Arte Magazine n°52 19 déc 2015
Arte Magazine n°52 19 déc 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°52 de 19 déc 2015

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 270) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 3,5 Mo

  • Dans ce numéro : jours de fêtes...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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Les films de Mon Oncle Lundi 21 décembre à 20.55 soirée jacques Tati Lire pages 16-17 en couverture Jacques Tati Le clown perfectionniste Petit-cousin du cinéaste, Jérôme Deschamps a entretenu avec lui un dialogue privilégié, qu’il perpétue en contribuant à la restauration et à la diffusion de son œuvre, célébrée par ARTE à travers cinq films, le documentaire Tati express et un jeu interactif. Interview souvenirs. 4 N°52 – semaine du 19 au 25 décembre 2015 – ARTE Magazine or,
Quelle image gardez-vous de Jacques Tati ? Jérôme Deschamps  : Les premières fois que je l’ai vu, c’était à la fin des années 1950, chez mes grands-parents maternels. Il était très impressionnant  : grand, silencieux, pince-sansrire, d’autant plus intimidant pour un enfant qu’à l’époque, il était au sommet de sa carrière. Il venait de remporter l’Oscar pour Mon oncle. Il regardait les choses à distance, y compris ces réunions de famille à base de petits-fours et de champagne. Il restait dans un coin du salon, en spectateur, et nous amusait de temps en temps en attrapant le chapeau de la grandtante pour improviser une pantomime. Je ne l’ai vraiment fréquenté que vingt ans plus tard, quand il est venu assister à un spectacle que j’avais monté avec Macha Makeïeff, La famille Deschiens. C’est là qu’on a commencé à parler de mise en scène, de comédie. Il évoquait son travail, nous donnait parfois des conseils. Cet échange n’a jamais cessé jusqu’à sa disparition. Le fait de ne plus tourner de films le rendait-il amer ? Il a certainement été très atteint par l’échec financier de PlayTime, son projet le plus ambitieux et le plus coûteux. Lui-même le considérait comme son dernier film. Trafic et Parade présentent bien sûr de l’intérêt, mais il s’agit malgré tout d’œuvres de commande. À cette époque, il voulait tourner L’illusionniste, l’histoire d’un magicien qui fait le bonheur des gens malgré eux. C’était un homme assez fier, qui avait une grande foi dans son travail. D’où son perfectionnisme et son entêtement... Certains de ses collaborateurs l’appelaient « Tatillon » ! Qu’avez-vous appris à son contact ? Chez Jacques Tati, tout part du music-hall. À ses débuts, il avait créé un numéro très populaire  : « Impressions sportives ». Dans ce sketch, il utilisait des gants de boxe, une raquette de tennis, une tenue de gardien de but... Un jour, un Américain est venu le trouver après le spectacle et lui a dit  : « Il faut que vous fassiez exactement la même chose, mais sans les accessoires. » Le soir même, il a tout enlevé ! Il s’est ainsi converti à l’art de la suggestion  : montrer moins pour raconter plus. Il se sentait investi d’une mission, qui consistait à apprendre au public à observer, à écouter. Il aurait voulu que les spectateurs se donnent des coups de coude devant ses films  : « Regarde, là, dans le coin, il y a un avion qui se dégonfle ! » Son art avait une vocation pédagogique. De fait, monsieur Hulot est un personnage proche de monsieur Tout-le- Monde  : il est de bonne volonté, ne fait pas le malin, contrairement à Charlot, toujours en train d’imaginer des combines. Même s’il agit parfois de manière extravagante, Hulot reste un quidam. Dans PlayTime, il finit même par se fondre dans la masse... Les films de Mon Oncle On dit souvent que l’œuvre de Tati est « moderne ». En quoi nous parle-t-elle aujourd’hui ? Ses films traitent du monde qui change, du désarroi face à la modernité, de la difficulté de s’intégrer dans la société en marche... Tati n’a rien d’un passéiste, comme certains ont pu le dire. Il a filmé l’architecture contemporaine de façon magnifique, il était fasciné par les nouvelles technologies, les gadgets, au point d’avoir fait du progrès le principal objet, souvent comique, de son œuvre. Le documentaire Tati express met cet aspect en lumière de manière réjouissante, en faisant dialoguer son travail avec les publicités de l’époque, avec la mode des « arts ménagers » apparue dans les Trente Glorieuses. Aujourd’hui, Tati se serait précipité sur les téléphones portables et les voitures qui roulent toutes seules ! Ses films offrent un point de vue passionnant sur le monde. C’est un cinéma dont on a besoin. Propos recueillis par Jonathan Lennuyeux-Comnène N°52 – semaine du 19 au 25 décembre 2015 – ARTE Magazine tati express le jeu Plongez dans l’univers drolatique et mélancolique du plus inventif des cinéastes français grâce au volet web du documentaire Tati express, conçu par Nicolas Bole et Charles Ayats. De la naissance de monsieur Hulot à l’invention de la maison connectée, six pastilles vidéo permettent d’explorer chacun de ses longs métrages. Testez ensuite votre réactivité en tentant de suivre le rythme « tatiesque » avec votre souris. Les joueurs les plus véloces seront récompensés en GIF animés partageables et en anecdotes de tournage  : l’influence des Dents de la mer de Spielberg sur la scène, insérée a posteriori, du canot-requin dans Les vacances de monsieur Hulot, les cent verres brisés par un Tati tatillon pour élaborer la bande son de Mon oncle… arte.tv/tati 5



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