A Nous Paris n°HS1 Hiver 7 jan 2019
A Nous Paris n°HS1 Hiver 7 jan 2019
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°HS1 Hiver de 7 jan 2019

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (222 x 285) mm

  • Nombre de pages : 26

  • Taille du fichier PDF : 6,6 Mo

  • Dans ce numéro : soyons légers...

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

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conversation affaires Vous avez eu du mal à persuader Bruce Willis de reprendre son rôle d’Incassable 18 ans après ? M. Night Shyamalan  : Bruce et moi sommes très liés. Je l’ai appelé, je lui ai parlé de mon idée, et il a tout de suite dit oui. Pour son apparition dans la scène post-générique de Split, j’avais pris une petite équipe, et demandé à ce qu’on garde le secret. Je n’avais pas ajouté la scène au film, du coup même Universal (distributeur du film,ndlr) n’était pas au courant. À la fin de la projection test, les patrons ont pété un câble  : « On est train de faire la suite d’un film d’un autre studio ! Comment peux-tu utiliser un personnage Disney ? » Et là, je leur ai répondu  : « J’ai déjà parlé à Disney, ils sont OK. » (Disney a produit les films Incassable et Split,ndlr.) Et pour convaincre SamuelL. Jackson, il a fallu négocier ? Ce serait plutôt le contraire. Il n’arrêtait pas de me demander quand j’allais faire une suite. Dès que je le croisais à un feu rouge à Los Angeles, il baissait sa vitre et hurlait  : « Et cette suite, c’est pour quand, motherfucker ? » Pourriez-vous développer votre univers avec plus de personnages ? Il ne faut jamais dire jamais, mais ce n’est pas d’actualité. En tout cas, je ne le ferai pas pour de mauvaises raisons ou pour de l’argent. Je sais quel sera mon prochain film, et je pense déjà à celui après. Ce seront deux thrillers dans la lignée de La Quatrième Dimension. Quelle était votre idée d’origine lorsque vous avez fait Incassable en 2000 ? Le pitch de départ était  : « Que se passerait-il si l’univers de Marvel était réel ? ». Il n’y a pas de A NOUS PARIS M. Night Shyamalan  : inclassable Passé expert dans l’art du twist final, le réalisateur de Sixième Sens ou de Signes est de retour avec Glass. Son projet fou ? Réunir les deux films Incassable et Split. Rencontre avec le maître du suspense. Propos recueillis par Fabien Menguy Walt Disney Studios Motion Pictures France lézards géants ou de voitures volantes, mais une maman peut soulever une voiture pour sauver son enfant. C’est peut-être une légende urbaine, mais la vraie question est  : de quoi sommes-nous capables ? Comment peut-on, par exemple, guérir avec un placebo ? Il n’y a pas d’explication scientifique. La seule explication, c’est le fait de croire qu’on peut se soigner soi-même. J’ai donc mis tout ça dans un film. Vous avez pourtant eu du mal à convaincre avec cet univers. Pour être honnête, quand j’ai fait Incassable, Disney ne croyait pas pouvoir le vendre comme un film de super-héros, parce qu’en 22 affaires culturelles 1999, ils pensaient que les films de super-héros ne marcheraient pas (rires). En plus, Incassable est très sombre, très lent, il ne doit pas y avoir plus de 100 plans dans le film. À l’époque, les réalisateurs d’Hollywood, c’était Steven Spielberg, Robert Zemeckis ou Ron Howard, qui cartonnaient avec des films familiaux spectaculaires. Et puis David Fincher et Christopher Nolan ont débarqué. J’ai écrit Sixième Sens la même année qu’Incassable. Ensuite, film après film, je me suis dis que j’allais choquer le public, lui faire peur, et le surprendre avec des twists. Ces retournements de situation, le public les attend maintenant. Ça ne risque pas de vous enfermer ? Ce n’est pas vraiment une signature, comme Michael Jackson avec le Moonwalk. Mais par la façon dont je crée le mystère, le personnage principal – et donc le public – se dit forcément que quelque chose ne tourne pas rond. Il va toujours y avoir un moment où il y aura une révélation. Comme dans La Quatrième Dimension  : vous trouvez ça bizarre, vous vous demandez pourquoi c’est bizarre, et tout à coup arrive l’explication. Vos films, plutôt lancinants, restent