Chasse Magazine n°4 mai/jun/jui 2016
Chasse Magazine n°4 mai/jun/jui 2016
  • Prix facial : 6,90 €

  • Parution : n°4 de mai/jun/jui 2016

  • Périodicité : bimestriel

  • Editeur : Lafont Presse

  • Format : (220 x 300) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 58,5 Mo

  • Dans ce numéro : technique de chasse à l'approche.

  • Prix de vente (PDF) : 1 €

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DOSSIER/Poils Les armes Il ne s'agit pas de présenter toutes les armes utilisées pour le tir du sanglier en battue. Voici en deux mots les armes les plus courantes employées dans nos battues rurales. Le fusil calibre 12 est polyvalent car il permet le tir du grand et petit gibier. Pour le tir à balle avec un canon "tout gibier" on optera pour un choke lisse, à moins de tirer des projectiles qui acceptent sans risque les canons chokés comme les balles flèches Sauvestre. En matière de carabines, il faut savoir que la mode est au 300 Winchester Magnum. Ce calibre -aux dires de nombreux chasseurs- est trop puissant et ne se justifie que sur les très gros sanglier de 90 kg et plus. En effet, il abime le gibier et n'arrêtera pas net un sanglier touché au ventre. Certains l'ont compris et préfèrent des calibres moins lourds comme le 270 WM, 270 WSM ou encore le 7 x 64. Le calibre 7 x 64 dit "universel" est un calibre magnum très efficace et "propre" sur tous les sangliers et les chevreuils. Des balles de 150 grains ou 9,7 grammes sont suffisantes sur sanglier de tout poids. Avec des balles de 11 grammes, on peut aussi tirer le cerf. En outre, le tir en 7 x 64 est tendu avec une très faible flèche. Une balle de ventre en calibre 300 WM sera moins efficace qu'une balle bien placée dans un calibre inférieur. Le sanglier tué par André à "La Bouchère" a été stoppé net d'une balle d'épaule de calibre 270 WM. Il pesait 121 kg. Un calibre doit être adapté au tir de l'animal. Ainsi, un "416 Rigby" est destiné aux buffles et aux lions et un "700 Nitro Express" est un calibre d'arrêt pour éléphants utilisé par les guides africains. On n'aurait pas idée d'employer des armes aussi puissantes sur le grand gibier européen. Il faut savoir aussi que des calibres comme le 300 WM ou le 9,3 x 62 utilisés pour le tir du 60 - Chasse magazine sanglier sont destinés en Afrique au tir des grandes antilopes, zèbres, lions et léopards. Quant au 7 x 64 il est utilisé pour la chasse du phacochère, notre cousin du sanglier. Conclusion : on n'arrête pas un sanglier avec un calibre puissant mais avec une balle bien placée. Le choix d'une arme de battue Le territoire de chasse étant très dense, les tirs se pratiquent fréquemment à courte distance et fichants (20 mètres en moyenne). Le tir au fusil de calibre 12 est souvent plus efficace dans un petit layon de 2 à 3 mètres de large où le sanglier jaillit comme l'éclair. Le tireur jette la balle derrière lui -sécurité oblige- au "coup de bras", avec un angle de 30°. Un tel tir exige une grande vitesse de réaction, très délicate avec un point rouge qu'il faut "mettre dedans" et presque impossible avec une lunette de visée. Même les très bons tireurs échouent dans ces cas extrêmes. Mais là aussi, il s'agit d'un choix personnel et la théorie ne remplace pas la pratique. Par contre, au delà de 40 mètres, le tir à balle avec un 12 lisse non rayé sera moins précis que le tir à la carabine. Ceux qui utilisent un calibre 12 à canon lisse non rayé doivent cibler sérieusement leur arme pour le tir à balle. En effet, ces armes sont avant tout conçues pour le tir à plombdu petit gibier. Certaines porteront excellemment la balle, d'autres pas du tout, quel que soit le type de munition : Brenneke, Sauvestre etc.. On peut aller d'une précision remarquable (2 cm à 50 mètres), jusqu'à des écarts monumentaux de plus 20 cm à 25 mètres. Autant