Direct Soir n°121 12 mar 2007
Direct Soir n°121 12 mar 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°121 de 12 mar 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 24

  • Taille du fichier PDF : 1,8 Mo

  • Dans ce numéro : Jacques Chirac au revoir

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Lundi 12 mars 2007 6 ACTU EN COUVERTURE JACQUES CHIRAC/ « Servir autrement » Le président de la République a déclaré hier soir qu’il ne briguerait pas un troisième mandat. Une page politique nationale se tourne. LUDOVIC/REA GUILLAUME ZELLER P.WOJAZER/AFP/POOL/REUTERS Lors de son allocution, hier soir. Les couleurs de la France et de l’Europe en arrière-plan, Jacques Chirac a choisi de privilégier la synthèse, la sobriété et la proximité pour ce discours de départ sur lequel il avait travaillé tout le week-end. L’émotion, cependant, n’était pas absente. S’il a brièvement défendu son bilan, le chef de l’Etat a voulu esquisser la feuille de route de son successeur, rappelant les thèmes qui devront, selon lui, figurer en priorité au prochain agenda présidentiel : la lutte contre l’extrémisme et l’antisémitisme, la relance du chantier européen, la modernisation économique et institutionnelle du pays, l’insertion de la France dans la mondialisation, le développement pour tous, ou encore l’impératif écologique. A titre personnel, il a déclaré vouloir « servir autrement ». Pour l’« animal politique » qu’est Jacques Chirac, forgé par quarante années de carrière, les quelques minutes de son discours furent probablement très denses, « un moment charnel entre lui et les Français », pour reprendre l’expression de Frédéric Salat-Baroux, secrétaire général de l’Elysée. « Pas une minute, je n’ai cessé d’aimer et d’agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j’aime autant que je vous aime », a t-il dit d’une voix enrouée, à la fin de son allocution. L’intervention du président de la République fut symboliquement forte, à défaut d’être surprenante (voir encadrés ci-dessous). Si le 11 janvier dernier, lors de ses vœux à la presse, il évoquait la possibilité d’une nouvelle candidature, plus personne n’imaginait le scénario possible, hormis quelques irréductibles, comme Azouz Begag, ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances, qui l’appelait encore de ses vœux mardi dernier. Pour Nicolas Sarkozy, la situation est transparente et aucune candidature surprise ne devrait plus venir empiéter sur son espace politique d’ici vendredi, date limite du dépôt des parrainages au Conseil constitutionnel. Reste à savoir si Jacques Chirac donnera explicitement son soutien au candidat de l’UMP. « S’agissant des échéances électorales, j’aurai l’occasion d’exprimer mes choix personnels », a précisé hier soir le chef de l’Etat. La question du soutien, ou non, à Nicolas Sarkozy reste la dernière sur laquelle le président de la République peut encore entretenir le suspense et exercer son magistère politique. Pourquoi le retrait de Jacques Chirac n’est pas une surprise Ralliements Les ralliements des chiraquiens les plus fidèles à la candidature de Nicolas Sarkozy au début du mois de janvier furent l’un des signes les plus tangibles du retrait annoncé de Jacques Chirac. Que ce soit celle, très significative, de Jérôme Monod (photo), conseiller fidèle de la présidence et carte de l’UMP n°1, celle d’Alain Juppé, annoncée sur son blog le 9 janvier, ou encore celle de Michèle Alliot-Marie qui n’a renoncé à présenter une « contre-candidature » que le 28 décembre dernier. P.KOVARIK/AFP Nominations Autre signe annonciateur de la décision de Jacques Chirac : les récentes nominations de certains de ses fidèles à des postes clés institutionnels ou économiques, comme celle de Jean-Louis Debré, passé du perchoir de l’Assemblée nationale à la présidence du Conseil constitutionnel, ou encore celle d’Augustin de Romanet, secrétaire général adjoint de l’Elysée jusqu’en octobre 2006, nommé mercredi à la tête de la Caisse des dépôts et consignations après un passage éclair au Crédit Agricole. J.-P. PELISSIER/REUTERS Repères 1932 : naissance à Paris 1967 : député de Corrèze 1972 : ministre de l’Agriculture 1974 : Premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing 1976 : fondateur du RPR 1977 : maire de Paris 1986 : Premier ministre de François Mitterrand 1995 : président de la République 2007 : annonce de son retrait Statu quo international Ceux qui pariaient encore sur une candidature de Jacques Chirac tablaient sur une grande initiative internationale, permettant au Président de reprendre la main. Celle-ci n’est pas venue. Le sommet France-Afrique de Cannes en février dernier ressemblait à une cérémonie d’adieux. L’heure était aussi au bilan vendredi, lors du Conseil européen, au cours duquel Jacques Chirac s’est déclaré « désolé (…) de n’avoir pas fait tout ce qu’il aurait fallu » pour éviter le « non » français au référendum de mai 2005.
