A Nous Paris n°HS2 Hiver 14 jan 2019
A Nous Paris n°HS2 Hiver 14 jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°HS2 Hiver de 14 jan 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (222 x 285) mm

  • Nombre de pages : 28

  • Taille du fichier PDF : 10,4 Mo

  • Dans ce numéro : créer sans limites...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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tendance 10 dans l’air « Quand on suit son être au plus profond, on est raccord toute sa vie avec son œuvre. Le fil directeur, c’est soi. » Mon moi et mon surmoi Ressuscitée adolescente d’une mort clinique suite à une injection d’adrénaline qui a mal tourné, Regina, son moi, son surmoi et son ça, interrogent aujourd’hui l’origine du mal. Avec ses créations, elle expose sa violence intérieure, mais aussi, sa part d’enfance, encore très présente. « J’ai toujours le sentiment de fabriquer des cabanes, comme quand j’étais petite. Je joue dedans avec plusieurs personnes, d’autres viennent observer notre construction ou nos jeux. » Autre méthode mais même combat pour Irène, isolée à la campagne pour créer, quand elle ne se confronte pas sur scène au public, dans son décor de fleurs en plastique. « Je tiens à ce qu’une part de rêverie s’installe pendant mes concerts, mentalement et visuellement. Pas mal de gens ferment les yeux sur ma musique, et je ne veux pas qu’ils quittent cet espace mental. Je veux qu’ils restent dans un autre monde. » Quand on leur demande si elles se sentent moins seules aujourd’hui, si elles trouvent que la tendance protéiforme se généralise, elles essayent de voir plus loin que leur nombril. « Je ne veux pas tendre vers quelque chose de protéiforme, je le suis », tente Aloïse. Mais elles vous disent toutes entre les lignes que c’est à vous de faire votre travail de journaliste. Et surtout, de ne pas leur coller une étiquette de plus. Protéiforme ? Ah mince…leur ACTU Regina Demina EP Pyromane Remixes sorti le 30 novembre Au festival Astropolis, à Brest le 7 février CD promo Remixes + bonus « Daddy Christmas », sorti début janvier Sortie digitale de « Daddy Christmas » fin janvier. Irène Drésel EP Rita Sortie du 1er album fin février/début mars Laetitia Dosch Spectacle Hate, à Annecy le 16 janvier, à Angers le 7 mars, à Béziers le 13 mars, etc. Aloïse Sauvage Soirée À définir dans un futur proche au théâtre du Rond-Point le 13 février Sortie du 1er EP le 29 mars Laetitia Dosch, la pionnière Actuellement en tournée avec le beau Hate, spectacle/performance trouble en duo avec un cheval (!) , Laetitia Dosch a toujours joué les artistes multicartes. Elle écrit, performe, met en scène, joue, sur scène ou au cinéma (Jeune Femme, Nos batailles…). Et explique pourquoi il faut aujourd’hui en passer par là. Pourquoi, selon vous, a-t-on le sentiment que les artistes protéiformes sont de plus en plus nombreuses ? Cela va au-delà des artistes d’après moi, c’est sociétal et culturel. Que ce soit par choix ou pour des raisons économiques, on sait bien aujourd’hui que l’on n’aura pas un seul métier dans sa vie. De plus en plus de scientifiques même, comme Pablo Servigne, revendiquent ce côté interdisciplinaire. Ils pratiquent plusieurs disciplines en même temps  : biologie, sociologie, etc. Dans l’art, ce sont surtout des femmes a priori… Peut-être parce que nous avons plus d’obligations, plus de critères à remplir. Et davantage besoin de liberté. Protéiforme, ça va avec ça  : casser l’image de la femme dans laquelle on se sent parfois enfermée. Cela m’est beaucoup arrivé depuis vingt ans, on m’a dit  : « Tu es comme ça, comme ci, tu es la folle de service » … On voulait déterminer avant moi ce que j’étais. Et puis les femmes sont peut-être moins complexées de ne pas avoir le niveau pour telle ou telle nouvelle forme d’art. Le fait d’en avoir envie nous suffit parfois. De toute façon, Laetitia Dosch dans le spectacle Hate. Dorothée Thébert-Filliger dans l’artistique, on a besoin de s’exprimer soimême, on ne peut pas uniquement dépendre du désir de l’autre. C’est votre cas ? Que ce soit au théâtre, au cinéma, dans l’écriture ou la « performance », c’est toujours la même recherche en ce qui me concerne  : toucher une vérité que je ne connaissais pas, apprendre quelque chose et trouver le bon ton pour la partager. C’est un mélange d’expérimentation et de travail formel. Ce qui m’intéresse le plus, c’est reconstruire le présent. Qu’on ait l’impression que, l’espace d’un instant, tout cela existe vraiment. Vous dialoguez sur scène avec un cheval. On ne peut plus parler aux êtres humains ? Il y a des choses difficiles à dire aux humains, c’est vrai. Mais le cheval, c’est aussi pour le côté comique. Et pour l’altérité. Je voulais un être d’une autre espèce. Un « autre » total. J’ai passé quatre mois à essayer de capter comment il fonctionnait. Et lui ne comprenait rien à ce que je lui disais au début. Ce spectacle, c’est un chemin vers l’autre._