dire que tuer un sanglier avec une si piètre précision relève du miracle... À titre d'exemple, deux chasseurs de l'équipe utilisaient un calibre 12 semi-automatique à canon lisse non rayé, fusils strictement identiques (même fabricant, même arme, même canon). Une des deux armes était d'une remarquable précision avec tous types de balles, l'autre "promenait" les balles en dérive et en azimuth à plus de 25 cm à distance égale. Certains diront -à juste raisonqu'un fusil de chasse à âme lisse n'est pas un fusil de battue. Mais dans une équipe "rurale" tous les chasseurs n'ont pas forcément une arme pour chaque type de gibier... Conclusion : Si le choix d'une arme est une affaire personnelle un ciblage s'impose de même qu'une vérification régulière du réglage pour les dispositifs de visée. Quel est le meilleur calibre de battue ? C'est une question délicate. Les réponses les plus fréquentes placent en tête le 9.3 x 62 considéré comme un calibre idéal du fait de son efficacité à des distances moyennes qui sont le propre de la chasse en battue. Le calibre 300 WM, très apprécié bien qu'il ne soit pas un "vrai calibre de battue", est aussi à l'honneur. Mais y a t-il vraiment un calibre idéal ? De beaux sangliers de 80 à 100 kg et plus ont été stoppés net avec des calibres moins puissants comme le 270 WM ou le 7 x 64. Dans d'autres
cas, de gros animaux tirés dans notre battue avec ces mêmes calibres n'ont pas parcouru plus de 20 mètres avant de s'effondrer. En réalité, le choix d'un calibre de battue est autant une question d'éthique qu'une question d'efficacité. On l'a dit récemment : une balle de ventre en calibre 300 WM sera moins efficace qu'une balle bien placée dans un calibre inférieur. L'expérience montre que les calibres très puissants - même avec des poids de balle et des projectiles appropriés- abîment incontestablement le gibier. Ainsi un 300 WM a un effet destructeur dans la zone d'impact et, à ce niveau, la venaison ne vaut plus grand chose. Avec les calibres puissants, il faut tirer "plein coffre" car une balle mal placée et trop expansive détruira radicalement les petits sangliers et les chevreuils. Par contre si la finalité est d'arrêter l'animal proprement sans mettre la balle dans la cuisse ou le ventre, les calibres 7 x 64, 270 Winchester Magnum ou 270 Winchester Short Magnum sont très efficaces et tout à fait recommandables. Mais il est vrai que les conditions de tir liées à la nature du terrain ne permettent pas toujours de cibler parfaitement. Alors la réponse pourrait tenir en ceci : si vous pensez être un bon tireur, un calibre qui "tape fort" ne s'impose pas. Si vous êtes un piètre tireur, dites-vous qu'avec un calibre "costaud" vous n'arrêterez pas forcément un sanglier. Et si vous le blessez, vous aurez peut-être une chance supplémentaire de le retrouver... Soulignons néanmoins l'intérêt des calibres puissants pour les piqueurs. Ces derniers sont parfois confrontés à de très gros sangliers qui s'obstinent au ferme et qui peuvent être dangereux. Dans ces cas extrêmes, un 300 WM se justifie pleinement quand il faut arrêter la charge d'un gros mâle de 120 kg redoutablement armé. Conclusion : Un calibre puissant pour les piqueurs est un choix judicieux. Pour ce qui est du calibre concernant les chasseurs au poste, à chacun de savoir quelle est sa conception de la chasse et... ses capacités au tir Faire le pied La chasse débute pratiquement toujours par « faire le pied », action qui consiste pour un, mais plus souvent pour plusieurs chasseurs expérimentés, à parcourir la lisière des bois, des cultures, les chemins forestiers et les abords des remises connues. Ces chasseurs sont en principe accompagnés d'un chien au nez sûr, qu'on appelle « chien de pied ». Le but de cette reconnaissance est de localiser avec le plus de précision possible les