Bubble mag n°50 déc 18/jan-fév 2019
Bubble mag n°50 déc 18/jan-fév 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°50 de déc 18/jan-fév 2019

  • Périodicité : trimestriel

  • Editeur : Elbbub

  • Format : (200 x 270) mm

  • Nombre de pages : 84

  • Taille du fichier PDF : 7,5 Mo

  • Dans ce numéro : la fratrie...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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des villages pour les fratries Sixième d'une fratrie de 9 enfants, HermannGmeiner naît en 1919 en Autriche et perd sa mère à l'âge de 5 ans. Sa sœur aînée, Elsa, prend alors en charge ses frères et sœurs. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, Hermann, étudiant en médecine, décide de suivre la voie tracée par sa sœur afin de recueillir des enfants orphelins sans séparer les fratries  : le 1er Village d'enfants SOS voit le jour en 1949 en Autriche. Aujourd'hui, l'association SOS Villages d'enfants international compte 572 villages à travers le monde (dont 17 en France) et accueille plus de 89 000 enfants et jeunes. Une leçon d'humanité que nous raconte Isabelle Moret, directrice générale de SOS Villages d'enfants France. Pourquoi est-ce si important de ne pas séparer les fratries ? Les enfants que nous prenons en charge ont déjà vécu un traumatisme de séparation en étant éloignés de leurs parents. Les séparer de leurs frères et sœurs serait leur faire subir un nouveau traumatisme. La fratrie est ce qu’il leur reste de famille  : un lien fort entre leur passé (leurs frères et sœurs sont les seuls avec qui ils ont des souvenirs communs), leur présent et leur futur. C’est un socle sur lequel se poursuivra leur histoire commune. D’où viennent les enfants ? Fort heureusement, il y a très peu d’orphelins en France  : la majorité des enfants ont encore leur père et/ou mère, mais sont séparés de ces derniers dans leur intérêt, à la suite de carences éducatives avérées (en 2017, on comptait environ 150 000 enfants placés en France). Cette décision est prise par un juge. Les enfants sont alors confiés au service départemental de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), qui a plusieurs choix. Les enfants vont soit en maisons d’enfants où ils sont regroupés par âge (les bébés vont en pouponnières), soit en familles d’accueil (mais les candidatures sont de plus en plus rares), soit chez nous (le seul endroit où ils ne seront pas séparés de leurs frères et sœurs). 68 INITIATIve POSITIve N’y a-t-il pas des cas où il serait préférable de séparer les fratries ? Maintenir les fratries ensemble n’est pas un dogme, en effet. Avant de décider, nous regardons comment se vivait et se vit la fratrie. Il peut, hélas, s’avérer exceptionnellement judicieux de ne pas chercher à rapprocher frères et sœurs lorsque ce lien a été altéré avant le placement au point de devenir nocif. Nous assistons d’ailleurs les services de l’Aide sociale à l’enfance sur ce sujet précis dont nous sommes devenus experts et veillons toujours en cela à l’intérêt de chaque enfant. Comment sont organisés les villages d’enfants SOS ? Ce sont des maisons classiques (avec 4-5 chambres, 1 cuisine, 1 salon…), regroupées ensemble, que nous avons achetées ou que nous faisons construire. Il y a en moyenne 10 maisons par Village d’enfants SOS. Quand la fratrie compte plus de 6 enfants, nous répartissons ceux-ci dans 2 maisons mitoyennes ; quand elle est moins nombreuse, elle habite sous le même toit que d’autres fratries.
