A Nous Paris n°837 17 déc 2018
A Nous Paris n°837 17 déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°837 de 17 déc 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (222 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : et sinon on fait quoi pour les fêtes ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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cinémaTextes  : Fabien Menguy Les films de Noël Oh ! Oh ! Oh ! Vous avez été sages cette année ? Alors vous méritez bien quelques films à aller voir au ciné ! Les enfants Priorité aux enfants avec un voyage au cœur de l’Afrique du Sud et d’une belle amitié entre une fillette et un lion menacé par les chasseurs dans Mia et le Lion blanc (le 26). Les gamins plus branchés high-tech apprécieront Bumblebee (le 26), un Autobot jaune des années 80, héros du premier spin-off de la saga Transformers. Plus zen, Miraï, ma petite sœur (le 26), les aventures d’un garçon jaloux de l’arrivée d’une petite fille dans le foyer qui, grâce à un arbre magique, rencontre les membres de sa famille à différents stades de leur vie. Par Mamoru Hosoda, auteur d’Enfants Loups et du Garçon et la bête. Et pour les nostalgiques, la ressortie restaurée de Kirikou et la Sorcière de Michel Ocelot (le 26). Les héros Cette année, les héros sont de la fête avec évidemment Aquaman le 19, qui émergera pour sauver l’Atlantide à grands coups de trident et d’effets spéciaux, mais aussi le come-back attendu de la super nanny magique dans Le Retour de Mary Poppins (le 19). Réinterprétée par Emily Blunt, elle revient 54 ans après, avec son sac rempli de magie et de chansons chorégraphiées par Rob Marshall (Chicago). Autre héros, plus réel celui-là, Vidocq, dans L’Empereur de Paris (le 19). Le forçat, devenu chef de la sûreté sous Napoléon, est campé par un Vincent Cassel aussi charismatique que de coutume dans un film populaire et épique. Enfin, dans Une femme d’exception (le 2 janvier), on découvrira une autre héroïne, cultissime outre-Atlantique, Ruth Bader Ginsburg dite RBG, une avocate idéaliste qui s’est battue devant la Cour suprême pour faire reconnaître le droit des femmes aux USA. Bienvenue à Marwen. Universal Pictures International Maya. Les Films Pelléas festiCINÉ 24 affaires culturelles Noël à la télé Soirée âge d’or d’Hollywood  : The Artist suivi du documentaire Douglas Fairbanks, je suis une légende, portrait de la star des films de cape et d’épée, inventeur de Zorro et des Oscars, le 2 janvier à 20 h 55 sur Arte. Et soirée hommage à Michel Legrand avec Les Demoiselles de Rochefort à 20 h 50 et un portrait inédit, le 25 décembre à 22 h 50. Les auteurs Ils auront aussi de quoi s’exprimer et mettre les femmes à l’honneur. Ainsi The Bookshop (le 19), le récit d’une libraire conspuée par un village anglais pour avoir vendu Lolita de Nabokov, marquera le retour d’Isabel Coixet (Ma vie sans moi, The Secret Life of Words). Maya (le 19) celui de Mia Hansen-Løve qui, après Eden ou l’avenir, narre le retour aux sources en Inde d’un ex-journaliste otage et sa découverte de l’amour. Dans Wildlife - Une saison ardente (le 19), ce sera Carey Mulligan qui campera une femme indépendante des années 60 face à son mari inconstant Jake Gyllenhaal. Dans Monsieur (le 26), c’est une domestique de riches Indiens qui, grâce à son amour, viendra en aide au fils de famille dépressif. Enfin, dans Troppa Grazia, Alba Rohrwacher en géomètre débordée, témoin de l’apparition d’une mystérieuse mendiante, nous entraînera avec drôlerie dans une réflexion sur la foi et notre monde moderne qui ne croit plus aux miracles. Côté couples, Louis Garrel nous délivrera sa dissertation sur l’amour et la fidélité avec L’Homme fidèle, un joli film rohmérien avec sa compagne Laetitia Casta. Noël sera aussi propice à replonger dans l’œuvre et les inspirations d’Oscar Wilde dans The Happy Prince (le 19), le biopic sur la fin de vie du dandy anglais porté par Rupert Everett (voir interview p.26), ou celles de Basquiat (le 19) avec le documentaire éponyme qui lui est consacré. Enfin, autre auteur peut-être pas considéré comme tel et pourtant au centre de tout un pan de la culture cinématographique avec des films comme Retour vers le futur ou Forrest Gump, Robert Zemeckis nous offrira son fantastique Bienvenue à Marwen (le 2 janvier). L’histoire d’un amnésique donnant vie en maquette (et finalement en live) à un village belge de la Seconde Guerre mondiale pour retrouver ses agresseurs. De quoi débuter l’année par un peu de magie._