www.directsoir.net FRANCE CHIRAC/La classe politique réagit au discours du Président PRISON/Une cellule pour toit h Un lavabo, une cuvette de WC, trois lits métalliques : c’est une cellule de neuf mètres carrés qui a été reconstituée vendredi dernier sur le parvis de l’hôtel de ville de Paris. L’initiative revient au collectif d’associations « Trop c’est trop » qui dénonce depuis janvier 2006 la surpopulation carcérale et lance une campagne de sensibilisation auprès de l’opinion publique. « Nous demandons une place pour un détenu », a déclaré Bernard Bolze, porteparole du collectif. De nombreuses personnalités, des militants et des citoyens vont se relayer pendant un mois, jusqu’au 9 avril, dans cet espace réduit. La romancière Marie Desplechin y est attendue. Selon Pierre Tournier, directeur de recherches au CNRS, près de 60000 personnes sont incarcérées en France et les prisons comptent 10410 détenus de trop. Jacques Chirac est « un Président qui aura incontestablement marqué le pays ». La déclaration du président de l’Assemblée nationale, Patrick Ollier, aurait pu être celle de toute la classe politique française. Tous ont réagi au retrait de Jacques Chirac de la course à un troisième mandat présidentiel. Nicolas Sarkozy a déclaré ce matin avoir été « touché » par sa déclaration. Il a souligné « son énergie extraordinaire » et « sa volonté de surmonter les épreuves », mais a précisé « ne se sentir l’héritier de personne ». Le candidat, a confié Bernard Accoyer, président du groupe UMP à l’Assemblée, a salué en Jacques Chirac « un militant actif et déterminé de la République, dont elle peut être fière ». Le vice-président du parti majoritaire, Jean-Claude Gaudin, voit dans cette allocution, « plus qu’un testament, un carnet de route dans lequel, à l’évidence, Nicolas Sarkozy est aujourd’hui le plus engagé ». Les adversaires de Jacques Chirac ont, pour la plupart, salué la manière dont le Président s’est exprimé. François Bayrou lui a lancé un « coup de chapeau » et Ségolène Royal a souligné la dignité de l’intervention. Mais la candidate PS a rappelé qu’il était « un adversaire politique » et que « la fracture sociale s’est creusée et qu’aujourd’hui il y a plusieurs urgences à relever ». Le Premier secrétaire du parti socialiste François Hollande, s’il a admis « avoir du respect pour la personne », estime « que le bilan qui est le sien, avec cette longue présidence, ne l’autorisait pas à briguer un nouveau mandat ». Pour Marie-George Buffet, candidate communiste, « Jacques Chirac a eu des mots justes pour appeler à rejeter les extrémismes, le racisme et l’antisémitisme. Mais on ne saurait partager l’autosatisfaction dont il a fait preuve sur son bilan ». L’extrême droite, que Jacques Chirac a combattue avec ardeur pendant toute sa carrière politique, a été beaucoup plus dure avec lui. Jean- Marie Le Pen, ennemi de toujours, l’a qualifié de « plus mauvais président de la République de l’Histoire de France », jugeant qu’il a été « le symbole de la corruption politique ». Pour Pilippe h La présence de François Bayrou au deuxième tour est désormais une éventualité. La candidature du centriste a reçu samedi le soutien de Corinne Lepage, présidente de Cap21. En progression régulière depuis la mi-janvier, le candidat de l’UDF égale Ségolène Royal avec 23% des intentions de vote, selon un sondage Ifop publié hier dans Le Journal du Dimanche. Pour enrayer la montée du centriste, la stratégie du PS alterne entre critiques