A Nous Paris n°837 17 déc 2018
A Nous Paris n°837 17 déc 2018
  • Prix facial : gratuit

  • Parution : n°837 de 17 déc 2018

  • Périodicité : hebdomadaire

  • Editeur : A Nous Paris SAS

  • Format : (222 x 285) mm

  • Nombre de pages : 40

  • Taille du fichier PDF : 11,4 Mo

  • Dans ce numéro : et sinon on fait quoi pour les fêtes ?

  • Prix de vente (PDF) : gratuit

Dans ce numéro...
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ciné-concerts DDans « ciné-concert », il y a « ciné ». Simple. Mais il y a aussi « concert ». Basique. Et si le principe est vieux comme le monde – au moins autant que le cinéma muet –, la question pour certains est toujours de savoir ce qu’est vraiment un ciné-concert. Une simple projection ? Un live de bande originale ? Les deux mon colonel ? Romain Martinière, des productions Ugo & Play, responsable du La La Land version ciné-concert, connaît bien la question, on la lui a déjà posée plusieurs fois. « Au début, il a fallu faire de la pédagogie, les gens ne comprenaient pas. Maintenant, ils ont bien intégré le principe. Ça fonctionne comme une séance de cinéma traditionnelle, mais A NOUS PARIS La musique fait son cinéma Les musiques de films s’anoblissent et les ciné-concerts ont la cote. De l’événement Star Wars à la Philharmonie à la tournée française La La land, le(s) public(s) se rassemble(nt) autour d’un bon feu. Sons et lumières garantis ! Texte  : Olivier Boucreux la bande originale du film est jouée en direct par un orchestre. Il y a d’ailleurs de plus en plus d’offres. Même des salles dites « classiques » s’y sont mises pour attirer des publics différents. » Emmanuel Hondré, directeur du département concerts et spectacles de la Philharmonie, confirme. « Nous nous sommes inscrits, comme d’autres, dans l’interrogation de ce qu’est la musique de film, mais nous avons voulu lui donner un écrin, une acoustique exceptionnelle, avec des orchestres de tout premier plan. » La Philharmonie donc, mais aussi la salle Pleyel, la Seine musicale, le théâtre du Ranelagh, le Grand Rex, les Cinémathèques, les Palais des congrès et Le Terrible Orchestre de Belleville interprète la B.O. des Triplettes de Belleville, salle Pleyel. Keyart À la Seine musicale, 70 musiciens pour jouer La La Land. La La Land & 2017 Summit Entertainment & SND 20 affaires culturelles autres Zénith de France et de Navarre… les ciné-concerts en tout genre, sortes d’hydres à deux têtes, vont se faire entendre haut et fort fin 2018 et début 2019. « Le plus difficile, c’est de faire comprendre aux spectateurs que l’un ne fonctionne pas sans l’autre, insiste Romain. C’est parfois tellement bien fait, pointu et synchronisé, que l’on oublie qu’un orchestre de 100 personnes joue à nos pieds pendant la projection. » Pour Emmanuel Hondré, un bon ciné-concert est « un contexte dans lequel la musique et l’image ont la même force, à puissance égale. Où on n’a pas l’impression que l’un accompagne ou porte l’autre. Certaines B.O. ont des partitions très exigeantes. Nous nous appuyons forcément sur des films dans lesquels la musique est très prégnante. Celle de Joe Hisaishi, compositeur de Princesse Mononoké, marque autant les esprits que les images de Miyazaki. » Ici, la star, c’est le film Quelques compositeurs, John Williams, Michel Legrand, Ennio Morricone ou Danny Elfman pour ne citer qu’eux, ont d’ailleurs obtenu là leurs lettres de noblesses. De la musique classique aux grands classiques de la B.O., il n’y a qu’un pas. Si Serge Bromberg et son Retour de flamme propose déjà depuis 20 ans des ciné-concerts au piano sur des films rares en noir et blanc, c’est le producteur poidslourd Gérard Drouot qui a élargi la voie en France il y a une dizaine d’années avec un Seigneur des anneaux version live music. D’autres structures plus petites sont arrivées récemment à pas feutrés sur le même créneau, par goût (souvent des passionnés de cinéma) mais aussi pour raisons économiques. « Pas évident pour une jeune boîte de faire venir des grosses stars, lance Romain. Avec nos moyens plus limités, sans réseaux particuliers dans la musique, nous avons trouvé cette voie. Ici la star, c’est le film. » Une « star » qui coûte un peu moins cher qu’un chanteur connu, même si la rentabilité d’un ciné-concert est
