Arte Magazine n°08 18 fév 2006
Arte Magazine n°08 18 fév 2006
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°08 de 18 fév 2006

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : Arte France

  • Format : (210 x 297) mm

  • Nombre de pages : 36

  • Taille du fichier PDF : 2,1 Mo

  • Dans ce numéro : l'Homme foulera-t-il bientôt le sol de la planète rouge ? Thema anticipe la prochaine aventure spatiale.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
< Pages précédentes
Pages : 30 - 31  |  Aller à la page   OK
Pages suivantes >
30 31
HASSAN BRAHITI vendredi 24/2 Téléfilm de Mario Fanfani (France, 2005, 1h24mn) Scénario : Catherine Foussadier, Mario Fanfani Avec : Jérôme Robart (Rémi), Rüdiger Vogler (Haffner), Dominique Reymond (Martha), Constance Dollé (Agathe), Jérémy Quaegebeur (Milou), Nicolas Bridet (Johann), Gilles Masson (Fournier) Image : Nathalie Durand Son : Laurent Gabiot Coproduction : ARTE France, Les Films Pelléas ARTE FRANCE 30 arte magazine n°8 du 18|2|06 au 24|2|06 20.40 |FICTION Une saison Sibelius Sous le signe de l’émotion musicale, la rencontre entre un jeune ouvrier et un chef d’orchestre. Un beau premier film porté par les interprétations de Rüdiger Vogler et Jérôme Robart. Après avoir passé six ans en prison pour braquage, Rémi tente de reprendre une vie normale. Il commence par accepter l’aide de sa sœur et de son ancien patron, mais les bonnes volontés ne suffisent pas. Son esprit de révolte reprend le dessus et, sur un coup de tête, il rejette famille et travail. Réfugié dans un hôtel miteux, seul et sans argent, incapable de dormir, Rémi se souvient : la veille de sa libération, il a été bouleversé par un concert donné à la maison d’arrêt. Il s’agissait de la Symphonie n°5 de Sibelius dirigée par le chef d’orchestre Haffner. En quête de repères, Rémi se rapproche inconsciemment de cette figure fascinante… L’ouvrier et le maestro Premier long métrage de Mario Fanfani, Une saison Sibelius frappe par sa maîtrise et sa maturité. Au cœur du film, la Symphonie n°5 de Jean Sibelius, une œuvre profonde et mélancolique, d’une grande puissance émotionnelle. D’emblée, elle s’impose comme le trait d’union entre deux individus que tout 20.40 > 22.10 oppose – l’âge, le milieu social, la culture. D’un côté Rémi, ancien ouvrier typographe qui a passé six ans en prison pour le braquage (raté) d’un supermarché ; de l’autre, Haffner, chef d’orchestre au sommet de son art, qui s’est donné pour défi de diriger l’intégrale des symphonies de Sibelius. Un quiproquo marque leur rencontre, puis Haffner se laisse séduire par la sensibilité et la fougue de Rémi. Sans prévenir, il lui ouvre les portes de sa maison et de son univers. L’émotion musicale semble avoir installé entre ces deux hommes un étrange climat d’intimité. Mais pour combien de temps ? La musique peut-elle créer un véritable lien, au-delà des déterminismes sociaux ? Un film sobre et subtil, très bien réalisé (la musique, en particulier, est très bien filmée), servi par un jeu d’acteurs irréprochable – avec une mention spéciale à Rüdiger Vogler, extraordinaire en chef caractériel et facétieux, habité par la musique de Sibelius. Multidiffusion le 4 mars à 16.15 Lire également page suivante un entretien avec Mario Fanfani.
HASSAN BRAHITI Jérôme Robart (Rémi) Rüdiger Vogler (Haffner) Une saison Sibelius Quand la musique repousse les murs Comment conçoit-on un film à partir d’une symphonie de Sibelius ? Entretien avec le réalisateur Mario Fanfani. Comment est née l’idée d’écrire et de réaliser ce film ? Tout a commencé avec la Symphonie n°5 de Sibelius. À partir de cette œuvre, j’ai tenté un travail sur l’émotion musicale, sur la sensation. Sommes-nous tous égaux face à la musique ? Qu’éprouve-t-on en dehors de toute référence artistique ? À cet égard, le travail de Jean-Claude Casadesus 1 est particulièrement intéressant. En jouant dans les prisons, les hôpitaux, les usines, il donne des éléments de réponse. L’idée de faire entendre cette symphonie à un détenu me semblait porteuse de sens contradictoires. Cette musique, après tout, est de celles qui donnent l’impression de repousser les murs ; d’un point de vue musical, elle constitue un véritable travail sur l’espace. Vos personnages entretiennent des rapports complexes… Le scénario brasse de nombreux thèmes. À une rencontre musicale, il faut ajouter d’autres enjeux comme la transmission, la filiation, la fascination. Je me suis employé à ne pas clairement définir la relation d’Haffner et de Rémi, à la laisser la plus ouverte possible. Rémi est, en un sens, un fils providentiel, mais il n’est pas que cela. Pour le personnage du chef d’orchestre interprété par Rüdiger Vogler, il est aussi une matière dans son travail de création. Et cette matière résiste : la quête de perfection musicale d’Haffner ne s’accorde pas toujours avec le réel. Comment avez-vous appréhendé la direction des acteurs ? Mon désir de faire des films prend racine en partie dans le désir de travailler avec des comédiens. Un HASSAN BRAHITI comédien, c’est complexe et fragile, il vaut mieux en connaître le fonctionnement pour lui permettre d’aller au-delà de ses propres marques. J’ai aimé la manière dont Jérôme Robart donne à voir la perception d’une émotion musicale par le personnage de Rémi, qui manque d’outils pour identifier ce qu’il éprouve. Dominique Reymond est l’une des actrices qui ont accompagné ma découverte du théâtre il y a vingt ans. Je savais Mario Fanfani qu’elle pouvait faire d’un second rôle un personnage de premier plan. Quant à Rüdiger Vogler, il a su me faire croire qu’il dirigeait vraiment l’orchestre. Je sais même que lors d’une prise, les musiciens eux-mêmes se sont laissé prendre. Propos recueillis par Clément Pétreault 1. Jean-Claude Casadesus est directeur de l’Orchestre national de Lille depuis 1976 (lire pages 6 et 10). Comédien de formation, Mario Fanfani réalise son premier court métrage, Pierre et Jeanne, en 1996. Touché par le film, le comédien Charles Berling produit son deuxième court, Le dernier vivant. Leur collaboration se poursuit en 1998 avec un triptyque intitulé Un dimanche matin à Marseille. Les comédiens Jean-Pierre Bacri et Christiane Cohendy s’associent à l’aventure de ces trois films de commande destinés à sensibiliser à la vie des personnes infectées par le virus du sida. Une saison Sibelius est son premier long métrage. arte magazine n°8 du 18|2|06 au 24|2|06 31



Autres parutions de ce magazine  voir tous les numéros


Liens vers cette page
Couverture seule :


Couverture avec texte parution au-dessus :


Couverture avec texte parution en dessous :