Direct Soir n°109 13 fév 2007
Direct Soir n°109 13 fév 2007
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°109 de 13 fév 2007

  • Périodicité : quotidien

  • Editeur : Direct Soir S.A.

  • Format : (210 x 280) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 2,6 Mo

  • Dans ce numéro : Saint-Valentin, vivement demain !

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Directsoir t Mardi 13 février 2007 4 EXCLUSIVITÉ INTERVIEW JEAN-CLAUDE KAUFMANN La grande aventure du couple La Saint-Valentin est une journée festive à laquelle Jean-Claude Kaufmann, dans son livre, Agacements *, oppose le quotidien du couple, rythmé par de petites guerres qui renforcent son identité… jusqu’à la rupture. Quelle est votre définition du couple ? C’est une question compliquée, qui cause beaucoup de soucis aux pauvres statisticiens. Quand commence un couple ? Certains couples vivent dans deux logements séparés, d’autres se rencontrent une fois par an en vacances. Je pense qu’un couple commence quand on partage le quotidien, sans forcément vivre ensemble. Quelle est la formule du couple : 1+1=1 ou 1+1=2 ? Pour moi : 1+1=4 ! L’individu est divisé, il a des agacements. Je prends l’exemple de la femme et du repassage.C’est un exemple sociologique, qui se base sur des statistiques,puisque la femme est responsable du repassage dans 90% des cas.La femme a des agacements à la vue du tas. Pourquoi ces agacements ? Nous avons en nousmêmes un « schéma secret de la bonne place des choses ».Quand les choses ne correspondent pas au schéma secret, nous sommes agacés. Cela provoque une énergie corporelle insoup- çonnée,et tout d’un coup on se met à tout repasser.On appelle aussi cela la « mémoire implicite » : s’il fallait réfléchir à la place de chaque chose, la vie serait un enfer ! Ensuite,l’individu se combine avec un autre, lui-même double : en se combinant, ils obtiennent 1+1=4 ! Les tâches ménagères sont au centre de votre œuvre en général. Sont-elles à l’origine des principales luttes des couples ? Ce ne sont pas des luttes, mais des petits frottements.L’amour peut se combiner avec un peu de haine : « Comment se fait-il qu’il ait cette attitude ? » On parle d’ailleurs des tue-l’amour. Les chaussettes jetées à côté du panier à linge sale sont l’exemple le plus parlant. Le chez-soi est-il le lieu du laisser-aller ou de l’amour ? Il doit être les deux à la fois. Il faut qu’il soit un lieu tout bête où on peut se laisser aller. Le paradoxe est que le partenaire conjugal devient la L’amour peut se combiner avecun peu de haine Repères R. FARIS/CORBIS E. CAHAN/CORBIS J. FOLEY personne pour qui on fait le moins d’effort vestimentaire : on rentre du travail et on enfile un vieux jogging, un vieux peignoir. Ne peut-on donc pas aimer les défauts de l’autre ? Si, mais au début uniquement. Les premiers instants de couple cumulent le plus d’agacements. Mais c’est aussi à ce moment que se mettent en place les mécanismes d’intégration des défauts. On invente la vie à deux. Et puis la routine s’installe. R.FARIS/CORBIS Faut-il crever l’abcès tout de suite ? Il n’y a pas de règle, mais des styles très différents. Certains couples refoulent systématiquement, font mine de ne pas voir, et d’autres sont plus expressifs,cycliques,avec une alternance de petites crises et de retrouvailles chaleureuses. Les crises sont-elles stériles ou bénéfiques pour le couple ? Si vous êtes dans un couple où il n’y a pas de crises,ce n’est pas la peine d’en rajouter.S’il y a une petite crise, c’est normal. La grande question est : le désir renaît-il ? Vous parlez du tube de dentifrice qu’on écrase sans en prendre soin.Cet agacement peut se doubler d’une attitude, comme un sourire satisfait de celui qui énerve. Il devient alors insupportable. Le dentifrice et la brosse à dents sont les premiers objets de l’autre qui entrent dans le domicile conjugal. Jusqu’à quel point faut-il être tolérant ? Le couple est un éloge de la tolérance. Il faut comprendre que l’autre est différent. Lui laisser son espace, oui. Cela permet une respiration. Cela peut aussi devenir trop d’espace. * Agacements, les petites guerres du couple (éditions Armand Colin) La drague Le premier réveil La crise « Il se produit lors de la drague un renversement étrange : on est souvent attiré par des caractères très forts, étrangers à nous, qui peuvent attirer et charmer au début. Le lieu est rarement choisi mais les ambiances festives sont privilégiées. On dit souvent : « Je me lâche ». Il faut être prêt à rentrer dans un voyage. » PROPOS RECUEILLIS PAR BORIS EHRGOTT ET CAROLINE ITHURBIDE AVEC XAVIER PLASSON PROFIL Sociologue, chercheur au CNRS, Jean-Claude Kaufmanna rapidement orienté ses études vers la construction de l’identité, et plus spécialement sur la place de l’individu dans le couple. Il est l’auteur de : ● La trame conjugale (1992) sur la place du linge dans le couple ● Corps de femmes, regards d’hommes (2001) sur la sociologie des seins nus ● La femme seule et le prince charmant (1999) sur le célibat ● Premier matin (2002) : étude des réactions lors du premier réveil « On ne sait pas s’il va y avoir une suite à la première nuit. Beaucoup de choses se jouent dans ces premiers instants : grand amour ou juste pour le jeu. Si c’est une histoire qui doit durer, les premiers gestes vont installer des repères de la vie à deux. » « Il faut d’abord laisser retomber l’ambiance : s’éloigner, changer de pièce. Il y a aussi la thérapie corporelle : un jogging, secouer les assiettes. La parole est absente : on risque de ne pas se comprendre. La crise est normale dans le couple, qui la tourne en dérision pendant les vacances ou à l’apéro. »



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