e affaires difficile à trouver. Ce n’est pas la poule aux œufs d’or que l’on croit. Une centaine d’artistes sur scène, des droits à l’image plus ou moins élevés… le coût, variable selon le film, le nombre de représentations et la capacité de la salle, avoisine tout de même les 100 000 euros. « On commence à ne plus perdre d’argent quand la salle est remplie aux trois quarts. Sinon, on est en déficit. Tout se joue sur les derniers billets. » Le choix du bon film au bon moment y est pour beaucoup. Harry Potter, Titanic, E.T. Jurassic Park, Indiana Jones, Amadeus, Ratatouille, Mary Poppins, The Artist, Gladiator… Depuis quelques années, nombreuses sont les œuvres qui ont eu droit à leur version live améliorée, avec plus ou moins de succès. « Avec E.T. par exemple, nous étions sûrs du carton ! Pourtant, cela a bien fonctionné, mais nous n’avons pas fait de bénéfices », avoue Star Wars La musique des étoiles Il y a un an, la première de Star Wars en ciné-concert avait lieu au Carnegie Hall, à New York. Un événement. Dans la foulée, le monde entier s’est jeté sur le projet. En France, la Philharmonie s’est d’emblée positionnée, gageant sur ses bonnes relations avec Disney. L’idée lui est venue de faire une proposition commune avec d’autres salles et orchestres célèbres, à Strasbourg, Toulouse, Lille, Bordeaux, Lyon… Et Disney a dit oui ! C’est donc à Paris 19e, en sus de la tournée française, qu’auront lieu les deux ciné-concerts Star Wars. Dans cette salle à l’architecture futuriste, le spectateur sera comme dans un vaisseau spatial… sur un petit nuage.21 culturelles Romain. Le nom d’un compositeur, un titre de film, de bons chiffres au box-office et une musique qui se reconnaît dès les premières notes… ça ne suffit pas toujours. Il faut la magie. Et savoir créer l’événement. Le ciné-concert de Chantons sous la pluie à la Philharmonie, par exemple, se joue en présence de la veuve de Gene Kelly. Pour La La Land à Paris, la présence du réalisateur et du compositeur oscarisés ajoutent une couleur à la partition. Cent trente musiciens dont un jazz band qui se permettra des impros, c’est un beau cadeau. « Même si nous n’avons pas eu le droit, contractuellement, de faire interpréter les chansons par des chanteurs en live, tempère Romain. En même temps, on les comprend, comment remplacer les voix d’Emma Stone et de Ryan Gosling ? » Chef d’orchestre Peu importe, le pari est déjà gagné. Aux deux dates parisiennes initialement prévues, les producteurs ont dû ajouter des matinées (15 h), soit 10 000 personnes qui vont pouvoir découvrir Justin Hurwitz lui-même jouer au chef d’orchestre de ses propres compositions (voir encadré). Le chef d’orchestre, justement, parlons-en. Son rôle est primordial. Comme toujours, direz-vous. Plus encore ici. À la question subsidiaire mais finalement pas si stupide, « Un chef d’orchestre de ciné-concert doit-il aimer le cinéma ? », Emmanuel Hondré répond par l’affirmative. « Condition indispensable ! » La technique est contraignante, l’hommeorchestre doit beaucoup répéter et connaître sur le bout des baguettes la bande-son du film qui défile sous ses yeux pour veiller à la bonne coordination du son et de l’image. Il est JOURNÉES INTERNATIONALES DU FILM SUR L’ART 12 ÉDITION AUDITORIUM DU LOUVRE du 25 janvier au 3 février 2019 Informations sur www.louvre.fr Réservations au 01 40 20 55 00/fnac.com



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