Arte Magazine n°52 19 déc 2015
Arte Magazine n°52 19 déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de 19 déc 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : jours de fêtes...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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** Documentaire La voix de l’aMérique Figure mythique, Frank Sinatra a lié son destin à celui de son pays, incarnant l’irrésistible ascension d’un modeste enfant d’immigrés. Portrait d’un rêve américain entre ombres et lumières, en marge du documentaire fleuve d’Alex Gibney Frank Sinatra – All or nothing at all. Il aurait eu 100 ans cette année. Né Francis Albert Sinatra en décembre 1915 à Hoboken (New Jersey), d’un père originaire du village sicilien où naquit le gangster Lucky Luciano et d’une mère italienne adorée, dotée d’une forte personnalité, le jeune Frank est fasciné par le jazz, le swing et les lumières newyorkaises de la 52 e rue. Il veut égaler le crooner Bing Crosby. Ambitieux, déterminé et séducteur, il gravit rapidement les marches du succès, après quelques tours de piste avec l’orchestre du trompettiste Harry James, puis du Big Band de Tommy Dorsey. Fin 1942, il se produit seul et, malgré son physique de gringalet, fait chavirer le cœur de milliers de jeunes filles esseulées en ces temps de guerre grâce à son timbre de velours allié à un chant d’une grande sensibilité. Socquettes blanches aux pieds, les bobby-soxers (adolescentes fans de swing) se pâment, hurlent et sanglotent à chacun de ses concerts, bien avant ceux d’Elvis et des Beatles. Il est surnommé « The Voice », Hollywood le réclame et, après avoir joué, en 1943, son propre rôle dans Amour et swing, avec Michèle Morgan, il signe un contrat avec la MGM. En 1945, l’Amérique triomphe et Frank Sinatra danse en costume marin avec Gene Kelly dans Escale à Hollywood. De Hollywood à Las Vegas À partir de 1947, l’étoile de Sinatra pâlit. Le FBI le traque et la presse se fait l’écho de ses fréquentations mafieuses et de ses frasques extraconjugales. Marié depuis 1939 à Nancy Barbato, mère de ses trois enfants – dont la chanteuse Nancy Sinatra –, il divorce pour épouser la superbe Ava Gardner en 1951. De leur relation houleuse naît une chanson magnifique, « I’m a fool to want you », coécrite par Sinatra et dédiée à la belle ténébreuse. Mais ses nouveaux disques se vendent mal dans l’Amérique moraliste de la guerre froide. En 1952, on le dit fini  : son arrogance déplaît, la MGM a rompu son contrat et sa maison de disques, la Columbia, l’abandonne à son tour. Sa résurrection artistique passe par le cinéma  : il gagne l’Oscar du meilleur second rôle grâce à son interprétation du frêle soldat Maggio dans Tant qu’il y aura des hommes (1953) de Fred Zinnemann. Car Sinatra est un excellent acteur, suscitant l’admiration d’Otto 6 N°52 – semaine du 19 au 25 décembre 2015 – ARTE Magazine 4- Preminger – pourtant féroce envers les comédiens –, pour qui il joue un drogué dans L’homme au bras d’or (1955). De nombreux films suivront, dont La blonde ou la rousse, Comme un torrent, sublime mélodrame de Minnelli, ou Un crime dans la tête en 1962. Avec ses amis du club sélect The Rat Pack, Dean Martin, Sammy Davis Jr., Joey Bishop et Peter Lawford, il fait les beaux jours du Sands Hotel à Las Vegas. Ils amusent et s’amusent, l’alcool coule à flots et l’argent rentre dans les caisses des casinos, dont Sinatra possède des parts. Des casinos à la Maison-Blanche Au tournant des années 1960, l’artiste se trouve au croisement du succès et du pouvoir. Fervent démocrate depuis Roosevelt, il participe activement à la campagne présidentielle de JFK, dont il devient l’ami, avant d’être écarté par Bobby Kennedy. Sa carrière musicale est à son apogée. Avec l’arrangeur Nelson Riddle, « Ol’Blue Eyes » – un autre de ses surnoms – enregistre entre 1953 et 1962 ses plus beaux titres pour le label Capitol, avant de fonder sa propre maison de disques, Reprise, et d’acclimater la bossa nova aux États-Unis en travaillant avec Antônio Carlos Jobim. Sa voix a mûri, et son phrasé musical, influencé par le tempo du jazz, atteint sa quintessence. Grand admirateur de Billie Holiday, qu’il rencontra dans les années 1930 – « sa plus grande inspiration », disait-il –, Sinatra est un des premiers chanteurs blancs à embaucher des musiciens noirs. Dès 1945, il milite contre le racisme et l’antisémitisme à travers un court métrage, The house I live in, et s’engage auprès du mouvement pour les droits civiques, levant des fonds pour Martin Luther King. Alors certes, il y a les liens troubles avec le gangster Sam Giancana, à l’origine de sa brouille avec Kennedy, les altercations avec la presse, un pouvoir s’étendant des salles de jeux jusqu’à la Maison-Blanche, et son revirement politique (il soutient Reagan en 1980). Mais il chantera sur scène jusqu’au bout, étonnant d’enthousiasme et de longévité, même s’il n’aimait pas ses derniers hits, « Strangers in the night » ou « My way ». « The best is yet to come » (« Le meilleur reste à venir ») , dit son épitaphe. Marie Gérard * le**
kobal n/a Mercredi 23 décembre à 20.55 Frank Sinatra All or nothing at all Lire page 21 N°52 – semaine du 19 au 25 décembre 2015 – ARTE Magazine 7



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