mode À quel moment s’est produit le déclic mode chez vous ? Quand j’étais tout petit. Lorsque je voyais les clients sortir des boutiques de Yohji Yamamoto, le créateur qui m’a le plus marqué et grâce à qui je fais de la mode aujourd’hui, ou de chez Kenzo. Et l’idée d’en faire un métier ? J’ai toujours beaucoup dessiné, mais j’avais peur du milieu. Avec un père médecin et une mère architecte, je ne baignais pas dans un monde artistique ou mode, j’ai même failli faire carrière dans la médecine – j’ai heureusement raté le concours – et étudié deux ans à la fac de droit. Un stage au sein du magazine Vogue, époque Carine Roitfeld, m’a encouragé à passer à l’action. Direction la Belgique et l’école de La Cambre… Je n’avais pas les moyens de payer une grosse école de mode et j’ai toujours appris à me débrouiller seul. La Cambre, qui est une école publique et qui ne demandait que 300 euros de frais d’inscription, était calibrée pour moi. On y parlait mode mais aussi Beaux-Arts, je m’y suis bien retrouvé. Lancer sa propre marque, un pari risqué ? J’ai toujours eu cette idée en tête. Mon expérience auprès de Raf Simons à Anvers m’a appris à voir plus loin que le style, à intégrer la partie business et à voir le lancement d’une marque comme celui d’une entreprise globale. Après le Festival de Hyères en 2014 et mes collaborations réalisées avec les Galeries Lafayette ou Damart, j’ai pu aller voir les banques et les investisseurs en leur montrant ce que j’étais capable de vendre. A NOUS PARIS Louis-Gabriel Nouchi, meilleur espoir masculin Un an après avoir présenté sa marque LGN, le jeune créateur parisien défile le 16 janvier pendant la Fashion Week masculine. Un sportswear raffiné et parfois grunge, toujours fait dans les belles matières, et fortement inspiré par la littérature et la culture japonaise. Propos recueillis par Alexis Chenu Silhouette issue du défilé Louis Gabriel Nouchi, printempsété 2019. Arnel Dela Gente Vous êtes accompagné aujourd’hui par le programme IFM Labels qui soutient les jeunes créateurs. Une association capitale ? La marque a beaucoup grandi en un an, et les premiers résultats sont bons. L’IFM Labels est un vrai accélérateur de croissance, enrichi par les conseils des intervenants et par l’échange avec les autres créateurs, aussi différents soient-ils. 11 dans l’air Louis-Gabriel Nouchi. Thibault Théodore Babin Quand vous ne pensez pas mode, vous pensez quoi ? Je consacre l’essentiel de mon temps au développement de ma marque. Mais je vais me ressourcer auprès de mes proches. Une maison, un jardin et la famille, ça me va bien. Comment vivez-vous Paris ? Je suis un Parisien de la rive droite, je vis à Barbès, et je navigue entre le 9 e et le 18e. Je passe ma vie avenue de Trudaine, à voir mes potes et à lire des bouquins, ceux qui m’insufflent l’esprit des collections. La littérature vous inspire, donc… Oui, toutes les collections émanent d’un moment de littérature. Après Le Pavillon d’or de Yukio Mishima pour la collection été 2019, c’est La Nuit des temps, de Norman Mailer, et ses références à la réincarnation et à l’Égypte ancienne, combiné au travail du plasticien multimédia Matthew Barney, qui ont donné naissance à la collection hiver, dont le défilé aura lieu le 16 janvier. Un mot sur ce que vous allez présenter ? Après le lancement d’une capsule l’an dernier, cette collection va surtout s’intéresser à la maille, avec notamment un tailleur tout maille, des pièces en jacquard, un style raffiné et parfois grunge, et toujours l’envie de rester accessible. La mode est faite pour être portée.Showroom  : Boon Paris, 9, rue de Lesdiguières, 4e. www.louisgabrielnouchi.com



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