sangliers. Les hommes de pied rendent compte de leurs observations au responsable de battue qui décide de l'ordre dans lequel vont être attaquées les enceintes si plusieurs compagnies ont été rembuchées. Celui-ci rappelle les règles de sécurité en matière de tir, éventuellement les signaux convenus à la corne de chasse et bien évidemment les consignes de tir en fonction du lieu et des animaux à prélever. Le responsable de battue attribue un poste à chaque tireur. Une fois que l'enceinte chassée est ainsi entièrement encerclée, le piqueur (le conducteur de chiens) lâche la meute au niveau de l'entrée du ou des sangliers. Les chiens remontent la voie très rapidement en poussant des cris joyeux, et attaquent le ou les sanglier(s) à la remise. Se poster Après avoir décidé du lieu de la traque il faut placer les postiers. C'est un moment important de la chasse. Objectif : disposer les chasseurs sur les points de passage des sangliers appelés aussi "drailles ". Tout en respectant les règles de sécurité les postiers doivent être positionnés sur une même ligne. Le tir s'effectuera devant ou derrière la ligne de tir. Le tir sera toujours fichant et uniquement après identification de l'animal. Se poster c'est prendre possession des lieux, prendre ses repères, charger son arme. Dès lors le postier rentre en action de chasse. Il doit être à l'écoute et attentif à tout ce qui se passe autour de lui. Écouter les chiens, les traqueurs, tout en intégrant les conditions météo pas toujours faciles. Il ne devra plus se déplacer jusqu'au signal de fin de traque. A l'issu de ce signal il devra décharger son arme et rejoindre un point de ralliement. Les postiers doivent clairement identifier la place de chacun. QUELQUES TERMES BRISÉE : Marquage par une branche cassée de l'endroit où le sanglier est rentré. "Etranger" Aucune connotation raciste - Il s'agit de personnes ne résidant pas dans la commune. La cotisation est plus élevée que pour les communaux. FAIRE LE PIED : Technique qui consiste à faire le tour du massif forestier pour repérer les traces récentes, déterminer le poids, le nombre et le sexe des animaux restés dans l'enceinte.(permet ainsi une meilleure sélection). PIBOLE : Corne permettant d'annoncer le passage ou la mort du sanglier. RAPPORT : Terme de vénerie ; compte-rendu fait par les piqueurs au chef de battue. REMBUCHER : Suivre la voie jusqu'à l'endroit où l'animal rentre dans son enceinte. HURE : Tête de sanglier - Trophée. Les postiers sont en place, c'est parti pour plusieurs heures de traque. La compagnie quitte la remise menée par les chiens et va être poussée vers une ligne de tir. Dans le cas d'un gros solitaire, il refusera souvent de quitter la remise, les chiens se font charger, on dit qu'il est « au ferme ». Dans ce cas, il faut à tout prix essayer de le faire sortir, ou le tirer à la remise pour éviter le massacre des chiens. Une fois le sanglier débusqué et délogé de sa bauge va suivre la menée. Dans la vidéo suivante vous pourrez entendre la meute mener un sanglier. Pour les plus experts vous pourrez identifier lorsque le sanglier redémarre après une période de ferme. Le tir du sanglier en battue est difficile, car l'animal peut surprendre le chasseur (s'il est mené de loin), ou il franchit la ligne de tir à toute allure, offrant une cible fugace dont il n'est pas aisé d'évaluer la hauteur réelle. C'est ainsi qu'on tire souvent derrière ou entre les pattes. Quand le sanglier est abattu par un posté, les chiens arrivent rapidement sur la bête morte, et c'est là leur plus belle récompense. Fin de traque Le responsable de battue ou un traqueur sonne la fin de la battue : 3 coups de trompe. Les postiers déchargent leurs armes et peuvent rejoindre le point de ralliement. Chasse magazine - 61



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