des blockbusters. Les deux ne sont pas toujours compatibles ! Il faut doser. Un film, c’est quelque chose de très structuré. Dans un roman, vous pouvez développer énormément un personnage, explorer ses sentiments, ses souvenirs. Mais dans un film, vous devez porter l’intrigue au plus haut, et réduire le personnage. Je suis en conflit permanent avec le marché du cinéma grand public sur cette question. Car plus vous développez les personnages, plus votre film est considéré comme un film d’auteur. Moi, j’aime aller dans ce sens, même si j’ai conscience qu’il faut doser les ingrédients. Parmi vos marques de fabrique, il y a vos apparitions dans chaque film, vos caméos façon Hitchcock. Ça, c’est difficile à faire. Quand vous êtes typé indien comme moi, vous ne pouvez pas jouer simplement le voisin d’à côté sans que le public se dise  : « Tiens, son voisin est indien. » Ou le petit ami  : « Tiens, elle sort avec un Indien. » Et puis, parce que les gens réagissent à mes caméos, je ne peux pas trop les sortir de l’histoire. « Regarde, c’est le gars qui a fait le film ». Je dois faire attention et placer l’apparition au bon moment. Il paraît que vous gardez vos notes de tournage et que vous les consultez régulièrement. Oui. Après un film, on oublie à quel point c’était difficile. L’humain a naturellement tendance à oublier combien l’accouchement a été douloureux pour pouvoir refaire un autre bébé. Sinon, ce serait la fin de l’humanité. Un film, c’est pareil. Je relis mon carnet et je vois qu’on a fait 14 projections tests de Split, et que pour au moins cinq d’entre elles, tout le monde a détesté le film. De quelle scène êtes-vous le plus fier dans Glass ? Je peux juste vous dire que la performance de James McAvoy, avec ses 24 personnalités différentes, entrera dans l’histoire.Glass, de M. Night Shyamalan, avec James McAvoy, Bruce Willis, SamuelL. Jackson. Fantastique. Sortie le 16 janvier.
scènes affaires solo théâtral Vipère au poing Si, après les fêtes, l’envie vous prend de vous lamenter sur votre enfance, ne manquez pas la guerre sans merci menée par Jean Rezeau – le narrateur – dit Brasse-Bouillon avec ses frères, Freddie (Chiffe) et Marcel (Cropette) contre leur mère tyrannique dans ce premier roman semi-autobiographique d’Hervé Bazin (1948), enfin théâtralisé. Il est fort probable que vous soyez amené à relativiser. L’enfance de Jean ? Un terrain miné  : brimades, humiliations, privations… administrées par une marâtre si sadique qu’elle deviendra sa vipère à tuer. Électrisée par le cri de révolte d’un enfant-ado, cette satire vitriolée de la bourgeoisie subvertit les codes traditionnels de l’amour maternel instinctif en s’appuyant sur un constat glaçant  : « Grand-mère mourut. Ma mère parut. Et ce Textes  : Myriem Hajoui Aurélien Houver. Ben Dumas récit devient drame. » Élevé avec ses frères par une cohorte d’abbés-précepteurs vite congédiés, Jean, le fils honni n’aura de cesse de vouer une haine absolue à celle qu’il surnomme Folcoche (contraction de folle et cochonne) et de fomenter sa 23 culturelles vengeance symbolisée par les lettres VF (Vengeance Folcoche), gravées un peu partout. Sur le plateau, un arbre stylisé (Fabrice Cany) fait office de décor mais aussi de partenaire de jeu pour Aurélien Houver, seul en scène. Le public est vite ferré. D’abord parce que l’écriture abrasive de Bazin scande parfaitement cette relation mère-fils asphyxiée par la froideur et la défiance. Ensuite parce que la sobriété du dispositif scénique et de la mise en scène (Victoria Ribeiro), rehaussée par les belles lumières d’Idalio Guerreiro, confère au spectacle une atmosphère hypnotique. Enfin et surtout parce que le jeune comédien a choisi d’endosser tous les rôles dans cette adaptation co-signée avec Ribeiro (compagnie du Taxaudier). On ne lui reprochera pas de flirter parfois avec le surjeu  : il porte l’œuvre, l’incendie. Et nous avec.Jusqu’au 13 janvier, du mercredi au samedi à 18h. Théâtre Le Ranelagh, 5, rue des Vignes, 16e. M° La Muette/Ranelagh. Places  : 10 € -32 € (promo web  : 25 € ). Tél.  : 01 42 88 64 44.



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