et appels au ralliement. Dominique Strauss- Kahn, qui partage avec François Bayrou une vision social-démocrate de l’économie, a exprimé vendredi son « estime » et son « respect » pour le candidat. Il a refusé de devenir son premier ministre et l’a invité à « rejoindre le pacte présidentiel de Ségolène Royal ». Bertrand Delanoë a jugé hier ce ralliement envisageable. Laurent Fabius est plus distancé : « L’UMP et l’UDF sont deux sœurs fâchées mais jumelles », a-t-il déclaré hier sur Radio J. A droite, Nicolas Sarkozy récuse toute proximité avec le candidat Nicolas Sarkozy à France Inter ce matin. de Villiers, il a « pendant deux mandats successifs, accompagné le déclin de la France ». Si Jacques Chirac a marqué quarante ans de vie politique française, il a aussi laissé son empreinte au-delà des frontières. Le président américain, George W. Bush, avec qui il s’était vivement opposé sur la guerre en Irak, lui a souhaité « ce qu’il y a de meilleur au moment d’entrer dans la vie après la politique ». Le gouvernement du Japon, pays très apprécié de Jacques Chirac, espère qu’il continuera à servir les bonnes relations bilatérales après son départ de l’Elysée. PRÉSIDENTIELLE/Bayrou, trouble-fête du PS et de l’UMP centriste. S’exprimant hier sur Canal+, le président de l’UMP a critiqué une stratégie de « l’immobilisme » qui conduirait « à la crise ». Il n’a cependant pas rejeté l’éventualité de prendre le président de l’UDF comme Premier ministre si ce dernier devait arbitrer la victoire au second tour. Le président de l’UMP a cependant remporté une bataille contre le Béarnais : le ralliement de Simone Veil qui préside son comité de soutien. Gilles de Robien et Jean-Louis Borloo, deux autres figures de l’UDF et membres du gouvernement, ne se sont encore pas prononcés. François Bayrou et Corinne Lepage. D. FAGET/AFP F. FLORIN/AFP ACTU EN BREF Villepin rejoint Sarkozy v Dominique de Villepin a annoncé ce matin, au micro d’Europe 1, son soutien au candidat UMP. « Je suis aujourd’hui avec Nicolas Sarkozy pour défendre les idéaux de notre famille politique », a-t-il déclaré. Le Premier ministre avait annoncé qu’il ne se prononcerait pas en faveur d’un candidat avant que Jacques Chirac ne se soit exprimé sur ses propres intentions. Le juge Burgaud devant le CSM v Fabrice Burgaud est de nouveau convoqué aujourd’hui devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour établir sa responsabilité dans le fiasco judiciaire d’Outreau. L’audition devrait durer deux ou trois heures et se déroulera à huis clos. Il avait déjà été entendu le 23 octobre dernier par deux rapporteurs du CSM. Lancement réussi pour Ariane v L’année commence bien pour le lanceur européen qui a mis sur orbite avec succès deux satellites cette nuit. Ce premier décollage de l’année, le 31 e pour la fusée Ariane 5, a eu lieu à 23h03, après un report de plus de 24h sur l’aire de lancement de Kourou (Guyane). (photo p.3) Le débat sur l’euthanasie relancé v L’infirmière Chantal Chanel et le docteur Laurence Tramois comparaissent jusqu’au 16 mars devant la cour d’assises de Dordogne, pour avoir, en août 2003, aidé à mourir une patiente de 65 ans en phase terminale d’un cancer. Les deux accusées encourent 30 ans de réclusion criminelle. Hier, une manifestation à Paris contre l’euthanasie rassemblait 200 personnes. ALEXANDRE GIRAUD,CHARLOTTE MARSAL,ANTONIN MOSER,XAVIER PLASSON Directsoir t Lundi 12 mars 2007 7



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