conversation À quel moment avez-vous eu envie de raconter les derniers jours d’Oscar Wilde ? Rupert Everett  : Après le tournage de L’Importance d’être constant, on avait pensé faire un autre film adapté d’Oscar Wilde. Les producteurs penchaient pour Le Portrait de Dorian Gray, et moi j’avais l’idée d’un biopic. À un certain moment, ma carrière s’est un peu arrêtée. Je n’avais pas de propositions intéressantes et je me suis dit qu’il fallait que je me prenne en main. Comme je me sentais un peu exilé de mon propre métier, et que ma carrière était fortement identifiée avec ma sexualité, j’ai pensé qu’Oscar Wilde était le personnage idéal pour y mettre à la fois tout de moi et tout de lui. Il y a beaucoup de points communs entre vous et lui ? Pas vraiment des points communs, mais pour moi, c’est le Christ. En le regardant, je fais le rapprochement entre mon expérience dans un monde agressivement hétérosexuel et la sienne. Cela vous a causé du tort d’avoir annoncé votre homosexualité ? Oui. Un comédien doit avoir une certaine neutralité pour pouvoir jouer. Si quelque chose en toi devient plus grand que les rôles que tu joues, c’est difficile. Mais je ne regrette rien. Le voyage d’un être humain est intéressant. J’ai dû trouver d’autres moyens de m’exprimer. Comment devient-on Oscar Wilde ? Une amie m’a construit un corps. Je suis un de ces acteurs qui se préparent avec la silhouette. C’est « outside to in » (de l’extérieur vers l’intérieur). Les acteurs américains eux, normalement, font du « inside to out ». Mais Rupert Everett  : dandy cool Dandy déchu, emprisonné pour homosexualité, Oscar Wilde ne pouvait rêver mieux que Rupert Everett pour lui donner vie et le réhabiliter dans The Happy Prince. Rencontre en français et sans langue de bois. Propos recueillis par  : Fabien Menguy William Baker pour moi, c’était très important de trouver la silhouette de cet éléphant. Je me suis même rasé la tête pour avoir une perruque qui laisse transparaître le crâne en dessous. J’ai eu de fausses dents qui m’élargissaient la mâchoire, et un costume magnifique. Pourquoi ce titre, The Happy Prince ? Il était joyeux. Il n’avait pas perdu son sens de l’humour, il tombait amoureux. Il a remplacé les nobles de sa vie précédente par les petits criminels, les jeunes prostitués qui vendaient des fleurs à Paris. Il leur faisait son spectacle, et d’une certaine façon c’était une réussite, 25 affaires culturelles même si au fond c’était aussi une tragédie. Il s’est jeté dans son homosexualité. Ses spectacles étaient les premiers portraits d’un homosexuel homme de l’époque moderne. Avant ça, il n’y avait même pas de mot pour désigner l’homosexualité, qui n’existait pas dans les discussions. C’était connu par les gens qui la pratiquaient, mais les femmes n’imaginaient pas que deux hommes puissent faire l’amour ensemble. La loi anglaise était terrible. Oscar Wilde a été condamné à deux ans de travaux forcés pour « grave immoralité ». Oui, l’homosexualité n’a été légalisée qu’en 1967. Quand je suis arrivé à Londres en 1975, ça ne faisait que sept ans, et on sentait qu’on marchait dans les traces d’Oscar Wilde. On était prêts à faire ce voyage vers la liberté. Il a pourtant fallu attendre 2017 pour le réhabiliter ? Oui, et d’une façon très prétentieuse. On lui a « pardonné ». Ça veut dire qu’il y a un crime. Il faudrait s’excuser, pas pardonner ! Un mot sur le Paris d’Oscar Wilde, où il a fini ses jours ? L’hôtel où il est mort, rue des Beaux-Arts dans le 6e, a beaucoup changé, il s’appelle L’Hôtel maintenant. Avant, c’était un établissement de sixième classe. Le restaurant où il allait est devenu un libanais. Ses obsèques ont été célébrées à l’église de Saint- Germain-des-Prés, et sa tombe se trouve au Père-Lachaise. Quelle relation entretenez-vous avec la France ? J’adore ce pays. J’y ai emménagé en 1985, et j’y ai passé ma jeunesse. D’une certaine façon, je me suis libéré ici par rapport à l’Angleterre. Quand je suis venu la première fois, au milieu des années 70, on venait tout juste de découvrir l’avocat outre-Manche. C’était encore un environnement d’après-guerre très austère. Ici, il y avait dix sortes de laitues sur les marchés. Une bouteille de Perrier, c’était pour nous quelque chose de glamour. Nous étions en retard, et sexuellement très coincés. Vous avez écrit deux autobiographies, dont Tapis rouges et autres peaux de bananes. Vous regrettez d’avoir dit certaines choses ? Non. Pas de regrets, et je suis en train d’en écrire une troisième. De quoi rêviez-vous enfant ? D’être acteur. Actrice ! Ce que j’aimais, c’était les cinémas. L’endroit. Le cinéma était un lieu énorme où les gens fumaient tout le temps, avec un rideau en soie orange, des lumières, un orgue parfois, le film qui sortait de l’écran. Ça m’a vraiment tourné la tête quand j’étais petit. Les rideaux, j’adorais les rideaux. Comment vous voyez-vous à 80 ans ? Toujours acteur. Toujours à prendre le train pour me rendre à une audition. Très nerveux. Toujours à essayer de trouver un autre boulot, parce que de nos jours, on ne peut pas s’arrêter de bosser. Alors, je continuerai jusqu’à ce qu’il y ait une petite veine qui explose dans ma tête.The Happy Prince, de Rupert Everett, avec Rupert Everett, Colin Firth et Colin Morgan. Biopic. Sortie le 19 décembre.



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