Alphonse n°10 mars 2015
Alphonse n°10 mars 2015
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°10 de mars 2015

  • Périodicité : mensuel

  • Editeur : Alphonse

  • Format : (542 x 722) mm

  • Nombre de pages : 56

  • Taille du fichier PDF : 16,3 Mo

  • Dans ce numéro : focus sur le jeune prodige caennais Baadman.

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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44 SPORT INTERVIEW ANTHONY BENNA Alphonse-Magazine : Anthony, vous pratiquez le ski de bosses dont vous avez remporté les Championnats du Monde le mois dernier. Pouvez-vous nous en dire davantage ? Anthony Benna : Je me nomme Anthony Benna, j’ai 27 ans et je vis depuis mon plus jeune âge à Megève. J’ai découvert le ski de bosses à l’âge de 12 ans. Depuis 2006 je suis professionnel ce qui signifie que je participe au circuit Coupe du Monde. A-M : Le ski de bosses est une discipline du ski acrobatique. Pouvez-vous décrire à nos lecteurs le déroulé d’une course (qualification et finale) ? AB : Cette discipline se déroule sur une piste faisant deux cents à deux cents cinquante mètres de long et chaque concurrent met en moyenne entre vingt et une et vingt-cinq secondes pour franchir la ligne d’arrivée. Lorsque nous descendons, nous devons franchir environ soixante bosses avec deux sauts situés au départ et avant l’arrivée. Durant l’épreuve, des juges nous décernent cent points répartis entre la technique de ski (60%), les sauts (20%) et le temps de descente (20%). Au départ d’une manche, nous sommes environ soixante participants. Nous commençons par un run de qualification durant lequel les seize meilleurs sont retenus. Une première finale désigne les six meilleurs skieurs qui se qualifient pour la super finale à la fin de laquelle le podium est défini. A-M : Quelles sont selon vous, les qualités indispensables à posséder afin de pratiquer votre sport ? AB : C’est un sport extrêmement exigeant dans lequel nous ne pouvons pas laisser de place au hasard. Il faut donc énormément s’entraîner. Selon moi le plus important est d’avoir une bonne hygiène de vie durant les compétitions et la préparation physique. J’ai engagé un préparateur mental qui me permet de perfectionner certains détails. Pour avoir un bon niveau, il faut être réactif avec un corps souple afin de descendre une piste de bosses le plus rapidement possible tout en évitant les impacts. A-M : Pourquoi vous êtes-vous orienté vers cette discipline plutôt que vers des disciplines « plus classiques » telles que le ski de descente ? AB : La liberté d’expression. De dix à douze ans, j’ai pratiqué le ski alpin. Les entraîneurs nous indiquaient des portes entre lesquelles nous devions passer et je n’avais aucune liberté de trajectoire donc c’est quelque chose qui m’a énormément déplu. Dans les bosses, chacun possède son style de ski, le but étant d’être le plus propre en bas de la piste. Cette discipline est l’alliance de deux sports qui sont le ski et l’acrobatie.
45 SPORT « CETTE DISCIPLINE EST L’ALLIANCE DE DEUX SPORTS QUI SONT LE SKI ET L’ACROBATIE. » A-M : Vous n’étiez pas le favori de ce Championnat du Monde. Comment avez-vous vécu ce sacre ? AB : En effet je n’étais pas du tout le favori même si j’avais déjà réalisé des résultats comme des podiums de Coupe du Monde. Je faisais partie des skieurs susceptibles d’aller chercher le podium mais pas un prétendant pour le titre. De ce fait, j’ai abordé la course sans pression, relâché et prêt mentalement. Je n’ai laissé aucune place au hasard, tout était calculé. Je devais réaliser des runs parfaits, propres et sans faute. C’est donc ce que j’ai fait. Au moment où j’ai franchi la ligne d’arrivée en première position je me suis dit que la seconde place était pour moi, car derrière devait s’élancer le favori de l’épreuve. Malheureusement pour lui, il fait une légère faute sur son premier saut ce qui me permet de gagner la course. A-M : Est-ce que votre titre a modifié votre approche des compétitions et vous a permis d’être plus confiant face à vos adversaires ? AB : Depuis cette victoire, j’ai disputé deux manches de Coupe du Monde durant lesquelles je me place quatrième et septième ce qui prouve que cette victoire m’a retiré une grosse part de pression. J’arrive sur les courses beaucoup plus détendu que je pouvais l’être auparavant. Ce titre c’est la reconnaissance de toutes ces années durant lesquelles j’ai travaillé et enchaîné des blessures. Dans une carrière de sportif de haut niveau nous avons tous envie d’être un jour le meilleur et quand nous atteignons cet objectif, c’est très gratifiant. A-M : Quels sont vos objectifs pour la fin de la saison ? AB : Depuis le début de la saison je ne me mets plus d’objectifs en terme de résultats. Mon but est de me faire plaisir et de terminer chacune des courses sans aucuns regrets. Etant donné que je sais que je possède le ski pour réussir de belles choses, j’essaie de ne pas m’en faire. Durant mes prochaines saisons j’évoluerai de la même manière puisque c’est quelque chose qui me réussit plutôt bien. A-M : Vous avez participé aux Jeux Olympiques de Vancouver en 2010 et à ceux de Sotchi en 2014. Avez-vous dès à présent comme objectif ceux de 2018 ? AB : Les Jeux Olympiques sont dans trois ans donc ce serait un objectif à long terme. Je ne fonctionne plus comme cela mais seulement saison par saison. J’évite de me projeter dans le futur ce qui me permet de donner tout ce que j’ai à chacune des courses que je dispute. 2018 me paraît encore loin mais si je peux y être présent j’y serais ça c’est certain.



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