE MONDE. IL EST PARTI D’UN MAGASIN DE DISQUES POUR CONSTRUIRE UN EMPIRE SUR LEQUEL IL S’APPUIE POUR FINANCER SES AVENTURES, EN BALLON OU DANS L’ESPACE. SIR RICHARD BRANSON IL A GAGNÉ TOUS SES PARIS M. ANZUONI/REUTERS
F. HANSON/PA/ABACA www.directsoir.net Richard Branson lançait, il y a quelques jours, le projet Flick Off, une campagne environnementale qui cherche à sensibiliser les Canadiens sur les conséquences des changements climatiques. Se positionner là où personne ne l’attend, c’est le credo du milliardaire anglais, qui a construit sa fortune seul. Aujourd’hui, la nébuleuse Virgin compte 400 satellites, une organisation qui lui permet de ne consacrer qu’un quart d’heure par jour à la gestion de son groupe, et de passer le reste de son temps à peaufiner ses nouveaux projets : « Je me suis rendu compte que si je m’amusais, l’argent rentrait. » Un état d’esprit plutôt facile à mettre en œuvre lorsqu’on est multimilliardaire. Celui qui avoue n’avoir besoin que d’un « petit-déjeuner, un déjeuner et un dîner » conduit ses affaires en homme libre. Car si le nom de Branson est associé à la marque Virgin, son visage est moins associé au costume trois-pièces qu’à la combinaison d’aventurier, en dirigeable à travers le monde ou préparant un vol spatial. ÉLEVÉ DANS LE DÉFI Le jeune Richard connaît une enfance heureuse dans une famille de la bourgeoisie anglaise. Heureuse, mais peu commune, compte tenu de la conception singulière que sa mère, Eve, a de la pédagogie. Son éducation est faite de défis constants. Agé de 4ans, il est contraint de rentrer seul à pied après une visite chez ses grands-parents. L’année suivante, sa tante fait le pari, pour 10shillings, qu’il ne saura pas nager à l’issue des vacances. Pari qu’il gagne sur la route du retour, imposant à son père d’arrêter la voiture au bord d’une rivière. Plus tard, à 12ans, sa mère le réveille en pleine nuit, lui tend un sac de provisions et l’invite à rejoindre à vélo la ville de Bournemouth, située à 80 kilomètres du domicile familial. Défi relevé, à peine récompensé par un regard satisfait de sa mère, pour qui surmonter les obstacles et refuser l’échec permet de forger la personnalité des enfants. Car l’appétit du gain de Richard Branson s’est toujours accompagné d’un esprit joueur. Gagner de l’argent en s’amusant, cette philosophie ne le quittera jamais. A 12 ans, il monte sa première affaire, profitant des vacances pour planter des graines de sapin. Qu’il ne vendra pas à Noël, car les lapins ont eu raison de son ambition. Premier échec ? Une leçon, plutôt, pour ce mauvais élève, atteint d’une myopie qui accroît sa dyslexie. Il aime peu les études et les délaisse à la fin du lycée pour se consacrer totalement au développement de Student, un magazine culturel étudiant qui devient rapidement le premier du pays. Profitant de ce journal pour vendre des disques par correspondance, puis d’une grève de la poste britannique, pour sédentariser son économie, avec l’ouverture du premier magasin de disque Virgin sur Oxford Street à Londres, Branson crée la société Virgin, nom suggéré par une collaboratrice qui s’exclame : « Nous sommes tous vierges en affaires ! » Avec ses économies, il achète un manoir qu’il transforme en studio d’enregistrement. Il y convie Mike Oldfield, premier artiste signé par la maison de disques Virgin Records. Tubular Bells (1973) est un succès colossal, dans une société anglaise séduite par le mouvement hippie progressif qu’incarne le chanteur. Avec plus de 10 millions d’exemplaires en dix ans, Branson réalise un coup de maître qui assure une rente de situation au groupe Virgin. EN COUVERTURE 7 Un aventurier, rêveur mais réaliste, c’est ainsi qu’il se définit. Aventurier, car Richard Branson s’est constamment lancé des défis, économiques ou scientifiques. Rêveur, car ses décisions semblent prises sur un coup de tête. Réaliste, enfin, quand la maîtrise est dissimulée derrière une attitude très british : décalée mais pragmatique. A lui le plaisir de l’innovation, aux autres la corvée de la gestion Richard Branson est descendu de la 9 e à la 11 e place dans le classement des hommes les plus riches de Grande-Bretagne. Sa fortune est estimée à 4,5 milliards d’euros. Source : DANS LES AIRS Dès le début, Branson adopte une stratégie pragmatique : il fournit ou cautionne les idées, s’investit pleinement dans le projet, puis le confie à des collaborateurs, souvent amis, à qui il octroie une entière maîtrise de la stratégie et, pour mission principale, de maintenir l’affaire, implication motivée par une participation financière dans l’entreprise. Le groupe Virgin est ainsi une nébuleuse de près de 400 entreprises, chacune lancée par Branson, qu’il gère ensuite via quelques coups de fil. A lui le plaisir de l’innovation, aux autres la corvée de la gestion. Une stratégie que l’on comprend encore mieux dans les années 1980, quand il se lance dans l’aviation avec Virgin Atlantic. Jusque-là, Richard Branson s’est contenté des domaines de la musique et des communications. L’annulation d’un vol l’empêche de rentrer de vacances ? Il loue un avion privé et propose aux voyageurs, bloqués comme lui à l’aéroport, de participer à prix coûtant au voyage. En 1984, il extrapole son idée avec Virgin Atlantic Airways dans laquelle il injecte 25 millions de livres sterling. Et s’envole à la conquête de l’intouchable British Airways. LE HIPPIE DES AFFAIRES En 1994, Branson exhibe fièrement une bouteille de boisson gazeuse, aux formes gracieusement inspirées par Pamela Anderson. Virgin Cola s’attaque Richard Branson, père de la première banque de cellules souches à un autre intouchable, Coca-Cola Company. En 1999, il se consacre à la téléphonie portable avec Virgin Mobile. Seul bémol : le rachat d’une partie de l’exploitation ferroviaire anglaise à la British Rail en 1997 est un échec. Branson fait fi des experts économiques qui annoncent les pires prévisions pour chacune de ses nouvelles idées. Car personne ne le prend au sérieux. Mais Branson n’est pas qu’un trublion qui apparaît déguisé en Jamaïquain lorsqu’il baptise une ligne de transport, ou en robe de mariée lorsqu’il inaugure son magasin de vêtements pour mariages à Londres. Pour mener ses projets à bien, Branson sait aussi se séparer d’activités fructueuses dont l’image trop installée risque de nuire à la dynamique de Virgin. En 1988, il revend les magasins Virgin du Royaume-Uni, à l’exception des Megastores, un concept novateur de supermarché de la culture. En 1992, c’est au tour de Virgin Music Group d’être cédé à Thorn EMI pour un milliard de dollars. Peu commun pour un grand groupe de revendre ce qui a fait sa fortune. Il y a un an, Branson revend Virgin Mobile tout en conservant une rente sur l’usage de la marque Virgin et en demeurant le principal actionnaire. Il est aujourd’hui à la tête de quelque 400petites unités dans le monde qui fonctionnent en quasi-autonomie. Le groupe pèse plus de 6 milliards de dollars. Depuis sa rencontre avec Al Gore, ancien vice-président de Bill Clinton, Branson s’est engagé dans la promotion des C. MOLDEN/PA-EMPICS/ABACAPRESS



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