Qui s’occupe des enfants ? Des éducatrices familiales, que nous appelons des « mères SOS » (ou des « pères SOS »  : nous avons recruté notre 1er « père » en 2018 !). Elles restent 24h/24 avec les enfants, avec 1 semaine de repos par mois – c’est alors une aide familiale qui prend le relais. Les mères SOS se comportent comme se comporterait une maman  : elles consolent un chagrin, aident aux devoirs (les fratries sont scolarisées dans les écoles du quartier), préparent les repas, lisent l’histoire du soir, inscrivent les enfants au judo, à la danse, achètent leurs vêtements, organisent les vacances… Chaque mois, un budget leur est attribué pour gérer les dépenses de la vie courante. Quel est le profil de ces mères SOS ? Ce qui est sûr, c’est qu’être mère SOS n’est pas un métier ordinaire ! L’imbrication vie privée-vie professionnelle est très forte. On ne choisit pas cela juste pour trouver un travail  : c’est avant tout un engagement sur une certaine durée (en moyenne 7-8 ans), que l’on fait pour les autres. D’ailleurs le recrutement est long et difficile, avec 2 semaines de période d’observation dans un village d’enfants SOS, entrecoupées d’un certain temps pour que les personnes mesurent bien ce que cela représente. Du reste, avec les 3 nouveaux Villages ouverts cette année, un autre prévu pour 2019 et les départs à la retraite à venir, nous sommes en recherche active ! K. Ilievska Quelle est leur histoire ? La majorité des mères SOS ont déjà eu une « première » vie avec leurs propres enfants devenus grands. Elles cherchent alors à donner un nouveau sens à leur parcours. D’autres sont plus jeunes et n’ont jamais été mères. D’autres, enfin, ont des enfants mineurs et un conjoint qui vivent avec elles dans les villages d’enfants SOS. Quelle sorte de liens se tissent entre les enfants et les mères SOS ? Les enfants placés ont encore leurs parents, qu’ils voient ponctuellement, selon un rythme décidé par le juge. Il n’est donc pas question pour les mères SOS de prendre leur place. Mais cela n’empêche pas que des liens forts se tissent entre eux. Les enfants reviennent souvent, quelques mois, voire quelques années plus tard, à l’occasion d’un anniversaire, d’un événement festif ou quand ils sont devenus parents à leur tour. Leurs racines sont en partie ancrées dans la maison, dans le village où ils ont vécu avec leur mère SOS. Et ces liens perdurent lorsque les mères SOS partent à la retraite. Notre doyenne, Thérèse Gardères, maman SOS de 1972 à 2008, aime à dire qu’elle a 15 enfants, 33 petits-enfants et 14 arrièrepetits-enfants ! Dons Pour mener son action, SOS Villages d’Enfants France a recours à la générosité publique. Les dons privés représentent la moitié de l’ensemble de ses financements, et certaines marques pour enfants y contribuent. Ainsi, depuis 2017, Jacadi a mis en place des opérations de minidon en caisse (les clients peuvent arrondir leurs achats à l’euro supérieur s’ils le souhaitent) dans ses magasins au profit de SOS Villages d’Enfants et a récolté ainsi plus de 80 000 €  ! 69 INITIATIve POSITIve Que deviennent les enfants quand ils grandissent ? La loi prévoit un encadrement jusqu’à leurs 18 ans. Ensuite, s’ils veulent rester avec leur mère SOS, ils doivent demander un « Contrat jeune majeur » auprès du département. Nous nous battons tous les jours pour les aider, mais ce contrat est de plus en plus difficile à obtenir, faute de moyens. Ce qui ne nous empêche pas de continuer à les accompagner  : matériellement, en finançant leurs études (beaucoup choisissent des métiers tournés vers les autres  : infirmier.ière, éducateur.trice, aide-soignant.e…), leur permis de conduire, leur logement… mais moralement aussi, en les accueillant temporairement quand ils en ont besoin. Témoignage Pierre (30 ans) fait partie des 10 000 soldats mobilisés par l’opération « Sentinelle ». Son régiment d’infanterie est basé à Clermont-Ferrand, mais lui a choisi de vivre à Calais, là où se trouve le village d’enfants SOS où il a grandi avec ses 4 frères et sœurs, auprès de sa mère SOS. « Nous lui devons tout  : elle nous a fait grandir humainement et socialement. Les relations que nous avons eues avec elle sont celles que nous aurions pu avoir avec une vraie mère. » Lors de son divorce (un événement particulièrement difficile pour lui), c’est vers sa mère SOS qu’il s’est tourné. Et c’est encore elle qui l’a encouragé quand il s’est engagé dans l’armée  : « Elle m’a immédiatement soutenu et, si elle a peur pour moi, elle ne me le dit pas. »



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